François Hollande et Manuel Valls sur les pas de Zine Ben Ali, Mouammar Kadhafi ou Bachar al-Assad

ciottiIls se compteront sur les doigts d’une main, les députés ou sénateurs qui s’opposeront au projet de Loi sur le renseignement, ce projet qui légalise tout ce qui était réalisé illégalement par les services jusqu’ici, selon les mots des partisans de ce texte. Bien entendu, ce simple aveu devrait faire dresser les cheveux sur la tête de nos parlementaires. Mais non… Mieux, ils vont voter un texte voulu par François Hollande et Manuel Valls et qui pousse la France sur les pas de Zine Ben Ali, Mouammar Kadhafi ou Bachar al-Assad.

Non, Reflets n’est pas un repère de barbus (pas que…) déconnectés de la réalité, ne prenant pas la mesure du danger monstrueux qui nous menace (le terrorisme). Non. Si nous affirmons cela, c’est que justement, nous avons vu de très près ce que les anciens dictateurs avaient mis en place sur leur bout d’Internet.

Le projet de Loi sur le renseignement va permettre de détecter des « comportements à risque ». Comme l’a fort bien démontré ici même Laurent Chemla, cela ne permettra pas d’éviter un attentat, mais cela fonctionnera pour bien d’autres choses, nous allons y revenir dans un prochain article. Pour détecter lesdits comportements, il faut des algorithmes, mais aussi du deep packet inspection dédié à la surveillance massive. En d’autres termes, pour que les algorithmes puissent algorithmer « efficacement », il leur faut du carburant. Et ce carburant, ce sont les données personnelles, les correspondances privées, les surfs des internautes français. Il faut donc capter en masse les images de bites des Français.

Tout cela, c’est exactement ce qu’ont fait Zine Ben Ali, Mouammar Kadhafi ou Bachar al-Assad, de doux démocrates qui auraient pu donner des leçons à la France sur les méthodes de surveillance massive des internautes.

Eh oui, la France va se lancer dans la même procédure d’écoute généralisée, avec probablement les mêmes outils, bêta-testés dans les pays de ces dictateurs.

Voilà qui devrait aussi faire dresser les cheveux sur la tête des parlementaires français.

Mais non.

On vous le redit, c’est pour lutter contre le terrorisme. C’est une bonne excuse non ?

Et c’est tellement vrai, que la même excuse était brandie pour la mise en place de ces outils dans les démocraties riantes de la Libye de Kadhafi, de la Syrie de Bachar al-Assad ou la Tunisie de Zine Ben Ali.

La preuve ? Cette interview du commercial en chef de chez Amesys qui explique doctement comment ses outils devaient permettre à Kadhafi de lutter contre les fameux terroristes et… les pédophiles (ça c’est cadeau de la maison).

Ce qui est certain, c’est qu’à défaut de détecter des terroristes sur Internet (ça n’a pas marché aux Etats-Unis et cela ne marchera pas plus en France), ces outils vont permettre de tuer un peu plus ce qui restait de démocratie. C’est à la fois un pistolet avec un énorme canon et des munitions en pagaille que s’offrent François Hollande et Manuel Valls, mais un pistolet qui a un défaut. Il tire dans le pied à un moment ou à un autre. Mais c’est une autre histoire sur laquelle nous reviendrons dans un prochain article.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).