Journal d'investigation en ligne
par Antoine Champagne - kitetoa

Coucou la Libye, tu reprendras bien une louche d'Amesys ?

Souvenez-vous amis lecteurs... Reflets vous a parlé, re-parlé, et re-re-parlé d'Amesys/Bull, la joyeuse bande d’exportateurs des Droits de l'Homme à la française avec la participation spéciale de Nicolas Sarkozy et de ses amis proches. Un petit business qui marche bien. Si bien, d'ailleurs, que les salaires des responsables des #Dix qui développent le bousin feraient pâlir ceux de patrons de boites nettement plus grosses.

Souvenez-vous amis lecteurs... Reflets vous a parlé, re-parlé, et re-re-parlé d'Amesys/Bull, la joyeuse bande d’exportateurs des Droits de l'Homme à la française avec la participation spéciale de Nicolas Sarkozy et de ses amis proches. Un petit business qui marche bien. Si bien, d'ailleurs, que les salaires des responsables des #Dix qui développent le bousin feraient pâlir ceux de patrons de boites nettement plus grosses. Et croyez-nous, tout va bien pour Amesys/Bull, qui continue encore aujourd'hui son petit business avec le complexe militaro-industriel français et européen. Mais aussi, bien entendu, avec les pays riants comme le Maroc, le Quatar, etc. La liste est très, très, très longue.

Si vous avez suivi Reflets sur ces sujets, vous savez que Amesys/Bull a vendu à Kadhafi un système d'écoute globale de la population, permettant d'arrêter et de torturer les opposants. Vous savez aussi que l'interface libyenne d'Amesys/Bull était Abdallah Senoussi, un terroriste condamné en France par contumace. Un détail qui n'ennuyait ni Philippe Vannier, actuel patron de Bull et architecte de ce deal, ni Ziad Takieddine, ni la clique de ministres et conseillers de Nicolas Sarkozy (lui compris) qui ont trempé dans l'AmesysGate.

Vous savez aussi que depuis des mois, Reflets a publiquement annoncé qu'il tenait ses archives à disposition de la Justice. Nos articles montrent qu'il est possible de poursuivre cette société en adoptant bon nombre d'angles juridiques. Deux procédures ont été ouvertes contre Amesys. A aucun moment la Justice ne s'est manifestée. Nous savions qu'il y avait peu à attendre de ce côté là tant Amesys/Bull représente une boite de Pandore.

Nous avions bien remarqué (on est moins quiches qu'on en a l'air) pendant la campagne électorale que ni Fleur Pellerin (@fleurpellerin), ni François Hollande (@fhollande) ne voulaient aborder le sujet. L'élection de François Hollande avec son changement de c'est maintenant tout de suite semble n'avoir eu aucun effet. Il reste muet, comme ses ministres, comme la justice. Il ne s'est rien passé, circulez, il n'y a rien à voir.

Dommage, parce que voyez-vous, il y a une équipe au pouvoir qui, à juste titre d'ailleurs la plupart du temps, rappelle aux Français que si l'on est dans la merde jusqu'au cou sur le plan économique, c'est qu'ils ont élu le pire président de la cinquième république en 2007 (et ça, c'est vrai). Bien fait pour eux.

Bref, François Hollande et ses amis sont prompts à reprocher les décisions de l'ancienne équipe. Mais pourquoi diable jamais sur ce sujet ? En dépit des tonnes d'informations déversées sur la place publique par Reflets, Owni, le WSJ, et tant d'autres, sans oublier les ONGs ?

On n'en saura rien puisqu'ils ne répondent pas à ces questions que, de toutes façons, la presse ne leur pose pas.

Mieux que garder le silence ? Si, si, on peut

@Steve12L, un lecteur attentif de Reflets, nous signalait ce soir une fort intéressante dépêche. Figurez-vous que l'AFP nous apprend la chose suivante : notre ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius a proposé l'aide de la France à... La Libye... pour... "[relever le défi de sécurité](http://www.romandie.com/news/n/LaFranceoffresonaideaTripolidansledomainedelasecurite23121120122141.asp)_", c'est-à-dire, équiper la police et l'Etat libyen.

Pas mal.

Nous serons (...) à vos côtés pour relever le défi de la sécurité, a déclaré M. Fabius, premier responsable étranger à s'exprimer devant le CGN, élu le 7 juillet.Je souhaite que notre coopération en matière de sécurité et de défense soit renforcée, pour vous aider à bâtir larmée et la police dont la Libye a besoin. Si vous en exprimez le souhait, la France demandera à l'Union européenne qu'une aide vous soit apportée dans ce domaine primordial, a-t-il déclaré.

[...]

Selon M. Fabius, la France est également prête à aider la Libye, pays de destination et de transit pour des centaines de milliers de migrants essentiellement africains, à surveiller ses frontières.

[...]

Le développement économique et la reconstruction impliquent que vous puissiez efficacement contrôler vos frontières terrestres et maritimes

Allez, on récapitule pour les malcomprenants...

  • Phase 1 : on réhabilite Mouammar Kadhafi sur la scène internationale. Merci Nicolas Sarkozy.
  • Phase 2 : on vent à Kadhafi un système d'écoute global avec l'aval du gouvernement français pour aider à arrêter et torturer les membres du peuple libyen qui s'opposeraient un peu trop au génial Mouammar Kadhafi. Merci Nicolas Sarkozy.
  • Phase 3 : on bombarde Mouammar Kadhafi pour effacer les traces sauver le peuple libyen qui s'oppose courageusement au tyran sanguinaire Mouammar Kadhafi. Merci Nicolas Sarkozy.
  • Phase 4 : surtout, on ne parle plus jamais des deals militaires ni d'Amesys pour ne pas insulter l'avenir. Merci Nicolas Sarkozy, merci François Hollande, merci Fleur Pellerin.
  • Phase 5 : l'avenir est là. Il frappe à la porte du redresseur productif. Génial... On a été malins, on ne l'a pas insulté. Du coup, on propose d'équiper la police locale pour surveiller les frontière, notamment. Justement ce par quoi avait commencé l'affaire Amesys en Libye. La boucle est bouclée.

Demain, le FN sera au pouvoir : merci François...

La gestion de l'AmesysGate en est une simple et triste illustration : gauche ou droite, peu importe, le business continue comme si de rien était et les valeurs humanistes... on tire la chasse et hop, tout est parti, ni vu, ni connu. En outre, à force de pratiquer une politique de centre droit, et parfois de droite type UMP, le Parti Socialiste qui portait des espoirs de changement va finir de s'aliéner ses derniers électeurs. Le calcul est vite fait...

Avec un bon pourcentage de sympathisants de gauche dépités devenus abstentionnistes, avec une France généralement majoritairement à droite qui s'entredéchire entre les conneries de Jean-François Copé, celles de François Fillon (il faut suivre leurs comptes Twitter ces jours-ci, on atteint des sommets), le retour probable de Nicolas Sarkozy en 2017, l'éparpillement des votes au centre (mou, dur, de gauche, du centre et de droite), on peut assez aisément imaginer qui tirera les marrons du feu.

 

Mais franchement... Ils s'en foutent. Parce qu'après eux, les politiques de tous bords, le déluge... et que vous êtes amis votants, le dernier de leurs soucis.

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