Journal d'investigation en ligne
par Thomas Jusquiame

La vidéosurveillance vertueuse et éthique ? #5

Google avait pourtant déjà fait le coup avec son « Don't be evil »

La vidéosurveillance algorithmique (VSA) s’adapte. Cantonnés pendant des années au secteur de la sécurité, les éditeurs de logiciel de surveillance tentent d’intégrer de nouvelles fonctionnalités dans leurs outils pour créer de nouveaux besoins, mais surtout pour intéresser de nouvelles industries. Une diversification stratégique qui s’élabore notamment autour d’un discours tourné vers l’éthique, tendant à banaliser la surveillance des comportements humains dans notre quotidien par les machines.

VSA pour l'analyse d'une manifestation (Société Evitech) - Copie d'écran
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XXII (« Twenty two ») c’est la startup sécuritaire cool et tendance par excellence. Présente dans le catalogue des solutions du « Programme général de sécurité des grands événements et des Jeux olympiques 2024 », membre du groupement Business France, de France Digital, de la French Tech DeepNum, de l’Alliance pour la Confiance Numérique (ACN), de l’Association nationale de la Vidéoprotection (AN2V), soutenue par la BPI, l’entreprise navigue avec aisance dans de nombreux réseaux d’affaires. Signe d’une banalisation croissante de l’industrie de surveillance, l’entreprise présentait il y a quelques jours son savoir-faire sur la scène principale de Vivatech, lors d’une conférence intitulée « L’IA dans les radars ». Événement durant lequel les visiteurs pouvaient obtenir des renseignements sur leur logiciel de vidéosurveillance algorithmique (VSA) directement auprès des stands (partenaires) de la SNCF, de Bouygues et du ministère des Armées.

XXII se présente elle-même comme leader de la « vidéosurveillance intelligente » en France. Avec environ 70 employés, et une impressionnante première levée de fonds de 22 millions d’euros bouclée en 2023, des fonds d’investissement prestigieux ont jugé utile pour leurs affaires de miser sur le domaine de l’IA de surveillance : Kima Ventures (Xavier Niel), 574 Invest (SNCF), Bouygues, Colas, ou encore l’Agence nationale de la Défense.

La société a vu le jour en 2015 grâce à son fondateur William Eldin, mais aussi via un capital de départ...

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