Quand Saadi Kadhafi s’envoyait en l’air chez Dassault

Le Rafale au couleurs de la Jamahiriya qui illustrait la réponse à l’appel d’offre libyen pour la vente d’avions de chasse au régime de Kadhafi. © Dassault Aviation / DR

Vous êtes peut-être un lecteur trop récent de Reflets pour vous en souvenir, mais en avril 2012, votre journal préféré publiait une vidéo montrant Saadi Kadhafi en France, réalisant toute une série d’emplettes, auprès notamment de Panhard et de Thalès. Du 6 au 10 juin 2006, à une époque où Mouammar était entre gentil-gentil et méchant-gentil, le troisième fils du dictateur Lybien faisait la tournée des marchands d’armes au pays des droits de l’homme, des Lumières et du fromage qui pue. Aujourd’hui, nous vous proposons l’épisode 1 de la saison 2 de « Les emplettes de Saadi ». Cette fois, pas de vidéo, mais des photos. Elles sont bien entendu inédites, l’épisode que nous allons vous conter s’étant déroulé dans le plus grand secret.

C’est la grande époque où, selon les termes d’un militaire rapportés par le Canard Enchaîné, le temps est au beau fixe entre Tripoli et Paris : « à cette époque on se crachait dans la bouche« , tellement on s’aimait. Très vite, le temps va pourtant tourner à l’orage et Nicolas Sarkozy, qui déclarait en 2012 ne « jamais avoir frayé avec Kadhafi », république irréprochable oblige, fera le forcing pour rayer de la carte Mouammar Kadhafi, à grands coups de bombes larguées par des Rafales.

Et dire que, quelques mois plus tôt, la France espérait encore vendre à Kadhafi une centrale nucléaire et… des avions Rafale, justement.

Tout le monde sait que Nicolas Sarkozy aurait bien aimé être le premier président à vendre l’avion de chasse de Dassault. Et la Libye était une très bonne option. Ce que l’on sait moins, car jusqu’à aujourd’hui, le secret avait été bien gardé, c’est que Dassault avait mis les petits plats dans les grands pour le fils du Guide. Rien de trop beau pour lui. Falcon personnel pour l’amener à Istres, visite guidée et surtout… essai en vol du fleuron de l’industrie aéronautique française, le Rafale.

Sur la base, le nom de Saadi Kadhafi n’est jamais évoqué. Alors qu’il a fait les visites des autres marchands d’armes en uniforme, cette fois-ci, le fils Kadhafi vient en  civil, décontracté. Lorsqu’un salarié se montre trop curieux, il est juste qualifié de VIP par ceux qui sont dans la confidence.

Parmi ces derniers, on trouve bien entendu ceux qui l’accueillent et le guident pour cette visite spéciale, agrémentée d’un essai de l’avion : le PDG de Dassault, Eric Trappier, mais aussi Patrick Castagnos, le directeur des essais en vol et Philippe Rebourg, le chef pilote Dassault qui est monté dans l’avion avec Saadi.

En 2012, nous reprenions la célèbre phrase de Desproges à notre compte : peut-on vendre de tout à tout le monde ? Et surtout, doit-on faire n’importe quoi pour vendre de tout à n’importe qui ?

Les photos que vous allez visionner nous ont été communiquées par une personne travaillant pour Dassault. Elle souhaite évidemment rester anonyme, ce que nous respectons. Le service de presse étant en vacances (bonnes fêtes), nous n’avons pu obtenir de commentaire de Dassault Aviation à propos de notre article.

Saadi Kadhafi, en civil, en visite, incognito chez Dassault. Accompagné de Eric Trappier (PDG de Dassaut Aviation), au centre, et de Patrick Castagnos directeur des essais en vol, à gauche de l’image. © Dassault Aviation / DR

 

« Bon si ça prend feu, tu tires sur la poignée rouge ici ». © Dassault Aviation / DR

 

Le monsieur en costard gris à derrière Saadi Kadhafi était à l’époque le responsable export Rafale pour la Libye. Il s’agit d’un ancien colonel de l’armée de l’air, Alain Martel. © Dassault Aviation / DR

 

« Allez c’est parti, on s’envoie en l’air ». © Dassault Aviation / DR

 

Quelques G dans la tête plus tard… © Dassault Aviation / DR

 

C’était mieux qu’Eurodisney, mais dur de descendre de ce truc. © Dassault Aviation / DR

 

Ce Rafale aux couleurs de l’armée libyenne illustrait la réponse française à l’appel d’offre libyen. Nous ne savons pas s’il s’agit d’un montage Photoshop ou si un Rafale a bien été repeint aux couleurs de la Jamahiriya. UPDATE : cette photo est bien un photo montage. © Dassault Aviation / DR

NDLR : vous ne pouvez pas republier ces photographies sans notre accord.

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10 thoughts on “Quand Saadi Kadhafi s’envoyait en l’air chez Dassault”

  1. @ jihijo : Pas si fragile que ça. Si Reflets.info a fait un travail de 10 ans pour obtenir ces images, le copillage n’est pas très règlo. Deplus, la Loi du 11 mars 1957 défend largement ce genre de pratique. Tout le monde le sait DR est un con, mais existe bel et bien. Trahir 10 ans d’investigations pour faire du copié-coller de son canapé n’est pas très smart.Un peu fragile certes, mais si DR sort du bois… ce n’est plus la même!

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