Les politiques, les journalistes, la sole et les autres dimensions

Il a toujours été fort compliqué de faire comprendre à une sole complètement plate qu’il existe une troisième dimension. Il est tout aussi difficile de faire comprendre à un politique qu’il est enfermé dans sa tour d’ivoire et que les gens ne le croient plus. Ou à un journaliste que ses sujets et le traitement de ses sujets ne passent plus auprès des lecteurs. Il faut dire que jusqu’ici, ça continuait de marcher. A chaque élection, les candidats du système continuaient de se faire élire. A chaque campagne, les journalistes continuaient de traquer la moindre petite phrase, à faire croire à leur impertinence, à indiquer la voie aux électeurs. Mais cette fois, c’est un peu plus compliqué.

Les politiques continuent de croire qu’ils vont se faire élire, que les gens sont intéressés par ce qu’ils racontent et surtout, qu’ils vont pouvoir continuer de profiter du système. Ce système qui n’a qu’un seul but : se préserver lui-même. François Fillon pense qu’il n’a rien fait de mal en salariant sa femme et ses enfants. Et qu’il pourra continuer à le faire.

Les journalistes semblent tomber des nues : « il était l’homme intègre qui n’avait jamais été touché par un scandale« . Ah ? Vraiment ? Tous les éditocrates semblent avoir oublié un peu vite que François Fillon a été le premier collaborateur de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans. Et s’il a pu s’asseoir sur toutes les magouilles du clan sarkozyste, comment pourrait-il être choqué des 500.000 euros reçus par sa femme pour ses bons et loyaux services inexistants ? Tout cela est très naturel, voyons. Tout le monde le fait d’ailleurs. N’est-ce pas là sa première défense ?

A gauche, Manuel Valls et Benoît Hamon sont des frères ennemis. Ils sont irréconciliables, nous expliquent les éditocrates. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour voir les ralliements intervenir. Notez, il y a tant de postes à assurer, tellement d’argent en jeu, le parti socialiste de sa gauche à sa droite, ne peut faire l’impasse. Vite, vite, un « rassemblement ». Pour le bien de la nation et des Français bien entendu. Ou pour celui du PS et de ses politiques professionnels. Qui sait ? Et tous de croire que Benoît Hamon a une chance. Allez, on y va, comme en 2012, et hop, avec un peu de chance, on repartira pour cinq ans. Au PS, on semble incapable de voir qu’il y a une dimension dans laquelle les gens ont compris qu’après avoir tenté de tomber encore plus bas qu’avec François Hollande, on pouvait faire croire à un « rassemblement ». Il n’y a pas une semaine, Malek Boutih, soutien de Manuel Valls,  estimait que Benoît Hamon était « en résonance avec une frange islamo-gauchiste« . Pas moins. Les islamo-gauchistes, ce terme chéri de la fachosphère dans la bouche d’un homme estampillé à gauche. Il ne manquait plus que ce genre de choses pour finir de faire comprendre à Paulo à quel point PS avait sombré…

En attendant, Paulo, au Bar des amis, il éructe. Tous ces politiques, il ne croit plus un mot de ce qu’ils racontent, la preuve, Hollande a trahi après son élection. Macron ? C’est celui qui a fait la Loi du même nom et qui incarne le virage libéral de Hollande. Fillon ? Un mec qui file 500.000 euros d’argent public (les impôts de Paulo. Il est pas si con, Paulo…) à sa femme pour un travail fictif. Et même si elle a travaillé, Paulo, il sait qu’elle s’est bien moins emmerdée que lui à l’usine et que lui, il ne gagne pas 500.000 euros, même en vingt ans. Et Paulo, il écoute les journalistes. Ou il les lit. Et il faut bien le dire ici, Paulo, il s’en tamponne le coquillard des considérations sur la dette, le chômage qui inverse sa courbe ou pas, le revenu universel qui n’en est pas un, l’inconnue Macron, l’inconnue si Fillon ne se présente pas. Paulo il sait désormais une chose et il le dit : tous pourris, politiques comme journalistes.

Quant à nous, il nous reste à prier pour que Paulo, il ne vote pas Marine, rien que pour essayer de démontrer aux politiques qu’il existe une quatrième dimension, la sienne, dont ni les uns ni les autres ne semblent pouvoir envisager l’existence.

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


23 thoughts on “Les politiques, les journalistes, la sole et les autres dimensions”

        1. Ce n’est pas mon site et je reconnais le côté anecdotique de l’info.
          Faire des sondages alors qu’on ne connait pas encore les candidats, les vrais, ceux qui auront leur 500 signatures est en effet hasardeux. mais on ne peut pas nier l’engouement.
          D’autres sites proposent des sondages mais sans la présence d’Asselineau. Tu n’y vois pas comme un biais méthodologique ?

          L’UPR a 15 000 adhérents (le nombre augmente chaque jour) et son site est le plus consulté de France parmi ceux des partis. Tu trouves toujours cela plus drôle que Poutou, par exemple ? Et si je t’avais parlé de Trump il y a un an, tu aurais explosé de rire ?

          Je ne cherche pas à faire sa pub, on peut détester ses idées, mais le fait est qu’il monte.

          1. Coucou,

            Les membres de l’UPR sont très présent sur internet certes, et je dois reconnaître une bonne base de militant … Cependant, quand je les croisais en 2014, ils indiquaient être « presque de 10.000 » et que Asselineau, il allait tout cartonner.

            Sur le nombre d’adhérents, la publication des comptes des partis politiques n’est pas propre mais comme la CNCCFP à pu faire le ménage, on sait qu’il y a un total d’adhésion de 156 660 € e, 2014. En oubliant les cotisations réduite et de soutien, on arrive à 5222 adhérents (sans doute pas loin d’être le bon chiffre).

            C’est pas mal MAIS on est loin des 15 000 adhérents. Les comptes de 2015 pourront donner un ordre d’idée, ils ne devraient pas tarder à sortir …

  1. Et Paulo, il en a tellement marre de la pourriture politico-médiatique que, rien que pour les em***der, il va voter Marine.
    Car il est peut-être c** Paulo, mais quand il voit qu’un gouvernement socialiste fait voter, sans que personne ne sourcille, une loi qui désormais donne le pouvoir et le droit à un quelconque ministre d’opérette de lui bloquer son argent, qu’il croyait à l’abri dans une quelconque assurance)vie, il se dit « mdr, ils m’ont encore ba**é ».
    Et tout ça, disent-ils, pour sauver le pays, bien sûr; car comment voulez-vous qu’ils sauvent le pays s’ils ne commencent pas par se sauver eux-même? avec l’argent de Paulo, naturellement..

  2. Café du commerce powaa …
    Nan mais sans dec’, l’article à ni queue ni tête, pas de morale, pas d’objectif, le seul message relayé c’est « tous pourri ». Génial.
    GG, c’est vraiment ce qu’il faut mettre dans la tête des electeurs en ce début 2017.

    On voit bien qu’a Reflet la politique ça vous gonfle, mais c’est pas une raison pour saccager le traitement que vous réservez à ce sujet.

    Parlons de biais un instant :
    Sont cités :
    4X Fillon
    3X Hamon
    2X Macron
    1X Marine
    0X Melenchon

    C’était fait exprès Kit’ ?

      1. Je suis surtout pas content qu’on appelle les gens à s’en foutre.
        SI toutes les personnes un peu consciente des enjeux du futur (mon opinion des lecteurs de reflets) commencent par fermer leur gueule un jour d’élections, c’est certainement pas ça qui va améliorer la donne.

        Peut-être pour vous les élections sont une illusion, mais faudrait veiller à arrêter la drogue alors …

    1. Fillon passait pour un type clean ?
      C est sa com, ok ?
      C est quoi le resultat ?

      Valls et Hollande, c est des socialistes, c est ca ?
      On les oblige a faire ces politiques, c est ca ?

      Tu la sens la vaseline ?

  3. Moi c’est « Robert » mais « Paulo » et moi partageons le même ras le bol.
    Aucun risque de voter pour le FN mais c’est vrai que nous sommes quand même des millions à assister à cette déliquescence mondiale de la politique.

    Le « tous pourris » des fascistes, ce sont les inventeurs de l’expression je crois, est malheureusement vrai et je n’en croyais pas mes oreilles quand, dès le soir du second tour de la primaire socialiste, les pseudo experts et autres neo-candidats (ces politiques de moins de cinquante ans voulant se parer des plumes de la modernité) usaient et abusaient de cette langue de bois qui tente depuis des dizaines d’années de nous faire prendre les vessies des politiques pour des lanternes.

    Pas plus que les prostatiques, les newbee ne sont des lumières.

    Et ce matin voici nos glorieux perdants, je parle toujours de ces socialistes, qui somment littéralement le vainqueur de se renier, de dire tout le bien que ceux qui l’ont choisi ne pensent pas de la clique hollandaise.

    C’est … surréaliste de voir ainsi les vaincus exiger le ralliement du vainqueur aux idées, aux pratiques, qui les ont fait perdre. Il y a du Trump chez les socio-libéraux vallsistes à tendance hollandaise, le déni de réalité poussé à son paroxysme : plus je perds et plus je crie fort !

    Ils ont si peur. Leur monde s’écroule et la chaloupe Macron ne pourra, ne voudra, pas tous les accueillir.

    En face, de l’autre côté de cet iceberg, ceux qui se voyaient vainqueurs il y a deux semaines encore, n’ osent pas encore se préparer à l’inconcevable : leur candidat, le seul a-priori éligible, face à la Walkyrie frontiste, va peut être être mis en examen …

    Il l’a dit, l’a crié si fort (lui aussi) que, si tel est le cas, il ne se présentera pas.
    Serait-ce seulement possible quand alors il n’y aurait plus à droite comme à gauche la moindre grande femme, le plus petit homme, à opposer à la boue frontiste ?

    On me dira « Macron », oui …
    Qu’est-ce que « Macron » si ce n’est un non-être ? Ni de droite ni de gauche, refusant très intelligemment la promiscuité de ceux-là même qui l’auront créé. Le golem politique a la consistance de l’avatar Mélenchon et son non-projet deviendrait acceptable tant les projets et surtout ceux qui les portent nous sont de plus en plus insupportables …

    J’aimerais savoir contre qui, contre quoi, tourner ma colère.

  4. Bizarre je croyais que c’était Roger, le joueur de trombone,qui bossait a l’usine et Tony, lui qui n’aimait pas du tout le rock’n roll, qui rentrait dans le bar, Encore une preuve qu’on nous ment de partout.

    Paulo Paulo
    Chacun porte son poids sur son dos
    Pour aller où, on l’sait pas trop
    Paulo Paulo
    Paulo le gros

  5. Pareil que d’autres ici: pas terrible.

    L’article se pose en donneur de leçon, mais au final, oublie de donner des leçons à Paulo. Ça aurait pu être:
    Il a toujours été fort compliqué de faire comprendre à une sole complètement plate qu’il existe une troisième dimension. Il est tout aussi difficile de faire comprendre à Paulo que sa vision du monde est vachement, mais alors, vachement simplifiée et que si les politiciens ne s’y plient pas toujours, ce n’est pas toujours parce qu’ils sont méchants, mais parce que le modèle de Paulo, c’est aussi parfois un peu de la merde.

    Cela me rappelle l’étude « les périls de la perception », où on voit bien que Paulo-qui-n’est-pas-dans-sa-tour-d’ivoire n’est pas non plus capable de savoir quels sont les enjeux et problématiques réelles. C’est un peu facile de le brosser dans le sens du poil et de lui dire que si on le prend pour un con, c’est parce que les méchants politiques sont avides de pouvoir, pas du tout parce qu’au fond, il est quand même un peu con et qu’il y gagnerait à en prendre conscience histoire de relever le niveau (personnellement, je suis tout aussi con que Paulo, mais quand quelqu’un n’est pas d’accord avec moi, je remets mon analyse en question, je ne sort pas directement la carte « tour-d’ivoire-t’as-rien-compris-c’est-moi-qu’a-raison »).

    Après, ça n’enlève rien à la situation honteuse des scandales, qu’il faut évidemment dénoncer. Mais cela n’implique jamais de lécher les bottes à Paulo en lui expliquant que la situation, c’est de la faute des autres. Paulo, il a une part de responsabilité là dedans, c’est lui qui a appris aux politiciens qu’être honnête, ça ne sert à rien, que quoi qu’ils fassent, ils se feront toujours insulter, alors pourquoi pas en profiter.

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