Altair, Internet et la culture

Il y a quelques mois de cela, nous vous parlions du think tank Altair. Ce dernier se proposait d’apporter des réponses aux questions qui animent depuis des années la vie numérique et culturelle dans l’hexagone,
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27 thoughts on “Altair, Internet et la culture”

  1. « Contributions financières équitables des grands acteurs industriels du web avec des mécanismes de non-répercussion vers les utilisateurs. »
    Quelques bons trucs dans cette « contribution », mais sur le point que je cite, ils sont un peu reveurs. Comment empecher les « grands acteurs » de repercuter une taxe (ou « contribution ») sur leurs utilisateurs? C’est bien de proposer des idees, mais sur certains points, ils vont devoir etre plus precis.

    Sinon, la proposition 4 me semble peu applicable. Creer un « service public d’Internet » n’est pas necessairement une aberration, mais dans un contexte ou l’on privatise de plus en plus le secteur des communications, il semble douteux que l’on fasse demi-tour juste sur la question d’Internet. De plus, pour avoir teste les FAI nord-americains, nos prix ne sont pas excessifs et le service est globalement bons… a condition de ne pas se limiter a Orange… et de preference en vivant dans une grande ville.

  2. Cloud… Streaming… tout ça sonne « centralisation » à mon oreille ; ça ne m’inspire pas.
    Le « service minimum », non plus : quand on a Internet, on a Internet, point (au débit près). À quoi pensent-ils, exactement ?

    Quant au concept de labellisation… hem !

  3. J’aime beaucoup le passage « Les querelles entre les industries créatives et le monde du numérique sont sans issue. »
    Depuis une décennie, l’art multimedia interactif est grignoté par ses partenaires industriels qui s’insinuent de plus en plus en profondeur dans la production même des oeuvres tant et si bien que des grosses écoles comme par exemple le ZKM se sont trouvés face à de gros problèmes (les doléances de ces « business angels » commençaient à devenir insupportables aux artistes et aux institutions chargés d’exposer et conserver ce type d’oeuvre).
    Mais face à ces difficultés pour trouver des partenaires afin de produire une grosse installation arty onéreuse, de nombreux outils open source ont été diffusés et un large public en a bénéficié et continue de la faire, en dehors du circuit labellisé « Pure Art ».

    J’ai du mal à voir comment cette situation va changer aux vues des propositions de Altair.

    La proposition 7 va aussi assez loin dans l’humour…tous les nouveaux enseignants doivent avoir le C2i2e (qui ne va pas chercher bien loin) afin d’être titularisé. Mais comme il est question de diminuer le nombre d’heures de cours plutôt que de les augmenter, j’ai du mal à saisir comment la formation en informatique et en culture numérique à destination des élèves (ces chers apprenants) pourra advenir dans l’enseignement (du moins en ce qui concerne le public).
    A moins que cela ne se passe comme pour l’histoire de l’art, une circulaire floue rajoutant une compétence à acquérir pour les élèves sans précisions, aménagements horaires ou moyens. C’est beau à lire dans la proposition, ça fait chaud au coeur mais la réalité de l’application, si application il y a, risque d’être toute autre.

    Par contre, si ce think tank prenait part (même de manière détournée) à l’application qualitative de ses recommandations, cela pourrait changer les choses. w8 and see…

    1. prop 7 : A l’heure actuelle, l’informatique à l’école est une parodie d’enseignement, assurée par des « assistants pédagogiques » en CDD à temps partiel, ni diplômés, ni formés, ni accompagnés. Ce qui sert à la fois de programme et d’évaluation est une grille de compétences (double cliquer, faire une recherche…) à valider. Je ne vois pas comment on pourrait faire pire.

  4. Concernant la proposition 4, j’ai peur que même avec beaucoup de bonne volonté de la part de la commission Lescure (…), on se heurte à un hic avec la création d’un FAI national : en 1998, c’était bien sous la pression des directives européennes de mise en concurrence des services de télécom que France Télécom s’était privatisé, et que le marché s’est ensuite ouvert à de nouveaux opérateurs.

    Je doute qu’à l’heure actuelle une renationalisation des télécoms ou d’Internet soit envisageable, certainement pas pour l’état français qui cherche déjà à savoir comment il va passer l’hiver, et certainement moins encore à l’échelle européenne où il ne fait pas bon entraver le libéralisme économique…

    Le prix de 5€ me trouble un peu également. La plupart des lignes sont certes tirées et encore fonctionnelles pour longtemps, mais rien que le coût de location des connexions internationales de transit et de peering (une valeur en hausse depuis la centralisation outre-atlantique de services extrêmement consommateurs en bande passante… quelqu’un a dit Youtube ?), et le coût d’entretien général, je pense tout de même qu’un abonné doit coûter quelques deniers de plus.

    Le débat peut effectivement se porter sur le fait qu’un tel service puisse se permettre ou non d’être déficitaire (étant d’utilité publique ?), mais une fois de plus, ce n’est peut-être pas la bonne période pour en parler.

    Et en tout cas, ça ne risque pas beaucoup d’aider à financer des fibres optiques disponibles au foyer (« qui ne servent qu’à pirater » après tout, alors pourquoi s’emmerder).

  5. ça me déçoit un peu, m. touff, du copier-coller de communiqués de presse de « think tank » qui balance du poncif bien-pensant. où comment résumer la pensée déjà foutraque de terra nova (123 propositions quand même) en 7 points de novlangue à créer du Machin (vite, une Agence).
    suis d’accord avec m. boin du coup. et merci à amicalement pour la nalyze :)

  6. Tout ça ressemble fort à une belle usine à gaz typique du « consensus mou » politicien. La plupart des propositions restent assez vague pour que chacun puisse y trouver à boire et à manger et les transforme à sa convenance en coquilles creuses. ça me rappelle un peu toute la sémantique autour du « développement durable » et de son bruit médiatique.
    Mention spéciale à la proposition 1, modèle de la sémantique de communication politique :
    « une méthode de concertation innovante et trans-secteurs, seule manière d’élaborer des idées nouvelles à la mesure des enjeux de compétitivité internationale, de création et de revitalisation du lien social. »
    Réussir dans une même phrase à associer la concertation, la compétitivité et le lien social, tout ça à propos du numérique, chapeau messieurs, ça c’est de la com !
    La proposition 2 est un modèle d’usine à gaz #quisertarien mais peut rapporter beaucoup :
    « l’Agence Nationale du Numérique (ANN), un véritable « CNC » de la Culture et du Numérique »
    Cool, une nouvelle agence publique pour caser les potes après les prochaines législatives !

  7. P 7 : »l’éducation au numérique dans l’enseignement scolaire, associée à l’éducation artistique et culturelle et, en amont, dans la formation des enseignants et professeurs.  »

    Ça existe depuis au moins 10 ans.

    P 1 « passer à une méthode de concertation innovante et trans-secteurs, seule manière d’élaborer des idées nouvelles à la mesure des enjeux de compétitivité internationale… »

    On propose de faire « innovant » en reprenant le vocabulaire tarte à la crème, usé et orienté néo-libéral « compétitivité ». Contradiction quand tu nous tiens.

    « Provoquer la création d’une Assemblée constituante Culture et Numérique qui appelle à une loi triennale révisable. »

    L’idée est bonne, mais on ne peut anticiper les résultats, par définition, sinon ça s’appelle « commission désirs d’avenir » et on sait que ça ne mobilise réellement pas les citoyens et ne débouche sur rien.

    Sept propositions percutantes, aux pointes émoussées, lancée par un archer qui se regarde tirer et entend se faire applaudir par ceux qu’il est censé viser.

  8. Sérieux quand je lis certain de vos commentaires, vous me confortez dans l’idée que je devrais plus m’occuper de ma vie perso qu’essayer de défendre les intérêts de tout le monde.

    1° cette commission vous en pensez ce que vous voulez en attendant il y a quoi en face ? La licence globale ? Vous y croyez encore ? L’HADOPI ? Vivement qu’on la fusionne avec l’ARCEP hein ?

    2° le coté buzzword etc ça c’est de la forme, sur le fond j’aurais très bien pu accepter une petite place au chaud dans un Labs HADOPI pour proposer la même chose et de manière rémunérée.

    3° ALtair a le mérite de faire ce que l’HADOPI n’a jamais réussi à faire : permettre à des pro du Net et de la culture de se rencontrer sans s’écharper sous la bannière PUR.

    Pour votre information voici le type de proposition qu’Altair porte, et il se trouve que celle ci c’est moi qui l’ai rédigé :

    —- Debut —-

    Depuis quelques années maintenant, on commence peu à peu à se rendre
    compte de la fragilité de l’écosystème Internet. La réalité des volumes
    échangés, de leur provenance et de leur destination, nous ramène à une
    dure réalité : l’asymétrie des volumes échangés, par exemple entre la
    France et les USA, remet en cause les pratiques sur lesquelles Internet
    s’est jusque là reposé.

    Parallèlement à cela, les gros fournisseurs d’accès Internet ont dans
    leur grande majorité opéré une diversification significative en
    direction des contenus, par le biais du triple play. Des fournisseurs
    d’accès éditeurs, producteurs ou distributeurs de contenus sont devenus
    une norme. Il ne s’agit pas là de quelque chose de naturel, ni de
    souhaitable si nous souhaitons conserver Internet en tant que bien
    commun et comme un outil aujourd’hui devenu indispensable à l’exercice
    de la liberté d’expression et de communication. La tentation pour les
    fournisseurs d’accès Internet de restreindre plus ou moins
    volontairement l’accès à des sites à fort volume de trafic afin de
    privilégier leurs propres contenus commence à se préciser. L’affaire qui
    opposa cette année Cogent à Orange, ou encore celle qui oppose Free à
    Youtube et Google ne sont que d’inquiétants signes avant-coureurs d’un
    âpre bataille à venir.

    Préserver le bien commun Internet en tant que réseau d’échange
    d’informations neutre, nécessite aujourd’hui une intervention forte de
    l’Etat. Internet est trop précieux pour qu’on le relègue au rang d’un
    marché à capter sur lequel les pratiques commerciales le videraient de
    sa substance. Le développement du réseau Internet sur lequel repose
    maintenant une part non négligeable de la richesse produite par notre
    pays, une part toujours croissante d’emplois directs ou indirects, est
    un vecteur de croissance qu’il nous faut préserver et encourager.

    Aussi, l’intervention de l’Etat pourrait passer par la maitrise du
    réseau physique : tous les acteurs pourraient avoir accès à ce réseau,
    dans des conditions équitables. Les bénéfices directs d’une telle mesure
    seraient de
    – favoriser l’émergence de nouveaux acteurs locaux pour offrir un
    service de proximimité
    – rationaliser et mutualiser les coûts de transit IP
    – d’accélérer le déploiement du très haut débit sur lequel la France a
    pris un inquiétant retard
    – redéfinir le rôle de l’ARCEP qui pourrait ainsi se voir doter de
    pouvoirs renforcés dans son rôle de régulateur et de garant d’un Net
    ouvert et neutre, terrain favorable à l’émergence de nouveaux projets et
    de nouveaux acteurs.

    —-end—–

    Sur ce …

    1. Muahahaha
      Je me doutais bien que tu faisais parti du thinktank, Bluetouff.
      Le fait de copier-coller les propositions de cette manière sans développement ou explication de ta part semblait suspect.

      « Sérieux quand je lis certain de vos commentaires, vous me confortez dans l’idée que je devrais plus m’occuper de ma vie perso qu’essayer de défendre les intérêts de tout le monde. »

      Pourquoi? le fait de faire parti d Altair ne t’oblige pas à adhérer à Toutes leurs propositions…
      Aussi, on peut critiquer certains articles d’Altair sans que cela remette en cause ni ton travail ni son bien fondé.

      Même si pour le déploiement de la fibre, beaucoup de choses sont en train de se mettre en place à l’échelle nationale (FT inside), reste à revoir les accords de mutualisation.

      Cela dit, je reste toujours autant méfiant quand à la phase d’application de certaines de ces propositions (car il y a des précédents pas toujours heureux).

        1. non pas du tout mais je ne fais pas parti du gouvernement :p

          mon précédent commentaire ne visait que : « Sérieux quand je lis certain de vos commentaires, vous me confortez dans l’idée que je devrais plus m’occuper de ma vie perso qu’essayer de défendre les intérêts de tout le monde. »

          Il ne visait qu’à relativiser celui ci du fait de ses connotations amères…

  9. ça a vachement avancé question débat. comme quoi, la construction se passe toujours dans la douleur.
    alors puisqu’on ne me demande pas mon avis, en 7 points :
    1/ flinguer la Veme. parce que le représentatif, ça n’était bien qu’au temps du télégraphe. et que ça a recréé les baronnies.
    2/ flinguer les FAI. nationaliser les tuyaux, avec plan d’invest en fibre assuré par l’Etat (voir la 1ere nationalisation du « réseau », la Poste, sous Louis XI je crois)
    3/ créer du moteur de recherche d’Etat. Dans un Etat de droit bien entendu, et décentralisé aussi (du peersearch)
    4/ écrire les lois en RFC, avec que des gens compétents et pas des abrutis qui se font retoquer leur « travail » au CC tous les 4 matins
    5/ arrêter de penser « nation »; ça n’a plus de sens, ni à l’ere des réseaux, ni de l’europe.
    6/ repenser la culture et sa propriété, car tout le monde fournit la matière et quelques uns se l’approprient au détriment de tous.
    7/ avoir les couilles de mettre en oeuvre. c’est le plus dur dans la pseudo-société du pseudo-consensus.

    c’était histoire de parler..

  10. je peux en faire un livre, avec des chapitres, et des paragraphes, et aussi une table des matières, des citations et des références, mais je crois que m. touff a des problèmes d’espace disque. et pis, c’est ce auquel je crois, donc j’essaie de faire dans le trend de ce topic. et pis, de toutes façons, tu as donné une miette (de temps) :p
    en passant, parce que c’est irresistible :
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/03/la-culture-nous-sortira-de-la-crise_1799055_3232.html

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