Journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking
Reflets poursuivi par Altice : la liberté d'informer menacée

Le groupe de Patrick Drahi tente de contourner le droit de la presse. Altice a des milliards, nous avons un site Web. Aidez-nous à défendre la liberté de la presse.

par bluetouff

Ils nous ont trahi

Nous le savons depuis le tout début de "l'affaire PRISM", le scandale est loin de se limiter à l'opérateur Verizon et aux 9 géants du Net collaborant directement avec le programme PRISM. Aujourd'hui le Washington Post a publié une nouvelle slide faisant état du programme UPSTREAM, celui là même qui désigne l'écoute des câbles sous-marins dont nous vous rebattons les oreilles depuis deux ans. Et oui... PRISM est un tout petit machin, l'affirmation à peine visible du gros zizi américain.

Nous le savons depuis le tout début de "l'affaire PRISM", le scandale est loin de se limiter à l'opérateur Verizon et aux 9 géants du Net collaborant directement avec le programme PRISM. Aujourd'hui le Washington Post a publié une nouvelle slide faisant état du programme UPSTREAM, celui là même qui désigne l'écoute des câbles sous-marins dont nous vous rebattons les oreilles depuis deux ans. Et oui... PRISM est un tout petit machin, l'affirmation à peine visible du gros zizi américain.

Internet comment te faire confiance ?

Avec toutes ces révélations sur le programme américain de surveillance massive et globale c'est tout l'écosystème d'Internet et par extension de l'informatique qui est attaqué. Les utilisateurs ont été floués à chaque fois qu'ils cochaient des conditions générales d'utilisations de services en ligne ou de matériels, à chaque fois que ces marques leur proposaient d'adhérer à une politique de confidentialité, elles leur mentaient... contractuellement . Le problème dépasse de loin les 9 géants du Net mis en cause par les quelques slides rendues publiques par la presse et fuitées par Edward Snowden, le problème maintenant, c'est la confiance que nous devons accorder à tout cet écosystème. Nous devons aussi nous interroger sur nos politiques qui cautionnent cette société de surveillance par leur passivité complice.

Internet, au fil des années est devenu un réseau public sur lequel des services marchands côtoient des services non marchands et des réseaux d'échanges. La crise de confiance qui découle d'une surveillance généralisée du réseau, du pillage des données personnelles par des états, pourrait couper les ailes de cet écosystème en provoquant une crise de confiance sans précédent.

Tuer la confidentialité sur Internet, c'est un attentat à toutes nos libertés, depuis notre liberté d'expression jusqu'à notre liberté d'entreprendre.

Quand Nicolas Sarkozy qualifiait au EG8, Internet, de "marché à conquérir », il s'agissait donc d'un marché sur lequel les règles étaient faussées. Nos industriels sont pillés, nos politiques ne réagissent pas, c'est tellement plus facile de faire la chasse au téléchargement, tellement plus confortable aussi.

Ne nous parlez plus de protection de la propriété intellectuelle, quand les USA pillent nos PME, ce sont nos emplois que vous n'êtes pas fichus de protéger.

Quand un internaute tape dans Google une recherche dont jamais il n'oserait parler à qui que ce soit, maintenant, il sait qu'elle peut être lue et corrélée à son identité par des tiers.

Tuer la confidentialité sur Internet, c'est tuer la confiance que l'on porte au réseau. Tuer la confiance des internautes, c'est tuer le marché de Nicolas Sarkozy, mais ça, c'est bien anecdotique à côté du reste. Tuer la confidentialité sur Internet, c'est surtout tuer le partage, l'échange, tuer la faculté des humains à échanger relève d'un crime contre la connaissance de l'humanité, un crime qui devrait être puni des plus sévèrement et non par des condamnations du bout des lèvres de la part de notre classe politique.

Particuliers comme entreprises, tous surveillés

En plus du programme d'espionnage à grande échelle orchestré par l'administration américaine, d'autres pratiques toutes aussi dangereuses, sont devenues une quasi "norme", comme les portes dérobées sur les matériels et les logiciels. On se souvient du rapport Bockel qui pointait du doigt les routeurs chinois, et nous apprenons aujourd'hui, qu'une fois de plus, c'est un constructeur américain qui se fait prendre la main dans le sac : Hewlett Packard a ainsi avoué que ses équipements de stockage étaient livrées avec une porte dérobée. Pourquoi ces fabricants d'équipements stratégiques se permettent-ils depuis des années (on se souvient encore récemment des backdoors sur les équipements de Cisco Systems... encore un américain !) d'introduire volontairement ce genre de portes dérobées sur ces équipements ? Ont-ils été un jour condamnés pour ce type d'acte parfaitement délibéré dont les finalités apparaissent au grand jour avec le scandale PRISM ? Nos élus auront-ils enfin l'intelligence de se doter d'un arsenal pénal sérieux pour passer l'envie aux fabricants de matériels ou aux éditeurs de logiciels de pourrir les produits qu'ils nous vendent pour mieux nous espionner ? Et bien non ... au lieu de ça nos dirigeants renouvellent les contrats avec Microsoft pour équiper le ministère de la défense avec Windows lui aussi backdooré pour permettre à la NSA de s'introduire quand elle le souhaite dans nos administrations... brillant !

Tous trahis, deux fois

Nous avons tous été trahis, et le cynisme de la classe politique, tellement frileuse à condamner ces actes graves nous trahi une fois de plus. Comment se fait-il qu'aucun élu n'ait porté plainte alors que les délits sont parfaitement constitués et actés par l'administration américaine ? Pourquoi est-ce finalement la FIDH et la LDH qui portent plainte alors que les citoyens attendent de leurs élus la protection la plus élémentaire de leurs libertés ? En guise de réponse, on nous servira une autre trahison, celle du déni des valeurs de la République.

Nous attendons de nos élus un véritable engagement pour les citoyens, pas des mesurettes timorées ou des postures ridicules qui masquent mal le malaise ambiant face à la mise au grand jour d'une société de surveillance massive et mondialisée.

Mesdames, Messieurs les élus, ce n'est pas un monde virtuel que vous trahissez, ce sont vos citoyens.

0 Commentaires
Une info, un document ? Contactez-nous de façon sécurisée