Surveillance globale : le système

Flash-back : en 1994, Mario Conde, un banquier espagnol publie un livre : « El Sistema. Mi experiencia del poder » (Le Système. Mon expérience du pouvoir). Ce livre est une sorte de témoignage sur la manière
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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

15 thoughts on “Surveillance globale : le système”

  1. Tiens ? Intéressant, j’ignorais que leur cercle avait un nom, ni qu’il était aussi connu (ben oui, j’habite loin que voulez-vous). Merci, j’en ai profité pour downloader la liste à partir de l’article de 2011.

    J’imagine qu’avec d’autres « cercles », comme par exemple la Franc Maçonnerie (j’ai un doute sur la cédille), les intersections sont non vides… Certains commentateurs pourront dire « Waa ! Mais vous êtes naïf, vous ».
    Ben oui, cela va sans dire mais cela va mieux en le disant.

    Au temps des monarchies la situation était plus claire, on s’appelait Monsieur ou Madame De, aujourd’hui il faut un préfixe du style « PDG » De (celui-là étant le plus court).

    1. J’allais oublier ! Lorsque vous dites « multiple », ben pas tant que ça puisque, comme vous le précisez, 67 personnes détiennent la moitié de toute la fortune de la planète.

      Ce qui signifie qu’ils sont en nombre assez réduit pour être tous identifiables. Par contre, le nombre de leur lèche-bottes est peut-être un peu plus élevé.

        1. Oui, les lèche-bottes : idiots utiles pour certains, arrivistes pour d’autres, et aussi des convaincus (les plus dangereux parce que fidèles et/ou loyaux).

          C’est la notion de secret partagé, de bien commun d’un petit nombre qui scelle le pacte, notion de secret très ancrée dans la culture française justement. Nous sommes d’accord.

          Note : aujourd’hui ils sont 67, demain très probablement moins, et là le bat peut commencer à blesser.

      1. 67 connus avec une vie « publique ». C’est sans doute sans compter ceux qui sont assez habile pour masquer leur situation/fortune pour s’éviter des « complications ».

  2. Merci pour cette grille de lecture. Surtout dans un climat où l’ennemi est designé par sa religion, sa couleur de peau ou sa profession.

    Le but du système (ou de toutes choses) est de maintenir le rapport des forces qui le composent, en d’autres termes, son but est de continuer d’exister sous sa forme propre.

    Pour tenter d’y échapper, il faut donc essayer de ne plus suivre ses règles, car autrement on ne fait que légitimer l’existence du système. Par exemple, l’infantilisation des citoyens par le processus des élections ne fait que maintenir les rapports de force en présence, en donnant l’illusion aux citoyens qu’ils sont acteurs et vont pouvoir changer les choses.

    Lorsqu’une force bouleverse le système, ce dernier lui fait payer très cher le fait de ne plus suivre les règles (iniques, selon où on se place) du jeu.

    Pour les gens pour lequel le sujet intéresse, j’avais écrit un papier il y a peu qui fait écho à celui-ci sur la surveillance et l’obéissance des individus : http://metahuman.fr/2014/11/02/internet-surveillance-et-rapport-a-linformation/

  3. « Le système… Une définition prisée des complotistes »

    Bonjour.
    Outre que « système », n’est pas une définition mais une désignation, je me demande quelle autre substantif ne serait pas de caractère « complotiste », selon l’auteur, pour parler du… système.
    S’il a une réponse, qu’il veuille bien nous la donner.
    Merci d’avance.

  4. « Mais on est encore loin du moment où les êtres humains sauront s’affranchir de leur ego, où ils commenceront par se changer eux-mêmes avant de vouloir changer le monde »

    Cette phrase est intéressante, car elle montre où l’auteur en est dans ses réflexions : il a compris que le « système » (la société telle qu’elle fonctionne) émerge de la somme des comportements individuels, qu’il n’y a pas de « seigneur sith » qui dirige tout ça dans l’ombre.

    Cette phrase montre aussi que l’auteur espère voir changer la nature humaine même, un peu comme les communistes : la nature humaine n’est pas la bonne, on doit la changer… comme si c’était possible. C’est l’illusion de l’esprit libre et rationnel.

    Le système évolue, par construction, vers un équilibre viable, tout comme une solution chimique. Actuellement, l’équilibre viable, c’est notre monde. Si un jour l’équilibre n’est plus viable, le « système » s’effondrera, et un nouveau le remplacera. Mais le nouvel équilibre sera aussi fonction de la nature humaine qui n’aura très probablement pas changée beaucoup d’ici là.

    1. Post intéressant par exemple par la constatation de « comme si c’était possible » (de changer la nature humaine). Sauf que dire que kitetoa est « un peu comme les communistes » est « un peu » sévère (et au passage pas innocent).

      Avez-vous remarqué que la « démocratie » rejette cette notion de nature humaine, justement. La « démocratie » s’appuie sur le peuple, pas sur l’individu, et cela non plus n’est pas innocent.

      En effet le peuple, « par construction » (pour reprendre vos propres termes) écrase l’individu, et cela est une réalité bien connue de tous les politiques et religieux: lorsqu’ils disent « rassemblement », c’est pour faire taire les individus, lesquels doivent se ranger à l’opinion du groupe, et plus le groupe est grand, mieux c’est.

      Or, plus le groupe est grand, plus son barycentre est statique, moins il est susceptible d’évoluer… A moins d’y être obligé par des tremblements de terre successifs. Donc l’ « équilibre viable » dont vous parlez, je le vois plutôt très instable.

      Il y a bien entendu plein de chose à discuter sur ces thèmes, je me contenterai de rester dans le petit cercle que vous tracez en disant qu’Il ne s’agit pas de rejeter la nature humaine, sinon simplement se rendre compte qu’elle est bien plus mobile, multiforme, évolutive, intéressante que le seul et unique pilier rigide constitué par « le peuple » que reconnait la démocratie.

      Or cette mobilité, c’est bien la démocratie, « par construction » qui la refuse : la démocratie a horreur de la nature humaine.

      1. Plutôt d’accord avec vous. Mais pour aller plus loin j’aimerai définir avec plus de précision l’expression « nature humaine ».

        Par là je ne désigne pas la singularité de chaque humain, et d’ailleurs en ce sens aucun « système » ne défend autant la singularité humaine que le notre, occidentaux, autant dans notre économie (le client est roi : peu importe ce qu’il veut, il l’aura s’il paye) que dans notre culture qui valorise énormément l’acceptation/la tolérance de la différence. En ce sens la combinaison libéralisme/démocratie est difficile à battre.

        Par nature humaine je désigne la part très similaire de chacun d’entre nous ; les forces qui nous poussent intérieurement dans une direction qui est presque toujours la même depuis des millénaires et à travers la continents. En vrac et sans chercher à être juste et précis (c’est pour l’exemple) : l’amour pour les proches, la peur et la haine de la différence et du changement, l’instinct grégaire, l’envie de gagner/dominer, l’envie de laisser une trace, l’envie de se prouver qu’on est « spécial ».

        1. Et là nous divergeons amplement. De fait, faire référence à la « nature humaine » était déjà dangereux en soi. L’humain, physiologiquement et psychologiquement est un singe, plus précisément quelque part entre le chimpanzé et le bonobo, mais nettement plus proche du chimpanzé psychologiquement.

          Et pas beaucoup plus évolué dans sa majorité. Selon les psychologues, « tout se joue avant 5 ans »… D’où une question intéressante : que se passe-t-il après 5 ans ? Avec sa réponse décevante : en général pas grand-chose à part la croissance physiologique. A 5 ans, les petits d’humains comment à utiliser la question « pourquoi ?» posée à la maman … Et ne cesseront pour la plupart jamais de le faire. En d’autres termes, ils apprennent à utiliser la tête des autres et continueront de le faire le reste de leur vie.

          Seule une petite minorité apprendra à se servir de sa propre tête, et ce de façon plutôt miraculeuse car aucun système d’éducation publique ne le leur aura enseigné (et être dans les « premiers de la classe » ne prouve en rien qu’on se comporte en humain).

          Nature humaine est donc pour moi une notion fourre-tout peu convaincante. Etre humain c’est avant tout se servir de SA tête, ce qui demande un effort presque contre nature. C’est à cela que devrait se dédier l’éducation et ce n’est pas le cas.

          Je dis tout ça avec d’autant moins de vergogne qu’avec mon patronyme et ma tronche de métèque, je peux être considéré comme un mangeur de banane, fruit délicieux qui prend une saveur particulière avec l’éclairage que je viens de donner.

          Les captcha diaboliques de Reflets nous y aident :
          ? – deux = 1, je l’aurai !

  5. Très intéressant cet article.

    La réflexion de Mario Conde rejoint le fameux « Cens caché » dont parle Daniel Gaxie, professeur de sciences politique à Paris 1 Sorbonne. Selon lui, derrière le filtre apparent de procédures respectant scrupuleusement les principes d’égalité, existe en réalité un concept, lequel à fonction de conserver les pouvoirs au profit de certaines couches de la société.

    Depuis 1792, on nous abuse en chantant sans cesse les louanges d’une démocratie que personne ne se risquerait pas à pratiquer…

  6. @kitetoa

    Bonjour,
    Merci pour l’article.
    Le bouquin de Mario Conde, « Le système. Mon expérience du pouvoir », est disponible en espagnol (sur Amazon.es par exemple) mais je n’ai rien trouvé en français ou en anglais (neuf ou occasion).
    Le livre a été traduit ?
    Lou

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