Journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking

Culture

Le jour du début [global zero day] (2)

Siège de la NSA, Fort Meade, Etats-Unis d'Amérique, le 3 novembre 2017 Le directeur opérationnel de la branche 5, Robert Shenley avait du mal à respirer malgré la clim qui tournait à fond. Il desserra le nœud de sa cravate d'un geste lent de ses doigts boudinés, et présentement tremblants. Bob, comme l'appelaient ses vieux amis du Club de Golf, avait de sérieux soucis, depuis une heure. Les plus gros de ses 37 années de carrière dans l'administration américaine.

par drapher

Le jour du début [global zero day]

One Quelque part en France, le 2 novembre 2017 Rien ne laissait présager qu'un jour une attaque pareille puisse être possible. Rien. Il y avait bien eu quelques articles un peu alarmistes de chercheurs en sécurité, dont un qui avait déstabilisé les observateurs attentifs du net, intitulé "Quelqu'un se prépare à détruire Internet", mais personne n'avait franchement relayé l'analyse de façon sérieuse.

par drapher

Une saison blanche et sèche : toute ressemblance avec...

Image CC - by Seamus Kearney « Chez nous, quand un homme se fait ramasser par la Section Spéciale, nous parlons de lui au passé. C’est tout. ». C’est comme ça que cela se passe à Soweto, sous l’Apartheid : la Section Spéciale traque la population à la recherche de dissidents politiques et de meneurs d’émeutes. Moitié fiction, moitié reportage, ce roman raconte la descente aux enfers de Ben du Toit, professeur blanc de l’une des meilleures écoles Afrikaner de Johannesburg.

par Jenna Stinson

Informer : un métier compliqué

Le quatrième pouvoir n’est plus ce qu’il était. Sans parler, bien entendu, des journalistes qui se déplacent sur des terrains à risque, informer devient de plus en plus compliqué. Dans un recueil d’expériences vécues, 16 journalistes en donnent des exemples précis. "Informer n’est pas un délit, ensemble contre les nouvelles censures" (Calman-Lévy – 17 euros) est finalement une longue énumération des types de bâtons mis dans les roues du journaliste d’investigation.

par Antoine Champagne - kitetoa

Terres de Gandhaäl (8) – Livre 1 : « Fondations »

La salle en forme de croix, aux imposantes dalles de pierres constellées de reflets gris-bleutés était une merveille d’architecture et de décoration. Des guirlandes de lierre chargées de fleurs aux pétales coniques d’un blanc virginal s’entrecroisaient au plafond, toile végétale arachnéenne surplombant la foule bavarde et joyeuse.

par Gaël Dahnal

Terres de Gandhaäl (7) – Livre 1 : « Fondations »

Seghuenor reprit son souffle. Des images de son enfance affluaient par vagues successives, comme des chevaux emballés lancés dans un galop effréné. Les heures passées assis en tailleur sur un rocher surplombant la mer, les yeux fixés sur le soleil, suivant sa trajectoire; la souffrance que procuraient les exercices auxquels l’astreignaient son maître. La solitude aussi. L’attente. L’espoir et le désespoir.

par Gaël Dahnal

Terres de Gandhaäl (6) – Livre 1 : « Fondations »

La tour circulaire était plongée dans un clair-obscur de faisceaux lumineux surgissant aléatoirement du sol et formant un  lavis violacé sur les parois de pierre crépies de blanc. De nombreux meubles parsemaient la pièce, tous chargés d’objets hétéroclites. Bon nombre étaient inconnus des deux compagnons, immobiles sur le seuil.

par Gaël Dahnal

Terres de Gandhaäl (5) – Livre 1 : « Fondations »

Les deux voyageurs n’en revenaient pas encore. Les parfums floraux entêtants qui montaient de l’eau tiède dans laquelle ils flottaient étaient sans doute pour beaucoup dans cette sensation d’enivrement qui se répandait peu à peu en eux. Les deux jeunes femmes les avaient menés jusqu’à une grande écurie où une vingtaine de chevaux la tête penchée hors de leur stalles, curieux, avaient accueilli les nouveaux venus par un concert de hennissements. Là, elles les avaient aidés à soigner leur bêtes.

par Gaël Dahnal

Terres de Gandhaäl (4) – Livre 1 : « Fondations »

Chapitre II Une nuée de minuscules moineaux s’égailla dans un concert de sifflements et de battements d’ailes à l’approche des intrus. Les deux soleils jumeaux commençaient à disparaître derrière le pic d’Anstarä, fabuleuse aiguille minérale haute de trois mille foulées dont le sommet couvert de glace scintillait comme un feu de diamants. La nature, par miracle était redevenue accueillante depuis qu’ils avaient gravi cette colline impossible.

par Gaël Dahnal

Terres de Gandhaäl (3) – Livre 1 : « Fondations »

Danda ouvrit les yeux. Il ne vit rien d'autre qu'une nuit d'encre. Il tendit l'oreille. Aucun son ne lui parvint. Il remua la main droite et tâtonna du bout des doigts. Du cuir, lisse et froid. Ses jambes étaient ankylosées mais il parvint à les replier puis à les basculer sur le côté. Son dos le lançait et une pluie de petites piques se projeta du bas de sa nuque et pénétra son cerveau.

par Gaël Dahnal

Terres de Gandhaäl (2) - Livre 1 : "Fondations"

Les tambours résonnaient sans cesse, toujours à la limite de couvrir les voix excitées des convives. Leur rythme lent et mécanique emplissait l’esprit et obligeait l’étranger inaccoutumé à ces sons graves et répétitifs, à se concentrer intensément afin de rester à l’écoute des discussions, ou bien même accomplir des gestes simples.

par Gaël Dahnal

Terres de Gandhaäl - Livre 1 : "Fondations"

Prologue Le jardin d’Eden en proie aux ombres maléfiques avait été retiré aux hommes, et la quête pour le retrouver au gré des siècles, s’était épuisée… L’humanité parvint à dominer la matière, l’espace, le temps et certains pensèrent même qu’ils étaient des dieux, car il pouvaient créer la vie… La nature, dominée, puis broyée par l’appétit insatiable des êtres humains devint une esclave sans saveur, fanée par les mauvais traitements.

par Gaël Dahnal

12 cigarettes (5)

  Partie 5 : hésitation — « Il a créé l'univers ? Vous pouvez m'expliquer cette affirmation ? » Elle vrilla ses yeux dans les siens. C'était le moment. Tout se jouait maintenant. Elle inspira lentement puis se jeta à l'eau : — « Il a re-créé l'univers si vous voulez… avec le C-Quantum. Enfin, au départ c'était une reproduction. Parfaite. A l'identique. Un programme quantique qui débutait à l'origine sans aucune donnée quantique, sans rien.

par Yovan Menkevick

12 cigarettes (4)

Partie 4 : dernière bouffée Les dernières bouffées de la dernière cigarettes sont particulières. Elle ne sont plus vraiment agréables, et pourtant, je les apprécie quand même. Je sais qu'il n'y en aura plus d'autres, jusqu'au matin. C'est une sorte de sevrage, une conclusion entre moi et la tige de papier-tabac. Je sais que je vais mourir, et même si cette cigarette m'épuise, me blesse la gorge et les poumons, elle est une dernière chance d'être présent au monde.

par Yovan Menkevick

12 cigarettes (3)

Partie 3 : volutes Il y a mille et une manière de fumer. La tenue de la cigarette, par exemple. Elle peut se faire entre le majeur et l'index, ou bien entre le pouce et l'index. La main tournée vers le haut ou bien vers le bas. Les bouffées peuvent être rapides et courtes, ou anxieuses ou bien encore longues et apaisées : chaque fumeur crée son univers de fumée avec ses propres règles. Les volutes de fumées ne sont jamais les mêmes. Jamais. Aucune n'est identique.

par Yovan Menkevick

12 cigarettes (2)

Partie 2 : Petite enfance La première bouffée de la première cigarette plonge le fumeur dans un chaos de sensations. La tête tourne, la gorge s'enflamme, le monde s'amplifie comme si la fumée le rendait plus réel. C'est un moment étonnant, et j'aime le revivre, chaque matin. Je découvre le monde. Ma naissance est celle du monde, je me confonds avec lui et cette première fumée d'origine. La petite boite en argent ne contient plus que 11 cigarettes. Le ciel a changé de couleur. Il est bleu.

par Yovan Menkevick

12 cigarettes (1)

Partie 1 : la naissance Je fume 12 cigarettes par jour. Pas une de plus, pas une de moins. Chaque cigarette a un sens précis, une valeur, un goût, un temps, un espace qui lui est propre. Chaque cigarette raconte sa propre histoire, exhale une saveur unique. C’est un plaisir qui ne se partage pas, qui ne concerne que le fumeur et sa tige de papier-tabac. Un univers se crée dès que la cigarette est allumée, un univers de fumée opaque qui protège le fumeur du monde glacial qui l’entoure.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (7/7)

Jardin du musée Saint Pierre: 15 heures Martin Siderm était exactement dans la même position que la veille ainsi que le pigeon —que je reconnus à cause d’une tâche sombre qu’il avait autour de l’œil droit. Il me tendit la main, puis reprit les caresses qu’il prodiguait à l’oiseau. Il tourna la tête vers la mienne, souriant. — “Alors, cette soirée, Monsieur Liderman ?” Pris au dépourvu, je ne sus pas quoi lui répondre. Il continua. — “Le jardin vous a plu ?” J’avalai ma salive.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (6/7)

Le pigeon continuait de se laisser caresser et se mit à roucouler de plus belle. Le ciel était d’un bleu indescriptible. Je commençai à me sentir épuisé. Siderm ne parlait plus. Le pigeon se tut. Le soleil nous emplissait d’une chaleur douce et bienfaisante. Martin Siderm tourna enfin la tête vers moi. — “Vous devez me trouver bien pessimiste et nihiliste, n’est-ce pas ? J’avoue manquer de nuances parfois. J’entends par là que je fais des raccourcis.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (5/7)

S : — “C’est de la démocratie dont il faut parler. De l’état de la démocratie. Aller aux urnes n’a plus aucun sens, chacun le sait bien, ou tout du moins sent bien que ce ne sont pas les politiciens au pouvoir qui tiennent les rênes de la société. Ces politiciens ne peuvent que modérément freiner, s’ils ne sont pas totalement acquis à la cause scientiste-capitaliste. Mais ils ne peuvent rien empêcher.

par Yovan Menkevick