Deep Packet Inspection : dropus packetus horribilis #eG8

hijackingQuand le Deep Packet Inspection, dans le cadre de l’utilisation faite par un fournisseur d’accès à Internet, dépasse le strict cadre du bon fonctionnement de son réseau, on peu affirmer que l’opérateur se rend coupable d’une atteinte à la neutralité du Net. Il s’agit d’une discrimination, et comme il ne l’assume pas, il va vous trouver un « gogogadgeto argument», dont le plus connu est « il n’y a plus de bande passante« , suivi de « l’Internet est plat, si on continue on va tomber  dans la matrice », pour finir sur « ces octets sont moins légaux que les nôtres ». Le concept est quand même un peu éculé.

Entendre les incantations chamaniques (« donnez moi plus de brouzoufs »,) d’un Stéphane Richard, dans un panel « société » au eG8, c’est drôle 30 secondes. Passé le cap de la vanne de geek, on prendra le temps d’expliquer haut et fort les mensonges de ce dernier lorsqu’il vous explique que le Net est saturé.

En France, les fournisseurs d’accès ne s’adonnent pas de manière franche à l’utilisation des technologies de Deep Packet Inspection. Ils ne vous le diront pas publiquement, ce n’est pas prévu contractuellement qu’un FAI réinitialise votre connexion parce que vous lui coûtez trop cher en bande passante. Son service marketing vous a vendu de l’illimité, il faut donc que vous ayez l’illusion d’être illimités. Sinon, vous n’êtes pas contents et salauds que sont les internautes, ils le disent, ils le tweetent, ils le superpokent, ils vous le balancent à la tronche en plein chatroullette !

Évidemment, quand on sait comment fonctionne un fournisseur d’accès, quand on connait un peu la pratique des accords de peering, les volumes de données échangées entre opérateurs et ceux, croissants, qui doivent passer par des CDN qui coûtent un bras ou des opérateurs de transit qui en coûtent deux… on se doute bien que le Deep Packet Inspection pour des raisons bien économiques, ça existe.

Par exemple, chez un certain câblo opérateur français, on ne « filtre » pas, on ne « bloque » pas (trop voyant), on « traffic shape ».

Le traffic shaping c’est tout et n’importe quoi, c’est surtout pour certains la formule novlang pour vous dire « achetez ma VOD ».

En pratique, quand on vous « traffic shape », c’est souvent quand vous lancez un téléchargement sur un site très connu de direct download dont l’infrastructure se situe principalement aux Pays-Bas et aux USA. Quand votre clic appelle un contenu situé dans la partie européenne du site, pas de problème, ça « download à fond les ballons ».

Si par malheur votre requête appelle un contenu outre atlantique, votre opérateur vous offre un débit ridicule, et dans certains cas, se paye même le luxe de vous envoyer un petit « RST »… et on ne m’ôtera pas de l’idée que si la pratique de l’injection de paquet RST n’est pas adoptée par tous les fournisseurs d’accès français, tous laissent bien volontairement certains liens se dégrader pour des raisons économiques. Les outils de Deep Packet Inspection qui « traffic shapent », c’est vraiment prendre les internautes pour des imbéciles.

Heureusement que l’impayable Stéphane Richard nous explique tout clairement : « c’est parce que les octets américains sont moins légaux que les autres« .

Twitter Facebook Google Plus email


1 thought on “Deep Packet Inspection : dropus packetus horribilis #eG8”

  1. J’avoue que je ne suis pas un expert sur le fonctionnement des FAI (comment ont deal mes données quand je consulte tel ou tel site surtout) et avant de lire des blogs comme ici ou là, j’ignorais tout simplement ce qu’était les accords de pearing et autre coût des fibres sous-marines.
    Pour moi, un FAI c’était une entreprise qui posait des fibres optiques, des routeurs, des cartes dans des DSLAMs et qui « gérait » le réseau (serveur DNS, mail, etc …).

    Maintenant je vais faire mon avocat du diable (il en faut bien hein :P) mais je peux comprendre que certaines connexion soit « réduite » en débit si effectivement elle coûte plus chère à l’opérateur ou que cela agace un peu un FAI de payer X (fournisseur de la bande passante de YouTube) et que Y (youtube dans notre cas) gagne de l’argent avec ce débit.
    Du point de vue du FAI, cela donne l’impression d’un deal « perdant/perdant », mais cela donne aussi une impossibilité de prévoir un prix pour un abonnement internet.

    En poussant la réflexion plus loin, n’a ont pas un risque en critiquant absolument la gestion de réseau (le réseau doit être neutre, aucun contrôle de rien du tout) de voir les abonnements évoluer vers un paiement « au débit » avec une facture détaillé comme en téléphonie mobile (tant vers les US, tant en mail, tant en FTP, tant en accès externe sur votre serveur « home ») ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *