Décodex : quand Le Monde s’habille en Pravda

Certains anti-Decodex y vont un peu fort, c’est vrai. Avec peut-être des idées derrière la tête pour une partie d’entre eux. Mais quand même, c’est drôle, non ?

Décodex est un « grande aventure » instiguée par les décodeurs du monde, ces journalistes qui estiment que le fact-checking serait le Saint Graal du métier. Avant de parler du gros machin stalinien du Monde©, parlons du fact-checking.

Le principe du fact-checking est simple, voire simpliste : vous prenez les informations (des autres publications, c’est plus simple et votre actionnaire ne vous en voudra pas), et vous vérifiez « par les faits », les affirmations qui y sont contenues. Une déclaration chiffrée d’un responsable politique, par exemple, est soumise à la sagacité des journalistes fact-checkers qui la mettent en abîme avec une statistique officielle. De la même manière, des montants financiers, des dates, des noms, des lieux, des estimations peuvent être passés au crible de la vérification « factuelle ».

Ce procédé, qui en réalité, est l’une des compétences normales du journaliste, se retrouve donc — par la grâce des spécialistes en « augmentation » du journalisme — mis en avant comme une nouveauté incontournable, une sorte de hochet scientifique de la sphère médiatique lui redonnant un sérieux et une crédibilité quelque peu dégradés. Un peu comme si un spécialiste en sécurité des réseaux annonçait qu’il se spécialisait dans la publication de rapports sur les failles informatiques permettant de pénétrer les SI dont il a la responsabilité. Son employeur lui répondrait sans doute : « On est content d’apprendre que tu fais ton travail, de là ce que tu nous vendes ta seconde compétence comme une spécialité distincte, qui amènerait un « plus » indéniable, c’est un peu gonflé, Coco« .

Mais la comparaison s’arrête là, puisque le fact-checking journalistique a ses limites, et ceux qui en ont fait leur niche ne semblent pas toujours s’en rendre compte. L’une de ces limites est l’impossibilité, sur certains sujets, de vérifier toutes les données « concrètes », alors que des enquêtes, des documents, peuvent pourtant laisser entendre une réalité en cours très établie, mais « non-factuelle ».

Le factuel est binaire : soit les faits sont là, soit ils n’y sont pas. L’affaire IOL (lire nos articles à ce sujet) est parfaitement révélatrice de la limite de ce procédé du vrai-faux : Reflets a des documents qui indiquent l’achat par le gouvernement français d’un système de surveillance sur le territoire national depuis 2009, confirmé par des sources très bien placées et une loi qui vient enfoncer le clou. Mais il n’est pas [encore] possible de vérifier factuellement le niveau d’activité d’IOL, quelle taille le dispositif a atteint, etc. Ce qui est certain, par contre, c’est qu’IOL est dimensionné — sur le papier gouvernemental, ce qui n’est pas rien — pour permettre l’interception des communications Internet de n’importe lequel des millions d’internautes français. Au passage, une question au gouvernement a été posée au sujet… d’IOL (relayée par nos confrères de NextInpact, merci à eux). Des fact-checkers ont pourtant traité ce sujet, et ont conclu, par la « vérification des faits », qu’il n’y a avait pas de surveillance « de masse » en France (coucou @manhack).

Dans le cas des révélations Snowden, de la même manière, aucun fait établi et factuel des systèmes d’écoute globale de la NSA n’existe, personne n’a jamais vu un seul logiciel, ni lu un seul log des super-softs de surveillance américains : tout est sur le papier. Dans ces deux cas, en réalité on ne fact-check pas : il n’ y a pas de faits. On estime — parce que des documents officiels ont été publiés, des sources croisées, des copies d’écran analysées — que ces outils sont réels. Mais personne n’a jamais pu vérifier la réalité factuelle des sondes réseaux placées sur des points stratégiques du réseau mondial, ni testé XKeyCore ou PRISM. Que devraient faire les fact-checkers dans ces cas là, normalement ? Déclarer la surveillance mondiale de la NSA comme un « fake » ?

La vérité n’est pas un produit comme les autres

Le métier de journaliste ne se réduit pas à constater des faits. Un média n’a pas vocation à seulement relayer des événements établis, concrets, ou vérifiables par un simple clic. Une information n’est pas « vraie » simplement parce qu’elle est relayée par la majorité des médias les plus connus et se retrouve en page 1 d’une recherche Google. De nombreux exemples de fausses informations parties de Twitter et difffusée à la vitesse des tuyaux Internet sur tous les grands sites d’information abondent dans l’histoire récente du journalisme. D’ailleurs, au moins 2 sites classés en vert par le Decodex du Monde© viennent de se faire attraper en titrant sur une fausse information. Le Parisien et Le Journal du dimanche.

Plus anciennement, des faux reportages, fausses interviews effectués par des journalistes et leurs médias « reconnus » ont été dévoilés. PPDA et l’interview bidon de Castro sur TF1, les faux charniers de Timisoara (avec Le Monde qui félicite La Cinq d’avoir « révélé l’horrible charnier des victimes des manifestations du dimanche précédent, ben alors, Le Monde©), le faux témoignage de la fausse infirmière koweitienne à l’ONU pour déclencher la première guerre d’Irak, ou encore la vidéo tronquée de l’AFP au Vénézuela détournant les propos du président iranien (vidéo AFP décryptée sur Dailymotion), l’existence d’une backdoor dans WhatsApp : la liste est longue. Pour autant, ces « fautes » journalistiques ne peuvent pas à elles seules mettre en cause toute une profession, « l’honnêteté » des médias, le professionnalisme des journalistes, ou leur capacité à vérifier l’information qu’ils produisent.

Le problème central du fact-checking — et par ricochet du Décodex du Monde© — comme approches « d’analyses de la vérité ou de la fiabilité de de sites d’information » est que la vérité n’est pas un simple produit que l’on peut réduire à une suite de cases à cocher. Si cocher des cases dans certains cas est pourtant possible, afin de certifier la fiabilité d’une information simple, dans de nombreux autres cas, cette approche est contre-productive, voire délétère. Le monde réel n’est pas binaire, fait de vrai/faux, de mensonges et vérités. La zone grise entre ces deux concepts manichéens est la plus fréquente, la plus difficile à traiter aussi.

Ce que nous croyons et pensons est-il condamnable ou négociable ?

Un journaliste est un individu qui a des croyances, qui pense le monde avec des jugements, a une histoire, un bagage culturel et intellectuel unique, comme chacune des personnes qui constituent une société. Il ne peut se départir de ces attributs, et s’il le devait, en réalité, il devrait être remplacé par une « intelligence artificielle », un logiciel. Cette subjectivité, parfaitement humaine et nécessaire (puisqu’elle permet d’avoir du jugement), permet aux journalistes [qui ont refusé de fabriquer de l’information industrielle, ou ont réussi à obtenir le droit de ne pas jouer aux petits soldats de l’information préfabriquée, rapide et simpliste] de décrire, analyser des événements, des réalités, des phénomènes de manières différentes.

C’est ainsi que nous avons une presse d’opinion française (en réalité bien moins qu’aux États-Unis, par exemple), qui assume son engagement, et une autre, dite « mainstream », qui tente de se tenir à distance de ses contenus de publications, prétendant être « neutre » ou « objective ». Ce qui est parfaitement faux. La presse désireuse d’être classée comme « objective » ou « neutre » est en réalité une presse qui publie des contenus « orientés », comme toute la presse. Elle est à la fois détenue par des industriels tous proches des institutions de l’État de par leurs activités, mais aussi subventionnée par l’État, tout en étant tributaire de la publicité et… de l’engagement idéologique de ses journalistes.

La neutralité revendiquée n’est donc rien d’autre qu’une façade commerciale censée rassurer les lecteurs en leur laissant croire qu’aucune influence ou idéologie n’est susceptible d’orienter leur publication préférée. Il va sans dire que vérifier cette fausse objectivité neutre est très simple. Le premier lecteur à trouver plusieurs articles du Monde critiquant fortement les institutions européennes, ou mettant en cause fortement les engagements militaires et diplomatiques français à l’étranger, gagnera d’ailleurs un abonnement d’un an à Reflets (bientôt ça vaudra cher).

Ce que croient les journalistes, ce qu’ils pensent, vient obligatoirement influencer leur travail. Tout comme ce que pensent ou croient la direction de l’information, la rédaction en chef d’un média. Ces croyances, pensées ne sont ni condamnables ni négociables. Elles sont le cœur du travail de journaliste, et ne devraient pas permettre de hiérarchiser la qualité d’une publication. Mais les Décodeurs du Monde© en ont décidé autrement.

Décodex : le juge suprême du journal de Bergé, Niel et Pigasse

Ce qui est troublant dans l’affaire du Décodex, c’est la possibilité pour un média de s’ériger en juge de tous les autres. Le pire étant, qu’au delà de cette auto-certification d’honorabilité, Le Monde© et ses décodeurs esquivent un phénomène central de la problématique abordée [qui semble être celle de la « qualité » de l’information]. Ce phénomène est celui de l’indépendance des médias. Que les lecteurs puissent savoir quand des articles sont « faux » ou quand ces mêmes médias reprennent des informations bidons, est une chose, mais que le principal facteur de la liberté de la presse, l’indépendance, soit omis dans la démarche du Décodex, en est une autre. N’y voyons pas malice, il n’y a quasiment plus aucun média indépendant…

Comment Le Monde© a-t-il donc — au final — fabriqué son « juge en ligne de la qualité de l’info » ? Sur plusieurs critères, avec un préambule pour aider le lecteur à juger de la qualité d’une publication. Certains critères peuvent sembler pertinents, mais d’autres particulièrement discutables. Voire risibles.

Explications : Selon le monde, donc, plusieurs critères permettent de juger de la fiabilité d’un site (Décodex : comment juger de la fiabilité d’un site ?). Le premier est la consultation de la page « à propos » du site. Cela permettrait de mieux savoir si les gens du site sont sérieux. Ah. Ok.

Puis le fait que les articles sont publiés sous pseudonymes ou non. Voire anonymes (le pire). Si c’est le cas, le site n’est pas très fiable. Par exemple, le Canard Enchaîné ne serait pas fiable selon Le Monde© (s’il était publié sur Internet) puisque de nombreux articles sont signés sous pseudonyme. Si je signais avec mon véritable patronyme chez Reflets, mes articles seraient plus fiables, mais comme je signe « Drapher », c’est mal. Chaque année, quand je fais renouveler ma carte de presse je me demande d’ailleurs toujours si je vais finir par remplir la case « pseudonyme », pour y mettre Drapher. Peut-être finirai-je par le faire. Ou pas.

Autre critère : pas de problème pour un site s’il est « orienté » (Le Monde© ne serait pas « orienté » d’après @samuellaurent et son équipe, LoL) selon Le Monde©, MAIS il est problématique de ne pas afficher ses « partis pris ». Exemple sur ce critère : Le site « Français de souche » (blog des gros fachos ça marche aussi, ndlr), ça va eux, puisqu’ils annoncent la couleur (leurs partis pris, ce sont « la Nation : c’est nous les blancs », « le racisme cébien », et « mort aux musulmans et aux islamo-gauchistes »). Mais Reflets, ça n’irait sans doute pas pas : le journal est orienté (comme toutes les publications le sont, orientées, mais c’est un détail), par contre Reflets n’indique pas clairement qu’il fait de la promotion pour les pédonazis de la CIA, ni qu’il aime bien le Dark ouaibe et les cryptes. Paraît-il que l’on milite tour à tour pour l’extrême-gauche, l’extrême-droite, le centre du milieu, les multinationales dirigées par les illuminatis, la confédération paysanne et la canonisation de Richard Stallman. Tout ça est très louche. Voire très mal.

 

Vient « la citation des sources ». Ben oui, en général, quand dans un sujet on parle d’une information, on met un lien, ou on cite la source expressément, avec l’extrait (comme dans cet article, remarquez bien). Mais Décodex explique que la source doit être « reconnue ». Ah. Par exemple, si vous publiez un article sur la Libye et que vous citez un article du Monde© de Bernard Henri-Levy, ça va. C’est une source reconnue le Monde, même quand c’est du BHL, n’est-ce pas ? Mais par contre, si sur la Syrie vous citez le travail d’un reporter qui est allé sur le terrain mais dont les constats ne sont pas allés dans le sens des affirmations du Quai d’Orsay et du Monde©, là, votre source sera-t’elle « reconnue » ?

Le passage le plus savoureux est celui de « l’équilibre de l’information ». Un pur moment de propagande bonheur journalistique : Le titre reflète-t-il le contenu de l’article ? Le site présente-t-il des informations factuelles ou des opinions et les distingue-t-il vraiment ? Le ton de l’article est-il mesuré et ouvert à des propos contradictoires, ou ne met-il en avant qu’une seule lecture des faits, sans donner la parole aux personnes mises en cause ? C’est là que toute la démesure (et l’aspect scolaire des auteurs de ce machin) du « plan pré-Decodex » se dévoile : sur le titre, c’est rigolo, parce que Reflets s’amuse avec les titres. Nos articles sont là pour « faire réfléchir en faisant sourire », souvent, mais pas expliquer froidement ce dont nous allons nous entretenir. Donc, quand Jef Mathiot, ce pédonazi des internets obscurs — adepte du cryptage chiffrement asymétrique quantique — titre « Le gendarme et les Darquenettes« , c’est mort. Les gens qui écoutent les conseils de Le Monde© savent qu’on ne doit pas être pris au sérieux, que « c’est rien que de la fake news » ce Reflets. Même si France culture reprend l’article pour en faire une très bonne chronique le lendemain (re LoL). Quant au « ton mesuré », quelqu’un a-t-il le règlement intérieur des tons journalistiques ? C’est pour un ami.

Avec le Canard enchaîné, ou d’autres publication humoristiques et/ou satiriques, de toutes les manières, les titres bourrés de jeux de mots ne collent pas du tout avec la règle du Monde©. Avec cette règle, tous les titres d’actualité devraient être en gros les mêmes. Comme en URSS ? Nan, allez, on déconne. Enfin presque.

Le factuel et les opinions : qui a décidé qu’un article factuel était un article obligatoirement de qualité versus un article d’opinion qui serait « louche » ou mensonger ? Ah oui, l’important c’est de les distinguer. Il faut dire au lecteur : « attention lecteur, ceci est un article d’opinion ». On ne sait jamais, le lecteur il pourrait confondre un papier documenté d’enquête avec une tribune politique, sur Reflets. Quant à « l’ouverture aux personnes mises en cause », en général, elles ne souhaitent pas nous répondre. Nos aventures avec Fleur Pellerin en témoignent (toujours invitée en radio, elle n’a jamais répondu). Mais sur plein d’autres sujets, la réalité est qu’un article d’opinion n’a pas nécessairement besoin — pour devenir fiable ou crédible — de faire parler les gens qui pourraient être concernés par ladite opinion. Le droit de réponse existe dans la presse, et n’importe qui peut — s’il est concerné par une tribune — demander ce droit de réponse. Il sera toujours publié. C’est là, la vraie règle. On l’a vu avec Frédéric Bardeaux sur Reflets. Ça a même fini dans un studio de radio (oui, France Culture, toujours).

Et donc, en conclusion de toutes ces petites « aides au jugement » sur la fiabilité ou non des sites d’information, arrive le fameux outil Décodex, ce petit moteur de recherche (qui contient au moins 600 sites d’info, mais pas encore Reflets, ni plein d’autres pure players comme NextInpact) qui vous dit si un site est vert, orange, gris, bleu ou rouge, avec bien entendu un texte consensuel sur le fait que même en vert, il faut aller vérifier l’info sur d’autres sites, etc, etc. Pour la couleur bleue, c’est plutôt bien pour toutes les Christine Boutin de France et de Navarre, qui pourront découvrir que Le Gorafi est un site satirique de fausse information… Pour le reste…

Automatiser le jugement et orienter les choix : Le Monde s’habille en Pravda

Le Décodex du Monde© juge Le site du Monde© en vert, et ses camarades de la presse « pas orientée » et « pas d’opinion » en vert aussi. Fakir, la publication militante de gauche créée par François Ruffin était en orange, mais comme ça a créé un peu de mousse, Fakir a été retiré du Décodex pour l’instant (afin de vérifier que Ruffin est bien un extrémiste à la solde de Cuba qui bouffe un milliardaire à chaque petit-déjeuner ?).

Valeurs actuelles — le journal qui vend des morceaux de Marine Le Pen et de Laurent Wauquiez — était en vert au début, et puis là aussi, Twitter a crié au scandale, alors ils sont en orange maintenant, chez Valeurs (c’est dur quand même). On est peu de chose entre les pattes de Décodex…

Serait-ce une sorte d’équilibrage qu’effectue Le Monde© en mettant deux mauvais points à ces deux publications politiquement opposées, puis en en retirant une ? Bizarre. Il n’en reste pas moins que ces deux sites d’information, enregistrés comme médias d’Information Politique Générale (IPG, tout comme Reflets), et qui emploient des journalistes pour écrire leurs articles, peuvent désormais se dire que les internautes en mal de discernement et ayant installé le plugin navigateur Décodex, vont voir passer leurs publications dans une couleur qui n’incite pas à les consulter. Avec, pour Valeurs, un lien d’article expliquant une information bidonnée par la publication en question, et pour Fakir… rien de particulier à notre connaissance. Juste l’envie de mettre Fakir pareil que Valeurs ? Comme certains analystes politiques établissent une correspondance entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ?

« L’aventure Décodex » du Monde© est en fait un véritable affront. À l’intelligence des lecteurs, aux journalistes qui travaillent dans des publications qui sont ou seront mal « notées » par les Décodeurs du Monde©, à l’indépendance de la presse, qui, désormais, se voit jugée et notée par un média financé par l’État à hauteur de [beaucoup de millions d’euros par an] et propriété d’un groupe d’industriel particulièrement puissant et impliqué dans de nombreux secteurs d’activités cruciaux en termes démocratiques.

Si Reflets énonce « beaucoup de millions », c’est que les Décodeurs du Monde se sont fendus d’un article sur les 20 titres de presse les plus aidés par l’État en 2013, et que l’aide au Monde© était alors de 16 millions d’euros. Mais elle est, selon l’Etat, de 5 millions d’euros. Les fact-checkers vont devoir s’auto-fact-checker parce que le delta est quand même de 11 millions… Errata : effectivement, l’aide d’Etat globale au Monde© était de 16 millions d’€ en 2013, et de 5,4 millions d’€ en 2015. Grosse perte…

Mais il faut compter les 660 000€ de la fondation Bill Gates en 2016, 440 000€ en 2015, 327 000€ en 2014, et quelques centaines de milliers d’€ du fonds Google d’aide à la presse qui balance quand même 2 millions d’euros pour la France. (Aucun chiffrage détaillé n’est fourni, publication par publication).

Le Monde© s’habille en Pravda : la Pravda, le journal officiel du Parti communiste (unique) en URSS, indiquait aux citoyens soviétiques quelle était la « bonne information ». Celle qui correspondait à la ligne du parti. « Pravda » signifie « Vérité » en russe.

En 2017, en France, la « Vérité » se ferait-elle appeler « Décodex » ?

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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d'autres médias. Ni "désengagé" ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

53 thoughts on “Décodex : quand Le Monde s’habille en Pravda”

    1. Moi j aime bien la photo et le detournement des « crimes », meme si l article parle de feu l URSS (pravda) et non pas de la chine de Mao.
      D ailleurs je suis sur que le monde a l epoque encensait la revolution culturelle comme une grande partie de l intelligentia de l epoque. Autrement dit, si les « decodex » existaient a l epoque, les sites denoncant les exactions des gardes rouges auraient ete classees non fiable et le site du PCC aurait ete considere comme 100 % fiable

  1. Eh bien … voici ENCORE un article qui me plaît.

    Mais …
    Mais que c’est long :~(
    Malgré cela je rejoins son auteur dans la dénonciation du fact-checking, les journalistes auraient (re)découvert il y a quelques années la nécessité de vérifier les informations !!!

    Je me souviens même de mon étonnement à la lecture d’un article disant que la rédaction d’un grand journal, Le Monde je crois, avait réservé pas moins de six journalistes au seul contrôle de l’information !
    Comment font les autres ? Leurs collègues au sein de la même rédaction. Se contentent-ils de copier-coller les touits ou les déclarations collées sur les murs fesse-de-bouquiens ?

    Alors oui Le Monde est dépendant. Économiquement et donc « éditorialement », politiquement donc.
    Il n’en demeure pas moins que sa rédaction regroupe de grand(e)s professionnel(le)s.

    Une autre rédaction, Libération je crois, a aussi lancé cette mode de l’analyse/contrôle des faits.
    La citer en pendant de cette dénonciation m’aurait semblé judicieux et équilibré … comme de rappeler les accords passés entre ces grands médias « mainstream » (je déteste les anglicismes) et les supports à tendances éditoriales que sont Fesse-de-bouc, Gougueule et Cie.

    Enfin, d’autres acteurs ont à mes yeux au moins autant de responsabilités dans la nécessaire vérification de l’information : les lecteurs.

    S’ils ne prennent pas sur eux pour diversifier leurs sources et se forger une opinion personnelle à partir d’informations recoupées, s’ils n’ont pas conscience du dangere barboter dans leur petite bulle informationnelle fabriquée pour eux par les Grands Manipulateurs (Fesse-de-bouc, Buzzfeed, RT etc), il FAUT les y aider.

    Pour 80 % des Nord-Américains je crois, les seules sources d’informations sont Fesse-de-Bouc et Gougueule,
    L’équipe de Trump nous a inventé la réalité alternative, en France TF1 et BFM (les autres aussi dans une moindre mesure) sélectionnent pour le peuple (et au seul profit du contrôle étatique de l’opinion) les informations « intéressantes ».

    Dénoncer, ICI, à juste titre est honorable mais c’est d’éducation populaire qu’il faudrait selon moi et il faut malheureusement être déjà quelque peu ouvert, affranchi, pour visiter ces pages et nous sommes minoritaires.

  2. La réalité est complexe et nuancée, ce qui ne signifie pas qu’elle n’existe pas.
    Un jour Météo France (basée sur un modèle numérique puissant ayant fait ses preuves) fait une prédiction qui s’avère fausse, le même jour la prédiction du marabout se réalise. J’aurai tout de même eu raison de me fonder sur les prédictions de Météo France et aurai raison de continuer à le faire, car Météo France est objectivement plus fiable.

    Je lis et commente sur Reflets pour m’amuser mais ne considérai jamais ce site comme une source fiable d’information, au contraire du Monde. Trop d’élucubrations idéologiques, de vrais gros délires psychotiques, mêlés au milieux d’infos/réflexions intéressantes. Rappel : on lit dans Reflet que le réchauffement climatique est un complot du lobby écolo.

    Si je lis une information dans Le Monde, il m’arrive fréquemment de remarquer que l’info est présentée de manière biaisée, mais dans une proportion écrasante de cas (une proportion largement supérieur à Reflets) l’info s’avérera tout de même exacte.

    Il est effectivement impossible d’être objectif, mais présenter les choses subjectivement n’est pas du tout la même chose que des mensonges ou inventions de toutes pièces de l’auteur de l’article.

    1. Lobby ecolo…
      Ouai, tu pointes bien du doigt le probleme.
      – Il y a d un coté la science, qui normalement est ouverte au debat et qui ne va accuser personne de climato sceptiscisme.
      Science qui aboutie a un consensus scientifique qui dit qu il y a un rechauffement climatique provoqué par l action humaine.
      – Et de l autre, tu as la reutilisation de cette idée par des politiques et des medias (d habitude peu interessés par les sciences non humaines), qui se servent du rechauffement climatique pour faire un agenda politique et qui te diabolisent (climato sceptique), si tu n es pas d accord.
      Ces derniers font pression sur les scientifiques, ce qui est problematique par nature, car si la science a des schemas de pensées, ceux ci n ont pas vocations a etre dogmatiques et a se soucier de l agenda politique mondialistes des seconds.

    2. @Wag : La réalité est tellement complexe que les types dans ton genre qui viennent raconter des fake à propos de Reflets sont un peu trop souvent présents dans les commentaires.

      A moins que tu ne considères Al Gore comme un écolo ?

      https://reflets.info/si-tu-likes-la-planete-la-cop21et-que-tu-es-contre-le-co2-dis-merci-a-al-gore-1/
      https://reflets.info/al-gore-le-nobel-menteur-sauveur-de-planete-et-milliardaire-du-carbone-2/
      https://reflets.info/al-gore-climat-et-business-carbone-you-rock/

      On lit dans Reflets que la propagande du Giec est une réalité. Cette nuance a dû t’échapper :
      https://reflets.info/giec-face-a-la-propagande-que-doit-faire-le-journaliste/

      Et aussi : « Quelle est cette logique étrange qui veut qu’entre sauver les populations de cancers et autres saloperies causées par une pollution directe en limitant les véhicules ou en changeant leur fonctionnement, on préfère discuter de leur capacité à réchauffer une planète entière ? Dans un pays qui représente 1% des émissions de gaz à effet de serre, sur la dite planète ?
      C’est la logique GIEC. Enfin, disons plutôt la logique onusienne, celle des décideurs des pays les plus riches, les plus puissants, les dominants. Ceux qui se réunissent à New-York, siège de l’ONU. »

      https://reflets.info/pourquoi-le-giec-veut-il-que-ce-soit-lhomme-qui-rechauffe-le-climat/

      Bon vent dans ta quête éperdue de donneur de leçon par le mensonge.
      Gros troll..

  3. Pour l histoire des titres bidon. Tu trouves ca souvent sur yahoo news.
    Ou le titre est provocateur et induit en erreur sur la vrai information.
    Un titre manifestement humoristique n induira pas en erreur (quand on comprend la blague).

  4. Commentaires très intéressants : y-a-t-il certains sujets tabous, qui s’ils ne sont pas traités dans la ligne « officielle » sont forcément de la désinformation « à la solde de » ? Même s’ils sont sourcés à partir de données vérifiables, d’études, de sources scientifiques ? La question des dogmes établis par les instances politiques se pose pour les journalistes : est-il permis de faire un travail d’enquête, d’analyse qui va à leur encontre ? Au fond, la liberté d’informer est-elle encadrée par des idéologues détenant une forme de pouvoir de par la position de leur publication (politique, économique) ? Quand nous traitions de la surveillance numérique en 2011,2012 chez Reflets, nous étions considérés quasiment comme des complotistes par Le Monde. (et les autres publications mainstream) Puis des journaux américains « officiels » ont repris notre information, et enfin, Snowden a sortir ses docs : depuis, Le Monde et les autres se régalent de surveillance numérique. Étonnant, non ?

    1. En dehors de la desinformation, tu as l agenda setting.
      Ainsi ces derniers temps, tu as souvent des sujets traites sur le mode « parité » homme-femme.
      Comme si tout d un coup ce sujet etait de la premiere importance (contredit pas les resultat de la liste feministes aux elections europeenne).
      Dernier exemple en date:
      Samedi matin sur itele, promotion du sport feminin pour dire qu il en faudrait plus. Intervient un type pour dire que les femmes qui veulent faire de la boxe sont les bienvenues….
      Sauf que:
      La tele qui vient pleurer sur le fait qu’il n y a pas assez de sport feminin a la télé, c est juste grotesque.
      Passez en, si ca interesse les gens, ils regarderont et sinon, vous pensez qu ils regarderont un programme chiant, juste parce que c est paritaire ?
      Pour la boxe, pour le peu que j ai pu voir elle etait deja bienvenues il y a 20 ans.
      La parité c est un hochet…
      Je cite itele, mais c est souvent franceinfo qui en rajoute une triple couche. Pourtant, dans l outil de le monde, franceinfo est classée fiable. Tu as quand meme un choix des sujets qui donne une vision du monde.

      Un jour ou les turcs et les russes c etaient mis d accord, le traitement de franceinfo c etait:
      « (L expert que nous avons invité pense que) les russes font de la diplomatie a l ancienne ».
      Avec aucun developpement l accord en lui meme.

      Euronews: au sujet d un medecin russe tué en syrie. La version anglaise est a peu pret factuelle. En VF, peu d information sur ce qui est le motif de l article, photos d autres victimes avec un traitement sur le mode « c est bien fait ».
      C est pourtant l appli du meme organne de presse.

  5. @dapher : non, je n’ai ni fact-checké IOL (kitetoa ne voulait pas partager le doc, et je n’ai pas d’accès aux petits secrets du GIC), ni conclu qu’il n’y avait pas de « surveillance de masse », mais expliqué qu’IOL ne pourrait pas légalement être utilisé pour faire de la « surveillance de masse »; donc soit IOL sert à ça, et c’est illégal, soit IOL (qui signifie « Interception Obligations Légales », soit dit en passant) ne sert donc pas à ça. La paille, la poutre, toussa.

        1. Nous sommes raccord sur le fait qu’IOL aurait pour but de « permettre l’interception des communications Internet de n’importe lequel des millions d’internautes français ».

          Mais faudrait savoir : tu m’accuses d’abord d’avoir « conclu, par la « vérification des faits », qu’il n’y a avait pas de surveillance « de masse » en France »… ce que je n’ai donc jamais écrit au sujet d’IOL.

          Puis, et quand je te le fais remarquer que Reflets avait donc écrit qu’IOL « était inopérante pour du massif » , tu me renvoies au fait qu’IOL permettrait « du massif potentiel »… ce que je n’ai donc jamais contesté : je m’étais borné, comme indiqué, à rappeler que si tel était le cas, ce serait illégal.

          « Le factuel est binaire : soit les faits sont là, soit ils n’y sont pas », écris-tu. Voilà voilà…

          Quant à ceux qui voudraient en savoir plus sur ce que j’ai vraiment écrit, et comme tu n’en donnes pas le lien, voilà : http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2016/09/13/pour-en-finir-avec-la-surveillance-de-masse/

          1. Ta définition de la « surveillance de masse » est obsolète. Décalée. La réalité de la surveillance actuelle n’est pas celle que tu décris. Je te renvoie pour ma part à ce papier qui l’explique. Extrait :

            Le but de l’algopolitique n’est pas « la surveillance ». La « surveillance » est un mot-valise qui noie le problème de fond de la nouvelle ère qui s’est ouverte et qui est celle du renseignement de l’activité et de sa modélisation, ce qui implique d’ailleurs le remplacement de l’identité par l’activité. Cette nouvelle ère — qui n’est pas celle de la surveillance en tant que telle — est celle, avant tout de la prédiction, basée sur l‘automatisation du traitement des activités. De manière simple, quand un spécialiste de la surveillance sur Internet (@manhack) s’évertue à expliquer nuit et jour qu’il n’y a pas de « surveillance de masse », et affirme que les gens se trompent en disant « je suis sur écoute », il a raison. Mais il se trompe totalement en croyant avoir résolu la problématique en cours qui est la gestion algorithmique des populations, la mise en œuvre d’outils de plus en plus performants pour établir des modèles globaux et prédictifs.

            https://reflets.info/le-nouvel-age-de-lalgopolitique-et-ses-outils/

            Il faut lâcher deux minutes les « fact-checks » pour creuser des sujets, penser ce qu’il se passe. Le fact-checking c’est bien, mais pas tout le temps, et pas pour tout.

          2. manhack,

            comme je l’écris plus bas, que penses-tu de l’idée que les pannes récentes de DNS chez les FAI soient reliées à la mise en place de ces sondes ?

            Thanks for your advice

            EB

          3. Bon drapher, manhack,

            vous voulez bien ARRETER de vous chamailler comme des enfants de 4 ans et de vous jeter la vaisselle à la tête comme dans les vieux couples ?

            Ça fait iéch… Si vous voulez vous affronter, vous faites un « radio reflets » spécial « gamins de maternelle » et on comptera les points et le perdant n’aura plus le droit ni d’écrire ni de parler jusqu’à la fin de ces jours…

            Ça gave… ça gonfle… OK ?

            Alors chacun s’excuse vis-à-vis des lecteurs de reflets parce qu’on a pas mérité d’assister à un combat de vieux coqs qui se prennent pour des petits coquelets de basse-cour et veulent rouler des mécaniques et faire genre « C’est moi qui ai raison et pas toi… »

            La discussion c’est une » confrontation » des idées, et la racine latine de la première syllabe c’est « cum » et ça veut dire AVEC il me semble… pas contre, ok? Alors l’animosité débile…

            Relisez mon petit mot à propos de Bouddha… ça vous fera pas de mal.

            C’est malin, vous m’avez énervé et du coup, j’applique même pas ce que je vous dis d’appliquer… Vous voyez comme c’est con ^^ ?

          4. Assez d’accord avec EvivBulgroz : lourde et chiante cette bagarre entre manach et les barbus de Reflet. Quand ce n’est pas Kitetoa, c’est Drapher.
            Un de ces jours il faudra que vous nous expliquiez qui a piqué les billes de l’autre (c’est valable autant pour le staff de Bugbrother que pour celui de Reflets.

            Juste un truc pour JM Manach AKA Manhack : votre problème ici c’est que vous bossez pour Le Monde, dont les lecteurs occasionnels comme moi se plaignent du verrouillage des commentaires (à quelques rares exceptions notables comme BugBrother), et d’un goût prononcé pour le double langage.
            Je note au passage que vous en avez pris l’accent, mais je comprends bien que vous n’allez pas cracher dans la main qui vous nourrit et qui vous permet d’atteindre une population plus « grand public » que celle d’ici (encore que je ne sois pas si sûr que ce soit vrai).

            Je continuerai à vous lire les (de plus en plus) rares fois où vous publiez, parce que comme à tout le monde ici, Y COMPRIS KITETOA ET DRAPHER, votre opinion nous intéresse. C’est d’ailleurs pourquoi vous venez ici, et que vous vous offusquez des protestations à votre encontre, spas ?

            J’aurais une requête perso et égoïste : pouvez-vous transmettre à la direction de votre « grand » journal l’envie de vomir qui saisit quelques-uns dont moi, à devoir nous colleter avec une armée de trolls ultra agressifs d’extrême droite qui semble avoir infecté Le Monde jusqu’à la couche « modérateurs » ? Merci d’avance.

          5. A EvivBulgroz, pas trop baveuses les léchouilles please XD

            A JD. Pardon ??? Merci pour le point Godwin gratuit, mais évitez de m’utiliser comme paravent s’il vous plait (surtout avec un tel langage).
            Et non, je ne parlais pas de journalistes, je parlais de commentaires et de leur gestion.

          6. le système de commentaires-en-enfilades de reflets m’empêche de répondre aux commentaires qui suivent, alors j’y réponds là :

            @drapher : tu m’accuses dans ton papier de nier la surveillance de masse via IOL… alors que reflets avait écrit qu’IOL « était inopérante pour du massif » , et tu reconnais qu’elle n’aurait rien à voir avec le fait d’être « sur écoute ». Pourquoi, dès lors, m’accuser comme tu l’as fait (et comme l’a validé reflets) d’avoir laissé entendre ce que je n’ai jamais écrit ? #amalgame -> #fakenews

            @EvivBulgroz : de fait, ça fait des mois que ça « gonfle » tout plein de gens… parce que je n’ai pas/plus la même grille d’analyse que Reflets (+LQDN), ce pourquoi il est aussi important de pouvoir en débattre. Pour autant, je n’ai jamais attaqué Reflets dans mes articles/fact-checks sur bugbrother (auxquels ils n’ont jamais réagi ni répondu en commentaire, btw); ayant par contre plusieurs fois (nominativement) été accusé sur Reflets, je suis donc contraint d’y répondre en commentaires et/ou via Twitter…

            @Robert Ravoalavoson : je ne « bosse » pas pour Le Monde. J’y suis défrayé en droits d’auteur, parce que « blogueur invité », statut tellement bizarroïde que je ne peux même pas y publier les « scoops » que je pourrais pourtant leur proposer (ce pourquoi je les sors dans Libé, btw). Accessoirement, vous en connaissez beaucoup, des journalistes qui fact-checkent (et contredisent) des « scoops » publiés par leur (soi disant) employeur ?
            http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2015/01/03/de-la-surveillance-de-masse-a-la-paranoia-generalisee/

  6. « L’aventure Décodex » du Monde© est en fait un véritable affront. À l’intelligence des lecteurs, […]
    => Là, pour le coup, c’est plutôt vous qui avez une vision biaisée de l’intelligence potentielle des lecteurs. Sans doute car, comme moi et beaucoup d’autres, votre entourage est fait de gens d’un certain niveau culturel et surtout, qui vous ressemble. Par extension, on pense que tous nos semblables sont ainsi. Mais ça n’est pas le cas. Croyez-vous que les gens qui ont vu un faux témoignage sur le journal de 13h de TF1, puis des excuses suite à la fuite, ont arrêter de le regarder ?

    Mais tout cela n’a pas d’importance, puisqu’une fois de plus, les gens lisent ce qu’ils veulent lire (et ce qu’un robot pensent qu’ils veulent lire), regarde ce qu’il veulent voir (et ce qu’un robot pensent qu’ils veulent voir), …

    1. +1…

      Côtoyant des personnes de tous les âges et « de tous les milieux » (qu’est-ce que je déteste cette expression quand même…), je suis entouré de personnes « normales », qui pourtant me tiennent pour la plupart des discours effarants : On a l’impression que pour eux, seuls l’info « non mainstream », notamment issue de RT, Sputnik, alterinfo et plein d’autres y compris des blogs qui moi, m’inquiètent sur l’état de la psyché humaine actuelle, sont les seuls à leurs yeux fréquentables et disent… « LA vérité ».

      J’ai l’impression qu’on a oublié d’enseigner depuis bien longtemps quelques trucs simples… observation, raisonnement, analyse, discernement, sens critique… Je dois faire partie des dinosaures !

      Et oui du coup, une initiative type DECODEX (bien imparfaite en plus comme le pointe drapher) renforce ces « brebis égarées » dans leur certitude que « tout le monde ment » (y compris reflets ^^ Oui un jour, un interlocuteur m’a expliqué que en fait vous étiez une illusion de site d’information là pour en fait in fine ramener les gens sur les sites d’info mainstream… Les bras m’en sont tombés ^^)

      Quant au « formatage de la pensée » issu de bots type facebook ou autres, ça mériterait carrément tout un chapitre.

      Reflets : Do ***NOT*** forget que les « français moyens » ne sont rien d’autre chose que « des veaux » comme le disait le grand Charles… Do not forget… Effort de vulgarisation toussa…

      Bisous

  7. La cible de décodex n’est pas le lecteur « éclairé » capable de juger par lui même la qualité de l’information. La cible c’est tout un public démunie qui n’a pas les clefs permettant de mettre en perspective ce qu’il lit, exemple : tout les ados, les personnes naïves ou celle qui ne savent pas faire la distinction entre un article qui cherche à tromper/manipuler, d’un article qui cherche à informer/donner un autre point de vue.

    Pour un enfant de 12 ans par exemple, je trouve ça super. Si il voit la couleur orange ou rouge, ça lui forcera au minimum à se dire « tiens, des gens pensent que ce que je lis est sujet à débat, pourquoi ? ». Ca le forcera à un minimum de réflexion.

    Pour un lecteur ayant déjà les clefs pour décoder l’information, c’est juste une indication pas un élément décisif. Si Reflet passe en orange, ça me fera sourire et ne m’empêchera pas de continuer à lire. Je trouverai même ça bien qu’il le passe en orange, car un ado qui arrive sur votre site n’a peut-être pas toutes les clefs pour faire le distinction entre ce qui est une opinion, ce qui est une info, ce qui est une spéculation, ce qui relève de la guéguérre entre reflet et d’autres personnalités…

    L’initiative du décodex n’est pas parfaite, mais je trouve que c’est une tentative louable d’essayer de répondre à un problème qui est de combattre la propagation des fausses informations auprès d’un public facilement influençable. Reflet devrait proposer sa propre solution si vous pensez que ce n’est pas la bonne façon de faire…

    1. La solution est d’éduquer, de pousser à la pensée autonome, pas de dire ce qui est bon et ce qui ne l’est pas (ou moins), surtout quand on est juge et partie, surtout quand on est soit même d’une fiabilité aléatoire…..

      1. si je remplace « blog » par « editorial », j ai donc le droit d etre anonyme ?
        Sur le fond, il y a des raisons pour lesquels les gens ecrivent de facon anonyme. Tiens par ex vous voyez une malversation faite par l un de vos superieur hierarchique. Vous allez la publier avec votre nom ?
        Ou tout simplement si vous avez des idees qui ne sont pas mainstream, attendez vous a des problemes si vous publiez avec votre nom

  8. Juste un remarque, sur le Decodex du Monde lorsque l’on veut signaler un site on se retrouve avec un formulaire Google (google forms). Peut-être y-a-t-il parmi les lecteurs de Reflets un informaticien capable de leur créer un formulaire tournant sur leur serveur. Merci de la part du Monde !

  9. Il faut se rendre a l’évidence, internet est la victoire de la démocratie. Aujourd’hui tout est décidé démocratiquement, au plus grand nombre. Tout: la crédibilité, la vérité, l’histoire … Eh oui. Nous avions oublié un détail, en mettant internet dans les mains de tous: il y a des choses qui ne devraient pas être décidées démocratiquement.

    Il est trop tard pour faire machine arrière malheureusement. Qui eut cru qu’internet serait utilisé pour manipuler les idiots au lieu de les instruire, je vous le demande…

  10. Tiens en relisant une seconde fois (non non ce n’est pas un pléonasme…), pour tous les rédacteurs et lecteurs d’ici bas…

    A propos d’IOL: Ces temps derniers, il y a eu « plein » (et le mot est faible…) de panne DNS chez les FAI, que ce soit sur les connexions de type fixe ou mobile.

    Idéeàlacon : Ne serait-ce pas la « trace palpable » d’une interruption de service qui serait le dégât collatéral de la mise en place plus ou moins réussie de ces satanées « sondes d’interception » ?

    Questions complémentaires :
    1- Ces pannes de DNS n’ont-elles eu lieu que sur des connexions de particuliers ou pour type de client ?
    2- Chez tous les opérateurs ?

    Parano débile ou question légitime ? A vous de me dire…

    1. Je suis malheureusement convaincu qu’être paranoïaque, ou sembler l’être, est la garantie minimale de la sécurité de ses données.

      Personnellement, j’ai configuré chacun des serveurs de mon VPN pour qu’il utilise des DNS qui lui sont propres. Passant ainsi, par exemple, de l’Ukraine au Brésil, je change aussi de DNS : https://www.opennicproject.org/

      Les techniques matérielles et logicielles de surveillance sont bien là n’en doutons pas et, là encore, je suis personnellement convaincu de leur développement.

      Reste Tor, Whonix et Tails ;-)

  11. Fact-cheking : Comme moi, essayez de faire passer un droit de réponse au Monde… C’est impossible, ils refusent. Au mieux aurez vous droit à un « on nous écrit » si vous êtes suffisamment puissant.
    A publier des sottises (genre : « droit de réponse. Il sera toujours publié ») normal que vous soyez mal noté !

  12. Le decodex ne fonctionne pas la preuve :

    « Donald Trump invente un acte terroriste en Suède
    Le président américain a tenté de démontrer qu’il est dangereux d’accueillir des réfugiés en affirmant à tort que la Suède, qui en accueille, venait de subir un attentat. »
    Le Monde | 19.02.2017 à 14h21 • Mis à jour le 20.02.2017 à 08h29
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/02/19/quand-donald-trump-invente-un-acte-terroriste-en-suede_5082022_3222.html
    Sauf qu’il n’a jamais parlé d’attentat juste dit : « avez-vous vu ce qui s’est passé, hier soir en Suède?  »  Il voulait parler des agressions sexuelles, mais ne l’a pas précisé.
    Le monde = fausses nouvelles =encore un peu moins de lecteurs.

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