Amesys/Bull : on a rien fait de mal ! #spanous

Les équipes de communication de Bull commencent à se mettre en branle. Jusqu’ici, les articles de Reflets, d’Owni, du Wall Street Journal leur en avait « touché une sans faire bouger l’autre », comme aurait dit Jacques
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54 thoughts on “Amesys/Bull : on a rien fait de mal ! #spanous”

  1. Je me demande si Aurélie NEGRO de Amesys est la même personne qui affiche sur son profil Facebook :
    Citations préférées : ne fais pas à ton prochain ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse !!

  2. L’article est sympa mais vous auriez peut être du cacher le nom de famille des deux « reponsables comm » !
    L’idée étant qu’elles vous contacte et pas l’inverse, faudrait éviter le dérapage !

    1. Heu… Désolé, mais le boulot de ces dames est justement d’être « publiques ». Vous n’aurez aucun mal, je pense à trouver leurs noms et téléphone en bas des communiqués de presse ou sur le site corporate de Bull.

  3. Ca sent quand même un peu l’hypocrisie tout ça…

    La plupart d’entre vous hurle à la mort quand on considère interdire le peer 2 peer sous l’argument que ce n’est qu’une technologie et que les usages illégaux qui en sont faits n’implique pas le concepteur de la techno ou la techno elle même.
    Vous savez la bonne vielle argumentation du couteau…

    Ici c’est pareil, ce n’est qu’une technologie mis dans les mains de gens qui s’en servent à mauvais escient.

    Je suis bien d’accord que le mal fait par ces derniers n’est pas vraiment comparable au téléchargement de quelques albums mais ça ne ferait pas de mal a Reflets de prendre parfois un peu de recul et de ne pas voir le monde en noir et blanc.

    1. Heeeu … tu peux me rappeler le nombre de morts, de torturés et d’emprisonnés à cause du P2P toi ? Quand tu télécharges une chanson ça envoi des décharges de 220v à son auteur ? Tu m’expliques un peu ta comparaison débile là ?

      1. Laisse, c’est un joli troll … Il relie « le divertissement et la culture » avec « la mort et l’espionnage ».

        J’pense que d’ici peu on pourra atteindre un point godwin avec …

      2. Je pense que la réponse n’est pas la bonne (et c’est jamais bien de prendre ses opposants pour des cons).

        J’aurai tendance aussi à penser qu’aucune technologie n’est en soi bonne ou mauvaise et disons que ça ne me choque pas que des gens développe ce genre de produit. Ce qui me choque c’est qu’ils le vendent à des dictateurs et qu’ils ferment les yeux sur l’usage réel qui sera fait de leur produit.

        Pour refaire l’analogie du couteau comme chdorb, tu fous pas Laguiole en taule parcequ’ils font des couteaux mais si ces derniers vont les vendre à la sortie d’un asile psychatrique on serait d’avantage consternés…

        1. Je te laisse le choix du bon ou du mauvais, mais en tout cas une technologie n’est pas neutre. Ça serait trop facile !
          Condamner Laguiole serait certes stupide, un couteau n’a pas comme premier objectif de tuer. En revanche une armes de guerre on sait tous pourquoi elle est faite.

    2. En l’occurrence la technologie ici n’est pour moi ni plus ni moins qu’une arme de guerre… mise dans les mains d’une dictature qui n’est à la base pas très tendre avec sa population.
      Pour faire l’analogie avec le couteau on évite en général (par exemple dans les établissements psychiatriques) d’en mettre dans les mains des psychopathes.

  4. Il faudrait vraiment que les médias «traditionnels» (tout du moins ceux qui n’ont pas peur du gouvernement Sarkozy) s’emparent du sujet. Ça fait des mois qu’Amesys ne communique pas malgré tout ce qui est découvert et là ils s’expriment pour se foutre de la gueule du monde.

    1. Petit rappel :
      « L’hypocrisie est l’attitude par laquelle on exprime des sentiments, des opinions que l’on n’a pas ou que l’on n’approuve pas, soit par intérêt, soit par lâcheté.

      L’hypocrisie est le contraire de la sincérité qui revient à exprimer fidèlement et avec bonne foi des sentiments ou pensées, à ne pas confondre avec l’honnêteté qui est au sens strict du terme la tendance à exprimer sans dissimulation tous ses sentiments ou pensées. »

      Reflets ne serait pas sincère ?

    2. Quel bonheur de travailler dans une société qui met en place une sorte de police secrète du numérique… Si vous êtes embaucher nous vous vous envions :). (honnêtement,ne trouvez vous pas cette société immorale? )

  5.  » – Seules les autorités libyennes pouvaient exploiter le matériel installé.

    Dans ce cas, quel était le rôle exact de la Direction du renseignement militaire ? »

    Bah c’est évident, comme pour les jeux vidéo et les albums musicaux.
    Les DRM ça sert à éviter que les pirates utilisent ta production sans en payer les droits pardi !
    (le trolldi c’est permis =P)

  6. « la Libye qui souhaitait lutter contre le terrorisme et les actes perpétrés par Al-Qaïda. (2007 : année de la libération des infirmières bulgares)  »

    Quel est le lien entre Al-Qaïda et une prise d’otage commise par Kadhafi lui même ? Ils lisent ce qu’ils écrivent chez Amesys ?

  7. Non ce n’est pas un troll (la preuve je reviens), je suis même dans votre camp…

    Je dis juste que le paragraphe suivant:
    « Ce n’est pas du tout ce qui est reproché à Amesys. Ce qui l’est, c’est de vendre des outils de surveillance massive à des pays pas du tout démocratiques, plutôt des dictatures notoires, des soutiens connus du terrorisme international (Mouammar Kadhafi) ou des états policiers comme le Qatar, le Maroc et d’autres. Amesys ne peut pas ne pas savoir ce qui sera fait de ses outils, une fois installés chez ces clients d’un genre particulier. »

    Pourrait être remplacer par
    « Ce n’est pas du tout ce qui est reproché à Bittorent. Ce qui l’est, c’est de mettre des outils de téléchargement massif à des jeunes qui été déjà sur Napster. Bittorent ne peut pas ne pas savoir ce qui sera fait de ses outils, une fois installés chez ces clients d’un genre particulier. »

    Je propose juste de prendre un peu de recul, je trouve parfois les positions de Reflets un peu trop extrêmes

    1. Ton analogie est intéressante mais pour être plus juste, tu devrais comparer Amesys avec un site de téléchargement de films qui met en avant bittorrent pour télécharger ses films tout en fournissant les liens qui vont bien. Technologie non neutre. Comme la vente d’armes à Kadhafi, on sait pertinemment pourquoi il les achète.

      Alors que le fournisseur « officiel » de bittorent (ouais bon, y en a pas vraiment 1 en particulier) va mettre en avant le côté équilibré des échanges, la possibilité de télécharger plus vite en multipliant les pairs et la possibilité de mettre facilement à disposition du contenu quel qu’il soit. Technologie neutre.

    2. Bittorrent ne sait pas du tout qui utilise ses logiciels ni pour quoi.
      Amesys sait à qui elle vend et, au vu des documents publiés dans Wikileaks, elle se doute très bien du pour quoi.
      Ce n’est pas un hasard si le p2p, malgré les cris de quelques démagogues, reste une technologie légale alors que le matériel que vend Amesys reste soumis à condition.

  8. Et pour ce qui est du nombre de morts fait par le partage, j’avais dit dans mon premier message que les conséquences n’était pas comparables. J’essaye juste d’ouvrir un petit débat sur la neutralité de la technologie dans ce genre de cas.

    Je pense que ça pourrait faire l’objet d’une réflexion ou d’un article intéressant c’est tout.

    1. Tu veux élargir le débat sur quoi au fait ?
      Tout est neutre de base, de la poudre, du platique, du métal, de l’uranium, l’homme. Oui et ? les armes sont vendu en libre service ? les technologies nucléaires sont fabricables pas tout le monde ? Non ? arrêtons de nous branler la nouille sur le fait que hop, techno vendu, techno foutu .. nan je blague … juste c’est plus mon problème (là c’est le bas qui blesse).
      Le problème de l’éthique est fondamentalement là, ni plus ni moins. Tu peux vendre des kalach à un service de sécurité de fonds de transport, ou à un dictateur sanguinaire ou à des jeunes dans des banlieues
      On ne discute pas sur le fond de la techno, oui c’est neutre (quoiqu’à quoi bon cela peut donc vraiment servir a part filtrer …) mais sur le fait que:
      1- le gouvernement français a non seulement autorisé le vente d’une arme de destruction massive des droits de l’Homme a un dictateur sanguinaire notoire, mais en plus les a former pour l’utilisé, et personne ne s’en émeut ni à gauche ni à droite
      2- Amesys ne pouvait pas ne pas savoir à quel usage cet outils serait fait puisque leur prospectus commercial en faisait la preuve de sa puissance et de sa capacité sur différents axes/protocoles et plusieurs Go. Alors qu’ils écrivent tout simplement « on se moque totalement des droits de l’homme car le business c’est le business, et il vaut mieux que ce soit nous qui touchions les pepettes que nos concurrents » au moins ce sera clair. Après discutons du bien fondé de la vente de d’armes de guerre comme le DPI :D

    2. Pour répondre à la question et élargir le débat, on peut parler de la neutralité de la technologie et de la science qui la sert, ou de qui la finance en indiquant des pistes de recherche…
      Le gouvernement français participe à assurer un développement de ces entreprises par l’actionnariat* , comme il favorise d’autres industries de pointe : nucléaire, armement, nanotechnologies, et moult autres…
      Ces technologies ont un objectif plus ou moins défini, elles devront être tôt ou tard valorisées (brevetées, vendues).
      Qui oserait prétendre que la supériorité technologique recherchée vise à autre chose que de conserver une position dominante ? (diplomatique, militaire, économique, scientifique, tout est bon sauf l’éthique)
      Contrôler ce type d’outils est un atout évident pour un pays, choisissant à qui on veut bien donner quoi, mettant par ci par là des limitateurs, des mouchards, gérant l’approvisionnement en carburant, en pièces, en formation…
      Ces technologies ne sont pas neutres, leur contrôle non plus.

      D’ailleurs, si on veut bien me permettre d’élargir j’ajouterai que ce que l’on décrit parfois comme techno-science ou progrès technologique pour faire court n’est, en soi, pas neutre pour 1 euro inflationniste !

      L’histoire du progrès technologique le montre bien, du moins selon les analyses de ce cher groupe luddite :
      « On voit que la technologie est la continuation de la guerre, c’est-à-dire de la politique, par d’autres moyens.
      Que l’innovation accélère sans fin le progrès de la tyrannie technologique. Que les neurotechnologies couronnent ce rationalisme policier qui prétend faire de nous des insectes sociaux, et de l’humanité une fourmilière-machine. Que nul ne peut s’opposer à l’ordre établi ni au cours des choses, sans d’abord s’opposer à l’accélération technologique.
      Pièces et main d’œuvre
      Grenoble, septembre 2011 »
      http://www.piecesetmaindoeuvre.com

      *(selon Reflets que je soupçonne de dire la vérité au point d’avoir la flemme d’aller vérifier cette information publique)

  9. En même temps, c’est vrai que 99% des employés du « groupe », pardon « Groupe » avec un G majuscule, sont impuissants en ce qui concerne les décisions de leur exécutif… comme partout ailleurs ma pauv’ lucette.

    Par contre, je rêve toujours du jour où les gens qui ont des postes de décideurs deviennent réellement responsables de leurs actes et de leurs décisions.

    En attendant, pas de pitié pour ces dames de la comm (bah va falloir justifier le salaire maintenant, hein) et autres stratèges du marketing. Vous avez piétiné l’éthique au profit de vos marges, vous n’avez pas voulu comprendre ou voir que derrière ces lignes d’écran ils y avaient des personnes réelles que rien ne protégeaient de la répression dictatoriale.

    La technologie n’est jamais neutre. Notre système ne le permet pas, la priorité ultime reste les chiffres et les marges, la croissance et les parts de marché. Les seuls à pouvoir imposer des limites et donc une éthique restent ceux qui fournissent la technologie ou le savoir-faire.

  10. Je voudrais apporter une petite nuance sur le côté « faut pas vendre des outils de flicage à des dictatures ».

    – Faut-il en vendre à des démocraties, pour autant ?

    Sachant qu’une démocratie d’aujourd’hui peut très bien évoluer (négativement) demain.
    Voyez la France.. qui a pris un bien triste virage.

    Idéalement, l’ONU devrait interdire tout simplement ces outils de flicage massif. Au même titre que les mines anti-personnel ou autres saloperies du genre.

    1. Très bon point. Pays Bas, 1930, recensement avec de la mécanographie. 1940, Hitler débarque, et paf les juifs. Les hommes ont la mémoire courte malheureusement. La preuve, en 1941, Bull travaillait – toujours avec de la mécanographie – à la mise au point du fichier juif pour le Commissariat aux questions juives. True story.

      1. Boh, alors là ton commentaire me scie !
        Je connaissais pas la mécanographie et encore moins l’histoire de Bull !
        Avec un nom pareil je croyais que c’était récent!

        Je sais pas quoi dire. Leur slogan c’est « Architecte d’un monde ouvert » . Avec un savoir faire poussé dans la collaboration comme le leur… On rêve !

        1. Pas que… IBM a mécanographié la Shoah, mais en arrivant à Paris, les Nazis qui n’étaient pas super ravis de travailler avec la filiale d’une boite américaine, sont tombés sur Bull, autre grand acteur de la mécanographie de l’époque. Ils ont débarqué dans leurs bureaux et ont trouvé des gens très… collaboratifs…

          Par la suite, le commissariat aux questions Juive a demandé a René Carmille d’ajouter à son grand projet de recencement (à l’origine de ce qui est aujourd’hui le numéro de sécurité sociale), l’identification des juifs. René Carmille a méticuleusement fait planté le projet et l’a fait trainer en longueur durant trois ans, de 41 a 44 où il a fini par se faire arrêter, torturer par Klaus Barbie et envoyer a Dachau.

          Faudra que j’écrive là dessus un de ces quatre…

          1. Ça serait bien de retrouver les sources exacts de ça. Parce que Bull pourrait toujours dire qu’ils savaient que Carmille faisait patiner le processus et qu’en d’autres cas, jamais ils n’auraient vendu leur outils !

        2. Pour la petite histoire, après guerre, Bull a écopé pour collaboration d’une énorme amende (genre un an de CA, mais il faudrait que je retrouve ça dans mes archives), le patron a eu très chaud aux fesses et après moultes démêlées, l’entreprise, jugée ‘stratégique’ (déjà) à l’époque, a eu le droit de survivre. Bull a même été jusqu’à requérir le droit de continuer les contrats initiés avec l’Allemagne et l’Autriche durant la guerre alors que ceux-ci, comme tous les contrats passés entre des entreprises Française sous l’occupation avec des entreprises Allemandes ou Autrichiennes, avaient été déclarés caduques de fait.

          1. Et c’est quoi le nom du patron de Bull à l’époque ?
            Parce que sur l’article wikipédia on a les PDG que à partir de 1964.

          2. A cette époque, c’est Jacques Callies le patron, qui négociera durant toute la période de l’occupation avec Herr Dr. Klee, représentant de la puissance occupante, les affaires de Bull avec le IIIe reich. Ces dernières furent pour le moins fructueuses. En 1941 Bull se porte acquéreur des locaux de 3000m2 qu’il louait jusqu’ici, et se portera acquéreur de terrains annexes l’année suivante, puis multipliera par deux la surface de ses bureaux en se portant acquéreur d’autres bureaux dans les deux années qui suivront. En 1943, qui ne reste pas dans les mémoires comme une année faste pour l’économie Française, Bull versera de confortables dividendes à ses actionnaires, et fera de même en 1944.

            J’ai plus de 600 pages de documentation sur l’historique de cette société. Depuis le temps qu’on traque Amesys, on a aussi bien les notices d’emploi de leurs dernières technologies que l’on retrouve aujourd’hui dans les SpyFiles de Wikileaks que l’équivalent d’il y a 70 ans.

            Tiens, ça par exemple:
            http://www.scribd.com/doc/74572012/BULL-BS-120-Type-Louis-XV
            C’est l’équivalent, sous l’occupation, du système Eagle. Ca aurait pu servir à ficher les juifs de France si René Carmille n’avait pas saboté le projet de l’intérieur en le payant de sa vie.

            Ca va être très très difficile de faire croire qu’ils étaient complices de Carmille, non seulement parce que les procès qui ont suivit a la libération en on jugé tout autrement, mais également parce que tout cela laisse des traces, et qu’attirer l’attention sur tout cela et tenter de faire disparaitre ce qui n’a pas encore été détruit attirera inévitablement l’attention de personnes qui ne rigolent pas du tout avec la mémoire.

            En juin dernier, j’étais en Israel et j’en discutais justement avec le conservateur du Yad Vashem.

            Censurer Telecomix ? http://reflets.info/tmg-veut-bloquer-telecomix/

            Allez y qu’on rigole. For the LULZ.

  11. Moua et Daniel, +1
    – ces technologies ne sont pas neutres, non. Contrairement à un couteau, ou une batterie, elles n’ont qu’un SEUL usage (puisqu’il ne s’agit pas d’écoutes ciblées, mais de populations entières). Et il est très négatif.
    C’est à peu près aussi irresponsable que la bombe atomique.

    – quand bien même les états seraient responsables, nul ne sait ce qu’ils seront plus tard.

  12. petit encart dans le jt de canal plus ce midi ou ce soir je sais plus.
    je crois que les sorties de wikileaks ont réveillés certains journalistes.
    y avait un mot du responsable de chez owni.

    1. J’ai vu ça aussi !
      Les médias découvrent qu’on peut surveiller un pays entier.
      Il y a quelques semaines ils découvraient qu’on pouvaient extraire les SMS supprimés d’un smartphone grâce à l’histoire de DSK au Carlton de Lilles…

      Il doit y avoir des saignements de nez dans les rédactions tellement ils apprennent de choses d’un coup !

  13. Juste une remarque : pour une application un peu complexe, et éventuellement paramétrée et personnalisée spécialement pour un gros client, il n’est pas du tout choquant que le client fournisse les copies d’écran, voire participe à la rédaction de la documentation.
    On ne parle pas ici d’un logiciel bureautique qu’on télécharge sur le net, mais d’un système complexe dont la mise en place ne s’est certainement pas faites sans aide du vendeur.

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