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Dossier
par Antoine Champagne - kitetoa

Amesys : vendeur d'armes numériques décomplexé

Demain soir, Canal Plus diffusera un reportage de Paul Moreira sur les vendeurs d'armes numériques. Quelques extraits ont été mis en ligne. retenons pour l'instant celui qui diffuse la parole officielle d'Amesys. Vous vous attendiez à des excuses ? Vous allez en avoir. L'étonnant "directeur commercial" d'Amesys, Bruno Samtmann, récidive. Dans sa première apparition publique, il expliquait à une journaliste télé que le "logiciel" Eagle© servait à traquer les terroristes et les pédophiles.

Demain soir, Canal Plus diffusera un reportage de Paul Moreira sur les vendeurs d'armes numériques. Quelques extraits ont été mis en ligne. retenons pour l'instant celui qui diffuse la parole officielle d'Amesys. Vous vous attendiez à des excuses ? Vous allez en avoir. L'étonnant "directeur commercial" d'Amesys, Bruno Samtmann, récidive.

Dans sa première apparition publique, il expliquait à une journaliste télé que le "logiciel" Eagle© servait à traquer les terroristes et les pédophiles. Les opposants libyens dont les communications étaient archivés par les sbires du pouvoir ? Sans doute des pédophiles. Opposants pédophiles qui, une fois leur pays libéré du colonel Kadhafi, sont devenus ministre ou ambassadeur.

Cette fois, la voix officielle d'Amesys se montre un peu plus prudente. Difficile de lutter contre des faits étayés et clairs. Il se montre toutefois relativement décomplexé et se réfugie derrière une espèce d'inculture feinte.

 

Bruno Samtmann, directeur commercial d'Amesys  

Si l'on était désagréables, on dirait que Bruno Samtmann continue de prendre ses interlocuteurs pour des cons. La première fois, il justifiait la vente d'un système d'écoute globale de la population à un dictateur sanglant en prétextant la présence massive de pédophiles en Libye. Cette fois, il fait mine de ne pas savoir que le "client" d'Amesys était Abdallah Senoussi, condamné en France pour son rôle dans l'attentat du DC-10 d'UTA qui a coûté la vie à 170 passagers.

Vous savez, la politique et moi..., dit-il à Paul Moreira.

Les pédophiles et la politique ont bon dos.

Et au Maroc, monsieur Samtmann, il y a quoi ? Des pédophiles ? Un contexte politique compliqué que vous ne connaissez pas et qui vous empêche de savoir que ce pays reste très borderline en  termes de droits de l'Homme ? Que c'est toujours un pays où une caricature du roi peut mener en prison ?

Pourtant, alors que le #AmesysGate en Libye était connu, que toutes les autorités compétentes sont au courant des activités de cette entreprise, elle a pu vendre au Maroc le même logiciel ayant fait sa récente réputation internationale.

 

 

M. Samtmann, vous qui dites regretter que des personnes aient été persécutées en Libye grâce à votre logiciel, que direz-vous à ceux qui le seront au Maroc ?

Plus largement, M. Philippe Vannier -puisque vous dirigez de fait- Amesys, pourquoi continuer de vendre ces logiciels à des pays qui les utiliseront fatalement pour faire de l'écoute illégale?

Amesys vend en effet ses produits à des pays qui ne manqueront pas de les utiliser pour traquer leurs opposants. Un enfant de 12 ans peut le comprendre. Nul doute que messieurs Vannier et Samtmann aussi. Reformulons, c'est peut-être trop politique pour M. Samtmann ou M. Vannier :

Un pays qui s'assoit régulièrement sur les Droits de l'Homme n'hésitera pas à utiliser Eagle© pour pourchasser et torturer des opposants politiques...

Du coup, si véritablement on a un semblant d'éthique personnelle, que les droits de l'homme ne sont pas un vague concept incompréhensible, on ne vend pas Eagle à la Libye, on ne vend pas Eagle au State Security Bureau au Qatar, on ne vend pas Eagle dans des pays africains dont nous reparlerons peut-être.

Sauf à prendre ses interlocuteurs journalistes pour des cons.

Sauf à ne montrer aucune empathie à l'égard des gens qui se retrouveront devant un bourreau dans ces pays.

 

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