Journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking
par Antoine Champagne - kitetoa

Merci SFR d'assurer la confidentialité (ou pas du tout) des communications des journalistes

Quand les sujets d'enquête se télescopent avec les centres d'appels de SFR

C'est sans doute un malheureux hasard, mais un centre d'appel de SFR se trouve en Tunisie d'où les opérateurs peuvent prendre la main sur la box d'un des journalistes de Reflets qui a enquêté sur l'attentat du Bardo à Tunis

Ambassade de France à Tunis - © Reflets

Plusieurs mois d'enquête, un déplacement à Tunis ont permis à un journaliste de Reflets (l'auteur de ces lignes) de publier une série d'articles sur l'attentat du Bardo et de démontrer à quel point la justice tunisienne ne collabore pas avec la justice Française. L'un sur Reflets, d'autres dans des journaux ayant un public plus large. Sur place à Tunis, un policier donne le ton : "ici, de toutes façons, on met tout le monde sur écoute, par principe". Cette phrase résonne de manière toute particulière après un long échange avec le service technique de SFR...

La box refusant de connecter mon réseau domestique à Internet, j'ai entrepris de discuter avec le 1023. Après les péripéties habituelles liées au CRM de SFR, la conversation s'engage avec la charmante dame qui a pris la main sur la box à distance. Elle est... en Tunisie.

Sans pousser la parano trop loin, on peut aisément se dire que les services de renseignement Tunisiens peuvent, s'il le souhaitent, considérer la box d'un journaliste français enquêtant sur les les irrégularités de l'enquête sur l'attentat du musée du Bardo à Tunis comme... accessible.

Cela, bien entendu, remet totalement à zéro le compteur en matière de protection déjà en place sur le matériel informatique se reliant au réseau Wifi de la box.

Mais cela pose une question également sur les impacts de la délocalisation des centres d'appel et des pouvoirs techniques qui leur sont attribués par...