AMES, Nexa : bienvenue sur la planète Salies

« Difficile de suivre précisément la route prise par Eagle. Le système d’Amesys est cédé à Nexa Technologies. Une cession déguisée pour certains, pour exfiltrer la société à Dubaï. » C’est ainsi que France Inter évoquait Amesys « nouvelle formule ». Reflets.info avait pourtant documenté la « disparition » d’Amesys, et sa résurrection sous la forme d’une entité bicéphale Nexa Technologies (France) et Advanced Middle East Systems (AMES – Emirats Arabes Unis).

Reflets.info a eu accès à des bulletins de paie datés de 2014 et émis par la société Nexa Technologies pour l’ensemble de ses salariés. Deux d’entre eux, en particulier, sont au bénéfice de personnalités qui ne nous sont pas inconnues. Stéphane Salies, président de Nexa Technologies, et Renaud Roques, Directeur Avant-Vente et Stratégie. Tous deux travaillaient pour Amesys. Mais ils ne sont pas les seuls (nous y reviendrons dans un prochain article).

Notons que Nexa Technologies — entreprise immatriculée en 2012, reprend l’ancienneté de certains « nouveaux » salariés — ancienneté remontant à plusieurs années en arrière, jusqu’en 2008.

Reflets.info a également eu accès aux tableaux de suivi de trésorerie pour les années 2014 et 2013, estampillés cette fois-ci d’un logo d’AMES, société domiciliée à Dubai, et non de Nexa Technologies, société française. Dans ces documents, deux lignes concernent les rémunérations par AMES de messieurs Salies et Roques. Ces rémunérations sont fixes et régulières. De fait, ces personnes cumulent donc un emploi chez Nexa Technologies, et un second chez AMES.

Dans l’un de ces deux documents, on trouve plusieurs débits d’AMES au bénéfice « d’Allegreto Asset Management » pour un montant total de 2,3 millions d’euros. « Allegreto » est dirigée par Stéphane Salies, président de Nexa Technologies. Stéphane Salies, président de Nexa, est donc aussi payé chez Allegreto par le client AMES, pour lequel il est aussi rémunéré. AMES : l’entreprise qui succède à Amesys, entreprise dont Salies était le directeur commercial… On tourne en rond, mais ça génère des fonds…

Sachant que la balance comptable de Nexa mixe savamment celles d’Allegretto et d’AMES, avec un « compte courant Stéphane Salies » crédité de 300 897€, c’est prendre peu de risques que d’affirmer que ces 3 entreprises sont en réalité gérées comme une seule et même entité, scindée artificiellement en 3 structures juridiques distinctes.

Tout aussi important, les deux propositions technico-commerciales relatives aux projets Finger (Qatar), et Popcorn (Maroc), ainsi que les contrats de licence Eagle conclus entre Nexa Technologies et AMES, prévoient que l’ensemble des prestations liées à Eagle, en dehors de la fourniture de matériel, soient assurées par Nexa Technologies.

Ces propositions sont datées de 2012 — juste après la disparition soudaine d’Amesys, et l’apparition toute aussi soudaine, et concomitante, d’AMES à Dubai et de Nexa Technologies à Boulogne. Ces documents, que Reflets.info a pu consulter, sont rédigés par Stéphane Salies en France, en tant que vendeur et président de Nexa Technologies, donc.

À l’autre extrémité du deal, ces mêmes propositions commerciales sont acceptées par l’acheteur et signées de la main d’un certain Salies Stéphane, pour le compte d’Advanced Middle East Systems, AMES, à Dubaï.

Stéphane Salies est donc à la fois le vendeur et l’acheteur de ces prestations de services qui seront exécutées par le personnel de Nexa Technologies au Qatar et au Maroc, dans la continuité d’Amesys.

A l’évidence, Nexa et AMES ne sont qu’une seule et même planète.

Une planète tenue d’une main de maître par un certain Stéphane Salies.

Twitter Facebook Google Plus email

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *