Samuel Laurent et son Décodex : une hystérisation idéologique du journalisme ?

Ce n’est pas en 140 caractères qu’il est possible de faire acte d’analyse et d’échanges constructifs sur un sujet tel que celui de la qualité et du contrôle de l’information. Il est par contre possible de se faire accuser de choses très désagréables en 140 caractères. Comme : faire le jeu de l’extrême droite, ou faire la « publicité d’un site » dans une brève satirique comparative, ou bien encore, de « réfléchir de la même manière que les adeptes de la théorie des reptiliens ».

Samuel Laurent, lui, fait ce genre de chose à l’encontre de la rédaction de Reflets, sans aucune retenue. En nous taxant au passage « de geeks libertaires de l’info ». Bon, il doit être complexé niveau technologie du doigt, on imagine… Tout ça parce que des brèves à moitié bidons pour montrer le ridicule de son bébé indexation Décodex l’agacent. Oui, Reflets s’amuse avec le ranking en couleur et les commentaires raccourcis sentencieux du Décodex à propos des sites à qui il inflige sa couleur orange, et d’autres, qui ne font pas d’information — comme les magazines TV — mais qui sont référencés comme « fiables ».  Surréaliste.

Mais le fond de cette affaire, même si nous l’avons déjà traité dans cet article, va plus loin en réalité qu’une simple pantalonnade de jeunes « fact checkers » en mal de projets « innovants » à proposer à leur direction (ça c’est pour les geeks libertaires du net…). Voyons pourquoi.

Qu’est-ce qu’un site d’information ?

La toute première question que l’on se pose en testant le Décodex est de l’ordre de la première année de journalisme : qu’est-ce qu’un site d’information ? Qu’est-ce que l’information ? Donner les programmes des chaînes de télévision et faire des publi-reportages est-il équivalent à traiter l’actualité chaude ou faire de l’investigation ? Analyser des événements politiques est-il comparable à faire des interviews de complaisance pour des intellectuels qui viennent vendre leur dernier ouvrage ? Un blog  sans journalistes est-il assimilable à un site avec journalistes ?

Le questionnement de l’information diffusée sur le net est important, mais le problème de fond qui survient très vite est le suivant, si on cherche à juger de la qualité des sites de publication : comment puis-je dire que tel site ne donne pas des « bonnes informations » et que cet autre en donne assurément ?

Un site qui n’aurait jamais donné aucune « mauvaise » information durant des années, peut-il être pointé comme « peu fiable » parce qu’il sortirait une fois une « mauvaise information » ? Le cas récent des 4 grand journaux quotidiens qui se sont jetés sur l’information du CRS ayant sauvé une petite fille des flammes est révélateur (toujours dans cet article) : ces sites, comme de nombreux autres, réputés « sérieux » et constitués de rédactions de journalistes, ont relayé une fausse information. Pour autant, est-il possible de les marquer au fer rouge pour cette erreur ? Dans le cas d’espèce, Décodex ne le fait pas. Ses raisons sont-elle idéologiques, voire économiques et politiques ? Taper sur un concurrent qui pèse dans l’économie de la presse ne serait peut-être pas très bienvenu. Et puis les différents patrons de ces médias se connaissent. De plus, ces médias relayent l’information standard qu’on attend d’eux, et se recopient la plupart du temps en se basant sur l’AFP.

Comparer des bananes avec des dictionnaires

Vouloir noter des sites internet aussi divers que TéléZ, Madame Figaro, Libération, Les Crises, Egalité & Réconciliation, Reopen911, ou l’Humanité est à peu près aussi pertinent que vouloir faire une étude comparative des qualité et vertus entre des bananes et des dictionnaires de la langue française. L’explication est assez simple : d’un côté certains sites ne font même pas d’information en tant que telle (TéléZ), d’autres sont des sites politiques militants qui ne respectent aucune règle du journalisme (Egalité & Réconciliation, par exemple), d’autres sont des publications politiquement engagées mais sont des médias d’information (L’humanité, Libération), et d’autres sont des sites qui pratiquent l’information mais sans être déclarés ni comme média ni comme site militant politique (Les crises).

Reopen911, quant à elle, est une association qui publie ses enquêtes sur son site, à propos du 11 septembre. Ses adhérents militent pour l’ouverture d’une nouvelle enquête indépendante sur l’écroulement des tours du World Trade Center, puisqu’ils n’acceptent pas la version officielle. Le Monde Diplomatique a publié un reportage à leur propos, lors d’une assemblée générale de l’association en 2015. Quel intérêt pour Décodex à stipuler « site conspirationniste » à leur propos, alors qu’ils exercent leur droit, en association, à contester des conclusions gouvernementales ? Le Monde Diplomatique fait-il la promotion d’un site conspirationniste en publiant ce reportage ?

D’un point de vue journalistique, il n’y a de toute manière aucun rapport entre ces différents procédés de publications, ces différentes approches, bien que des ressemblances puissent exister. Vouloir les comparer est absurde : les sites militants par exemple peuvent bien raconter « n’importe quoi », puisque leur objectif est logiquement de convaincre du bien-fondé de leur vision du monde, en utilisant tous les moyens possibles, même le mensonge ou les approximations. Les publications qui ne font pas d’information comme les magazines TV peuvent bien passer des pubs sur une « pierre aux propriétés merveilleuses de guérison assurée », ou faire réagir un acteur à un événement politique majeur, quelle importance ? Ces sites ne font pas d’information. De la même manière, les sites des candidats à la présidentielle militent. Dénoncent. Attaquent. Défendent. Racontent n’importe quoi. Comme le fait que leurs affaires judiciaires sont un complot… Ces gens ne cherchent pas à décrire une réalité, à analyser le monde qui  nous entoure, à faire réfléchir, décrire des phénomènes, ils cherchent à convaincre. C’est une autre démarche.

Mais parfois certains site militants et politiques analysent aussi. Il peuvent même effectuer un véritable travail d’investigation, et publient parfois du factuel. Aïe. Tout se complique.

La pluralité, l’idéologie et l’hystérie

La liberté de la presse est fondamentale dans une démocratie comme la nôtre. Tout comme la liberté d’opinion. D’expression. D’ailleurs, si ces trois libertés n’étaient pas là, le Front national serait interdit depuis belle lurette. La grande difficulté, pour une démocratie, est donc qu’en préservant ces trois libertés, elle permet à des groupes, des individus, des mouvements, des partis, de s’en prendre à elle, de la déstabiliser, ou simplement… de la critiquer. Vouloir assimiler des sites conspirationnistes qui développent des théories délirantes sur des reptiliens (des ET qui remplacent des chefs d’Etat), ou l’empoisonnement de la population par des produits chimiques largués par les avions de ligne — avec des sites qui contredisent les versions politiques officielles — est un procédé très pervers et très anti-démocratique. Vouloir assimiler des gens qui analysent des situations politiques et des événements concrets, avec des fous délirants qui croient que la « terre est plate », relève de la police de la pensée, d’une méthode digne des pires régimes autoritaires.

L’exemple du site Les-crises.fr (on met le lien, même pas peur) est éclairant. Reflets n’a aucune accointance ou même un semblant d’intérêt pour ce site, et personne dans la rédaction ne le lit. Que le responsable du site Les Crises soit une personne liée à des idéologies politiques particulières est très probable, mais comme nous le stipulions dans le premier article sur Décodex, aucun journaliste n’est dégagé d’une idéologie. Pour le peu qu’on peut voir du site Les Crises, c’est une publication qui développe ses analyses avec des intellectuels connus — intellectuel qui publient des ouvrages, sont écoutés dans des médias officiels. Jacques Sapir et Emmanuel Todd en sont, et défendent le site Les Crises. Bien entendu, dans l’hystérisation idéologique en cours, le nom de Jacques Sapir fait hurler au loup et amène à des amalgames et des raccourcis. (Lire : Sapir et le Front national, l’extrême injonction). Quant à Todd, il explique son soutien au site Les Crises, et parle de son « ami Olivier Berruyer » avec lequel il fait des interviews. Ces deux intellectuels (Sapir et Todd) ne sont pas connus pour être conspirationnistes [à moins qu’un nouveau label n’ai été décerné par l’élite des labels en conspirationnisme ?]. Ils ont choisi de s’exprimer sur ce site. Qu’avons-nous à en dire ? Rien. Enfin, pour ma part, rien du tout.

Soutien d’Emmanuel Todd à Olivier Berruyer et… par les-crises

Il est tout à fait possible de ne pas être d’accord avec la « tendance » des Crises, ni des idées de coalition avec le FN portées par Sapir, voire de dire que Sapir, Berruyer et Todd défendent des « idées » (mais lesquelles au juste ?) qui ne nous plaisent pas, tout comme on peut penser la même chose de Valeurs actuelles, ou de l’Humanité. Fonction de la tendance idéologique qui nous soutient. Mais la liberté  d’opinion est là : Les Crises publient leurs analyses, avec des gens qui ont des opinions, et qui sont des chercheurs, universitaires sérieux, comme Todd ou Sapir.

Que se passe-t-il alors, avec Décodex, quand Samuel Laurent déclare la publication Les Crises « conspirationniste » à cause « d’analyses sur l’Ukraine » qu’il estime, lui, délirantes ? Il fait acte d’un jugement idéologique, et débute une hystérisation du journalisme, en tentant d’abattre la pluralité des opinions et la liberté d’expression. Parce qu’un journal comme Le Monde, qui décide d’éclairer les internautes sur la bonne et la mauvaise information, pointant certains sites comme conspirationnistes de « type reptiliens », et qui assimile donc une publication — avec des chercheurs qui écrivent en son sein — à ce critère « conspirationniste » (proche des croyants des reptiliens, donc, si l’on regarde les tweets de Laurent), ce n’est pas rien. Qu’on soit « pour » ou « contre » Les Crises (quel est le sens de ce pour ou contre au passage ?). Qu’on adhère ou pas aux thèses de Sapir et Todd, à leurs ralliements, par exemple, ou non. Pour ma part, de nombreuses analyses d’Emmanuel Todd m’intéressent. C’est grave docteur ?

Que la théorie des Crises sur l’Ukraine soit baroque ou non, orientée ou pas, son droit à l’expression doit être respecté. Les Crises n’est pas Egalité & Réconciliation. Mais si Décodex pense que Les Crises « ne font pas de la bonne information », travaillent par exemple pour des mouvements idéologiques et politiques précis, sont antisémites, bossent pour Poutine, ou qu’ils désinforment le public, qu’ils le disent. Avec par exemple ce texte : « Nous, au Monde, nous pensons que Les Crises n’est pas fréquentable, qu’ils désinforment le public, sont des propagandistes pro-Russie et pro Poutine,  et que ceux qui le tiennent sont d’extrême droite, et que l’extrême droite, c’est le mal absolu, que c’est toujours faux, et que c’est conspirationniste« .

Une pointe d’anticipation et une idée

Si aujourd’hui l’idéologie dominante et « correcte » que défend Décodex — et son journal — est marquée centre-droit-et social-libéralisme (pour faire simple), on ne sait pas quelle sera la future idéologie dans les années à venir. Il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe au Etats-Unis. Imaginons que l’extrême droite remporte la présidentielle française, qu’elle se maintienne 10 ans au pouvoir, et que son idéologie devienne l’idéologie dominante. Les idées de « centre droit et de gauche sociale libérale » deviendront des idées « dangereuses », par force. Le Décodex donnera donc des bons points aux sites relevant de l’idéologie dominante d’extrême droite, et pointera tous les sites « d’analyse marquée centre droit et à gauche » comme conspirationnistes ou idéologiquement dangereux ? Parce que ces sites auront analysé des événements différemment de la version officielle et de l’idéologie dominante ?

Le meilleur moyen de lutter contre des idées — surtout quand on les estime néfastes — n’est pas d’ostraciser les idées en question ou ceux qui les défendent en les jugeant  soi-même de façon idéologique et binaire. Pour lutter contre des idées, il faut soi-même avoir des idées et les confronter. On démonte des idées avec des idées, pas avec des notes en couleur dignes d’un cahier d’écolier, et surtout d’une phrase ou deux de sentence à l’emporte-pièce dans un moteur d’indexation [de sites en vrac] sur son propre journal en ligne [qui n’est pas lui-même indépendant]. Cette approche est puérile, paresseuse, binaire, anti-démocratique et dangereuse. Le danger est simple à comprendre : en se refusant à développer soi-même des idées mais en s’érigeant en juge de celles des autres, on renforce ceux qui les défendent, et surtout… on ne participe qu’à une seule chose : créer du clivage. Un clivage mécanique… et sans issue.

Pour finir : défendre des idées — de façon construite — demande de s’appuyer sur une connaissance large du monde. Allons-nous céder à la tentation de réduire le monde à des codes couleur et des jugements idéologiques ? Ce serait quand même dommage.

[Idées lancées à ceux qui pensent quand même que Décodex pourrait avoir un intérêt : il faudrait en premier lieu discriminer les différents types de publication, pour que le public sache à quoi il a affaire : blog personnel, blog collectif, site militant politique, journal avec actionnaires (lesquels), journal indépendant sans aucun actionnaire, financé par la publicité ou non, site délirant, site soutenant une thèse alternative à une thèse officielle (qui n’est pas obligatoirement un site « conspirationniste »), site associatif, site spécialisé en pédonazime orienté tekel mort, etc…

Les comparaisons peuvent alors se faire, mais entre sites de la même catégorie. Le but ne devient plus de juger des sites entre eux, mais de faire connaître aux lecteurs potentiels vers quoi « ils vont ». Ce qui reviendrait à stipuler pour Le Monde :

« Site d’information générale, quotidien, financé par l’Etat , à hauteur de 6 millions d’euros et par le fonds Google à hauteur d’un montant inconnu, dont les actionnaires principaux à 64% sont la Société Le Monde Libre, une entreprise appartenant au  PDG de Free, Xavier Niels (opérateur national Internet et téléphonie mobile) ainsi que de Matthieu Pigasse (Wikipedia) : « Responsable monde des fusions-acquisitions et du conseil aux gouvernements de la banque Lazard, dont il est directeur général délégué en France ainsi que propriétaire et président des Nouvelles Editions Indépendantes (qui contrôle le magazine Les Inrockuptibles et Radio Nova), et actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post » et de Pierre Bergé, homme d’affaires impliqué en politique depuis plus de 30 ans. »

Bien entendu, il faudrait ensuite stipuler tous les problèmes déontologiques connus dans le journal le Monde, comme les révélations importantes qu’il aurait effectuées, ainsi que les qualités du journal. Les collaborateurs extérieurs, leurs engagements, etc… Un vrai travail journalistique de fond. Pour éclairer le lecteur sur ce qu’il a en main. Sans jugement. Ce travail, à effectuer pour toutes les publications traitées par Decodex serait intéressant. En prenant le maximum de recul possible, en tentant de décrire les choses telles qu’elles sont. Pas comme on les perçoit.

Petit tweet à propos de l’un des trois patrons de Samuel Laurent, Pierre Bergé, pour illustrer le journalisme actuel et l’indépendance des médias :

 

Difficile l’indépendance ? Non. Mais qui peut prétendre l’être aujourd’hui ? Ceux qui ne dépendent de personne. Ne militent pour personne. N’ont de compte à rendre à personne. Reflets en fait partie. Avec un coût. Financier surtout.

Mais bientôt, le ranking de l’info arrive avec Facebook et Google : gageons que les géants de Californie sauront éclairer les lecteurs français vers la vraie et bonne information, comme Le Monde. En toute indépendance, bien entendu…]

 

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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d'autres médias. Ni "désengagé" ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

25 thoughts on “Samuel Laurent et son Décodex : une hystérisation idéologique du journalisme ?”

    1. Étonnement, c’est ce qui est dit parfois sur certains forums, et puis on la retrouve dans un site encyclopédique d’histoire tout à fait « sérieux ». C’est pourquoi, prétendre que tout est vérifiable à 100% de véracité est très difficile. Mais au fond, que ce soit Voltaire ou non qui ait dit ça, la phrase est très belle et représente les fondements de ce qu’on nomme « démocratie », puisque la liberté d’opinion en est le cœur.

  1. « […] site associatif, site spécialisé en pédonazime orienté tekel mort »

    J’ai rit !

    En lisant l’article je me suis mis à imaginer une alternative à decodex. plus indépendante, plus factuelle et précise, plus ouverte (open-source), plus contributive aussi (wiki) …
    car l’idée de base de decodex est intéressantes, c’est le conflit d’intérêts de ses auteurs qui est problématique.

    on commence quand ? (oui moi seul, je ne pourrai pas !)

  2. La critique du decodex est tout à fait justifiée à mon sens, et pas parce que ce serait perfectible, c’est l’outil lui même qui pose probleme. Mais il ne me semble pas que vous apportez réellement quelque chose de neuf dans cette critique, vous enfoncez des portes qui déjà ont été ouverte par d’autres. Seulement, vous le faites maintenant, apres les attaques qu’il a subit (elles étaient parfois justes et mais plus souvent de l’ordre du défouloires, haineux et en grosse meute), comme si on pouvait tout à coup changer de registre, passer d’un seul coup d’un moment de violence a un moment de calme analyse, de débat apaisé.. J’ai beau être totalement opposé au decodex, trouvé la façon (de SL) de répondre un peu courte et injuste, le tournant chasse à l’homme que ça a pris me debecte. Je pense que la critique du decodex à été entendue par tout le monde, et j’avoue ne pas aimé la façon dont vous vous êtes glissé dans la brèche, faufilé dans la meute alors que déjà l’écoute, la raison n’y était plus vraiment, ce n’était plus déjà que la passion triste d’un bashing d’une personne.

    1. Vous allez sans doute me répondre que vous essayez d’y remettre de la raison,mais pour qu’elle soit audible il faut laisser le temps, unerespiration, que la violence redescende, du silence un peu, quoi.

      1. bon hé, je suis pas tout fait juste que j’écris  » la façon dont vous vous êtes glissé dans la brèche, faufilé dans la meute », vous n’êtes pas les seul à l’avoir fait, et vous n’avez pas été dans l’insulte.

  3. Je viens de me régaler à lire cet article… et je découvre un Drapher inconnu de moi que du coup j’estime bien plus qu’avant !

    Bravo, tout est dit (ou du moins s’il en manque, il n’en manque plus beaucoup…) et il faut que ce soit dit ainsi pour être audible.

    Continuez tous que vous êtes…

    Titillez, moquez, raillez, dénoncez… Même si par moment vous m’énervez profondément (et c’est pas l’envie qui me manque de mettre quelques bonnes baffes pour de vrai si un jour je les rencontre à certains collaborateurs de Reflets qui se reconnaitront), c’est quand vous êtes les écrivains de cette trempe que j’aime Reflets et que je vous souhaite de durer longtemps sans changer une goutte à votre ADN !

    Chapeau bas, et merci !

  4. « Reopen911, quant à elle, est une association qui publie ses enquêtes sur son site, à propos du 11 septembre. Ses adhérents militent pour l’ouverture d’une nouvelle enquête indépendante sur l’écroulement des tours du World Trade Center, puisqu’ils n’acceptent pas la version officielle. […] Quel intérêt pour Décodex à stipuler « site conspirationniste » à leur propos, alors qu’ils exercent leur droit, en association, à contester des conclusions gouvernementales ? […] Vouloir assimiler des sites conspirationnistes qui développent des théories délirantes sur des reptiliens (des ET qui remplacent des chefs d’Etat), ou l’empoisonnement de la population par des produits chimiques largués par les avions de ligne — avec des sites qui contredisent les versions politiques officielles — est un procédé très pervers et très anti-démocratique. Vouloir assimiler des gens qui analysent des situations politiques et des événements concrets, avec des fous délirants qui croient que la « terre est plate », relève de la police de la pensée, d’une méthode digne des pires régimes autoritaires. »

    Hé bé.

    « Le Monde Diplomatique fait-il la promotion d’un site conspirationniste en publiant ce reportage ? »

    Non.

  5. Le plus atterrant ici me semble être que l’on puisse déclarer qu’il y a une réalité « absolue/irréfutable » pour baser ce classement. (cela va beaucoup plus loin que du fact checking qui lui, reste une vérification ponctuelle à l’étendue limitée), comme si une information était égale en contenu à un évènement…Il est assez évident que jamais aucun média ne pourra donner une perception complète et non biaisée, même avec la meilleure volonté du monde.
    …Sans même aborder d’autres problématiques comme les divers cadres de référence, les pré-supposés idéologiques, et la nécessaire partialité de toute analyse. (je me souviens qu’au collège on m’avait enseigné dès le départ que la presse était toujours « d’opinion », soit jamais neutre)…

    Et lorsque l’on peut amener une population à croire qu’il existe UNE vérité, UNE réalité « absolues », on est déjà profondément dans la mouise… Certes le relativisme est inconfortable et le naturel humain accueille le dogmatisme avec soulagement mais garder de la plasticité dans son approche du monde est indispensable il me semble pour pouvoir essayer de limiter les biais, ou du moins, rester conscient des choix que l’on fait, de l’éthique personnelle qui nous oriente a long terme.

    C’est là que le bât blesse, puisqu’en s’arrogeant le droit de déterminer quelle information est valide, on s’érige en directeur de conscience, détenteur de toute valeur éthique… Et ça ressemble beaucoup à de l’intolérance/de la dictature/ un argument d’autorité infondé/de la bêtise crasse/le niveau 0 de la culture/la négation du droit de choisir sa route vers le bonheur/la négation de l’individu comme être doué de raison…

    TL;DR : Il serait plus simple de vivre dans un monde doté d’une orientation « absolue » (genre bien Vs mal) et en ce cas, un decodex pourrait avoir du sens, mais en raison de la nature équivoque de notre réalité (et de la possibilité de divergences d’opinion), une telle approche est stupide au mieux, fascisante au moins.

  6. « J’ai mangé une pomme à midi » est un fait. Dire le contraire est une fausse information et je trouve louable l’initiative du décodex qui cherche à identifier les sites qui cherche à détourner/contredire des faits.

    Dire « il a mangé une pomme à midi parce qu’il a été forcé de le faire » ou « il a mangé une pomme ce midi parce qu’il en avait envie » n’est pas un fait. Ca peut être une information/une opinion/une théorie/un avis/… et je suis d’accord avec l’auteur sur le fait qu’il n’existe pas forcément une vérité dans ce cas, qu’on ne peut juger de manière objective cette information. Seul le lecteur peut décider par lui-même de croire ou non à cette information.

    Par contre les faits reste des faits. Si un site dit que le président français en exercice en 2016 est John Do à la place de François Hollande, alors il contredit les faits et les lecteurs mérite d’être avertis…

  7. « Reopen911, quant à elle, est une association qui publie ses enquêtes sur son site, à propos du 11 septembre. […] ils exercent leur droit, en association, à contester des conclusions gouvernementales »

    Ça fait un gros packet de personnes qui viennent d’entrer au gouvernement. Lequel, d’ailleurs ?

    « Vouloir assimiler des gens qui analysent des situations politiques et des événements concrets, avec des fous délirants qui croient que la « terre est plate », relève de la police de la pensée, d’une méthode digne des pires régimes autoritaires. »

    Qualifier ces gens de « révisionniste » ou d’« imbécile », est-ce aussi « une méthode digne des pires régimes autoritaires » à votre avis ?

  8. Le pire, c’est que lors d’une présentation sur « le numérique et les jeunes » faite par un vieux plutôt sympa (« diaspora c’est très bien mais concrètement ce n’est pas là que sont les jeunes », c’est déjà beaucoup mieux que la moyenne comme position) et qui connaissait quand même un peu le sujet, il a conclu en citant le decodex comme un plugin utile pour éviter la désinformation sur internet…

    Et j’ai évidemment été considéré comme un emmardeur quand j’ai demandé quelle légitimité le Monde pouvait avoir pour juger de la validité d’une source d’information, lui qui a passé plus d’un mois à nier le génocide rwandais et à relayer la propagande des génocidaires en 1994!

  9. j’ai un peu un problème avec le terme « hystérie » et ses dérivés… y a pas à chercher longtemps pour comprendre que les femmes dites « hystériques » c’était des pas contentes, des raleuses, des tristes, des dépressives, des traumatisées par leur vie de merde, bref, des qui trouvaient leur situation pas folichonne. faut pas chercher bien loin non plus pour douter de l’efficacité des « traitements » que leur réservaient les *pères* de la psychiatrie et de la psychanalyse (excision, hysteriectomie, trépanation et lobotomie, puis psychotropes en pagaille pour les potos de charcot, culpabilisation d’une soi-disant jalousie de la bite et forcément d’un désir d’inceste paternel refoulé de la part de freud et consort – ça fera 50€ merci…)
    encore aujourd’hui, traiter une femme d’hystérique est le meilleur moyen pour la descendre en flamme. « hystérique », ca veut dire « ta gueule, ce que tu dis n’a aucune valeur parce que t’as des ovaires, et des hormones pas comme les miennes. et puis calme toi quand je t’insulte. » ça marche mieux qu’un « ben quoi t’as tes règles ? » ou un « ferme ta gueule et retourne dans la cuisine ! »

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