Bull et Amesys : la boite de Pandore que le gouvernement de François Hollande n’ouvrira pas

Souvenez-vous ! Le 26 février 2011, Reflets met son premier pied dans le plat Amesys avec cet article. Nous écrivions : « Il y a pourtant beaucoup à dire, comme par exemple sur un intégrateur français qui serait allé il y a une dizaine de jours, juste avant les premiers soulèvements de Benghazi, rendre visite aux autorités libyennes pour leur vendre un système d’écoute globale, pour une capacité réseau de 60Gbps. Il est souvent difficile de discerner les contours de notre jeu diplomatique, ses enjeux économiques très importants et peut être aussi, de curieux mélanges de genres… » Nous passions alors le bébé à Owni qui réalisait l’enquête que nous n’avions pas le temps de faire et pouvait dès lors (après avoir croisé les informations de quelques sources) publier le nom de cet « intégrateur » mystérieux qui vendait du DPI pour écouter toute la population libyenne : Amesys. En août, le Wall Street Journal tombait par hasard sur l’un des centres d’écoute à Tripoli. Bingo, le logo Amesys ornait tous les murs. Le numéro de téléphone du responsable de l’équipe Eagle (ceux que nous avons appelés #LesDix), le désormais fameux Renaud Roques figurait sur les affiches. L’équipe des #Dix est chapeautée par Renaud Roques, aidé de Thomas Franciszkowski. Les deux compères continuent de voyager et de vendre leurs outils à des pays fâchés avec les Droits de l’Homme. Leurs salaires, rassurons-nous, sont suffisamment conséquents pour les aider à cacher sous le tapis toute apparition de questionnements moraux. Il ne s’est donc rien passé. Le livre de Jean-Marc Manach (Au pays de Candy), les dizaines d’articles de Reflets ne les a pas émus plus que ça. Tout continue. Et il y a une raison à cela, nous allons y revenir.

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Lorsque l’AmesysGate a été révélé, quelques députés de gauche se sont émus de voir le pays dit des Droits de l’Homme aller vendre des outils de surveillance globale à un pays dirigé par un dictateur sanglant, soutien notoire du terrorisme. Mieux, l’interlocuteur d’Amesys était Abdallah Senoussi, chef des services de renseignement de Kadhafi, connu de tous pour son implication dans l’explosion d’un DC-10 d’UTA (170 morts, dont 54 Français) et condamné pour cela par la justice française.

On compte au moins 8 questions (il en manque) de députés au gouvernement de Nicolas Sarkozy lorsque l’on fait une recherche sur le terme Amesys via ce formulaire.

Prenons-en une au hasard qui est resté comme la plupart d’entre elles sans réponse :

Mme Jacqueline Fraysse interroge M. le ministre d’État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur les exportations de matériel de communication de la société Amesys au profit du régime de Mouammar Kadhafi, livré en 2008. Il est problématique de voir que ce matériel – qui a servi à identifier des défenseurs des droits de l’Homme qui, pour certains, ont été emprisonnés et torturés – est absent des listes de matériel sous contrôle de la commission interministérielle d’étude des exportations du matériel de guerre. En application des articles 4 et 5 de la convention de l’ONU contre la torture,  » tout État partie veille à ce que tous les actes de torture constituent des infractions au regard de son droit pénal. Il en est de même de la tentative de pratiquer la torture ou de tout acte commis par n’importe quelle personne qui constitue une complicité ou une participation à l’acte de torture « . Il incombe donc à la France en tant que pays signataire de cette convention de prendre les mesures nécessaires afin de respecter et faire respecter ses dispositions. Dans un moment crucial pour les négociations sur le traité sur le commerce des armes dans lesquels la France joue un rôle majeur, il est essentiel de prévenir de tels transferts qui participent à de graves violations des droits humains et qui contreviennent également au critère n° 2 de la position commune de l’Union européenne.

Bien entendu, les adepte du débit de caca de taureau politique comme Claude Guéant ou l’ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet (dont la fille Tiphaine Hecketsweiler, est à la direction de la communication de Bull), avaient fait un bras d’honneur virtuel aux poseurs de questions qui fâchent.

Le changement c’est aussi des bras d’honneur virtuels…

Mieux… Alors que François Hollande et sa majorité de gauche prenaient le pouvoir, il se trouvait encore une dangereuse gauchiste pour interroger le ministère des Affaires Étrangères sur la vente de ce type de matériel. Et que croyez-vous qu’il répondit ? Exactement le même genre de conneries que Gérard Longuet à l’époque.

Les systèmes informatiques auxquels il est fait référence n’entrent pas dans la catégorie des matériels de guerre, ni dans celle des biens à double usage. Ils ne font donc l’objet, selon les réglementations française et européenne, d’aucun contrôle préalable à l’exportation. Si un tel matériel a été exporté vers la Libye depuis la France, l’exportateur n’avait donc pas à obtenir une autorisation à cette fin, ni même à informer l’administration de cette livraison. Ces matériels de communication, développés sur la base de produits du marché grand public et sans usage militaire, n’ont a priori pas vocation à faire partie de l’une des catégories d’équipements soumis à autorisation d’exportation.

Dis donc Lolo, tu y crois quand tu dis qu’Eagle est fabriqué à base de « produits du marché grand public » ? Tu veux qu’on te montre avec quoi ils le fabriquent. Tiens, juste pour info, au Maroc, où Amesys installe un Eagle pour le copain de la France, le roi que le gouvernement est en train de choyer (Ayrault revient d’un petit voyage en ce sens, cf. le Canard Enchaîné du mercredi 19 décembre), il y en a pour près de 2 millions de dollars de gros ordinateurs IBM. Grand public, mais cher, hein. En même temps, à bien y réfléchir, il n’est pas certain que le grand public achète ces lames IBM.

Prendre les gens pour des imbéciles, c’est drôle cinq minutes, mais c’est mieux si ça ne se voit pas trop.

Attendez, ce n’est pas fini.

Néanmoins, en raison de la sensibilité éventuelle de leur usage, le Premier Ministre a demandé qu’une réflexion puisse être menée afin de proposer un classement adéquat des différentes catégories d’intercepteurs de communications et, le cas échéant, définir les modalités d’un contrôle national.

« Le cas échéant« … Les torturés et autres arrêtés à Doha, Tripoli, bientôt Rabat, ont comme l’impression que le cas est vraiment très échéant et même, qu’il faudrait se presser de « définir les modalités d’un contrôle national« .

Ce « cas échéant » du gouvernement de l’ère du changement en dit long : circulez, il n’y a rien à voir.

Il n’y a tellement rien à voir que la justice qui planche depuis plus d’un an sur le cas Amesys se hâte très lentement, que Fleur Pellerin, interpellée par Reflets depuis des mois sur Amesys, ne répond jamais. Personne ne veut parler d’Amesys. Ni à droite, ni à gauche.

Silence, on fait du business

Chez Reflets, on aime bien comprendre. Et ce silence de toute la presse et de toute la classe politique nous a longtemps intrigué. Bien entendu, nous avons déjà partiellement répondu à la question. Amesys, ou plus précisément, la galaxie Amesys (notamment Elexo), est un pivot du complexe militaro industriel. Pour véritablement en prendre la mesure, Reflets a développé un Eagle-like : DaHubbleVisionPowa©, un outil de haute technologie qui permet d’écouter les communications téléphoniques, Internet, GSM, Fax ET les pigeons voyageurs de la direction de Bull et d’Amesys. Et ça marche très bien. Mieux qu’un Eagle, même.

Si la ni gauche, ni la droite ne veulent se pencher sur Amesys et Bull sa maison mère, c’est qu’il s’agirait d’une boite de Pandore. L’ouvrir, c’est risquer de dévoiler une palanquée de petits secrets que les militaires, le gouvernement, le ministère de l’Intérieur, les grosses entreprises du complexe militaro industriel européen préfèrent garder au chaud.

Car la galaxie Amesys travaille énormément avec l’Armée française. Notamment les branches liées à la guerre électronique. Par exemple la DIRISI, le CELAR, le SGDN, le 44ème régiment des transmissions, la 785ème compagnie, le 43ème bataillon des transmissions à Orléans. On en passe.

Le ministère de l’Intérieur est également un client régulier de la galaxie Amesys. Un bon client qui rapporte. Quelque 400.000 euros en 2008 en une seule commande par exemple.

Au registre des grosses boiboites qui ont commercé ou commercent toujours avec la galaxie Amesys, on trouve par exemple France Telecom, Eutelsat, Sagem, le CEA, MDBA, Atos, Air France, Veolia, Thales, Airbus, Alcatel, France Television, Bouygues Telecom  Dassault, Cassidian (filiale d’EADS). Ces deux dernières entreprises sont par exemple en plein business avec Amesys. Ce qui explique que l’on ne puisse pas taper trop fort sur la galaxie Amesys. Surtout quand celle-ci ausculte par exemple les systèmes de radionavigation du Rafale, cet avion invendable, mais présent au sein de nos forces armées. Quant à Cassidian, on parle d’une espèce de système GPS pour le Kosovo (on n’est pas très sûrs), mais DaHubbleVisionPowa© est parfois un peu flou dans ses remontées. Tout comme le membre du conseil d’administration de Bull qui nous remonte quelques informations.

Quand le lilliputien rachète Goliath

Que l’on se comprenne bien… Ce n’est pas simplement parce que la galaxie Amesys continue de faire du business avec tout le petit monde du complexe militaro industriel que le gouvernement actuel, comme le précédent se refuse à rechercher les responsabilités de ses dirigeants, en occurrence, Philippe Vannier qui se rendait armé de 3000 euros de fraîche en Libye au début de la révolution locale, pour vendre un upgrade d’Eagle à Kadhafi. Le même qui validait le versement de 130.000 euros au festival mondial des arts nègres

Le souci, c’est que Philippe Vannier a désormais une place qui empêche que l’on vienne lui chercher des poux dans la tête. Alors que Bull annonçait en janvier 2010 avoir racheté Amesys, c’est en fait l’inverse qui se passait. Crescendo, la maison mère d’Amesys devenait le premier actionnaire de Bull. Depuis ce rachat, Philippe Vannier a pris la direction de Bull et achète constamment des actions de l’entreprise en son nom propre. Il est désormais « indéboulonnable ». Le gouvernement a d’autres chats à fouetter que les Droits de l’Homme et la recherche des responsabilités éventuelles d’un Philippe Vannier, d’un Renaud Roques ou d’un Bruno Samtmann dans la vente d’un outil d’espionnage de la population à des dictatures ou des Etats policiers…

Alors, dans un silence assourdissant, tout ce petit monde continuera à faire du business en rond, ne sera perturbé par personne, surtout pas la presse qui s’en fout comme de sa première rotative. Au pire, si le moustique Reflets fait un peu trop bzzzzzz dans leurs oreilles, les patrons de Bull lui colleront un procès pour le ruiner. Étant entendu que c’est tout de même une démarche risquée parce que nous amènerions une palanquée de preuves de ce que l’on raconte, ce qui pourrait finalement obliger un juge d’instruction à se pencher sur certaines activités d’Amesys ? Qui sait ?

En attendant, Reflets n’a toujours pas de réponses aux questions posées au gouvernement du changement de maintenant. Et nous n’en aurons pas.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


65 thoughts on “Bull et Amesys : la boite de Pandore que le gouvernement de François Hollande n’ouvrira pas”

    1. Bon, faut juste qu’ils fassent attention de n’avoir personne derrière eux dans l’escalier, ou de vérifier qui monte dans l’ascenseur…
      Et c’est là qu’on se rend compte que le pouvoir (comme tous les pouvoirs d’ailleurs) se fout royalement que des infos « transpirent ». Tant que ça reste « en petit comité de lecture », ça ne les chatouille pas.
      L’exemple du 911 en est sûrement le plus frappant.

  1. Et si vous exposiez l’affaire au grand jour?
    Créer un site dédié, dénonçant toute l’affaire, garnie de tous les éléments, et preuves que vous avez en votre possession?
    Le faire bilingue pour informer un max de monde, et, attirer l’attention (avec l’aide de vos lecteurs)sur le dit-site afin que la justice s’intéresse à cela(utopique certes mais il faudrait tenter).
    Qu’en pensez vous?

    1. Le problème qui se pose est (j’imagine, je ne fais pas partie du « grand staff » ) le temps, et donc l’argent : toujours la même chose, les gens de reflets ne s’y consacrent pas à plein temps, puisqu’il faut bien vivre et que en l’état des choses, reflets ne le leur permet pas.

      Après, l’idée est intéressante, je trouve.

      1. Je sais que malheureusement le travail qu’ils sont sur reflets qui est d’une rare qualité ne leur permettent pas de vivre.

        Sinon quel budget faudrait t’il pour tout cela. Je peux donner quelques ronds – ainsi que proposer mes (humbles)compétences en anglais pour faire de la trad.

          1. Le budget (serré) nécessaire pour consacrer tout notre temps à Reflets est exposé sur la page ad hoc (les dons).

            L’idée de ce site est bonne, mais le temps nous fait défaut.

            En revanche, un bouquin…

            S’il y a un éditeur dans la salle …

          2. Toa, je pense que les éditions xenia de Slobodan Despot oseraient. http://www.editions-xenia.com

            Mais le problème est plus la distribution. Là, nous avons en France un bon connaisseur des « chainons », les grands et les petits, c’est Hubert Guillaud, qui pourrait oser donner quelques conseils à mon avis.

            Tout ceci n’est qu’une option possible, bien entendu.

            Par ailleurs, étant donné la très grande dangerosité du sujet, une telle initiative ne peut être lancée sans avoir au préalable bordé la survie sociale voire plus des valeureux moustiques.

            Peut être qu’attendre le temps T où des choses de nature systémique basculeront et où des hommes courageux sortiront de l’ombre dans laquelle on les tient prisonniers est une autre option à considérer.

            Mais tout ceci n’est que petite littérature en modeste commentaire sur un site web, comme tu l’auras compris -;)

      2. Ben pour la trad’, un petit appel à coup de main (sur un framapad par exemple) marcherait très bien je pense.
        Les lecteurs de Reflets peuvent en effet diffuser les articles. Mais la réalité en fait c’est que tout le monde (enfin, presque) s’en fout pas mal.

  2. Ou une petite diffusion mondiale en mode Wikileaks ?
    Cette enquête n’est que l’écume de la mer de corruption mondiale avec les complexes militaro-industriels.
    La feuille de vigne franco-française qui cache les petites histoires en famille de peur que ça profite aux vilains amerlocs est bien ancré dans l’imaginatif collectif. Le blabla pour choyer les dassault, lagardère ou autres copains et fils de copains main dans la main avec les ministères depuis la DeGaullie et les glorieuses ne sera transgressé par PERSONNE, ni dans l’hémicycle ni dans les médias tradi.

  3. Si j’étais vous, je coderais un système de newsletter aux petits oignons qui s’occuperait de spammer chaque député, chaque sénateur, chaque maire, enfin tout quoi, tous ceux qui ont la possibilité de poser des questions.

    Vous pourriez ensuite faire un tableau avec ceux qui s’en foutent, ceux qui sont pas d’accord, etc…

    A mon avis ça les motiverait un peu à se bouger le fion.

  4. Respect, cher journaliste.

    J’ai bien noté ceci au milieu du reste : « Le ministère de l’Intérieur est également un client régulier de la galaxie Amesys ».

    Ca me rappelle quelques trucs de ces dernières années, ou de l’après changement aussi. Ca me rappelle aussi des concepts sur ce qu’est un Etat respectable, ou une République.

  5. Félicitations pour le boulot.

    Pour continuer l’idée de faire un « coup » : pourquoi ne pas s’allier à Reporters sans frontières pour une campagne « choc » ? (sinon il y a les pétitions. haha.)

  6. A tout prendre, je préfère vivre dans un état respectable faisant passer l’intérêt supérieur de son peuple, plutôt que dans notre république « copino-cratique ».
    L’utilisation de l’argent publique pour engraisser le privé est intolérable.
    Celle qui me vient à l’esprit est l’a65 où si elle n’est pas assez rentable, une clause du contrat prévoit que les collectivités locales en auront la charge
    Les politiques on trop tendances à confondre leur compte et les caisses de l’état.
    Je parle même pas de la transparence de l’IRFM que je place entre la caisse noire et le détournement de fonds

  7. La problématique de cette affaire c’est que les médias n’en ont soit rien à carrer, soit se chient profondément dans leur froc. Et il y a de quoi.

    Un bon rappel comme cet article est ultra nécessaire pour conserver dans un coin de nos têtes ce qui pourrait à mes yeux et mes oreilles, être l’affaire du « siècle ».
    Tout ceci va au delà de la simple conception de ce que devrait être un démocratie propre ou de respect des droits de l’homme.

    non, ici, nous sommes sur un problème très grave qui, si les révélations sont exactes, impliqueraient je pense (et je suppose) de nombreux pays qu’ils soient en démocratie, royaume ou autre.

    – Un bouquin serait pas mal, mais quel éditeur aurait les couilles d’aider Reflets ? Aucune idée.
    – Un site spécial ? un gros DDOS et ça part en vrille.
    – Les Médias audiovisuels ? sans faire l’alarmiste, ils sont quasi de mèche.

    Franchement, je crois que ce dossier est une impasse en l’état actuel. C’est très compliqué et faut une paire de couille monstrueuse pour aller sur le front.

    Qui osera ?

    1. Je pense que vous êtes trop pessimiste.

      Un éditeur avec des couilles, c’est pas si dur à trouver.
      Une infrastructure résistante aux DDOS, c’est plus ou moins faisable, et surtout ça permettrait si l’attaque arrive vraiment de prouver que Reflets met le doigt dans des culs haut placés.

      Quant aux média classiques, ils hurleront avec les loups, comme d’habitude. Regardez avec anonymous : au début, c’était « tous terroristes » et puis petit a petit certains on commencé à s’intéresser vraiment au sujet.
      Suffit que ça commence a se diffuser et toutes les chaines en parleront, ce serait pas la première fois pour reflets d’ailleurs me semble t’il.

      Par contre, a votre place chers journalistes, je changerais temporairement de pseudo pour ce genre d’affaires. Un accident est vite arrivé…

      1. « Quant aux média classiques, ils hurleront avec les loups, comme d’habitude »

        « Suffit que ça commence a se diffuser et toutes les chaines en parleront, ce serait pas la première fois pour reflets d’ailleurs me semble t’il. »

        Un soupçon de pilulles rouge pour découvrir le poteau rose (environ 60 ans que ça dure et que ça persiste):

        RevueDePresse: CSA, Mediacratie, Prise illégale d’intérêt

  8. Attendez, le france vent un système d’écoute à un pays qu’elle attaque quelque temps après.
    Et personne ne se doute que la France ait pu utiliser ce système d’écoute a son compte ?
    Vous pensez qu’un marchant d’arme ne mettra pas une backdoor comme la loi l’y oblige ?

    Il n’y aura aucune poursuite d’aucun gouvernement puisque la france compte bien profiter du pétrole de Lybie.

    1. Vous devriez relire tous les articles que l’on a écrits sur ce sujet. Cette possibilité a été évoquée. Même mieux. La théorie abracadabrantesque d’un câble qui… Suivre les liens dans l’article…

  9. Une édition, ça se crée, from scratch. Pour peu que des actionnaires mettent la main à la poche. Avec 100 ou 200 lecteurs de Reflets (à 20 ou 30 euros chacun), c’est faisable. La pub, ce n’est pas un problème, et les médias non plus, qui, j’en suis certain, se feraient un plaisir de présenter le bouquin en plateau télé…

    Mais entre les commentaires enflammés d’une poignée, et la main à la poche (réelle) de 200 internautes…il y a en général un gouffre, qui ne se franchit que rarement.

    On peut toujours aussi contacter un éditeur, genre ceui qui a publié Péant : Fayard. Ecrire le bouquin à partir des articles, c’est jouable…

    1. Pourquoi pas effectivement. Je suis partant et même pour un peu plus que 30€ ;)

      La question reste « est-ce qu’un bouquin changerait la donne quand des dizaines d’articles n’ont pas fait bouger les lignes? »

      Bravo pour le boulot accompli jusque-là!

  10. Des fois, j’ai l’impression d’être dans un cauchemar : tout le monde trouve le DPI normal (ou « grand public » comme dit l’autre) et il n’y a même plus besoin de s’en cacher !

    L’autre jour, je cherchai des infos sur le passage à IPv6, et je tombe sur une offre :

    http://orange.jobs/jobs/offer.do?do=fiche&lang=EN&id=29509

    Ok…

    Je n’ai pas la moindre idée du sérieux de la chose en question, mais ça m’a juste donné la nausée. Avec cette impression d’hésitation à se mettre enfin à jour (IPv6), envisager de transformer Internet en Intranet (ou « Carrier Grade NAT » comme ils disent) et puis le DPI… ça m’a juste donné envie de vomir.

    J’ai parfois l’impression d’être sur un champ de bataille, où je risquerais à chaque instant d’être pris pour cible.

    Ça devient juste étouffant.

      1. Je la vois, pourtant :

        company
        Orange
        department

        Au sein de la division Orange Labs, Networks and Carriers, la direction Orange Labs Networks (OLN) définit et pilote la stratégie et la politique réseau du Groupe France Télécom Orange, en anticipant les ruptures technologiques, l’impact des nouveaux produits et services et les changements de modèles opérationnels sur les réseaux.

        about the role

        Le but est d’analyser l’impact sur les équipements DPI (Deep Packet Inspection) Sandvine de la migration en IPv6, et d’en tester la compatibilité.

        Le stage implique une analyse théorique d’impact, en incluant les mécanismes de transition (Carrier Grade NAT, NAT64), ainsi qu’une phase de validation de la compatibilité sur plateforme de test. Les aspects « Radius » et « détection des protocoles en version IPv6 » seront particulièrement étudiés.

        about you

        Bac + 5 en cours

        Ecole d’ingénieur – Master 2 Spécialité Informatique, orienté ingénierie des réseaux

        Compétences souhaitées:

        Architecture réseau d’un opérateur
        Protocole TCP/IP en version 6 et mécanismes de transition
        Technique d’analyse de trafic « Deep Packet Inspection »

        Bonne connaissance des technologies et architectures Réseau, des procédures de tests
        Une bonne connaissance des techniques Deep Packet Inspection est souhaitée
        Rigueur et autonomie, bon niveau relationnel et rédactionnel

        additional information

        Compréhension des contraintes de migration IPv6 pour un opérateur réseau

        contract
        Graduate internship *

        1. Ok ok, je la vois. Il faut dire que je rentre à l’instant d’un coin de Chine, dingue ce que le net est bizarre de ce coin là (par exemple le si intéressant http://www.doesbittorrentequalpiracy.com/ m’était inaccessible aussi).

          Bon, cette annonce, elle ne dit rien de très méchant non? Ce serait juste de la détection de protocoles pour optimisation de trafic sous ipv6, non (mais je ne suis pas informatichien).

          Mais j’y pense, torrent, c’est un protocole, non? Mmmmh, en fait avec cette annonce, on ne sait pas trop ce qu’ils ont dans la tête comme projets userfriendly les boss de Orange/FT du genre Albanel et Richard ;)

      1. J’aime Reflets comme une « famille », à cause des mafiosi qui y composent.

        Toa, si hautain on line, as tu entendu parler de la théorie des ensembles?
        Reflets n’est pas Wikileaks en effet, et Wikileaks n’est pas Reflets, mais les ensembles ont des sous-ensembles communs…

        Sur ce, bisous respectueux, virils of course!

        Ps. La disparition du fil comments en colonne droite est un évènement intéressant.

        Ps2. Le DIY par rapport au « livre autoproduit » serait à mon avis une erreur.

        1. @Reflets et à tous les journalistes hacker indépendants:

          Tant que la France est le quatrième pays vendeur et exportateur d’arme,
          tant que la France fait partie de l’OTAN,
          tant que notre pays investit dans le militaro-techno-industrielle,
          tant que notre pays continue son business dans la Francafrique (depuis les années 60)
          tant qu’il y a aura le Milipol, l’ISS, EADS, Thales, Dassault, la DGA, la DGSE, Total, Areva, Veolia, la DCRI, le SIG, France telecom, Alcatel-Lucent, Orange, Lagardère, etc…
          tant que le président de la république conserve son immunité totale,
          tant qu’il y aura une justice à deux vitesses cf:

          fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d’affaires_politico-financières_françaises

          youtube.com/user/ManipulationsClear/

          Tant que notre Vème République est une république bananière, demandez à Eva Joly en tant que juge d’instruction et à Denis Robert sur l’affaire Clearstream !

          bref, cela ne changeras pas, et ce, quelque soit le président élu !
          inutile d’avertir la presse, le 4ème pouvoir, qui lui aussi est corrompu, puisqu’il baigne dans la médiacratie et l’Oligarchie depuis les années 60 jusqu’à aujourd’hui;

          cf « Les nouveaux chiens de garde » sorti en dvd chez f4kirpress et acrimed

          Un contre pouvoir est nécessaire, le problème s’est qu’il est dispatché en petite entités, pourquoi ne pas créer une méga corporation de presse indépendante,
          travaillez ensemble avec Reporter sans frontière, les ONG Survie et Sherpas, les journalistes Pierre Péan, Denis Robert,Jean Marc Manhack, Pierre Carles, Owni, Mediapart, le canard enchaîné, arrêt sur Image, Bug Brother, Bakchich, Fhimt, pc inpact, F4kir press, Accrimed,
          Rezocitoyens.fr, à propos, le site, ainsi que son compte twitter vient d’être étrangement fermé récemments, aucun motifs pour le moment, quelqu’un a des news ?

          1. Je partage totalement ce constat : il y a bien trop d’entités distinctes, que ce soit dans les médias indépendants que tu as cités ou dans les initiatives citoyennes, s’attachant chacune à une partie du problème, mais sans vision d’ensemble. Pourtant, dès qu’on prend du recul, on se rend bien compte que ceci fait partie d’un tout.

            L’oligarchie en place sait parfaitement bien défendre ses intérêts, de manière concertée ou non.
            Pour que nous, citoyens, puissions défendre les notre, il faut agir de concert. Et être assez puissants, donc nombreux, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

            Tant que nous, citoyens plus ou moins éveillés, resterons dispersés, agissant chacun à son échelle, il n’y a rien à espérer. Il faut d’abord éclairer, pousser à la réflexion, puis nous mobiliser fédérer, rassembler, écarter surtout toute récupération politique existante, et nous montrer suffisamment forts pour exiger une redistribution des cartes.

            En ça, les travaux d’Etienne Chouard sont particulièrement intéressant : la recherche de la cause des causes, le problème originel sur lequel peuvent s’appuyer tous les abus, c’est la constitution : l’organisation des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Si nous pouvions équilibrer les choses à ce niveau, par effet de domino, c’est toute la société qui pourrait être ré-équilibrée. C’est peut-être autour de ce projet que nous pourrions créer quelque chose en commun, chacun pouvant mesurer, à l’échelle qui l’intéresse, ce qu’il y aurait à y gagner (liberté d’expression ou d’échange non marchand, engagement en faveur de l’écologie, de l’égalité, d’une autre économie, d’une autre finance…)

          2. Nezenmoins quel que soit le projet chacun doit se méfier du hamster http://fun-gallery.com/wp-content/uploads/2010/10/Hamster-Eating-Broccoli.jpg qui sommeille en lui et pense trop à remplir ses propres joues en oubliant de partager les colories du repas collaboratif initial.

            Car ceux là sont dans l’erreur et ne font que perpétuer les féodalités mortifères, même si sous d’autres formes.

            Amen.

            Aparté : lol, désolé les amis, Toa et Mr Blue, et Yovan, et x et y et z, je vous aime ;)

        1. Ce genre de chose doit s’appuyer sur des acteurs solides et ayant démontré leur attachement aux libertés publiques et à l’information : édition, distribution, mais aussi gens de loi et réseaux difficilement « touchables »…

          Sinon, c’est résultat goutte d’eau assuré (deux sous fifres punis et un ou deux ex ministres et ex président au max)
          +
          immense claque pour les initiateurs à l’arrivée, n’oublie pas que la France est un pays occupé, littéralement.

          Quoi qu’il en soit, j’ai donné mon avis sur les options à KTToa plus haut on 19 décembre 2012 at 15 h 55 min.

          La proposition de jnm ci-dessous me semble simple et pragmatique, mais on touche là à de la géopolitique, et c’est délicat.

          Les remarques de fearfactory sont intéressantes. Mais il est dommage qu’il se limite au domaine de la presse et à l’idée d’un 4eme pouvoir. Au point où nous en sommes et vue la tendance, tous les « contre-pouvoirs » doivent être mobilisés, et il faudrait qu’au plus tard fin 2013 des décisions coordonnées soient prises.

          On reparlera de tout ça en janvier n’est ce pas.

  11. Pour donner de la visibilité à toute cette affaire, il y aurait une solution assez rapide. Traduire cette page ou le dossier Amesys en anglais, et le faire slashdotter avec un titre du genre  » Bull-Amesys: how french governemnt promotes global spying in dictatures ».
    La presse anglophone mondiale est à l’affut de ce genre de nouvelles. Le fait que la presse anglophone s’y intéresse lancerait également la presse Fr sur le sujet. Pareil pour un bouquin, mais il ne faut pas trainer.

  12. @Reflets et à tous les journalistes hacker indépedants, tant que la France est le quatrième pays exportateur d’arme, tant que la France fait partie de l’OTAN, tant que notre pays investit dans le militaro-techno-industrielle, tant que notre pays continue son business dans la Francafrique (depuis les années 60)
    , tant qu’il y a aura le Milipol, l’ISS, EADS, Thales, Dassault, la DGA, la DGSE, Total, Areva, la DCRI, le SIG, France telecom, Alcatel-Lucent, Orange, Lagardère, etc… tant que le président de la république conserve son immunité totale, tant qu’il y aura une justice à deux vitesses cf:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d'affaires_politico-financières_françaises

    http://www.youtube.com/user/ManipulationsClear/

    Tant que notre Vème République est une république bananière, demandez à Eva Joly en tant que juge d’instruction! et à Denis Robert sur l’affaire Clearstream !

    bref, cela ne changeras pas quelque soit le président élu !,

    inutile d’avertir la presse, le 4ème pouvoir est corrompu lui aussi, puisqu’elle baigne dans la médiacratie et l’Oligarchie depuis les années 60 jusqu’à aujourd’hui:

    cf Les nouveaux chiens de garde:

    http://www.notre-ecole.net/les-nouveaux-chiens-de-garde/

    Un contre pouvoir est nécessaire, le problème s’est qu’il est dispatché en petite entités, pourquoi ne pas créer une méga coorporation de presse indépendante, travaillez ensemble avec Owni, Mediapart, le canard enchaîné, arrêt sur Image, Bug Brother, Bakchich, Fhimt, pc inpact, F4kir press, Accrimed etc…

    D’ailleurs Rezocitoyens.fr vient d’être étrangement fermé, récemment, aucun motifs pour le moment.

  13. Bon, le soufflé a eu le temps de retomber un peu, alors je me permet.

    La Timeline, vous en pensez quoi ? C’est sujet à modifs, améliorations, retouches, et autres joyeusetés. Et j’ai sûrement manqué deux-trois trucs, sinon plus.

    Commentaires bienvenus, donc :)

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