Journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking
Reflets poursuivi par Altice : la liberté d'informer menacée

Le groupe de Patrick Drahi tente de contourner le droit de la presse. Altice a des milliards, nous avons un site Web. Aidez-nous à défendre la liberté de la presse.

par Antoine BELLIER

Internet, gentil géant vert ou méchant monstre pollueur ?

Dessous Choc #10

Envoyer un email est-il énergivore ? Les études sur ces sujets sont généralement contradictoires. Certains nous demandent d'abandonner la vidéo et autres usages qui consommeraient trop d'énergie, d'autres, plus proches de la technique et des usages mettent en doute les conclusions alarmistes.

Fruit de près de deux années d'enquête, Guillaume Pitron s'intéresse dans son dernier ouvrage publié en 2021 aux éditions Les liens qui libèrent, l'enfer numérique, à l'empreinte écologique d’Internet et de ses outils. Le journaliste d'investigation affirme que le monde numérique, absorberait 10 % de l'électricité mondiale et représenterait pas moins de 4 % des émissions de CO2 de notre planète, sans compter les autres formes de pollution indirectes générées, entre autres, par la fabrication de nos smartphones.

Couverture du livre de Guillaume Pitron - Copie d'écran
Couverture du livre de Guillaume Pitron - Copie d'écran

Guillaume Pitron tente de démonter l'idée selon laquelle Internet serait sans impact environnemental. Pour cela, il s'est rendu dans différents endroits du monde pour déconstruire l’image d’un numérique neutre écologiquement. Internet n’est ni invisible, sans odeur ou sans goût, affirme l’auteur qui rappelle qu'il prend la forme, bien concrète, de datacenters, situés au cœur de nos villes ou dans des terres reculées, bien souvent à l’abri des regards…

L’auteur de l'enfer numérique analyse dans son ouvrage différentes études, parfois contradictoires, sur le sujet de l'impact environnemental. Tout en reconnaissant que les GAFAM consentent à faire de réels efforts sur le plan écologique, il tente aussi démasquer les stratégies de greenwashing souvent bien orchestrées.

En définitive, sans prétendre résoudre une question débattue et complexe, Guillaume Pitron ne plaide pas pour le retour à l'âge de pierre et récuse toute technophobie. Il veut plutôt inviter ses interlocuteurs à réfléchir aux nouveaux usages du numérique et à notre manière de les consommer, au risque de remettre en cause des principes qui paraissent aujourd’hui indépassables, comme l’Internet libre. Comme il le rappelle en conclusion de son ouvrage et qu'il développe en d’autres termes dans ce podcast : « Aux démiurges que nous sommes devenus, largement inconscients des incommensurables pouvoirs dont nous avons désormais la responsabilité, le numérique nous invite, finalement, à mûrir cette puissante injonction du mahatma Gandhi : “Soyez le changement que vous désirez voir en ce monde”. »

Une info, un document ? Contactez-nous de façon sécurisée