Google : la mise en place de l’aspirateur à données personnelles

Dans le précédent article de cette petite saga, nous avons pris le temps de retracer un petit historique des dates phares de Google. Il s’agissait pour le moment d’une belle success story ne laissant transparaitre que bien peu d’ombres au tableau. Il y a aussi ces histoires un peu moins connues que les rachats en chaines de tout ce qui était susceptible de créer de la valeur. Mais la plus fantastique histoire de Google, c’est probablement la vitesse à laquelle l’entreprise a su, avec des services « gratuits », mettre en place le plus gros aspirateur à données personnelles du monde.

Quand on opère des services gratuits à l’échelle mondiale, on dispose de grands pouvoir… et donc de grandes responsabilités. Avoir pour devise « don’t be evil« , c’est bien gentillet. Mais la réalité du business se rappelle généralement assez vite au bon souvenir d’une société. Très vite, dans la fulgurante ascension de Google au sommet du top des requêtes mondiales, une question allait très vite se poser :

Ça coûte combien ces trucs gratuits ?

On le sait depuis l’éclatement de la bulle Internet dont nous parlions dans le premier article de cette série : la gratuité d’un service, particulièrement quand il est mondial et d’une importante volumétrie, ça coute forcément quelque chose… bref c’est tout sauf gratuit. Google a donc retourné le problème en sortant de son chapeau un superbe numéro d’illusionniste : il fallait donner l’impression de la gratuité. Et quoi de plus adapté que des pixels que l’on maitrise sur le bout des doigts pour jouer les illusionnistes ?

Illimité et gratuité, les deux mamelles cancérigènes du Net

L’impression de la gratuité chez Google commençait par un message fort : la page d’accueil de son domaine.

Pas une seule pub, pas une seule agression visuelle pourtant si répandues en ces temps maudits qui allait voir s’éteindre (du moins en Europe) un autre géant du Net, AOL. AOL, pour ceux qui ne s’en souviennent pas, avait une page d’accueil qui ressemblait étrangement à l’interface de Windows 8.

Bien que leur coeur de métier diffère, comparer Google à AOL est un intéressant exercice de style tant les deux entreprises se sont retrouvées au même moment en proie aux mêmes problèmes. Des problèmes qu’elles ont abordé de manière radicalement différente avec des concepts parfois pourtant assez proches.

La gestion de la croissance tout d’abord. AOL s’implante en Europe grâce à Bertelsmann pour la commercialisation de ses produits. En sa qualité de fournisseur d’accès Internet AOL allait poser les bases de ce qui est aujourd’hui devenu une norme, l’accès à Internet « illimité »… et il y en a certains, au service marketing d’AOL, qui auraient mieux fait de se casser une jambe ce jour là.

La croissance de Google est probablement un cas d’école en matière de gestion. Ce n’est pas parce qu’on commence à gagner beaucoup d’argent qu’il ne faut pas gérer sa croissance. Avec un capital initial d’un million de dolars en 1997, puis une levée de fonds de 10 millions de dollars 3 ans plus tard, Google est devenu ce monstre du Net que nous connaissons aujourd’hui.

Pour en terminer avec notre petit comparaison entre AOL et Google, nous conclurons sur un fait : l’un est vivant, l’autre est mort. N’y voyez surtout aucun signe hein … Mais la seul différence c’est qu’il y en a un qui se disait illimité et qui dans les faits était très limité (AOL), et l’autre qui est juste très limité.

AOL-1996-vs.-Microsoft-Windows-8

Vers un business model personal data centric

C’est en 2000 que Google commence à rentabiliser son moteur de recherchepar le biais d’ un partenariat avec Yahoo. Ce partenariat vise à insérer des publicités contextuelles en fonction des mots tapés dans son moteur de recherche. La publicité allait peu à peu devenir la première source de revenus de Google, puis, son coeur historique de métier en 2007, quand la firme de Mountain View rachète DoubleClick. Et c’est justement entre 2000 et 2007 que Google allait s’imposer comme le « maitre des intertubes ».

La liste des produits mentionnés est loin d’être exhaustive, si vous cherchez plus complet, regardez ici.

En 2001, Google lance : Google Groups, Google et Google News ! Google News est précisément le service qui, 12 ans après sa création, fait bondir la presse. Comment ça ils sont long à la détente ?

En 2002, Google lance Adwords, un véritable tournant dans sa stratégie de monétisation de son moteur de recherche. Adwords permet d’acheter des mots clés pour faire apparaitre l’ancêtre de la publicité contextuelle dans ses résultats de recherche.

En 2003, Google cherche d’autres espaces publicitaires, il propose donc aux webmasters d’offrir sur leurs sites web un espace pour afficher de la publicité contre rémunération, c’est naissance d’AdSense. C’est également l’année de la naissance de Blogger, le service de blogs gratuits de Google, l’intégration d’AdSens y est naturelle et permet à Google d’élargir encore sa surface publicitaire visible sur le Net. Très vite Google va imposer des millions de contacts publicitaires supplémentaires par jour. Et pendant ce temps… les journaux de connexion stockent, eux,  de plus en plus de données personnelles ou pas : adresses IP, mots clés, sites référents, temps passé sur une page, point de sortie … Les cookies de Google commencent à prendre du poids.

En 2004, c’est le lancement de Gmail. Google frappe fort, très fort, et enterre la concurrence. Lancé sur invitation uniquement, Google offre un stockage ahurissant pour l’époque laissant la concurrence loin derrière. Vos contacts et vos échanges mails sont chez Google. En plus des mots clés tapés dans les moteurs de recherche pour afficher les publicités AdWords, Google dispose maintenant d’un nouvel espace. Il ne faut cependant pas violer la correspondance personnelle des utilisateurs, qu’à cela ne tienne, Google procèdera par reconnaissance de mots clés dans le contenu des mails pour afficher une publicité toujours plus ciblée, toujours plus présente.

En 2005, c’est à Google maps de faire son apparition et aspirer vos données de géolocalisation. Il est maintenant possible de vous proposer des publicités et des promotions géolocalisées donc encore plus  personnalisée. Google Recherche personnalisée vient conserver en ligne et chez Google vos historiques de recherches ainsi que vos favoris. Du côté des webmasters, et des entreprises, Google Analytics vient de voir le jour et ira peu à peu détrôner le vieillissant webalizer.

2006, c’est l’année du rachat de Youtube par Google. C’est aussi la naissance de Google Agenda (dans lequel l’utilisateur vient mettre en ligne ses rendez-vous et encore plus de contact)et de Google Checkout, la solution de paiement en ligne de Google… et hop des données bancaires de plus.

2007 : Google rachète Doubleclick s’assure ainsi de truster le marché de la publicité en ligne. Fort de toutes les données personnelles qu’il aspire, qu’il corrèle avec celles d’autres services Google en 2007 est la plus formidable usine à aspirer des données personnelles que le Net ait engendré jusque là.

AdSense, AdWords et Google Analytics sont les trois piliers qui viendront alimenter la pompe à cash de Google. Mais ce n’est qu’un début, 5ans plus tard, Google, ce sera par exemple aussi le système d’exploitation le plus répandu sur Smartphone.

Plus aucune donnée personnelle n’échappe à Google ;

  • vos documents Word, Excel et Powerpoint sont sur Google Docs ;
  • vos photos de vacances sont sur Picasa,
  • vous superpokez des cercles entiers de copains sur Google+ ;
  • vous stockez vos Warez sur Google Drive ;
  • votre discothèque est sur Google Music ;
  • votre code est sur Google Code ;
  • votre femme est sur Google Street View…

Google vous connait maintenant mieux que votre propre mère !

Google vous connait bien. Mais est-ce que les utilisateurs connaissent aussi bien Google que ce dernier ne les connait ? L’utilisateur, lui, il a du mal à s’y retrouver quelques fois. Le ticket d’entrée dans la galaxie Google, c’est l’identifiant de l’utilisateur : son adresse e-mail. Cette adresse va très vite servir de glue entre les différents services de Google. Un utilisateur, ça n’aime pas trop avoir à gérer plein de mots de passe. Qu’à cela ne tienne, cette adresse email servira donc à authentifier les internautes sur tous les services proposés par Google.  Et comme l’API est ouverte, alors ce compte mail servira même à s’authentifier sur des applications tierces.

Puis, en 2012, c’est le scandale. Google homogénéise ses conditions générales d’utilisation, pour l’ensemble de ses produits. Au lieu d’avoir à vous taper l’intégralité des CGU de chacun des services de Google, la firme de Mountain View propose des CGU unifiées, plus claires, et plus floues à la fois. Plus simples à lire mais avec des passages sous silence assez lourds de sens.

Aujourd’hui en 2013, on en est quand même à se demander pourquoi le jeu Angry Bird collecte vos données de géolocalisation. Si Google se goinfre de données personnelles, il semblerait que certains de ses produits, comme le Play Store, se montrent particulièrement laxistes sur la vérification des données aspirées par les applications tierces qu’il distribue.

Attention monsieur Google, car si tu es là aujourd’hui, c’est surtout parce que tu as gagné la confiance des internautes. Il serait dommage de se compromettre en racontant par exemple que si on a rien à se reprocher, on a rien à craindre de Big Brother. En tout cas une chose est aujourd’hui certaine, la gratuité, ce n’est pas le modèle économique de Google. Son vrai modèle économique, tout comme celui de Facebook pour ne citer que lui, ce sont vos données plus ou moins personnelles, leur exploitation, leur revente, ou encore donner l’accès à ces données à des tiers par le biais d’API. Et ce business, quand on a le savoir de Google en la matière, il est très juteux.

Toutes ces données personnelles intéressent beaucoup de monde, entreprises privées, gouvernements, services judiciaires… mais voilà, c’est trop tard, l’aspirateur à données personnelles, leur centralisation sur l’AS de Google, les pros surveillance n’en auraient pas tant demander : Google, la première agence de renseignement non gouvernementale du monde.

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70 thoughts on “Google : la mise en place de l’aspirateur à données personnelles”

  1. Google, FB, Linkedin… pas si sûr que les cadres de l’état major n’aient pas des liens avec la NSA/FBI

    https://karlablondi.wordpress.com/2012/04/17/expulse-du-territoire-pour-avoir-utilise-facebook-google-linkedin-ou-twitter/
    Quand j’ai publié ce billet, c’était de la fiction… mais plus en Israel où c’est arrivé >> http://tinyurl.com/b8qj5u4

    ETAT POLICIER – POWERED BY GOOGLE – (Part I)
    https://karlablondi.wordpress.com/2012/04/18/etat-policier-powered-by-google-part-i/

  2. Salut Touff, sujet très intéressant.
    Je précise aussi que le slogan Don’t be evil n’est plus d’actualité. Un oubli sans doute…

    Il n’était pas non plus inutile de parler de Chrome, que j’adore personnellement, mais qui permet à Google de connaître l’intégralité de votre surf, y compris en navigation privée. Y compris si vous passez par un VPN et que vous vous loguez à un site, Google peut suivre votre surf et le lier à votre compte…

    Là où c’est difficile de leur taper dessus c’est qu’à côté ils contribuent beaucoup au monde du libre, aux technos ouvertes, à un internet meilleur. Moi j’ai beau connaître la dangerosité de leur système pour mes données personnelles, j’avoue avoir du mal à m’en passer. Oui parce qu’ils écrasent totalement la concurrence dans pas mal de domaines. Google est au top en rapport qualité, facilité, accessibilité

    Peut-on vraiment supprimer son compte ?
    Il faudrait déménager pour ceux qui ont une adresse IP fixe. Mais s’ils voient un compte disparaître du jour au lendemain, et qu’ils voient un autre débarquer avec une liste de contacts identiques, etc. difficile de s’en débarrasser je pense…

    Je me demande ce que pourrait faire l’Europe dans cette histoire, s’approprier nos données pour les marchander, ou pour un prétexte de sécurité ?

  3. Bravo, super synthèse! En fait Google ne s’est jamais caché de faire du business avec les données qu’ils collectent, la donnée en masse c’est leur raison d’être leur savoir faire. Après ces données sont surtout pour faire de la pub ultra-ciblée…

    Dommage qu’il n’y est pas un peu plus de prospective, entre autre sur le repositionnement entamé depuis 2007 sur la bannière et les évolutions en cours du marché publicitaire (une petite recherche RTB, Invite Media, Admeld, etc). Tout ça à mettre en parallèle avec l’accord fumeux signé avec IPG (syndicat des titres de presse) avec peut-être l’idée de récupérer l’inventaire publicitaire des éditeurs français.

    Le plus flippant c’est que depuis 2-3 ans il y a pléthore de boites qui se mettent à faire la même chose que Google pour la pub, à plus petite échelle il est vrai.

  4. Franchement, il faut justement arrêter de voir le mal partout et se battre contre des moulins à vent…
    Allons du moins au pire :

    – Google utilise toutes nos données ? Je ne pense pas. S’ils veulent gagner de l’argent avec les pubs, il faut faire de la pub intelligente. Et utiliser toutes nos données ne sert absolument à rien pour eux…
    Ils sont obligés de rester dans certaines limites. S’ils veulent que l’on utilise leurs services, ils doivent nous donner une certaine confiance. S’ils dépassent les limites, nous n’avons plus confiance et nous n’utiliserons donc plus leurs services et nous ne n’aurons plus leurs pubs non plus.
    Prenez l’exemple de Facebook ou d’autres qui ont essayé de dépasser les limites. En moins d’une semaine, ils ont été obligés de faire marche arrière.
    – Et au pire…
    Nos données ne sont que des chiffres parmi d’autres. Nous ne sommes que des numéros sur des serveurs. Qu’en feraient-ils au pire ? Nous inonder de pub et d’informations personnalisées… Et alors ? Ça ne reste que dans notre sphère.
    Nos données ne sont pas envoyées au monde entier ou mises au grand jour. Encore une fois, pour les commerçants qui utilisent les pubs, nous ne sommes que des chiffres. Ils ne voient même pas de noms ou d’adresses ou autres. (contrairement aux pubs papier que nous recevons depuis des années et dont personne ne se plaint)
    – Et au pire…
    Si quelqu’un devait utiliser nos informations en y associant notre nom cela ne concernerait que les instances de police.
    Et vous croyez qu’ils ont besoin de Google pour ça ?
    Cela fait des dizaines d’années que les assurances, banques, EDF, France Telecom possèdent des informations sur nous. Bien plus que Google et bien avant Google.
    Si la police veut trouver des infos sur nous, ils n’ont pas besoin de google.
    – Et au pire…
    Vous pensez que Google donnerait des informations personnelles ?
    Ça serait se tirer une balle dans le pied. Leur objectif est justement de se différencier de Facebook ou d’autres services du même genre. C’est leur nouvelle politique : la gestion des infos personnelles. Et c’est aussi les premiers à montrer aux internautes que les gouvernements font des demandes d’informations à Google.
    – Enfin…
    Si ces instances, ces services veulent mes informations Google je m’en fiche.
    Comme dit Roget.biz : Je n’ai rien à me reprocher. Au pire je surfe sur des sites pornos… Et alors ? Je ne suis pas un zoophile ou DSK.

    Tout ça n’est que le reflet du problème principal de l’homme : sa peur du manque de liberté. C’est un tabou purement égocentrique.
    Oui elle est légitime mais dans une certaine limite.

    1. Bon alors juste, évitez de vous targuer de « ne pas avoir à vous reprocher », mais en voulant aussi appliquer cette pensée aux autres.

      Personnellement, je déteste cette phrase, et celui qui me l’a sort IRL, il ne me revoit plus.

      1) Ce n’est pas parce que je n’ai rien à me reprocher que je dois montrer mon cul aux autorités (réponse appliquée aux caméras de surveillance et autres contrôles (du net notamment))

      2) Ce n’est pas parce que je n’aime pas cette phrase que j’ai quelque chose à me reprocher.

      Enrageant, ces phrases qui te forcent à te justifier.

    2. @caffiel:
      Faut vraiment arrêter avec cet argument bidon à la mord-moi-le-noeud consistant à dire « j’ai rien à me reprocher alors je m’en fous ».

      Tu ne sais pas comment Google, Facebook, ton FAI, et plus généralement tous ceux qui contribuent à construire ton « double numérique » utilisent les informations que tu balance à gauche à droite, ni à qui ils les vendent, ni ce qu’ils en font.

      En fonction de tes recherches, des sites que tu fréquentes, et de beaucoup de paramètres agrégés entre eux, on pourrait imaginer par exemple:

      – Moduler la tarification de ta couverture santé en fonction de mots-clés spécifiques ,comme « diabète », « infarctus » ou toute autre maladie. Si toi ou tes proches font ce genre de recherche, +10% sur ta mutuelle

      – Définir les taux d’intérêts de tes crédits, les montants maxi en fonction de tes habitudes de vie: tu fais du shopping sur certains sites Internet? Catalogué cigale et +1% sur le taux. T’as pointé 10 fois au Burger King sur 4square le dernier mois? +0.5% sur le taux parce que ton mode de vie n’est pas considéré comme sain.

      Dystopie? Délire paranoïaque? Non, simple réalité, pour le moment aux USA, mais on peut s’attendre à voir ce genre de chose débarquer ici sous peu:
      http://www.nytimes.com/2012/02/05/opinion/sunday/facebook-is-using-you.html?pagewanted=all

      Pour illustrer tout ça, voici l’histoire d’un type qui a vu sa ligne de crédit passer de 10.800 à 3.800$ (avec la hausse du taux d’intérêt qui va bien), simplement parce que les données statistiques de sa banque montraient que les clients qui font leurs courses dans les magasins qu’il fréquentait sont traditionnellement de moins bon payeurs. Et c’était déjà en 2009…

      http://abcnews.go.com/GMA/TheLaw/gma-answers-credit-card-companies-financially-profiling-customers/story?id=6747461

      Moralité de l’histoire: c’est pas parce que tu ne vois pas l’intérêt qu’il y a à disposer d’un tas de données personnelles croisées, que d’autres n’ont pas l’imagination et la technique pour en tirer profit, à tes dépends…

    3. Entièrement d’accord avec toi caffiel :-)

      Après je n’ajouterai rien de plus car apparemment nous sommes dans un repaire de parano…

      A l’instar de ZK456 qui nous explique l’histoire de réduction des droits selon les « mots clefs » que tu utilises sur Google.. Scénario digne d’une fiction à la « Ennemi d’État ».
      Il doit surement croire que l’on vit dans un monde où l’ ordinateurs est directement intégré dans le cerveau et le compte google lié à notre ADN…

      J’avoue que tu m’as impressionné ZK456 ;-)

      1. Bah, si ça te chante, t’as le droit de penser que le NY Times est un journal de marginaux rédigé par des paranoïaques adeptes de la théorie de la conspiration, après tout le ridicule ne tue pas ;)

        En attendant, ça me semble pas compliqué de comprendre:
        – qu’il existe un intérêt économique à utiliser l’agrégation de données pour établir des profils clients
        – que Google et autres géants du Web ne sont pas les bons samaritains, et qu’ils décarcassent pas pour ta bonne poire.
        – que si la demande et l’offre existent, à un moment donné les acteurs finissent par se parler.

        J’essaie juste d’expliquer ce qu’on peut faire avec des données assez fines, parce que j’ai déjà travaillé sur des modèles statistiques, de la recherche analytique, de la proba bayésienne, et autres trucs du genre. Ce que je dis, c’est que le problème c’est pas tant d’être pistés individuellement que d’être mis dans des cases et de pas pouvoir en sortir.

        Maintenant si tu t’en fous c’est ton problème, mais viens pas me troller sans arguments avec tes comparaisons à la con.

      2. ShagoY?
        Tu ne dépenserais pas pour un MMORPG célèbre comme WOW en 2006? et il y a deux ans tu participais à des jeux de poker en ligne. En ce moment je dirais que tu joues à Battlefield 3 et que Scra**** est ton ami. D’ailleurs, il semblerait que c’est une fille de 19 ans.

        Tout ça simplement en tapant ton pseudo sur google, imagine ce que google peut faire rien qu’avec ton adresse e-mail…

    4. Je cite : « Comme dit Roget.biz : Je n’ai rien à me reprocher. Au pire je surfe sur des sites pornos… Et alors ? Je ne suis pas un zoophile ou DSK. »

      Donc tu compares ta navigation avec celle des autres. Par cette surveillance, indirectement, Google impose un point de vue et une « manière de faire les choses ». Alors ok, le porno zoophile ou nécrophile c’est très marginal et très mal vu, cépabien, mais il existe d’autres variantes « non-standards » (comme le SM ou divers fétichismes) qui risquent d’être TOUT AUTANT MAL VUS (même si ça n’implique pas des enfants ni de la violence sur des êtres), et donc EXCLUS, et qui vont passer à la trappe, au même titre que la pédoporn ou d’autres trucs, sous prétexte que ce n’est pas une « manière saine de faire du porno ». On nous impose une vision collective.

      Big Brother, Big Brother, ne vois-tu pas Orwell venir ?

  5. Effectivement, google n’est plus un hydre tentaculaire mais bien un filet qui enserre étroitement toutes les activités de ceux qui ne peuvent plus se passer des facilités offertes.

    Il est pratique d’avoir accès tous ses services instantanément en glissant le doigt sur l’écran de son smartphone, mais à quel prix.

    En ce qui me concerne, j’active les datas le moins possible et si pour l’instant j’ai encore un gmail je compte bien passer sur un serveur mail perso.

    Concernant chrome, je l’ai installé, je l’ai ouvert et j’ai monitoré mon activité réseau. Je n’ai stricement rien fait à part l’ouvrir et il passait sa vie à communiquer avec les serveur google. Fin de l’expérience chrome.

  6. Est ce qu’il y a des alternatives valables?Ixquick,duckduckgo ils vivent vraiment d’amour et d’eau fraîche?

    Chromium c’est moins « invasif » que Chrome?Ou il ne faut avoir d’yeux que pour firefox(en bloquant tout les cookies,flash,…)?

    En gros peut-on vraiment espérer « vaincre » ou au moins résister un peu à la technique sans tout jeter par la fenêtre(https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9o-luddisme)?

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Syst%C3%A8me_technicien

          1. D8 a surtout eu raison d’exploiter une donnée personnelle tombée dans le domaine public…après tout cette donnée leur appartient non ?

  7. Article pertinent, qui entretient le fud nécessaire.

    Mieux vaut etre un peu parano que pas assez, ne pas mettre tous ses oeuformations dans le meme panier.

    Pour ma part, meme si j’ai un gmail/android synchro, je m’interdis chrome et utilise ghostery, adblock & co.

    @ Abitbole
    ca va t’intéresser
    http://www.technologos.fr/

    Conférence sur la technique en région parisienne, le 23 mars :
    http://www.technologos.fr/documents/23_mars.pdf

    1. effectivement ce qui est tres flippant c’est de realiser qu’on utlises uniquement les services de google. ça s’est fait petit à petit mais quand j’ai realisé ça, les seuls habitudes que j’ai reussi à changer, c’est repasser à firefox au lieu de chrome, me deconnecter systématiquement de mon compte (ça n’empeche pas les cookies sur youtube par exemple), et ne pas prendre de compte google plus (la politique des noms m’as refroidi de toute façon). Par contre gmail, maps avec les adresses enregistrées, et android avec la syncro des numéros/applications ça j’ai plus de mal à m’en passer.
      Sinon l’autre jour j’ai pris un compte flickr juste pour offrir un abonnement pro à quelqu’un qui me l’as demandé,
      en 3 sec, en loggant mon compte google, j’ai créé un compte flickr et un compte yahoo, sans le savoir. Il m’as bien fallu une demi-heure pour arriver à supprimer le compte flickr, puis le compte yahoo (qui n’était meme pas associé à un mdp/id puisque loggé par le compte google, j’ai donc du en recreer un pour pouvoir le supprimer ensuite). c’est tout à fait pervers (et j’imagine que c’est le meme genre de chose avec facebook connect que je n’utilises pas).

    2. Effectivement ça m’intéresse. Et si le 23 mars quelqu’un pouvait utiliser la technique pour filmer et mettre en ligne le résultat (mais pas sur Youtube, hein?)j’apprécierais aussi.Parce que la région parisienne c’est un peu loin de ma campagne. :)

  8. Merci pour cette brillante remise en perspective qui gagnerait à être plus diffusée.

    J’ajouterais la complicité avec Wikipédia, encyclopédie libre et collaborative très bien référencée et subventionnée par la firme de Mountain View et génialement mise au service commercial de celle-ci.

    1. Pendant que j’y pense, il faut ajouter le système d’exploitation Android sur smartphones et tablettes : réussir à doubler Microsoft et Apple, c’est une belle réussite commerciale. Résultat de cette pseudo-gratuité qui devient monopolistique : aucune alternative libre.

    2. Bof, l’exemple de Wikipedia n’est pas très pertinent. Certes Google a lâché quelques brouzoufs pour faire un peu de marketing qui brille, mais:
      – pour le coup le fait que WP est bien référencée, c’est certainement parce que le site fait partie des 20 plus visités au monde.
      – pas de tracker, pas de javascript trop sale, pas de pub, pas de liens sponsorisés Google qui piquent les yeux, on a vu mieux comme « mise au service commercial »

      Sur Android, par contre j’avoue, balaise, le truc qu’ils ont fait. Mais bon, de là à dire pas d’alternative libre, c’est pas les ROM custom qui manquent. Mais pour le coup, c’est surtout de la faute des fabricants qui ne fournissent pas les specs du matos…

      1. Et si WP fait partie des sites les plus visités du monde (plutôt à la 5-6e place), c’est parce qu’elle est… bien référencée. :-)

        Google propose même un bel encadré WP dans ses résultats depuis quelques mois : pour Google c’est extraordinaire d’avoir une encyclopédie faite par des bénévoles et utilisable parallèlement à ses offres publicitaires. Quant à l’absence de publicité (pour l’instant), c’est parce que vous n’utilisez pas le miroir d’Orange… De fait rien n’interdit une utilisation commerciale des articles de WP.

        Pour la qualité, je doute que sur tous les sujets WP propose la meilleure solution. Quelques petites recherches comparatives permettent de constater que WP est avantagée dans l’algorithme de Google

        1. Question d’oeuf et de poule: si tu prends les critères de Google pour le référencement, t’as entre autres la pertinence, la notoriété, l’originalité du contenu.

          Pour moi WP est bien référencé parce qu’il est très visité (en plus des 2 autres critères). Pour toi, WP est très visité parce qu’il est bien référencé. Y a sûrement des 2 dans l’histoire, mais on sait pas bien par où ça a commencé.

          Je vois pas l’intérêt commercial que Google peut tirer de WP, et pour les encadrés y en a plein qui font la même chose, comme par exemple DuckDuckGo.

          Ensuite, la recherche comparative n’a pas d’intérêt car Google renvoie les résultats qu’il estime être le plus pertinent selon le profil de l’utilisateur, personne n’a les mêmes résultats. C’est ultra visible sur des sujets controversés comme le réchauffement climatique, Obama, Israël et compagnie… Comme WP a des articles sur presque tous les sujets, les recherches mono-termes et les expressions de base renvoient très souvent WP, sans que la notion de qualité intrinsèque des articles intervienne pour autant.

          Enfin, je suis pas maso au point d’utiliser le miroir d’Orange, et de toute façon, la licence CC-BY-SA de WP permet explicitement l’utilisation commerciale. Si les utilisateurs veulent se manger de l’encart en flash qui clignote, après tout c’est leur problème, je vais pas me battre contre les moulins à vent :D

  9. Dans l’article, tu parles brièvement des newsgroups (avec l’arrivée de Google Groups). Google Groups (GG) est moins anodin qu’il n’y parait: cela a permis à Google de tuer Usenet, qui fonctionnait sur un modèle décentralisé avec NNTP, et qui échappait donc au contrôle d’une entité (la cabale n’existant pas).

    Google s’est donc servi de GG pour inonder Usenet de nouveaux arrivants, qui, comme il était prévisible, étaient trop nombreux pour être pris en main par les anciens (un peu comme AOL qui avait initié l’«eternal september» quelques années auparavant). Google a su apprendre des conneries d’AOL (pour AOL, on peut leur laisser le bénéfice du doute) et s’en servir pour saborder un service concurrent. Une louche de groupes propres à Google pour terminer, et qui font office de forums créés sans AAD, AAV,… et voilà Usenet noyé dans Google.

    Par la suite, Google a racheté «dejanews» (renommé en «deja») qui était la mémoire de Usenet (il en manquait quelques bouts quand même). Qu’en ont-ils fait ? Rien. Ils se sont dépéchés de l’enterrer, sans chercher à valoriser les données qu’ils avaient obtenus.

    Google a de la suite dans les idées, et c’est bien dommage pour Usenet, où même les trolls sont fatigués (il reste quand même quelques groupes vivaces, sur la partie internationale, et l’inénnarable fr.soc.politique, qui disparaitra le jour où la terre explosera).

  10. Connaissez vous le « Data Liberation Front » (dataliberation.org), service mis en ligne par google pour assurer le retrait total des données hébergées chez eux.

    Ca rassure l’utilsateur, ça justifie le don’t be evil, bref bien joué les marketeux de chez google.

  11. Merci pour cet article.

    C’est assez étonnant que personne ne s’étonne de trouver un produit illimité et gratuit de nos jours. Bah, la concession est d’abandonner votre vie privée et vos données numériques. Cette concession est indolore et inodore donc les utilisateurs laissent faire sans se rendre compte qu’ensuite, c’est leur portefeuille qui sera atteint ou leur liberté.
    Mais ca n’est pas grave, Google est notre soit-disant notre ami.
    Pour ma part, j’ai choisi la politique de l’alternative quasi systématique et de la fragmentation de vie numérique et surtout pas de la centralisation, et encore moins de la centralisation via l’email !

    hop, quart d’heure pub et promo mais sérieux pour des alternatives solides : http://spiraledigitale.com/des-alternatives-au-monde-de-google-2-le-retour/

  12. Bonjour,
    mes 10cts d’euros de valeur ajoutée (ou pas) :
    la nouvelle fonction google image qui permet de retrouver des images similaires a une image posée en drag en drop, sans description, ni nom de fichier explicit , juste par reconnaissance visuelle , perso, ça me fait flipper. on arrive a un niveau de puissance du bouzin qui interpelle.
    et demande toi si il y a 10 ou 15 ans tu pensais trouver l’ensemble du monde sous forme de photos aeriennes …

    1. On peut à un moment se demander si il y a une solution autre que celle de « sortir de la Matrice ». Au passage, Google travaille et investit énormément auprès des labos transhumanistes et cherche à créer une intelligence artificielle mondiale. Ce que renvoie Bluetouff dans cette excellente synthèse, c’est que la surpuissance du bazar ne peut qu’être inquiétante : les lois anti-trust américaines n’étaient pas là pour rien (quand elles tenaient encore), et le respect de la vie privée ne peut se contenter de « bonnes intentions ». En gros, à l’heure où les gouvernements des grandes puissances s’inquiètent de la mauvaise humeur de leurs populations face à une crise économique et monétaire qui ne peut pas s’arrêter et va paupériser tout le monde occidental, penser que capturer nos données n’est pas inquiétant est aussi valable que vouloir stopper un char d’assaut avec un pistolet à eau. A se demander quand même si les tentatives de créer des réseaux alternatifs ne semble pas la seule voie à suivre dans les années qui viennent. Parce que Chromium ou firefox, les VPN ou autres artifices technos c’est un peu léger à mon sens.

      Mais bon, je suis pessimiste par nature.

  13. Google nous flique pour pouvoir nous cibler avec sa publicité. Vilain Google! L’Etat nous flique pour pouvoir nous faire payer la dime et nous envoyer au casse pipe quand il le juge nécessaire. Vive la France!

    Quand quelqu’un prend des mensurations de mon coup, je préfère que ce soit un tailleur qu’un bourreau.

  14. Bonjour,

    très bon article,

    Je suis comme Ravaged, je ne suis pas un fana de google, mais ils ont de très bons produits

    Pour la question des données personnelles, une petite histoires que j’avais lu en classe il y a quelques années:

    Notre prof de français nous avait donné un article, qui était paru dans un journal étranger, cet article raconter la biographie d’une personne de la ville.

    Le journal avait réussi à écrire sa biographie en fouillant dans le web, facebook, etc.. ils sont allé de sa naissance, jusqu’au moment de la publication. en passant par son premier amour etc.

    Rien qu’avec les données collectées.

    Donc oui ça fait un peu peur, mais dans ce cas.. au temps ne pas avoir internet!

  15. Juste pour vous dire que Google ne vend pas systematiquement les donnees personnelles comme vous le pensez.
    Si je fais une recherche sur internet avec les mots « paris, boutique de vente de chaussures addidas ». Ces mots a eux seuls ne representent pas des donnees personnelles si ils ne sont pas associes a mon nom.
    Si Google vend a des entreprises la quantite de mots clefs qui ont ete recherches depuis paris a telle date et n’associent pas les utilisateurs (nom, prenom). Ces chiffres ne peuvent pas etre consideres comme des donnees personnelles. En clair, Google connait tout (nom, email, recherche, adresse, ip, systeme, etc) mais les donnees qui interessent tout le monde ce n’est pas Jean a veut acheter une voiture de marque Lexus de modele X, etc. Mais plutot x personnes souhaitent acheter x voitures.
    Moi je n’ai aucun probleme a stocker mes donnees sur Google, si ce n’est pas Google ce serait un autre. De toutes facons, les services existeront toujours et les entreprises que ca peut paraitre gratuit ou non innoveront pour faire de l’argent. Et arretez de me dire que mes Google aspire des donnees personnelles (aspirer est un peu fort a utiliser), premierement si vous ne voulez pas mettre vos donnees personnelles sur le net, il y a encore le papier, utiliser du papier pour ecrire, evitez aussi les banques, les assurances, etc.
    Parce de toutes facons vous aurez des donnees personnelles quelque part

  16. Bonjour,

    Très bon article, je suis moi-même un « fervent méfiant » envers Google et sa pseudo gratuité faite d’ingérence, de cookies, de referers et de scripts…

    Il est à noter 2 choses :

    – Adwords est effectivement un tournant très important : c’est le moment où tout le monde, y compris les guignols qui gueulent maintenant contre les Adblock, noscript et ghostery, tout le monde a jugé bon de fourrer des scripts adwords, analytics puis plus tard « +1 » sur les pages de son site.
    Pas certain d’être gagnant, chacun voulait être sûr de ne pas rater un coche hypothétiquement important.
    RESULTAT : il est hyper dur de ne pas rencontrer de scripts Google sur toutes les pages DU MONDE à cause de cette acceptation globale qui déboule sur… LE FAIT QUE PERSONNE N’AIT PENSE A DIVERSIFIER SES SOURCES DE REVENUS, et que les pauvres modèles éco d’aujourd’hui (enfin l’unique) est fondé sur du display pourri, qui tremble devant les AB+, Ghostery et consorts, voire aux moindres soubresauts de Free qui fait joujou avec ses DNS pour des raisons conflictuelles avec Google.
    Si FB est le sida (on peut l’éviter en se protégeant assez facilement), Google est un réel cancer qui travaille très bien sa cosmétique…

    – rigolo (enfin…) de voir que ce qui est dénoncé à juste titre par l’article est nuancé par analytics et « +1 » sur la même page ;)

  17. tous ces commentaires et pas un seul mot sur owncloud ?
    mieux vaut (tres) tard que jamais : owncloud installé chez soi, c’est s’affranchir des contacts et des evenements d’agenda stockés chez google.

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