Pourquoi la surveillance de masse induite par la loi sur le renseignement n’empêchera aucun attentat.

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(très très librement traduit de l’article de Bruce Schneier http://digg.com/2015/why-mass-surveillance-cant-wont-and-never-has-stopped-a-terrorist)

Un des arguments les plus entendus de la bouche des défenseurs de cette loi est « si nous ne la votons pas, nous serons responsables du prochain attentat ». Autrement dit « vous autres, opposants, vous faites les complices du terrorisme ».

L’argument porte, comme tous les arguments bassement populistes qui parlent aux tripes plutôt qu’à la cervelle.

Il est faux, et voici pourquoi.

Le texte prévoit de repérer des « signaux faibles », en comparant (via un algorithme tenu secret) les activités en ligne de terroristes connus avec l’activité quotidienne de l’ensemble de la population. On espère repérer ainsi ceux qui se cachent dans la masse. C’est – donc – de la surveillance de masse, mais comme (en théorie) l’algorithme n’indiquera que de potentiels terroristes, le gouvernement prétend que ce n’en est pas.

C’est comme de dire que les surveillants de nos prisons ne surveillent que les prisonniers qui déclenchent une émeute (puisque seuls ces derniers seront punis): un mensonge total.

Mais, là encore, à première vue ça semble cohérent, si on considère que tout est acceptable quand on entend lutter contre le terrorisme.

Sauf que ça ne marchera pas.

Le comportement des terroristes avant un attentat, que ce soit en ligne ou pas, est relativement facile à retracer après. C’est la raison pour laquelle les services de renseignement se retrouvent toujours sur la sellette: « il auraient dû pouvoir le prévoir, c’était évident ». Nassim Taleb, un expert en gestion du risque, appelle ça « la tendance à l’erreur narrative »: les humains aiment se raconter des histoires, et les histoires sont toujours beaucoup plus propres, prédictibles et cohérentes que la réalité.

La réalité, elle, c’est qu’aux États-Unis (qui ont voté le même genre de loi après le 11 septembre) il y a 680000 noms sur la liste de surveillance du FBI, parce que les humains ont une tendance naturelle à se comporter de façon assez étrange pour attirer l’attention d’un surveillant.

Rapporté à la population française, ce seraient environ 128000 personnes à surveiller. Quand on sait qu’il faut 20 policiers pour surveiller une personne 24/24h, il ne reste plus qu’à en embaucher 2,5 millions et résoudre le problème du chômage en même temps.

Bien sûr, un algorithme peut être mieux calibré qu’un humain: après tout Google arrive bien à tout savoir de chacun de nous, et Amazon est capable de prédire quel article nous voulons acheter. Mais 3 éléments font que ces techniques ne peuvent pas s’appliquer à la recherche des terroristes.

Le premier, et le principal, c’est le taux d’erreur. Si Amazon se trompe en nous conseillant un livre, ou si Google nous affiche une publicité sans rapport avec nos préoccupations, ça n’a aucune importance. Ça ne coûte rien à personne. Mais si l’algorithme se trompe croyant identifier un terroriste, il faudra des humains pour s’en occuper: personne ne comprendrait, après coup, que le poseur de bombe avait été repéré par la « boite noire » sans que personne ne s’en soit occupé.

Il faudra une enquête longue et fastidieuse pour s’assurer, avec une certitude totale, que la personne identifiée ne présente aucun risque. Une enquête qui mobilisera des hommes et des moyens qui ne seront pas utilisés pour à d’autres tâches, plus utiles. Chaque alerte venant du système nous fera dépenser du temps et de l’argent.

Cet algorithme là n’aura pas le droit à l’erreur: il faudra le calibrer de façon à être sûr qu’il ne relèvera que des risques réels.

Et c’est précisément ce que le deuxième élément rend impossible: chaque attaque terroriste est unique. Qui aurait pû prévoir l’attaque de Charlie ? Qui aurait pû prévoir que deux cocottes-minutes explosives étaient dans les sacs à dos d’un collégien et de son grand-frêre au marathon de Boston ? C’est justement parce que ces attentats sont inimaginables qu’ils nous choquent tant: tout l’objectif d’un terroriste, c’est d’agir de façon tellement démente que nous ne savons plus à quoi nous attendre. Ils ne reproduisent jamais les mêmes comportements.

Chaque nouveau cas ne fera qu’introduire dans l’algorithme des comportements qui ne seront jamais reproduits, et augmentera le taux d’erreur, exactement comme Amazon se met à vous proposer n’importe quoi après que vous avez passé une commande pour votre petite soeur.

Le troisième et dernier élement, c’est qu’évidemment les apprentis terroristes se cachent. Le client d’Amazon et l’utilisateur de Google agissent en pleine lumière. Ça n’a aucune importance pour Google si vous protégez votre vie privée en ligne: il vous ignorera, voilà tout. Le monde du commerce n’a que faire de ceux qui veulent s’en protéger, ce qui est exactement l’inverse de ce qui se passe dans un contexte de sécurité nationale.

L’algorithme, en surveillant tout le monde, ne surveillera que ceux qui ne s’en cacheront pas. Et les rares terroristes réels qu’il repèrera seront ceux qui auront commis tellement d’erreurs qu’ils l’auraient été tout aussi bien par une surveillance ciblée.

Aucun de ces trois éléments ne peut être corrigé: l’exploitation des données personnelle n’est tout simplement pas le bon outil pour ce boulot, ce qui signifie que la surveillance de masse qu’elle implique, et la perte de liberté afférente, n’ont aucune justification.

Malgré les milliards de dollars dépensés par la NSA dans le même type de solutions, l’attentat de Boston n’a pas pû être évité. L’un de ses auteurs était pourtant sur la liste de surveillance, tous les éléments étaient là, mais noyés dans une telle masse d’informations que ça n’a servi à rien. Le fait de demander la légalisation d’outils qui ne feront que fournir encore plus d’informations ne peut, à l’évidence, que rendre la tâche encore plus difficile.

Le pire, donc, dans tout ceci, c’est que tout l’argent et les moyens dépensés en vain, toutes les atteintes aux libertés publique que cette surveillance de masse implique, ne servent à rien d’autre qu’à nous exposer d’avantage.

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42 thoughts on “Pourquoi la surveillance de masse induite par la loi sur le renseignement n’empêchera aucun attentat.”

  1. Alors là merci beaucoup ! :) J’étais en train d’essayer de rédiger un mot pour mon député en utilisant entre autres cet argument de l’inefficacité et la comparaison avec les algos de pub qui est vraiment parlante pour moi mais en tant que noobe j’avais peur de dire n’importe quoi. Je comptais argumenter sur le peu de pertinence des pubs contextuelles même quand on surfe sans aucune précaution et même dans gmail histoire de lutter contre les fantasmes de l’ordinateur tout puissant (en illustrant avec 2-3 exemples fun). Et souligner que si c’était efficace le prix de ces pubs ne serait pas si catastrophiquement bas alors que derrière il y a toute la puissance de feu de Google et des publicitaires du monde entier.
    Un autre argument c’était qu’on nous vendait des algos auto apprenants mais que vu le petit nombre d’évènements passés et j’espère à venir je voyais pas bien comment ils allaient apprendre à court-moyen terme à moins de comportements très distinctifs. Auquel cas une enquête ciblée sur les contacts directs de suspects était suffisant en utilisant les enseignements qu’on a déjà pu avoir des habitudes de surf des gens déjà arrêtés. Mais là je suis pas trop sûre que c’est recevable, est-ce que ça l’est ?
    Et comment lui « vendre » l’inefficacité à court terme tout en lui disant que sur le principe et en pratique à l’avenir c’est dangereux ? Après n’enchaîne sur la partie « surfer sans savoir sur quels critères on est jugé », est-ce que c’est suffisant ?

  2. Une simple démonstration mathématique en utilisant le Théorème de Bayles montre à quel point le filtrage de masse ne fonctionnera pas.
    Cas d’école repompé sur Econoclaste ( http://econoclaste.org.free.fr/econoclaste/?p=6480 )
    Soient :
    * un taux de terroristes de 1 pour 1000 (ce qui est énorme, ça ferait 65 000 terroristes en France)
    * un test sûr à 99% (quand on suspecte un terroriste on a raison dans 99% des cas, quand on trouve que ce n’est pas un terroriste on a raison dans 99% des cas, et donc dans 1% des cas on blanchit un terroriste) ce qui est énorme en sciences du comportement.
    Quand on trouve un suspect on a seulement 9% de chance que ce soit un terroriste, et donc 91% de chances de tomber sur un innocent.
    Avec des chiffres plus réaliste (taux de terroristes 1/100 000 soit un peu moins de 700 terroristes en France, test sûr à 75%) on tombe à 0,003% de suspects qui sont effectivement des terroristes. Et donc 99,997% d’innocents.

    Les mathématiques sont implacables, ça ne sert à rien, à part mettre en place les outils dont rêvent toutes les dictatures.

    1. J’ai lu quelque part que le ministère de l’intérieur (ou était-ce celui de la défense), reconnaissait qu’ils auraient besoin de scientifiques, d’ingénieurs (et autre racaille… Pardon, je m’égare) pour améliorer les algos en question.

      Pour aller fouiller la vie privée de tout le monde, t’as ka croire fut ma première réaction. Et c’est effectivement le problème auquel est confronté la NSA, qui a quelques longueurs d’avance dans cette course à la connerie.

      Merci pour votre calcul que dans l’énervement je n’avais pas fait… Mais j’ai des doutes sur leurs capacités à comprendre : les maths, c’est juste pour obtenir des postes à haut niveau, après on les oublie (et puis cela ne rentre pas dans le képi).

  3. Oui mais :
    – c’est sympa de critiquer mais quelles sont les propositions alternative ?
    – c’est faux de dire que chaque attaque est différente. a) dans les pays comme l’Irak les attaques se ressemblent beaucoup et sont prévisibles b) même dans l’ouest les terroristes font face à des contraintes (eg se procurer armes financement etc), quelle que soit leur idéologie
    -on ne peut pas dire qu’un système ne marche pas parce qu’il y a eu une attaque, on ne sait pas combien ont été évitées…

    1. -il vaut mieux critiquer ce texte pour éviter qu’il passe au regard des menaces qu’il contient. De plus, sans officier pour traiter l’information, la NSA n’a pas su empêcher l’attenta de Boston

      – a) c’est pour cela que l’Irak est un modèle de paix et de sécurité que le monde entier jalouse et d’où les USA ont retiré leurs troupes.
      b) genre ils rencontrent de terribles difficultés à trouver de l’armement dans nos cités… Avec l’argent du Quatar notamment.

      – on sait par la NSA que l’écoute massive n’a empeché aucun attentat ( http://www.washingtonsblog.com/2013/10/nsa-spying-did-not-result-in-one-stopped-terrorist-plot-and-the-government-actually-did-spy-on-the-bad-guys-before-911.html )

      Donc, commencez un peu par vous informer plutôt que de balancer des lieux communs parfaitement oiseux…

  4. Sachant que des sciences (du comportement, mathématiques) te disent que la technique ne donnera que des résultats, au mieux, douteux. Tu valides la disparition de la vie privée en ligne de tous les citoyens d’un pays…
    T’as appris la démocratie en URSS ?

  5. C’est bien de critiquer en permanence, mais ou sont vos solutions ?
    Pour attraper des gens bourré sur les routes il faut en contrôler plusieurs. Si si je vous jures c’est pas une voiture, un bourré.
    Perso que l’etat sache que je vais sur des sites de cul ou acheter des barbies sur amazon je m’en carre complet

    1. Une des solutions est de ne pas implémenter des méthodes qui sont, de base, inefficaces.
      Faire quelque chose qui ne sert à rien juste pour faire croire que quelque chose est fait n’est rien d’autre qu’une manip’ politique. Rien a voir avec l’empêchement d’un quelconque «  » »terrorisme » » ».

      Augmenter les effectifs humain de nos renseignement pour permettre l’infiltration des groupes terroriste, investir dans les prisons pour essayé de diminuer la radicalisation, démolir les cités-ghetto et surtout investir dans l’éducation. T’en veux des solutions, sert toi !
      Ah mais c’est certain, développer l’esprit critique et la connaissance du plus grand nombre ça ne fait pas de bon consommateurs/électeurs/moutons (rayez, ou pas, les mentions inutiles).
      A toi de voir dans quelle genre de société tu veux vivre.

      1. Non seulement ça, mais on sait pertinemment que l’inculture est un terreau parfait pour les fondamentalismes de tous poils, a fortiori religieux dont la vérité révélée les rends accessibles sans bagages particuliers, le produit a été conçu pour être avalé facilement, m’voyez.

        Or l’inculture, que ce soit ici ou là-bas ou ailleurs, elle est bien la constante du néo-libéralisme, pour les raisons que tu invoques.

        Maintenir tous ces gens dans l’inculture pour assoir son hégémonie, c’est ça le véritable terrorisme, et quand ils mordent la main du maître alors on crie au monstre ; s’il y a des monstres, ils sont dans le miroir.

    2. Moi je vais te donner la solution:
      Lutte contre le harcèlement scolaire plutôt que contre le terrorisme , tu sauveras plus de vie.
      Je parle également du harcèlement des profs socialistes atteint de normopathie (norme « anti-préjugée » comprise).

    3. Rassure moi, tu as comme tout le monde des fenêtres chez toi, et comme 90% des gens, tu y a mis des rideaux? Non?! si c’est le cas, c’est assez curieux pour quelqu’un qui n’a rien à cacher.
      Tout le monde à quelque chose à cacher, si tu avais parcouru Reflets un peu plus, tu y aurai trouvé de bons articles sur le sujet.
      Nous ne sommes pas des terroristes, nous avons simplement une vie »privée » et qui sans être révolutionnaire, ne regarde que nous. Et dans tout ce que tu vis, un jour, un bon nombres d’informations à ton sujet pourraient se retourner contre toi.
      Il faut être naïf pour croire le contraire

    4. C’est interressant ce que tu dis, je vais en parler a ton patron. Ha bien non pas besoin, il trouvera bien une bonne raison de te licencier.
      Et si tu as du mal a retrouver un emploi dans le futur ou rencontre quelques tourments dans le futur, ne cherche pas midi à quatorze heure les causes à tes problèmes.

    1. Idem, ils n’ont pas assez d’argent pour financer leurs loi liberticides, car cet effort est financé par des annulations de crédits de 25 millions d’euros dans le développement et la mobilité durable, de 15 millions dans l’urbanisme et de 100 millions dans la caisse des «dépenses accidentelles et imprévisibles» de l’Etat, qui alimente notamment certains contrats d’embauche aidés par celui-ci, une partie des indemnisations de chômage des intermittents et l’introduction du numérique à l’école.

      Tu n’est pas en démocratie réveille-toi ! Aux urnes tu as le choix entre la peste et le choléra…

    2. Investir dans l’éducation rapporte toujours.
      Par contre investir dans ces mesures c’est fournir la prochaine machine à traquer le délit d’opinion.
      Dans un cas comme dans l’autre c’est une question de temps.
      Choisi la société dans laquelle tu veux vivre. Il parait que l’Iran c’est joli et je n’ai pas entendu qu’il y avait du terrorisme contre leur journaux satirique. Oh wait…

    1. Vous pensez donc qu’un antivirus protège de l’espionnage de la NSA ? Il va falloir s’informer un peu, j’en ai peur…

      (Long story short: un antivirus, même « parfait » c’est-à-dire empêchant tout programme non voulu de tourner sur votre ordinateur, ne peut rien faire face à l’interception du trafic sortant sur le réseau. De plus, un tel antivirus parfait n’existe pas, n’existera jamais, et un antivirus « pas trop imparfait » n’existera jamais sur Windows pour des tas de raisons)

  6. « Quelles sont vos solutions ??? » => Ce n’est pas parce qu’on n’a pas de solution pragmatique ou idéale qu’il faut se satisfaire des pseudo solutions actuelles dont on peut démontrer que leurs avantages sont à peu près nuls et leurs inconvénients gigantesques.

    D’autre part, les solutions actuelles ont en plus du grand inconvénient de mettre la notion de vie privée à la poubelle, d’obliger les terroristes à modifier leurs comportements de telles façons que les techniques de surveillance auront toujours un temps de retard (l’exemple de la surveillance du dopage dans le cyclisme est parfaite en ce sens…).

    Bref, oui, les techniques actuelles vont empêcher quelques attentats qui auraient dû se produire si rien ne changeait, mais comme tout va changer (et la surveillance et la montée en puissance et connaissance des terroristes), on va en empêcher finalement un peu moins d’attentat (qui aurait du se produire) et en permettre beaucoup plus (grâce au fait qu’on leur a obligé de chiffrer leur communication avec un beaucoup plus haut niveau par exemple). (pour reprendre ma parabole cycliste : comme on sait à peu près détecter l’EPO chez les cyclistes, ceux se tournent vers les modifications génétiques : bref, il y a toujours du dopage, alors qu’on pensait le chasser rien qu’en surveillant l’EPO).

  7. Le député Jérôme Lambert a tenu les mêmes propos (éléments de langage bien appris) :

    « Si la loi ne passe pas et que des terroristes frappent alors que des moyens de surveillance qui auraient pu les démasquer n’ont pas pu être mis à l’œuvre…vous vous en laverez les mains… C’est toute la différence entre vous et moi : vous n’êtes responsable de rien et je vous laisse à vos considérations pseudo moralistes.  »

    Lire son échange avec Merome. C’est édifiant !

    http://merome.net/blog/index.php?post/2015/04/05/d%C3%A9put%C3%A9sd%C3%A9pass%C3%A9s

  8. En fait, j’ai l’impression que si ça ne marche pas en tant que machine à capturer les terroristes potentiels, ça pourrait très bien marcher en tant que machine à empêcher toute contestation sociale de l’ordre dominant… Et là, la vie privée, ça devient extrêmement important… Et sa surveillance extensive, extrêmement utile… Pour les dominants !
    Parce que comme le montrait Foucault (pas Jean-Pierre, l’autre ;), quand on se sait surveillé, on modifie ses comportements en fonction de ce qu’on sait ou pense savoir de ce qui est attendu par le surveillant…
    Donc pas besoin d’embauche, de budget, de réalité de l’efficacité de la capture de « vrais » terroristes… Puisque seul l’effet de présence du dispositif est dissuasif en soi (avec un peu de publicité autour quand même, genre « attention vous êtes filmé » écrit sur un panneau…
    Donc efficacité potentielle maximale pour cette loi : légalisation du dispositif, ET publicité dudit dispositif… Du bon usage social du panoptique généralisé !

    1. C’est surtout que le coût de tout cet esbrouffe sera à la charge du contribuable, payer pour en subir les conséquences et se retrouver comme une particule observée ou pas sans cesse par des super flics heinsenbergiens, ça va mener au mieux à rien, au pire au grand n’importe quoi dans les comportements et autres pétages de plombs – car après tout, les pilotes de lignes peuvent faire plus de victimes qu’une direction de charlie en une fois et ne sont absolument pas dans les petits papiers des renseignements.

      C’est un business et ça marche. Pourquoi ils s’arrêteraient ?

    2. Je ne comprends pas: si ça ne marche pas pour les terroristes, pourquoi ça marcherait pour les contestataires?
      Les terroristes sont des individus qui, dans un premier temps, font de la contestation sociale.
      Du coup, si cette mesure tue la contestation sociale, elle aura un effet sur la percolation du terrorisme (reste à savoir si par contre ça aura un impact positif sur la sécurité, ce qui n’est pas évident).

        1. Les futurs terroristes non plus.
          Comme je l’ai dit, les futurs terroristes sont _dans un premier temps_ contestataires.
          C’est là où je trouve que les arguments contre cette loi sont un peu faibles (alors que je suis également opposé à cette loi): la vision du terrorisme est réductrice, en se basant uniquement sur le noyau dur et oubliant l’existence de la nébuleuse.

          Par exemple, je suis 100% d’accord sur le fait que cette surveillance ne déjouera pas un attentat mis en place (ce qui est le sujet de cet article).
          Par contre, je suis plus réservé sur le fait que cette surveillance peut:
          1) permettre après coup une meilleure compréhension de ce qui s’est passé et de mieux démanteler le réseau.
          2) avoir un impact sur la façon dont le recrutement s’opère (et là, difficile de savoir si c’est en mieux ou en pire)

          Je pense que ça n’en vaut pas la chandelle, mais je comprends que d’autres aient une autre opinion.

          1. Ben non les futurs terroristes ne sont pas forcément ouvertement contestataires dans le sens où quand le système bride la contestation, le seul moyen qui reste d’exprimer son désaccord c’est le terrorisme. Cette loi va donc augmenter le terrorisme puisque certains contestataires modérés risquent de devenir des terroristes à cause de leur liberté bridée. Autre point: dans un état démocratique j’écrirais une thèse sur le sujet avec plaisir, là je sais juste que ma remarque va me mettre dans la liste des gens fichés juste parce que je suis contre cette loi… mais j’en ai plus qu’assez de surveiller tout ce que je dis de peur d’être fiché(e) alors je ne me tais plus. C’est grave ce qui se passe! Mobilisez vous avant qu’il ne soit trop tard!

          2. @ Anonyme:
            Vous parlez là des effets sur la percolation du terrorisme.
            Comme je l’ai dit dans mes deux messages, évaluer les conséquences est loin d’être trivial.
            On a des effets négatifs, tels que ceux que vous soulignez, mais également des effets positifs: vu que les comportements flous sont interdit, il n’y a plus de « comportement flou de la part de gens qui passent là par hasard », la propagande devient plus difficile, plus dangereuse et plus visible, le nombre de faux positif diminue également.

            Quant à l’auto-censure, c’est de nouveau contradictoire:
            on prétend d’un côté qu’il y a tout ce qu’il faut IRL pour identifier les terroristes. Dans ce cas, il y a tout ce qu’il faut pour vous identifier aussi en tant que contestataires.
            Si maintenant vous dites que vous n’êtes contestataires que sur internet, ou qu’internet permet de diffuser plus efficacement l’information, dans ce cas, c’est pareil pour l’extrémisme.

  9. Un extrait d’un article de framablog qui explique l' »intérêt » de la surveillance de masse :
    « Autrement dit, l’espionnage généralisé n’attrape pas les terroristes, mais il rapporte gros aux sous-traitants de l’armée et aux opérateurs telecom. Dans la surveillance de masse, politique et modèle économique vont de pair. »

    Source : http://framablog.org/2015/04/07/surveillance-nest-pas-synonyme-de-securite/

  10. Le gouvernement n’a pas à connaître nos vies privées, point barre.

    Y a rien à discuter là-dessus. Ma vie privée doit le rester, les vôtres aussi, et celles de nos élus aussi. C’est aussi simple que ça.

    Maintenant, pour régler le terrorisme :

    1. en rechercher les causes initiales (qui a fait quoi, pourquoi, dans quel but, qui les a financés, qu’est-ce qui a bien pu provoquer toute cette rage et cette envie de vengeance en eux… etc etc)

    2. renforcer les équipes et les outils de ceux qui enquêtent sur ces réseaux, les tueurs des dessinateurs étaient connus de nos services, nos services sont donc déjà efficaces pour repérer les tueurs, pas besoin de zèle supplémentaire, si ce n’est d’accorder aux équipes qui travaillent sur ces sujets plus de moyens (humains et matériels)

    Comme vous pouvez le constater, la loi qu’on veut nous faire avaler ne contient même pas ces deux mesures, pourtant pleines de bon sens ! Mais plein de mesures de flicages bidon pour préserver la sécurité d’on ne sait qui, les intérêts privés d’on ne sait quoi…

    Bref, y a pas à pinailler là-dessus non plus, fliquer tout le monde c’est faire du terrorisme d’État, ça appartient à la dictature et aux régimes totalitaires. Alors maintenant, la question pour chacun est la suivante :

    Voulez-vous vivre dans un régime totalitaire ?

    Si oui, déménagez donc ailleurs ! Et laissez-moi vivre dans un pays libre, avec ma vie privée préservée.

    (cette question est également valable pour nos élus et nos députés, s’ils veulent du totalitaire, qu’ils quittent ce pays)

  11. D’ailleurs, je propose qu’on mette en place une caisse de cotisation, pour payer leurs billets d’avion à tous ces nostalgiques de l’URSS et de la Stasi. Y en reste plein des régimes totalitaires dans le monde, ils auront le choix.

  12. Quelque part, je pense que c’est une erreur de croire que la mise en place de ces outils une fois les lois promulguées vont créer des problèmes de surveillance de masse etc …

    Je pense que ces boites noires sont déjà en place depuis longtemps, et que ces lois qui sortent à la va vite servent à légaliser les pratiques des services de renseignement avant qu’un lanceur d’alerte ne balance un pavé dans la mare.

    ca n’enlève en rien de la dangerosité ACTUELLE du dispositif … c’est juste du baratin législatif pour se couvrir, parce que la merde se rapproche très vite du ventilateur.

    1. Oui, comme Facebook qui vient de changer sa charte au début de l’année pour que les informations postées par les utilisateurs lui appartiennent légalement… ça change rien, ça enlève juste le droit de faire un procès. Justice, Liberté, Démocratie, … Quels jolis mots! Si seulement ça existait…

  13. Il m’a été instructif de lire votre démonstation, je la trouve convaincante, merci.

    Un autre aspect me questionne, m’inquiète: quand le parti raciste qui prétend avec succès rassembler la souffrance des humbles arrivera au pouvoir (demain ou après-demain) parce que les autistes au pouvoir sont sur d’avoir toujours raison et sont sourd, ils n’auront plus à voter de loi liberticides pour passer à l’action puisque ce gouvernement aura préparer le travail.
    La démocratie (oui d’accord, c’est déjà un abus de language) dans laquelle nous vivons n’a absolument rien de définitif comme d’aucun le feignent et, quand on propose une loi, les législateurs ne devraient-ils pas aussi se préoccuper de la façon dont elle pourra être utilisée ?

  14. Nikel.

    Par contre, juste, faudrait arrêter d’utiliser les mots a la mode des cons dans les médias, en vrai on parle donc de démagogie, pas de populisme, populisme ca veut rien dire. (a part que le peuple c’est con et mal généralement dans la bouche de ceux qui l’utilisent)

  15. Nous sommes pris dans une spirale infernale qui ne date pas d’hier.

    Le plus attristant dans ces logiques, c’est de persister dans l’erreur.

    Peu importe si cela est volontairement imposé ou inconsciemment subit.

    Le résultat est d’une laideur effroyable qui s’auto-alimente.

    Nous empilons les lois dans un non-sens édifiant et nous faisons mine de ne pas comprendre pourquoi nous en sommes là.

    Stop, basta, si tu cultives de la merde, tu bouffes de la merde et tu produits toujours plus de merde et tu en chies toujours plus…

    Faut peut-être un dessin pour les politiques ? Sans blague, ils font encore semblant de ne pas comprendre ! Ex: se suicider après 67 ans de bon et loyaux services envers ses amis, un cumulo-dépressif préfère la mort que l’aveu. Et ne parlons pas de déshonneur, ils sont tous sans scrupules…

    Soit nous cultivons le meilleur en supprimant systématiquement toutes les causes de dysfonctionnements en mettant hors d’état de nuire les prédateurs en tous genres (il n’y a pas que les politiques, hélas…), créant un cercle vertueux, soit nous apprenons à bouffer, digérer et chier de la merde toute notre vie.

    Sur quelle pente sommes-nous actuellement ? bravo, les choses vont donc continuer à se dégrader.

    Les réseaux fonctionnent trop bien, et comme les langages, c’est la base du développement humain…

    Beaucoup trop juteux pour passer à côté ! Beaucoup trop jouissif pour laisser cela à des chevelus barbus qui bidouillent dans leur garage.

    Nous allons donc vers de graves dysfonctionnements, et les alertes n’y changeront rien. Nous parlons dans le vide… depuis The Dadvsi code pour ma part. C’est ballot, en espérant que la longue traîne poursuive ses effets…

    Pour l’instant, tout va bien.

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