Vivons-nous dans une réalité altérée ?

C’est époustouflant. Comment des gens à plutôt bien armés en neurones et conseillés par des économistes de renom peuvent-ils s’enferrer à ce point ? C’est au delà de toute logique humaine. L’Europe et le FMI continuent de plancher sur un plan de sauvetage de la Grèce sur le même modèle que le premier dont on sait aujourd’hui, un an après, que ses effets ont été… nuls.

Les CDS de la Grèce n’ont jamais atteint un tel niveau. C’est dire combien les marchés ne sont pas « rassurés » par les décisions des gestionnaires et politiques.

Bien sûr, le grand journaliste financier Jean-Michel Apathie rétorquera que les CDS sont des produits financiers extrêmement spéculatifs qui ne reflètent en rien la « réalité ». Qu’ils sont d’ailleurs, comme les agences de notation une partie du problème et qu’avec leurs positions autoréalisatrices, ce sont les CDS et les agences de notation qui génèrent les problèmes des pays « périphériques ».

Oui, mais non. Les CDS reflètent le degré d’inquiétude des opérateurs de marché vis-à-vis de titres. Ce ne sont pas les CDS qui sont à blâmer, mais les marchés financiers. Enlevez les marchés, il n’y a plus de produits spéculatifs. Quoi ? Mais vous êtes idiot ? Comment financerait-on l’économie réelle sans marchés financiers ?

Tout simplement comme on le faisait avant que les marchés n’existent tels qu’ils sont. C’est à dire il n’y a pas bien longtemps, autour des années 40. En outre, allez démontrer qu’un marché qui grâce au High Frequency Trading permet 5000 cotations différentes d’un titre en une seconde « contribue à financer l’économie réelle »

Convoquons à ce stade nos amies « Réalité » et « Logique ».

Depuis des années, les politiques prennent de mauvaises décisions pour tenter de résoudre les dérives du système (appelons-le le capitalisme).

Pourquoi mauvaises décisions ?

– « Réalité » : Avez-vous remarqué que les plus pauvres deviennent chaque jour plus pauvres tandis que les plus riches deviennent plus riches ? Avez-vous remarqué que nous avons vécu des années de croissance sans que les « bénéfices » soient répartis équitablement ? Avez-vous remarqué que les crises se succèdent (bulle Internet, bulle immobilière, subprimes, dette souveraine) ?

– « Logique » : Il me semble, mais je peux me tromper, que si les bonnes décisions avaient été prises, les crises seraient un lointain souvenir. Notez que depuis la dernière guerre, le FMI impose des cures « d’austérité » avec le succès que l’on connaît. Et même quand c’est un « socialiste » encarté qui le dirige, le résultat est le même. Un an après le premier « plan de sauvetage » de la Grèce, le pays est toujours au bord de la faillite. Quelque chose dysfonctionne…

Ce n’est jamais très utile de pointer du doigt un groupe de personne et le rendre responsable de tous les maux, mais il faut bien en convenir, le secteur financier est un tel prédateur, se nourrissant de chair humaine, qu’il est impossible de ne pas dénoncer quelques-uns de ses agissements.

La finance gagne à tous les coups, même quand elle perd. Pas vous.

– « Réalité » : Avez-vous remarqué qu’un seul secteur de l’économie fait l’objet de toutes les attentions, au point que lorsqu’il a tout cassé avec ses jeux d’apprenti sorcier, l’Etat le renfloue pour lui éviter une faillite ? C’est le secteur financier. Avec son incantation magique « Risque systémique », il récolte les fonds publics nécessaires pour éviter la faillite lorsqu’il a fait trop de bêtises, gagnant ainsi à tous les coups, même quand il perd. Et l’argent public, c’est l’argent des citoyens. Ceux-là même qui payent plus d’impôts pour sauver les apprentis sorciers, mais aussi les pots cassés. Crise de la dette souveraine ? Cure d’austérité ! c’est à dire plus d’impôts, moins de croissance, moins de services publics, moins de tout…

– « Logique » : Dites donc, le capitalisme, ce n’est pas aussi l’idée selon laquelle lorsqu’une entreprise fait des erreurs, elle finit par faire faillite et justement, l’Etat n’a pas à intervenir (dans l’économie, ou le moins possible) ?

En même temps, les ex-financiers savent se faire embaucher par les politiques et les conseiller au mieux des intérêts de leurs anciens employeurs. Aux Etats-Unis particulièrement. Pourquoi embaucherait-on des économistes ? Et surtout, pourquoi embaucherait-on ceux qui ont une voix divergente ?

Par exemple les « économistes atterrés » qui ont publié « 20 ans d’aveuglement, l’Europe au bord du gouffre »  aux éditions LLL (Les liens qui libèrent) ?

– « Réalité » : peu nombreux sont ceux qui me chérissent et m’accueillent avec équanimité ».

– « Logique » : il y a des choses que l’on ne peut nier.

Depuis des décennies, la dérégulation a mené à un système de Ponzi aberrant. Comme le disent les traders, avant d’oublier immédiatement ce qu’ils viennent déclarer : « les arbres ne montent pas au ciel ». Il y a un moment où tout s’écroule. Juste autorégulation du système ? Sans doute. Mais dans ce cas, laissons le système payer les pots cassés.

Démocratie, dictature et oligarchie…

Les « économistes atterrés » relèvent par exemple un point qui pose souci. Alors que l’on nous bassine à longueur d’articles et de journées sur le besoin de « plans d’austérité » pour sortir de la crise actuelle, il ressort qu’avant « la crise les pays de la zone euro ne pratiquaient pas des politiques extravagantes de hausse des dépenses publiques ;  au contraire, la part des dépenses publiques dans le PIB ont diminué de 2,9 points entre 1997 et 2007. Cependant, la plupart d’entre eux ont mis en œuvre des stratégies de baisses d’impôts, et ce dans une situation de concurrence fiscale (…) En même temps, ce désarmement fiscal a été décidé par les classes dominantes afin de tirer prétexte du déficit ainsi créé pour déclarer inéluctable la baisse des dépenses publiques. Ainsi beaucoup de pays ont supprimé l’impôt sur le patrimoine des ménages ; le taux supérieur de l’impôt sur le revenu est passé de 50,5% en moyenne en 1995 à 42,1% en 2008 ; le taux moyen de l’impôt sur les sociétés a chuté de 37,5% à 26% sur la même période ».

Et aujourd’hui, les politiques vous rabâchent les oreilles de discours appelant à la « solidarité nationale » pour sauver le régime des retraites, sur le fait qu’il ne faut pas remplacer un départ à la retraite de fonctionnaires sur deux, qu’il faut réduire les dépenses publiques et patati et patata… Qui paye l’addition ? La majorité.

Ah, eh, oh… Stop… La  démocratie, ce n’est pas justement la majorité qui décide ?

Si, sans doute. Sauf quand la démocratie a muté et qu’elle est devenue une « oligarchie ». Une perspective très bien décrite par Hervé Kempf dans son livre « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie » au Seuil.

Pour définir ce concept, Hervé Kempf souligne que bien sûr nous ne sommes pas en dictature. Mais que dire cela, c’est ne penser qu’en blanc ou noir. Démocratie ou Dictature. Pourtant, il y a autre chose. L’oligarchie. Et ce citer le sociologue anglais Colin Crouch qui décrit ainsi la situation politique « post-démocratie » que nous vivons :

« Même si les élections existent et peuvent changer les gouvernements, le débat électoral est un spectacle soigneusement contrôlé et géré par des équipes rivales de professionnels experts dans la technique de persuasion. Le débat porte sur le petit nombre de dossiers sélectionnés par ces équipes. La masse des citoyens joue un rôle passif, voire apathique en ne réagissant qu’aux signaux qui lui sont envoyés. Derrière le spectacle du jeu électoral, la politique réelle est définie en privé, dans la négociation entre les gouvernements élus et les élites qui représentent de manière écrasante les intérêts des milieux d’affaires ».

Et pour ceux qui douteraient de cette situation, Hervé Kempf rappelle cette phrase terrible du milliardaire américain Warren Buffet : « Il y a une lutte des classes, tout à fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène la guerre, et nous la gagnons ».

Bienvenue dans leur monde.

Une presse pas pressée d’éclairer

En démocratie oligarchie, pour que le système puisse continuer à égrener ses théories fumeuses sans que la population (la majorité) ne réagisse drastiquement, il lui faut des caisses de résonnance. La presse joue à merveille ce rôle, notamment la télévision et la cohorte de « commentateurs » éclairés qui passent presque plus de temps sur les plateaux que dans leurs rédactions. Hervé Kempf cite par exemple cet épisode cocasse de l’émission « C dans l’air » d’Yves Calvi sur le thème « qui gouverne le monde ? » et à laquelle participaient Jean-François Kahn, Gérard Chaliand (géopolitologue), Nicole Bacharan (politologue), Jacques Rupnik, (directeur de recherches en relations internationales).

« Un téléspectateur envoie une question que l’animateur lit :

Yves Calvi : Que savez-vous de l’organisation mondiale Bilder… je vais y arriver…, Bilderberg – moi je n’en avais jamais entendu parler – qui réunit chaque année les personnalités les plus influentes du monde ? Vous connaissez ça vous ?

– Non
– J’ignorais.
– Calvi : Ben voilà, c’est un bide en direct.
– Kahn : Je connais la Tricontinentale [sic], je connais Davos, mais je ne connais pas…
– Bacharan : Je ne connais pas du tout cette organisation donc je n’en dirai rien.
– Calvi : C’est peut-être une invention d’un téléspectateur qui nous teste ? »

Mais revenons à notre ami le secteur de la finance. Hervé Kempf l’évoque également, bien entendu. Son influence sur les décisions politiques étant ce qu’elle est…

« Des chercheurs du Fonds Monétaire International ont réalisé en 2009 une étude intéressante : étudiant au sein de l’industrie financière américaine les dépenses de lobbying et la nature des risques financiers pris, ils ont mis en évidence que les entreprises qui avaient le plus dépensé en lobbying étaient aussi celles qui avaient pris les risques les plus inconsidérés, qui ont conduit à la crise du système financier ouverte en 2007. « Notre analyse suggère que l’influence politique de l’industrie financière peut être une source de risque systémique », concluent-ils. »

Ah bon ?

En essayant de comprendre pourquoi la majorité ne se rebelle pas, Hervé Kempf évoque le « TINA », « There is no alternative » de Margaret Thatcher. Une antienne répétée à l’envie par tous les politiques depuis des lustres et que dénoncent, bien évidemment, les « économistes atterrés ». Qui eux, des alternatives, en proposent des tonnes dans leurs ouvrages. Et des alternatives qui font appel au bon sens.  Mais le bon sens étant la chose la moins bien partagée…

Et puis… les responsables qui entretiennent l’oligarchie ont leur propre « bon sens ». Dans une forme de réalité altérée qui est la leur. Et dans laquelle vous avez toute votre place. Au centre de l’assiette dans les repas du système.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

37 thoughts on “Vivons-nous dans une réalité altérée ?”

  1. Ce ne sont pas les économistes qui sont bêtes ou aveugles: ce sont les peuples qui choisissent démocratiquement des gouvernements asservie au Libéralisme.

    L’économie fonctionne *parfaitement*, dans le sens où ceux qui en jouissent, sont les oligarques qui nous dirigent.
    Oui, les pauvres sont de plus en plus pauvre: mais tout va bien, puisque les riches sont de plus en plus riche.

    Le Peuple ne veut pas entendre qu’on l’a trompé pendant des années, et pire, qu’il s’est trompé lui-même ! Il a cru aux doux rêves du « tous riches, en sécurité et en bonne santé avec Bidule pour Président ». Le Peuble s’est fait baiser par le marketing: « le Liberalisme c’est super, consommez-consommez-consommez »

    C’est un peu la honte, non?

    Réveillons-nous !

    1. Mmmh, c’est triste mais je pense que tu as raison. Non seulement nous sommes bêtes et aveugles à nous en retrouver dans cette situation mais on plus on l’est suffisamment pour avoir la certitude que ça restera comme tel.

  2. Le systéme tient parce que tout le monde a *peur*.

    Chaque jour, je croise des SDF … et quel est le message qu’ils m’envoient, malgré eux:

    « Restes dans les clous, sinon tu finiras comme nous. »
    « Restes dans les clous, sinon tu finiras comme nous. »
    « Restes dans les clous, sinon tu finiras comme nous. »

    Lorsqu’on est un peu attentif, on trouve ce genre de messages dans pleins de média…

  3. Vraiment bon. Je dirais même nécessaire : à la fois résumé, pour reformuler et mettre à plat la situation pour ceux qui s’intéressent, et introduction, pour ouvrir les yeux. Tout en restant facile d’accès.
    <3 reflets.info

  4. Je vais troller, mais un tout petit peu (en fait, même pas vraiment, je donne juste 2 exemples de lobbying et mes réflexions)

    La récente loi sur la Carte Nationale d’Identié électronique (puce RFID avec lien fort vers un fichier national contenant une photo biométrique et 8 empreintes digitales est un parfait exemple de lobbying : la 1ère société mondiale impliquée dans ce genre de d’activités est française, et a besoin d’une base française forte pour mieux s’exporter.

    Autre exemple : la construction en France d’un EPR pour pouvoir en vendre un à la Finlande (c’était une de leurs conditions non négociables), par une société propriété d’un ami du président français.

    Donc je suis parfaitement d’accord avec l’auteur de l’article. Peu importe pour qui on va voter, les entreprises sauront convaincre les élus d’oeuvrer au mieux des intérèts des lobbyistes, même si c’est au détriment de notre bien être ou de nos libertés.
    On change de majorité? les lobbys changent de cible, et si ce gouvernement n’entend pas (leur) raison, ils travailleront à sa chute.

    Eux ne sont pas pressés, ils n’ont pas vraiment de problèmes de fin de mois.

  5. C’est encore moi, je suis bavard ce soir.

    Je reviens sur le lobbying sur la CNI.
    Vous souvenez vous de tous ces petits sujets qu’on a eu pendant quelques mois, dans les différents journaux télévisé, peut-être même un ou deux reportages, qui parlaient de l’usurpation d’identité, de la difficulté à rétablir les vraies informations, récupérer son compte, etc?

    C’est justement un des points que met en avant le ministre de l’intérieur : ça va permettre de résoudre ces affaires beaucoup plus rapidement. Donc lobbying envers les médias fortement suspecté, ou alors une sacrée coïncidence.

    Et en ce qui concerne l’amélioration de la résolution des affaires, j’ai un gros doute : la CNI n’est pas (encore) obligatoire, donc le fichier ne sera pas exhaustif. Je vois mal l’usurpateur donner ses empreintes digitales, donc je ne vois pas comment ce fichier permettra de l’arrêter plus rapidement. Par contre pour retrouver le voleur du scooter d’un certain JS, banco, plus besoin d’analyse ADN (si le voleur est équipé de cette nouvelle CNI, bien sûr). Passons.

    Ce que permettra le fichier, c’est d’établir que l’identité a bien été usurpée, d’accord.
    Mais en quoi ça va résoudre le problème, c’est à dire accélérer le rétablissement des vraies informations, par exemple l’annulation d’un mariage fait par l’usurpateur à l’autre bout du pays, l’annulation d’un crédit qui a mis le compte bancaire à sec, le rétablissement des droits à la sécurité sociale, etc

    J’aimerais bien que Mr le Ministre de l’intérieur me montre que je me trompe.

    Lobbying et Sophisme sont les deux mamelles de l’oligarchie.

  6. Vous allez voir, quand les socialises seront au pouvoir et au nom de « mesures exceptionnelles pour lutter contre le chomage et la precarité », on fera un programme de droite dans le but de rendre les gens plus corveables et moins payés (du nivellement par le bas pour les « inserer professionnellement »).

    Les 35 heures, ont été juste un moyen d’augmenter la productivité du secteur industriel.
    Je connais des gens qui ont du faire en 35 heures ce qu’ils devaient avant faire en 39 tout en étant payé à l’heure.
    Maitenant que le systeme est en place et les negociations lointaines, on pourra repasser à 39 pour « travailler plus et gagner plus ».
    En fait on travaille de plus en plus, mais je crois que lorsqu’il s’agit de gagner plus, ce n’est pas de nous dont on parle.

    1. On verra ou on verra pas.
      De votre message, j’ai l’impression que quel que soit les mesures de n’importe quel gouvernement, il faut se plaindre.

      Vous voulez quoi, au juste ?
      Il doit faire quoi le gouvernement, selon vous, qui ne soit ni ce que la gauche ni ce que la droite a fait ?

        1. comme en Belgique :)
          un gouvernement qui s’occuppe des affaires courantes. Cela se traduit par une baisse des dépenses publiques, un croissance de 1.6 en 2010. Finalement la belgique invente un nouveau systeme de gouvernance. Je rappelle qu’elle a assuré la présidence de l’europe juillet dernier.

          1. la une de la tribune ce jour.

            « Sans gouvernement, la Belgique résiste mieux que d’autres à la crise »

            on se prend à rever d’une france sans gouvernement :)

      1. Je remarque que la droite nous presentait les 35 heures comme une abomination, alors qu’en fait ca les arrange un peu, mais que ca les arrange aussi des les remettre ensuite en question. (ca pousse au gain de productivité).

        Je ne suis pas concerné par le sujet des 35 heures. Je ne me plainds pas, je regarde juste cette piece de theatre avec distance.
        (oui oui, piece de theatre).

        J’ai des choses à reprocher à la droite comme à la gauche. A commencer par se foutre completement de moi. De juste repeter ce qui ressors des sondage d’opinion, mais de plaider pour la sincerité des idées.

  7. Très bon article, il est clair qu’il existe un gouffre entre les élites et la masse. Et ce n’est évidemment pas dû au hasard.
    Je pense qu’on peut parler d’une matrice, où la quasi totalité se sentent bien (même si on commence doucement à se rendre compte de l’inflation, 1.3% d’après TF1) pour le moment, mais jusqu’à quand ?
    Le point de rupture va être atteint, et ils vont nous imposer leur remède miracle (Novus Ordo Seclorum?).

    1. En ce qui concerne l’inflation, il serait intéressant de voir de combien ont progressé les prix des trucs usuels dans le panier annuel d’un ménage depuis l’introduction de l’euro. Je viens d’acheter un sac en paille à 15 euros. Avant l’euro, je le payais 10 francs.

      1. Hello Kitetoa !

        Je me permets de répondre à ce commentaire parce que j’ai étudié en détail le mécanisme de calcul de l’inflation (carrément à l’INSEE, avec leurs docs). Et en fait il y a une grosse, grosse boulette. La pondération par la consommation ( j’ai écrit là-dessus : http://economiconne.wordpress.com/2009/02/14/le-pouvoir-des-chats/ ).

        C’est notamment pour ça que l’inflation ne veut absolument rien dire, et que c’est une mesure au mieux « d’économiste » (traduire : gérer les grandes masses) mais en aucun cas sociale (est-ce que mes congénères vont mieux ou moins bien).

        La question qui vient après, bien sûr, c’est est-ce qu’on a à disposition des chiffres qui traduisent mieux le bien-être de nos concitoyens. La réponse est que c’est public. Est-ce que ça existe quelque part ? Probablement. Mais ça doit pas être reluisant.

  8. regardez la video:
    mms://a533.v55778.c5577.e.vm.akamaistream.net/7/533/5577/42c40fe4/lacinq.download.akamai.com/5577/internet/cdanslair/cdanslair_20080304.wmv

    la personne qui a écrit ce truc sur bilderberg et « c’est dans l’air » sucre un peu les fraises.

    Regardez TOUTE l’emission, un des invités dit bien qu’il faut se méfier de ce genre de théorie du complot: donc ils savent de quoi on parle.

    Et puis bilderberg, c’est pas parce que internet en a fait un truc, que ca veut dire qu’il y a quelques chose derrière.
    Moi je ne sais pas qui est bilberberg et les imbecilités qu’on bombarde sur internet sur le sujet ne me convainquent pas.

    L’emission parle d’ailleurs pas mal plus de la russie que d’un eventuel marionnetiste mondial, malgré le titre de l’emission.

    1. Le souci n’est pas de savoir si le groupe de Bilderbeg est un truc de complots super dangereux ou pas. Le problème, et c’est introduit dans l’article avant cette histoire racontée par Kempf, est de voir que les commentateurs professionels qui font l’opinion, volontairement ou pas, ne savent même pas ce que c’est. Un peu de culture générale ne nuit pas. Avez-vous noté que nous à la télévision des gens qui y étaient avant notre naissance ? :)

      1. si si, meme s’ils pretendent ne pas savoir, le cours de l’interview et l’intervention d’un intervenant laisse à penser qu’ils savent, mais qu’ils n’ont rien à en dire.
        (ce qui n’est pas pareil)

  9. Bildberg and co, c’est juste un outil inventé par les agents de com pour rendre invisible le capitalisme ( fusse dans sa forme financière ) …
    Y a pas de complot des petits bonshommes verts pour éradiquer l’humanité, juste la logique délirante de l’accumulation, pratiquée par une bande de gens qui fréquentent les mêmes lieux ( comme la bande du fouquet’s ?).
    Le capitalisme a muté :

    – en se débarassant de la propriété des outils MATERIELS de production ( en gros les usines ) pour se concentrer sur la propriété « intellectuelle » ( les brevets, les marques toussa … ) ,

    – puis en se débarassant de la matérialité du circuit production-commercialisation pour aller vers l’horizon illimité de l’hypertrading …

    – tout en oeuvrant à la destruction des Etats dans la mesure ou ils constituent des cadres légaux fruits d’un compromis social qui entravent l’accumulation du capital …

    Le putain de probléme , c’est que la seule représentation simple du monde qui reste , c’est cette salope de TINA , dans sa version libérale ( là c’est Maitresse TINA avec le fouet et toute la panoplie ) ou dans sa version social-libérale ( avec plein de lubrifiant au début ) . Ils ont réussi à se rendre invisibles pour la majorité des gens , ou désirables quand ils sont ostensiblement visibles puisque le statut de pauvre ou d’hyper-riche n’est plus lié à une oppression de classe mais à un échec ou une réussite individuelle … dans un monde gouverné par la « loi naturelle » : y a 2 catégories, les proies et les prédateurs !

    Redire l’oppression, reconstruire une représentation lisible par tous du monde ,

    et faire piger au peuple qu’une guerre des classes ou l’un des 2 camps s’est laissé désarmé, on appelle ça un « génocide de classe » …

    voilà l’urgence politique …

      1. c’est juste l’image du monde que construisent les medias ( du documentaire animalier anthropomorphique si cher aux anglo-saxons à la pub, en passant par les jeux du stade etc … ) .

        pour le reste , je pense que l’agressivité n’est pas une solution, l’agressivité c’est la parade des morts de trouille , juste, il faut rétablir l’idée que se défendre n’est pas de la violence …

      2. dans un monde gouverné par la « loi naturelle » …

        ce qui différenciait l’homme de l’animal, c’était justement cette émancipation de la « loi naturelle » …
        on appelait ça la « civilisation » …
        il en reste juste un jeu video …

  10. Bel article,

    de Paul Jorion, à Frédéric Lordon en passant par beaucoup d’autre à l’étranger, des voix hurlent dans le désert médiatique. Ou plutôt le surplus d’une information qui n’en n’est pas une: – beaucoup de gens bien établis expliquant pourquoi ça va mieux, ça va allez encore mieux, surtout si les peuples acceptent leurs « rigueurs ».

    Attention, je serais plutôt pour un état « rigoureux » que laxiste dans sa maniére de tenir les comptes, les orientations, et la gestion/suivis des lois; mais leurs « rigueurs » c’est juste une dé-régulation encore plus grande avec la volonté d’imposer la définition négative de « l’individualisme »: chacun pour sa gueule. Et pas la positive, la reconnaissance des individu en tant que citoyens responsable.

    Je crois que c’est Emmanuel Todd qui dans une video d’une conférence collective explique qu’il ne veut plus débattre avec les tenants du système actuel ni les ultra-libéraux, pas par ennuie, mais parce que ceux-ci sont rattrapé par la réalité, et qu’il vaux mieux tenter de trouver des solutions, que de brasser l’air.

    En fouillant dans les écrits de 1850 à 1970, des ouvrages allant de l’essai universitaire au roman de SF, cherchez à décrire des sociétés en intégrant les modifications technologique, dans la réalité, le plus grands nombre n’en a pas réellement profité, les gains de productivité ayant été redistribué entre les détenteurs du capital quasi exclusivement
    . Alors certes les produits de masses sont accessibles, mais la plupart de ceux qui sont en CDI 3/4 temps, ne peuvent pas y accéder réellement.

    Y’a comme qui dirait encore du boulot :)

  11. Je trouve la premiere partie de l’article un peu raté. Bon les cds ne sont pas des indicateurs fiables, j’ai deja posté un lien qui met en cause 7 banques pour avoir manipulé les cours des cds Grecs. C’est un amrché de grés à grés, bref c’est les gros qui s’expliquent entre eux. pour rappel la dette grecque c’est 40 fois la dette des USA … 14 300 milliards … vous avez bien lu. Plafond atteind au 2 aout.

    Je ne partage pas la conclusion qu’un marché ne peut pas exister sans spéculation. Si c’est possible on en revient au bon principe de base de l’offre et de la demande. On supprime les VAD, effet de levier, on ajoute de la transparence. On capitalise sur une activité, du concret ou de la création de valeur.

    Mais la suite et fin de l’article et tres interressante !!! et bien achalandée ! merci !

    1. le début de votre commentaire peut être trompeur.

      Le 1° avril 2011 le niveau de la dette publique américaine atteignait 14 251 milliards de dollars.

      La dette grecque : un peu plus de 300 milliards.

      Pour les CDS, on en a déjà parlé. Ce ne sont pas des indicateurs fiables parce que hautement spéculatif et parce que n’importe qui peut en acquérir y compris ceux qui n’en ont pas besoin pour se couvrir.

      En revanche, ils traduisent l’inquiétude des acteurs des marchés sur un titre ou un autre. En cela ils sont un indicateur de quelque chose.

  12. Objectif du lobbying financier actuel (depuis 4/5 ans) ?

    Faire exploser l’euro en plein essor car il tend à remplacer le dollar en tant que valeur refuge.

    En effet, il vaut mieux sacrifier les « vieux » états européens (pas toujours obéissant, Cf. ADM irakiennes ou liens économique vers la russie, plutôt que les USA) que l’amérique du nord et tous ses fournisseurs/clients !

    Quant à la méthode, la démographie beaucoup trop importante (à tous points de vue, humain, écologique, matériel…) permet de toujours avoir des sous-fifres plus que zélés à disposition, pour occuper la plèbe afin qu’elle ne voit pas la direction du troupeau !

    En parlant de sous-fifre zélé, y’pas un nabot qui a rejoins l’Otan, validé des traités bi, non, unilatéraux (données sur les voyageurs des airs), etc.

  13. J’ai écrit un commentaire très/trop long donc je ne mets qu’un extrait. Cet extrait sert à illustrer le fait que nous découvrons l’existence de la réalité altérée, l’irréel, par ces répercussions et ses effets dans le monde réel et cette découverte nous empêche d’agir réellement. C’est ce point de l’article qu’il me semble intéressant de commenter. En conséquence je pars de la conclusion de l’article.

    exemple plus terre à terre, vu du bas. Une femme seule avec son gamin et ses 800 euros d’indemnités chômage. oops, elle a oublié de se soumettre elle-même à pôle-emploi en s’auto-contrôlant mensuellement. Elle vient voir des militants parce qu’elle n’a plus rien pour nourrir son enfant. Révoltés, les militants vont, de ce pas, à pôle-emploi, lutter pour aider cette personne. Ils payent réellement de leur personne et espèrent que pôle-emploi ne leur enverra pas les flics. Tout se passe à peu près bien, ils voient une employée, la direction, tous les deux affirment : nous ne sommes pas maîtres de la situation. C’est une commission externe qui se charge de… quand ce n’est pas l’ordinateur qui fait que… Mais qui sont-ils, elles, comment les joindre ? Impossible, eux-mêmes ne le savent pas. La responsabilité est diluée, ils reconnaissent, malgré eux, qu’ils ne sont plus que des engrenages du réel, les vraies prises de décisions se situent ailleurs, dans l’irréel. Les militants se retrouvent coincés dans le réel, dépités de ne pouvoir agir réellement parce qu’on les renvoie à une commission impossible à contacter dans l’urgence. Au bout d’un moment, la direction cède un peu, après d’âpres discussions et une solution amiable est trouvée. La direction, dans ce cas, tient un double jeu, elle doit agir dans deux réalités différentes qui coexistent mais qui, normalement, ne se croisent pas. Et les militants ne savent plus quoi faire face à cette nouvelle réalité qu’ils ne connaissent pas.

  14. Non pas :
    « Avez-vous remarqué que les crises se succèdent (bulle Internet, bulle immobilière, subprimes, dette souveraine) ? »
    Mais bien :
    Avez-vous remarqué que les crimes se succèdent (hold-up légal, détroussages légaux, jetages-à-la-rue légaux, assassinats légaux) ?

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