TMG : cet ami qui voulait vous fliquer

L’été dernier, nous attirions votre attention, allant même jusqu’à apporter notre soutien à l’HADOPI (ça aurait du vous inquiéter venant de notre part), sur une dangereuse dérive annoncée des ayants-droit. L’HADOPI s’était d’ailleurs empressée de remettre tout ce petit monde à sa place. Nous vous expliquions que cette dérive possible était un risque réel, et fondé sur un lobbying sans faille d’une industrie qui se porte indécemment bien en temps de crise, pour ce qu’elle est nécessaire à notre vie quotidienne. Cette dérive est aujourd’hui matérialisée par l’assignation des fournisseurs d’accès, publiée ce matin par PCInpact.  Et on y trouve du lourd qui tâche dedans. Du tellement lourd qu’on va être obligés de vous raconter ça en plusieurs articles pour que ce ne soit pas trop indigeste.

Dans le document assignant les gros fournisseurs d’accès Internet ainsi que Google, les ayants-droit nous racontent, décontractés du gland, qu’ils aimeraient que la justice confie le routage mondial du trafic des fournisseurs d’accès français, à TMG, qui est déjà pas fichue de protéger son pool « d’ip de tests ». C’est quand même ultra gonflé de leur part. Pour rappel, Reflets avait épinglé la société privée nantaise, se voulant le bras armé des ayants droit. Notre article, et les quelques explications qui ont suivi, ont valu à TMG d’être la seule connexion coupée par l’HADOPI. Cette interconnexion n’est d’ailleurs à ce  jour toujours pas rétablie, preuve s’il en est d’un certain malaise dont nous ne nous expliquons pas tous les tenants et les aboutissants.

Si TMG était un acteur sérieux, reconnu dans le monde de la sécurité, les ayants droit n’auraient aucune gêne à diffuser le rapport de l’audit de sécurité réalisé par le très sérieux Hervé Schauer Consulting. Or, ce rapport n’a à notre connaissance pas filtré, et c’est fort dommage car il y a fort à parier qu’il y a du lourd là dedans. Plus amusant, s’il n’a pas filtré, c’est certainement qu’il contenait des éléments qui dérangent et qui justifieraient à eux seul un changement de prestataire. Ne croyez vous pas que les ayants-droit se seraient empressés de le diffuser pour laver tout soupçon de nullité crasse de la société nantaise en matière de sécurisation de données personnelles ? Et aujourd’hui, des mois après cet incident, pourquoi l’interconnexion n’est elle pas rétablie entre l’HADOPI et TMG si nos cowboyz des Internetz sont si capables que ça ? Et bien non, au lieu de ça, les ayants droit persistent et signent : non seulement ils se refusent à toute transparence trop gênante après de ridicules divagations, mais en plus de ça ils ont le toupet de s’acharner à vouloir créer, à travers TMG, une petite police privée de campagne à qui on confierait l’arme nucléaire (et ça on va vite y revenir comme vous vous en doutez).

Souvenez-vous, peu après cet épisode malencontreux, TMG annonçait être prêt à surveiller le Streaming et le direct download. Nicolas « 35% » Sarkozy confirmait plus tard à Avignon qu’il voulait s’attaquer à ces modes opératoires… quelle coïncidence… un peu téléphoné non ? Mais bon, la presse ne semble pas avoir relevé le fait que TMG lise dans les pensées présidentielles… nous si, et ça nous fait doucement rigoler. Ce qui nous fait moins rigoler, c’est qui ce va suivre.

On vient ici vous replanter le décor… bientôt la suite /-)

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8 thoughts on “TMG : cet ami qui voulait vous fliquer”

  1. « valu à TMG d’être la seule connexion coupée par l’HADOPI. Cette interconnexion n’est d’ailleurs à ce jour toujours pas rétablie »

    ah enfin des news

    depuis l’annonce de la « déconnexion » de TMG, je n’en ais plus entendu parler, je me demandais si elle avait été rétabli, en catimini

    cette info est officielle, elle date de quand?

  2. « cowboyz des internetz » ça me rappelle une bonne page ouaib des 90’s nommée « Tr0u du [biip] hide0ut »…
    (oui oui, commentaire sans grand intérêt mais la formule utilisée par ‘Touff m’amuse)

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