Journal d'investigation en ligne
par bluetouff

Site web de la fondation Carla Bruni #Sarkozy : la révélation choc du Figaro

On est en train de toucher le fond. Quand nous découvrions la douloureuse (PDF 1,2Mo) dans le rapport de la cour des comptes, ça picotait un peu derrière les yeux. Quand on observait le rendu, on commençait à rire un peu jaune. Quand la fondation démentait, on avait encore plus de questions que de réponses. On ne sait pas trop si l'article tout frais du Figaro va marquer l'épilogue de cette affaire.

On est en train de toucher le fond. Quand nous découvrions la douloureuse (PDF 1,2Mo) dans le rapport de la cour des comptes, ça picotait un peu derrière les yeux. Quand on observait le rendu, on commençait à rire un peu jaune. Quand la fondation démentait, on avait encore plus de questions que de réponses. On ne sait pas trop si l'article tout frais du Figaro va marquer l'épilogue de cette affaire. Et il ne faut pas être OPJ à la mondaine pour se rendre compte que ça sent quand même pas la rose...

En plus des fumeuses explications fournies sur son site sous forme d'un "rectificatif" (si ça plante, ne vous inquiétez pas ce n'est pas un bug, c'est une fonctionnalité) qui ferait passer la cour des comptes pour des arracheurs de dents, le Figaro a semble t-il réussi à obtenir des éclaircissements sur l'abîme de pixels qui aurait été susceptible d'engloutir 410 000 euros de financements publics.

À l'époque de la présidence de Nicolas Sarkozy, l'adresse web carlabrunisarkozy.org renvoyait en effet vers trois entités: la fondation de Carla Burni-Sarkozy, les informations autour de ses actions de première dame et son engagement humanitaire contre le sida. Or, ces deux dernières catégories n'existent plus aujourd'hui. L'adresse carlabrunisarkozy.org redirige uniquement vers la page de la fondation. C'est ce site (et non l'original) qui a été analysé par Olivier Laurelli. Néanmoins, la fondation précise que les 410.000 euros n'ont pas servi au financement de ses propres contenus web, mais à celui des contenus en rapport avec les activités de l'ex-première dame.

Mais bon sang ! La voilà l'explication ! Je n'ai pas visité les bonnes rubriques ! Suis-je bête... Il faut dire que j'ai des cloques au pouce et à l'index tellement je joue du Ctrl+R depuis deux jours.

Il ressemblait à quoi alors ce site ?

Quand on vous explique que le droit à l'oubli numérique est une douce utopie... on vous le prouve. Notre bonne amie, la WaybackMachine était allée visiter le site de la fondation à l'époque de sa "grandeur". Il semble en tout cas qu'il plantait un peu moins qu'aujourd'hui puisque les robots d'archive.org et de GoogleCache ont eu le temps d'en copier quelques articles entre deux méditations du Guru Varnish.

 

Prenons par exemple l'agenda des mondanités de la première dame. WebArchive nous retrouve un évènement :

Prenons donc cet incontournable évènement du 13 mars. Et faisons une recherche dans le cache de Google à la recherche de cet article de fond...  :

Un article de fond, qui comme vous le noterez, a le bon goût de tenir en un tweet. Nous avons fait le test pour vous :

Capture d’écran 2013-07-26 à 15.56.45
Capture d’écran 2013-07-26 à 15.56.45

N'ayant pas spécialement le temps de me taper l'inventaire de l'agenda qui tient en un tweet de l'ex première dame, et n'ayant pas spécialement envie de piquer une colère de plus pour hurler ce que je pense de cet argent public jeté par les fenêtres, je vais m'en tenir là.

On prend une pelle, et on creuse !

Vous l'aurez compris : à en croire les explications fournies par la Fondation au Figaro, ce coût est donc celui du financement de rubriques qui n'existent même plus comme l'agenda twittable de la première dame...

Le contribuable est donc ravi d'apprendre que là où un compte Twitter gratuit aurait parfaitement joué la farce, il aura dû débourser 410 000 euros pour un truc qui n'existe plus et dont les fondations tombent en décrépitude. Un investissement fort rentable en somme. Chapeau !

Encore un petit effort, encore un petit démenti, encore un petit "rectificatif", et on aura peut être la ventilation exacte des sommes "investies" dans ces rubriques éphémères, à n'en pas douter indispensables pour notre république, en période de crise.

 

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