Journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking

Culture

12 cigarettes (1)

Partie 1 : la naissance Je fume 12 cigarettes par jour. Pas une de plus, pas une de moins. Chaque cigarette a un sens précis, une valeur, un goût, un temps, un espace qui lui est propre. Chaque cigarette raconte sa propre histoire, exhale une saveur unique. C’est un plaisir qui ne se partage pas, qui ne concerne que le fumeur et sa tige de papier-tabac. Un univers se crée dès que la cigarette est allumée, un univers de fumée opaque qui protège le fumeur du monde glacial qui l’entoure.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (7/7)

Jardin du musée Saint Pierre: 15 heures Martin Siderm était exactement dans la même position que la veille ainsi que le pigeon —que je reconnus à cause d’une tâche sombre qu’il avait autour de l’œil droit. Il me tendit la main, puis reprit les caresses qu’il prodiguait à l’oiseau. Il tourna la tête vers la mienne, souriant. — “Alors, cette soirée, Monsieur Liderman ?” Pris au dépourvu, je ne sus pas quoi lui répondre. Il continua. — “Le jardin vous a plu ?” J’avalai ma salive.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (6/7)

Le pigeon continuait de se laisser caresser et se mit à roucouler de plus belle. Le ciel était d’un bleu indescriptible. Je commençai à me sentir épuisé. Siderm ne parlait plus. Le pigeon se tut. Le soleil nous emplissait d’une chaleur douce et bienfaisante. Martin Siderm tourna enfin la tête vers moi. — “Vous devez me trouver bien pessimiste et nihiliste, n’est-ce pas ? J’avoue manquer de nuances parfois. J’entends par là que je fais des raccourcis.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (5/7)

S : — “C’est de la démocratie dont il faut parler. De l’état de la démocratie. Aller aux urnes n’a plus aucun sens, chacun le sait bien, ou tout du moins sent bien que ce ne sont pas les politiciens au pouvoir qui tiennent les rênes de la société. Ces politiciens ne peuvent que modérément freiner, s’ils ne sont pas totalement acquis à la cause scientiste-capitaliste. Mais ils ne peuvent rien empêcher.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (4/7)

I: — “Vous préconisez une thérapie planétaire ? C’est une proposition assez...difficile à mettre en oeuvre, non ?” S: — “Je ne préconise rien, vous vous en doutez bien. Mais votre question n’est pas si inintéressante : les rituels animistes, les traditions amérindiennes, le shamanisme avaient la vertu d’offrir l’équivalent d’une thérapie aux individus. Une autre réalité leur était présentée et le rapport qu’ils entretenaient à eux mêmes en était modifié.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (3/7)

S: — “ C’est ce que combattent les musulmans. Une peur qui, je crois, est justifiée de leur point de vue. Une peur de voir leur réalité fondre, de voir la “folie matérialiste occidentale” s’emparer des membres de leur civilisation, et dans le même temps le désir de maintenir un pouvoir par la religion. Pouvoir de l’homme sur la femme en premier lieu, puis pouvoir de chaque croyant qui pense profiter un peu de la puissance de la divinité.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (2/7)

Jardin du musée Saint Pierre: 15 heures Ce fut un soleil printanier, insolite pour la saison en cette région, qui m’accueillit. Les édifices Lyonnais resplendissaient sous les rayons de lumière et prenaient une couleur safran envoûtante; la ville vibrait, magnifique.

par Yovan Menkevick

Un homme comme les autres (1/7)

Ma passion pour le journalisme s’était progressivement dégonflée, comme, lorsqu’enfant, on abandonne après deux ou trois jours un cadeau de Noël devenu terne et insipide. Je n‘étais pas un grand journaliste mais j’avais dès le début de cette expérience professionnelle eu une sorte de foi, de volonté à amener quelque chose de l’ordre du serment d’Hippocrate version journalistique. Un serment qui se résumerait à “vérité et devoir de lutte contre les dérives des puissants”.

par Yovan Menkevick

Ma vie moderne

Ce matin, je sens que la journée va être très bonne : mes Google actions ont bondi dès la première heure, dixit l'écran Google news qui vient de me réveiller et me l'annonce à haute voix. J'adore cet écran : immense, enchâssé dans le mur, avec son design en aluminium brossé : l'holo 3D te donne l'impression d'être immergé dans l'image. Tiens, j'entends le café qui coule, mes bio-capteurs de mouvements ont dû prévenir la machine à expresso.

par Yovan Menkevick

Ebook : "Notre étrangeté est libre" de Gabriella Coleman, traduit en français

C'est la nouvelle année, les cadeaux se sont accumulés sous les sapins. Pour Reflets et ses lecteurs, papa Noël s'appellent Elodie Chatelais (@ElodieChatelais) et Gabriella Coleman (@BiellaColeman). La première a traduit l'ebook de la seconde (Our Weirdness Is Free) et l'a fourni à Reflets pour que nous puissions vous le proposer en français.

par Antoine Champagne - kitetoa

15 ans après matin brun : enjoy !

C'est une nouvelle qui avait fait du bruit à l'époque. Très courte. Très percutante. Evidente. Inquiétante, même si nous étions alors encore éloignés de la possibilité d'une société qui… 15 ans après la publication de cette nouvelle, qu'il faut lire ou relire à tout prix, des réponses sont là, sous nos yeux, dans ce texte. Avec une ou deux phrases, l'auteur résume ce qui nous caractérise, nous autres habitants des pays les plus développés. Et annonce aussi ce que nous sommes en train de vivre.

Édito
par Yovan Menkevick

La survie de l’espèce, ou pas...

La survie de l’espèce, c’est la BD qui permet d’arrêter de faire semblant de comprendre quand on vous parle finance… Et pourtant, cette BD n’a pas été faite uniquement pour les personnes, comme moi, qui vivent dans un monde de Bisounours où les patrons cherchent notre épanouissement et les banquiers à nous faire économiser de l’argent… La survie de l’espèce présente une vision du monde financier à la fois drôle, réaliste et satirique.

par Jenna Stinson

Bienvenue chez les rich's

Il y a humour et humour. Certains sont plus rugueux, d'autres sont plus elliptiques. Il y a la caricature, le détournement,  la dérision. Chez Quellesconnes.com, on fait dans l'humour corrosif et décalé. Quellesconnes.com, c'est une compagnon de route du Web. Une dinosaure à sa façon aussi. Depuis toujours, Quellesconnes.com, Zipiz.com et Kitetoa.com se renvoient la balle blague parce que sur le Web, il y a tant de choses drôles à dire et commenter, que nous ne finirons jamais.

par Antoine Champagne - kitetoa

Altair, Internet et la culture

Il y a quelques mois de cela, nous vous parlions du think tank Altair. Ce dernier se proposait d'apporter des réponses aux questions qui animent depuis des années la vie numérique et culturelle dans l'hexagone, dans toute sa singularité.

par bluetouff

La photo au féminin

La photographie est une technique de reproduction de la réalité inventée par des hommes et expérimentée par ces derniers. Portraitistes, reporters, photographes sociaux, sportifs, très rapidement cette expression lumineuse a envahi les différentes strates sociales. Petit à petit, l'art photographique se met au service de la femme et de ses courbes corporelles mises en valeur de différentes façons par la gente masculine.

Édito
par epimae

Do you comment me ? Ooooh yeaaah !

Salut lecteur : ça va ? Bon, tu n'es pas obligatoirement concerné par ce billet, et tu peux refermer cette page si cette première phrase te gonfle. Ouais, c'est un billet. Parce qu'il faut savoir qu'il y a des "billets" et des "articles". Le truc est super important : d'un côté c'est considéré comme un truc fait sur un coin de table à la va vite, par des gens pas très compétents (le billet), et de l'autre, c'est du lourd, coco (l'article, un truc de journaliste).

Édito
par Yovan Menkevick

Quand le voile traverse la Méditerranée

La vertu de la photographie est de dévoiler des choses inavouables. Elle nous permet ainsi de remettre en question nos convictions les plus profondes afin d'interroger sans cesse nos fondations politiques, sociales et psychiques. Nous assistons ces derniers temps à un débat, qui n'en est plus vraiment un, sur ce que devraient, pourraient, voudraient faire les femmes d'autres contrées.

Édito
par epimae

L'homme qui donnait plus, et moins (le mercredi c'est soufi)

Inqilabi a dit : "Je suis allé voir de nombreux maîtres. Tous étaient vénérés de leurs disciples, tous je les ai vénérés. Puis j'ai trouvé un maître différent. Il me dit tant de choses que je n'ai jamais imaginées qu'il me parut surpasser tous les autres en générosité. Quand j'atteignis, avec son aide, à l'entière connaissance du secret, je me rendis compte que tous les autres avaient été bien plus généreux : ils m'avaient dit tout ce qu'ils savaient.

par Yovan Menkevick

Petite pause sur images : La face cachée des photos présidentielles

La photographie officielle de chefs de l'Etat a une valeur bien particulière: celle de donner l'image d'un pays mais aussi d'un homme censé gouverner cette nation. Ces prises de vue donnent l'occasion de décoder de nombreux messages évidents, mais aussi de déceler des informations beaucoup plus tacites, voire inconscientes, voulues ou non par le sujet et son photographe.

Édito
par epimae

Twitter m'a tuer : mais qu'aurait fait Pierre Desproges (et les autres) ?

(Les associations d'idées sont un truc de psychanalyse assez marrant. Avec Twitter, c'est Pierre Desproges. N'allez pas demander pourquoi, c'est une association d'idées. Survenue par la lecture de n'importe quel Tweet absurde et pathétique lâché sur la Time-Line  de l'auteur comme une fiente de pigeon sur un pare-brise.) Twitter est devenu quelque chose d'assez grandiose. Un truc qui fait frémir. Gémir. Sourire. Pâlir. Mais putain-de-bordel-de-merde, "comment qu'on en est arrivé là ?

Édito
par Yovan Menkevick