De l’écœurement, du journalisme et de la vie en général…

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Il n’est pas si simple de continuer d’écrire. Surtout quand on écrit « avec ses tripes ». Peut-être parce que ce que l’on écrit nous semble — à tort ou à raison — important, ou tout du moins, intéressant. C’est une démarche présomptueuse, et je suis le premier à l’admettre. Mais avec les années, le temps qui passe, l’écriture devient quelque chose d’autre qu’une simple expression égotique, peut-être une forme de deuxième nature, un « truc » qui vient aussi facilement que respirer, boire ou déféquer. Allons savoir…

Ce billet — qui n’est pas un article [laissons les professionnels du décryptage de la chose informationnelle se débrouiller avec cette nuance] — est là pour déclarer une impuissance : celle de celui-qui-écrit. Le journaliste ? Possible. Probable. L’auteur aussi. L’individu, sûrement. Parce que pour la définition de ce qu’est véritablement un « journaliste » (et non pas le journalisme), il faut de multiples réflexions et aller-retours avec le réel. Et l’éthique. Et ce n’est pas gagné. Ce billet est écrit en écho à l’article de Kitetoa. Suivez le guide.

Je suis écœuré (et pas Charlie)

Oui, je suis écœuré, par de nombreuses choses, et ce, depuis peu. Avant, je luttais contre l’écœurement, parce que j’avais [certainement] espoir, et puis parce que je pensais que toutes les bornes n ‘étaient pas encore franchies, et qu’il était donc encore possible de sauver « quelque chose ». Aujourd’hui je ne ne crois plus que cette société puisse donner quoi que ce soit de bon. Au contraire. Le pire est à venir, à mon sens. Et il est déjà en partie là, ce pire…

Nous sommes libres et égaux en droit, parait-il. C’est inscrit dans notre constitution. Une phrase fondatrice. Qui nous lie. Nous relie. Et aujourd’hui, ce n’est plus le cas, ni de manière déguisée, ni de façon formelle. Un gouvernement, socialiste, a décidé de briser ce fondement, accompagné par une population qui a décidé de détester tout ce qui constituait la société qui lui a permis d’évoluer. La détestation française des réfugiés de Syrie et d’Irak est un premier marqueur. Elle souligne un passage. Une nouvelle forme de « vivre ensemble ». France, terre d’asile : mon cul.

Ont-ils oublié, tous ces peignes-culs vaillants patriotes et citoyens français qui s’inquiètent des étrangers arabes — qui fuient les bombes financées par leurs impôts — ce que leurs grands parents ou arrières grands-parents ont vécu il y a plus de 70 ans ? Savent-ils que, ce qui constitue la grandeur de leur nation — qu’ils portent aux nues — est justement cette capacité à accueillir les démunis au lieu de rejeter l’autre ?

Pauvre France. Pauvres Français.

Le journalisme, ce truc génial, mais…

Chercher à comprendre le monde, et le raconter est… passionnant. C’est le fondement du journalisme. Raconter le monde.

Mais que se passe-t-il quand le monde devient totalement flou, incohérent, contradictoire, mensonger, corrompu, et rentre dans une sorte de folie froide et belliqueuse ? Il se retourne contre celui qui tente de le décrire, de le comprendre. Il devient un ennemi. A fuir.

Je n’ai pas toujours été journaliste. Même si j’en ai fait longtemps sans le savoir. Et arrivé à un certain âge, grâce entre autres à la rencontre avec les fondateurs de Reflets, cette activité professionnelle m’a beaucoup enrichi. Pas pécuniairement, loin s’en faut, puisque gagner sa vie comme informaticien est largement plus confortable que de détenir une carte de presse et parvenir à la « gagner » décemment, cette vie.

L’enrichissement que procure le journalisme est humain : échanges, rencontres, partages : cette profession force (normalement) à se frayer un chemin à travers les méandres du monde des hommes et des femmes. Mais il arrive un moment où vous doutez. De votre capacité. De celle des autres. Du sens.

Le journalisme devient alors un parent pauvre de la distraction de masse que les sociétés modernes ont érigé en modèle collectif. A quoi bon participer à cette vaste mascarade où au final, chacun ne fait qu’une seule chose : se distraire pour oublier le triste sort réservé à la société humaine dans laquelle il est plongé ?

Contrer la dystopie…

Le plus troublant aujourd’hui est certainement l’émergence d’une dystopie concrète et durable. L’une des formes de contre-utopie sociétale décrite dans de nombreux ouvrage d’anticipation du XXème siècle s’est installée. Doucement, sans beaucoup de bruit, par étapes successives en prenant son temps. Les technologies y sont centrales : nano-technologies, miniaturisation informatique, déploiement massif des réseaux, accroissement des capacités de calculs et de stockage… Toutes ces avancées technologiques sont les piliers de la société totalitaire du contrôle et de l’asservissement des masses qui a débuté, et se déploie sous nos regards… blasés

Le procès intenté par le groupe Boloré à Bastamag, Rue 89 et quatre blogueurs est symptomatique de la dystopie actuelle : une multinationale —qui a déjà fait condamner une chaîne de service public, France Inter et son journaliste reporter pour un sujet dénonçant ses exactions en Afrique — pense pouvoir empêcher la presse d’enquêter sur ses activités, et ainsi museler toute contestation à son égard. Une multinationale porte plainte contre un journal en ligne pour « diffamation » ? Fait taire, grâce à la justice, des journalistes qui font leur métier ? L’heure est grave. Non ? Si ? On s’en fout ? On s’en fout… Il y a quand même la défense des accents circonflexes et l’intitulé du nouveau ministère de la Famille qui sont des sujets plus importants, n’est-ce pas ?

par l’utopie concrète…?

Les puissances du capital ont engagé un bras de fer avec les populations de l’ensemble de la planète depuis un certain temps. Leur victoire est à peu près totale. Le rêve marchand que ces puissances ont longtemps promu — est devenu réalité. Ce rêve est un cauchemar pour les quelques « humanistes utopiques » encore debout.

La seule issue pour contrer cette dystopie techno-marchande désormais en place, est de créer son double opposé : l’utopie humaniste concrète. Ce que les dizaines de commentaires écrits à la suite de l’article de Kitetoa semblent confirmer. Il faut faire, ensemble, concrètement. Se réunir. Créer des structures de contre-utopie. Monter des entreprises non-marchandes, à vocation humaniste, de partage, d’échange. Reprendre le pouvoir dans le monde réel. Pour « mettre une grande claque aux mauvaises odeurs » comme le disait une publicité déjà fort ancienne. La publicité, c’est central, n’est-ce pas ?

Ce billet étant écrit, il est temps pour moi de me remettre quand même en selle. Parce que, de toute manière, j’ai à faire, nous avons à faire. Et à écrire aussi. Et tant pis si c’est vain. Longue vie à Reflets. De toute manière,  on aura essayé, et c’est déjà ça…

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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d'autres médias. Ni "désengagé" ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

26 thoughts on “De l’écœurement, du journalisme et de la vie en général…”

  1. Merci pour cet article qui, hélas, ressemble comme à deux gouttes d’eau à ce que je ressent quant à l’avenir de notre société.
    Il devient de plus en plus démoralisant de continuer à se battre pour certaines causes qui vont à l’encontre des lobbies industriels et financiers.
    Heureusement que j’ai l’occasion des gens comme vous qui m’encouragent à continuer !
    Et puis, comme l’a dit je ne sais plus qui : ceux qui se battent ne sont pas sûr de gagner, mais ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu…

    1. Pour se battre, il faut avoir un objectif et se demander se qu’il se passera une fois le « combat » gagné. Est-ce que l’Homme Occidental mérite d’être sauvé. C’est ça la question. Je ne crois plus en l’humanité donc je n’ai plus envie de me battre.

      1. L’homme occidental ne représentant qu’une minime minorité, s’il ne vaut pas la peine d’être sauvé (déclaration dont je vous laisse la responsabilité) il reste l’essentiel de l’humanité pour continuer le combat…

  2. « …se distraire pour oublier le triste sort réservé à la société humaine dans laquelle il est plongé. » => Je suis actuellement dans cet état d’esprit. J’ai réduis (un peu) mes lectures « sérieuses » dans le traitement de l’information pour mon bien être.
    La politique menée par le gouvernement de gauche est, pour moi, un véritable coup de poignard. Après toute ces années gouvernées par la droite, il y avait cet espoir latent que ça changerai bien un jour, que la gauche arriverai au pouvoir avec une majorité partout. Ça, c’était avant…
    J’ai quand même du mal à trancher sur le fait que la situation soit pire aujourd’hui, ou si c’est juste qu’Internet nous a permis de savoir (un peu plus).

    Comme pour Kitetoa, je comprends votre état d’esprit. J’ai beaucoup d’admiration pour le travail de reflets, mais c’est incomparable à mon admiration du fait que vous continuiez.

  3. Le pire est à venir, oui, mais dans le même sens, le meilleur est à venir. C’est un passage obligé.
    Boloré… Famille de patrons qui alimente la société du divertissement. Si l’on souhaite construire une « utopie humaniste concrète », il faut commencer par boycotter, de manière totale, ce genre d’institutions que sont Canal+, toutes les chaînes de télés débilitantes, ne plus regarder toutes ces séries américaines qui vous bouffent au minimum 1/12 de votre temps par jour… Les jeux vidéos, on en parle ? Oui, à un moment, il faut avoir le courage de ses convictions, en commençant par ne plus alimenter du tout, par quelques formes que ce soit, ce que l’on considère comme mauvais.

    1. Perso je n’userais pas de boycott sur ces sujets (à part pour canal+, qui mérite effectivement son désabonnement).
      Es-tu sur de vouloir priver le monde des jeux-vidéos et des séries américaines à la con ? Tu as raison, si tu le vis mal, éteins ton écran , mais stp laisse nous matter « the lone gunmen » en frittant du militaire virtuel sur « call of ».

      Par contre, je te rejoins sur le moyen, le boycott est une arme puissante, et il serait peu être bon d’en user contre notre état scélérat, dont les dirigeants sont élus de manière irrégulière (cf comptes de campagnes des élections présidentielles depuis au moins 1995) et appliquent une politique anti-constitutionnelle (cf écoutes globales, quoi qu’en dise le con-con, le texte de la constitution est claire) et anti-démocratique (cf dernier referendum).

      Pourquoi ne pas imaginer une bonne vielle jacquerie « à l’ancienne », l’insoumission à l’impot jusqu’à résolution des principaux points de désaccord entre le peuple et ses représentants ?

      Ce qui nous ramène à la question de fond, que revendiquer ?

    2. Non, il faut bel et bien se sevrer de ces séries qui ne savent qu’user de nos addictions et des jeux vidéos qui ne savent, trop souvent, qu’attiser nos mauvais penchants (oh, un autre ! Pan pan, boum boum).

      L’avenir est clairement dans la société civile, les associations, et un certain retour à la nature. Non, pas aux grottes de la préhistoire, mais bien à la vie qui nous entoure quand on ne lutte pas contre elle.

      Si nous restons devant nos écrans à tourner en rond, nous nous réveillerons trop tard, si ce n’est pas déjà fait.

      1. Je ne comprends pas le problème ? Que nous ne soyons pas actifs/productifs/engagés 100% de notre temps ? Ou que nous nous abreuvions de mauvaises influences ?

        Dans le premier cas, c’est une critique du loisir que vous posez, et je vous trouverais quelque peu intégriste de remettre en question des activités ludiques de bon aloi. N’est-il pas normal de prendre du temps pour se délasser après une journée de travail (ou d’activisme !), et libre à chacun de choisir ses loisirs non ?
        Dans le second cas, c’est une critique des idées véhiculés par les séries et les jeux , et dans ce cas je vous trouverais encore plus intégristes :P Et quoi, il serait plus sain de lire des grands auteurs (bourgeois, militaristes ou pervers sexuels selon les cas) que de mater une série, plus noble de s’abreuver de grands opéras que de se refaire les Zelda ? Et qui définit ce qui est acceptable ?
        Je ne pense pas qu’on puise combattre de front les « incitations aux mauvais penchant », ce serait bête comme de censurer des discours du FN, de dieudo. Tant qu’on est sur le terrain des idées, seule l’intelligence cultivée peut nous permettre de nous émanciper, en partie, de la propagande permanente. Et merci Reflets pour m’avoir fourni une partie de cette culture !

        1. « Et qui définit ce qui est acceptable ? »: Toi, et toi seul. Tu as droit de faire ce que tu veux, de t’occuper de la manière que tu veux.
          « Libre à chacun de choisir ses loisirs ses loisirs non ? »: Bien entendu, on ne pourrait pas, de toute façon, interdire tel ou tel divertissement, que ce soit un jeu vidéo ou une série type Game of Thrones qui vous inflige des scènes de sexes homosexuelles, ou encore des scènes suggestives de viols et même de pédophilie. Vous seuls êtes maître du contenu avec lequel vous occupez votre temps. Si celui-ci vous paraît propice à l’évolution de votre conscience, de votre maturité, très bien, c’est que vous feriez mieux de continuer. Mais, dans le cas d’un jeu vidéo, d’un Zelda par exemple, cela vous fait-il grandir, dans le sens figuré du terme ?
          Je ne suis pas anti jeu vidéo, encore moins anti-technologie ou anti-progrès. Seulement, j’ai la conviction que le problème, aujourd’hui, n’est pas la technologie elle-même, mais ce qu’on en fait.

          1. Au moment de ma mort j’espère ne pas regretter ces éternelles parties de Zelda, car elles m’auront offert du plaisir (et c’est pas pas si commun que ça) et le délassement nécessaire à la réalisation de mes autres activités. Aurais-je plus grandi en m’abstenant de jouer ? Serais-je moins déprimé (et donc plus productif) si je prenais au contraire un peu plus de temps pour jouer ?
            Je ne sais pas.
            Après, concernant le lien avec la technologie, le problème n’est-il pas le même que l’on joue à « call of » ou au « monopoly » ?
            Merci pour l’échange, vous me donnez envie de réviser Guy Debord !

  4. :( :/ :)

    C’est humain de douter. Moi aussi je réduis mes lectures « sérieuses » pour ma santé mentale, pour réagir à un commentaire plus haut. Mais ça ne m’empêche d’essayer de progresser. En regardant ailleurs de temps en temps, en variant les sources.

    Pour moi, le sujet de fond est une réfléxion de l’individu face à la masse informe des collectifs. Quelque part, une personne doit pouvoir trouver des repères stables par rapport à ses interactions avec ces collectifs. Plus elles sont « simples » et localisées, plus l’individu peut les distinguer entre elles mais aussi de son propre soit. À l’inverse, si les interactions se recouvrent trop et trop souvent, l’individu se noie dans un bruit incompréhensible et peut se diluer la-dedans.

    Voilà mes 2 cents pour la mếtaphysique. :3

    En 3 mots : « Same shit here. » \o/

  5. Encore un bel écrit (ou « billet », ou « article »…), merci !
    Je partage votre vision des choses, et j’adhère assez à cette « utopie humaniste concrète ».
    Mais personnellement, ce qui me motive le plus, c’est de penser à dans 40 ans. C’est-à-dire, à une époque future où la « fenêtre de tir » de cette utopie sera j’espère plus grande, passées quelques pages sombres de notre histoire.
    Il s’agit d’un exercice mental assez réjouissant (mais complètement virtuel je l’avoue) car il associe les graines de changement de notre époque (occupy, zad, coopératives intégrales, etc) à un temps de développement long où on aurait le temps de cultiver ces graines. Pas un état d’urgence.
    Tu explique que la dystopie actuelle s’est affirmée « Doucement, sans beaucoup de bruit, par étapes successives en prenant son temps. » Et bien je pense qu’il faut aussi, pour nos utopies, voir à long terme, s’autoriser à rêver, à voir large, et découvrir quelques nouveaux paysages culturels que l’on pourrait inventer.
    La (ma) grande question est : comment les outils numériques de partage et de mise en réseau, peuvent être plus efficace tout en ne remplaçant pas l’intelligence et la joie des rencontres ?

  6. Je suis toujours aussi effaré de voir que ces considérations qui font de vous, les journalistes de reflets, des combattants. Sont pour la quasi totalité de cette société un problème qui n’en ai pas. Certaines fois je suis pris aux tripes par ce que je lis, j’ai envie d’hurler mon incompréhension de ce monde, et les personnes avec qui je partage ça me regarde presque comme un fou.

    Et le fait est là, pour monsieur et madame tout le monde, se faire espionner, analyser, décortiqués, fliqués, manipulés, … Ça les dépasse, la vie est courte et il est quand même plus facile d’essayer juste d’en profiter sans penser à ce monde de fou qui nous entourent. Alors si on rajoute à ça la désinformation et la difficulté de s’informer sur tout ces sujets sans en faire la démarche volontaire …

    70% des gens ne connaissent pas et ne connaîtront jamais votre combat
    29% on en vaguement conscience, mais ne se sentent pas concernés

    Merci quand même de continuer.

  7. Chers lecteurs,
    J’adore lire vos commentaires, d’ailleurs les commentaires sont également ce qui rend Reflets si vivant.

    Pour rejoindre duthils, je pense que l’action doit laisser place aux commentaires, aux idées partagées ici.

    Il est aujourd’hui plus que jamais critique de maintenir ce média en vie. Si nous venons lire ici ce qu’on écrit que rarement ailleurs, nous nous devons de protéger Reflets. Les dons sont une première voie. Ils dépassent rarement 30% du budget escompté par les auteurs.

    Pourquoi payer me direz-vous puisque l’information est là offerte. Si on considère l’argent comme un moyen d’échanges (ce qu’il aurait dû rester) alors il est normal de payer les auteurs pour leur temps passé à investiguer et écrire leurs articles. L’argent, c’est du temps. C’est le temps que chacun de nous aurait pris pour acquérir les compétences techniques (et littéraires éventuellement) pour réaliser ces articles.

    Ces derniers jours nous parlons tous de faire, d’agir, de se rencontrer, de ne pas subir ce qui nous arrive mais de façonner notre monde selon nos souhaits.

    Je prendrai à ce titre l’exemple de Taz en Allemagne.
    J’invite Kitetoa et Bluetouff tout comme chaque contributeur à considérer ce mode participatif pour que Reflets continue son combat libre et éclairé.

    http://www.bastamag.net/Comment-un-quotidien-ecolo-et-alternatif-allemand-resiste-a-la-crise-de-la

    votre avis?

    1. Mon avis : un modèle à tester. Certains fournisseurs d’accès à internet fonctionnent en fédération, ça va dans le sens de la coopération dans le cas de Taz. On pourrait imaginer ça pour Reflets, avec une petite participation financière de beaucoup de gens pour garantir un noyau dur de rédacteurs. Eux-mêmes en relation avec leurs réseaux et pourquoi pas tout un chacun.
      Mais je rêve la, il est ou le piège ?

      1. Moi je ne vois pas de pièges
        Ce qui fonctionne pour les FAI associatifs devrait fonctionner pour la presse.
        S’engager financièrement en tant que lecteur, c’est reconnaître la qualité du travail fait par Reflets et leur permettre de conserver leur liberté de ton, d’approche journalistique gonzo, et de perspective. Même si on ne partage pas toujours l’avis et la position des auteurs, il y a un droit de réponse ici, le contradictoire y a toute sa place.
        Il faudrait donc trouver un moyen qui permette l’émergence d’une coopération sans appropriation de Reflets. Après la coopération pourrait être autre que financière et se faire par un échange de services, le don de fournitures etc…
        Ce ne sont que des idées, les propriétaires du lieu ayant sûrement un avis différent sur la question.

    1. Hello Mouette,
      Ce qui m’ennuie, c’est le fait que nos gouvernants nous considèrent par défaut comme des terroristes potentiels.
      Ils déploient un régime d’exception comme étant la nouvelle norme et notre nouveau contrat social.
      A ce titre, utiliser un pseudo pourrait très bien être interdit, tout comme la sécurisation de ses communications.
      Sécuriser sa maison, ses biens c’est considérer qu’on a le droit de choisir ce qu’on souhaite partager et ce qu’on souhaite garder intime.
      L’intime est par définition quelque chose que vous ne souhaitez pas partager avec le premier venu. Ainsi,peut-on également être ennuyé de voir son intimité violée en toute légalité.
      Mouette, vous comprendrez donc que le tout sécuritaire n’ennuie pas seulement ceux qui ont des choses à se reprocher, mais tout ceux qui considère leur intimité comme un bien inviolable.

      Vous utilisez d’ailleurs un pseudonyme. Vous tentez ainsi de protéger votre identité. Dans quel but si vous n’avez rien à vous reprochez? Je suppose que cela pourrait vous ennuyer si ceux qui vous flique balancent votre intimité sur la place publique, non?
      Est ce que vous vous en moquez vraiment?
      Si c’est le cas, je suppose que vous vivez sans rideaux aux fenêtres, que vous vous moquez que des inconnus débarquent chez vous pour vous observer, etc…
      Enfin, on peut se demander si le tout sécuritaire, lorsqu’il s’attaque aux personnes non pas sur la base de leurs actions éventuellement répréhensible, mais sur des critères liés à leurs origines, leurs croyances, leurs choix de vie ne commence pas à être plus qu’ennuyant mais dangereux.

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