L’Etat, ce bon client de la société Elexo

elexoComme nous l’avons évoqué à plusieurs reprises sur Reflets, l’Etat français commerce volontiers avec Elexo, une société qui fait partie du groupe Bull et précédemment, de la galaxie Amesys. Elle est d’ailleurs localisée au 20 rue de Billancourt à Boulogne, là où travaillaient les développeurs d’Eagle, la fameuse solution tout en un d’écoute globale vendue à Kadhafi. Et où se trouve toujours Amesys Conseil.

Il n’aurait pas été incongru d’imaginer que le scandale de la vente d’un Eagle à Kadhafi, la visite quelque jours avant que tout ne dégénère en Libye de Philippe Vannier, ancien patron d’Amesys, pour vendre un upgrade de l’Eagle, on en passe, aurait pu pousser l’Etat français à prendre ses distances avec ces entreprises. Surtout après l’ouverture d’une information judiciaire pour complicité de torture en Libye. Pas le moins du monde. Le changement, c’est pour plus tard. Elexo est un rouage -pas négligeable- du complexe militaro-industriel français. Et remplacer un rouage de ce type peut se révéler compliqué.

La présentation de Crescendo Technologies, la tête de la galaxie Amesys, datant de 2007, est assez précise. Elexo est une des composantes de la galaxie.

crescendo

Et les clients du complexe militaro-industriel sont nombreux.

clients

Déjà en 2007, Amesys/Elexo était vendeuse d’IMSI-catchers. Rudimentaires, certes, mais « catchers » quand même. Ce n’est donc pas une surprise si on les retrouve aujourd’hui comme fournisseurs officiels des douanes en matière d’outils permettant de faire des interceptions « alégales ».

amesys-imsi-catcher

Cette relation avec le complexe militaro-industriel et l’Etat est d’autant plus complexe à couper que la galaxie Amesys a sans doute eu accès à quelques secrets que l’on ne veut pas voir étalés dans la presse. Les journalistes d’investigation connaissent par exemple très bien les quelques projets comme Sawary et Agosta cités dans la présentation :

Agosta-Sawary II

On trouvait déjà dans cette affaire Ziad Takieddine, qui reviendra jouer un rôle prédominent dans la vente du projet Eagle en Libye.

Toutefois, pour revenir à Elexo et ses ventes à l’Etat français, ou Thalès (par exemple), ses clients seraient peut-être avisés de se demander s’ils ne gagneraient pas, financièrement, à passer commande directement auprès des fournisseurs plutôt que de passer par une société qui sait commander, appliquer une marge, et revendre.

Par exemple, Elexo vend des ordinateurs durcis (de la marque GETAC) à la DCNS (détenue à 64 % par l’État français, de 35 % par Thales). Elexo achète un modèle S 400 Basic pour un peu plus de 1300 euros à ce fournisseur taïwanais et le revend à la DCNS pour un peu plus de 2350 euros.

Mais c’est une autre histoire…

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

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