Union européenne : ça sent le sapin

Depuis des lustres, je raconte à qui veut bien me lire que l’Union européenne, telle que nous la connaissons est au bord de l’effondrement. D’abord sur Aporismes.com, puis sur Reflets. Les derniers centimètres vers le précipice sont réalisés en slow motion.

Le quatrième plan de sauvetage de l’Europe, du monde, que dis-je, de l’univers, porté par notre président Nicolas Sarkozy n’a pas tenu plus de 48 heures.

Retour à la case départ.

Les taux italiens sont au plus haut, la Grèce est déjà enterrée par les marchés qui se cherchent une nouvelle proie. Les banquiers continuent de faire un grand bras d’honneur aux politiques qui les sponsorisent comme à leur habitude : les taux baissent (c’est bon pour les comptes) mais les banques (européennes) se désengagent de la dette souveraine européenne. Elles tentent de minimiser leurs pertes tout en ayant cette courte vue qui les caractérise : elles scient la branche sur laquelle elles sont assises puisqu’en agissant de la sorte, elles condamnent l’euro.

Les marchés ont fait quelques tentatives pour sonder la résistance de l’Espagne et de la France. On comprend avec l’émission « de test » d’un communiqué de dégradation de la note AAA de la France que celle-ci interviendra dans un avenir encore plus proche que ce que l’on pouvait imaginer.

Le système s’effondre sur lui-même.

Les politiques ont vendu leur âme aux marchés et refusent de les désarmer. Pourtant ils ont eu des tonnes d’occasions depuis 2007 de comprendre que lesdits marchés prenaient tout et ne lâchaient rien, surtout pas leur propension à se goinfrer.

Les messages subliminaux qui sont envoyés montrent que les décisions en passe d’être prises ne feront qu’aggraver les choses. Mais au moins, elles seront en droite ligne des précédentes. Pas de souci, se disent les marchés. La BCE finira par faire tourner la planche à billets. Miam… Tout le monde sait où cela conduira sauf les politiques qui aimeraient bien (sauf l’Allemagne).

Encore un effort et les 99% vont tous descendre dans la rue.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


30 thoughts on “Union européenne : ça sent le sapin”

  1. « Les banquiers continuent de faire un grand bras d’honneur aux politiques qui les sponsorisent comme à leur habitude »

    Oui, il faudrait commencer à se poser certaines questions sur la nature de leur relation..

    Sinon pour les bonds italiens, ils ne sont pas encore au plus haut (9 novembre) mais ça ne saurait tarder..

  2. L’UE n’a pas assez de pouvoir, semble-t-il, pour contraindre les pays membres à respecter leurs engagements, notamment en matière de déficit budgétaire. Mine de rien, si déficit récurrent il n’y avait pas, les banquiers auraient moins d’emprise sur les Etats, d’autant que certaines banques sont plus puissantes que certains Etats, en particulier quand elles se mettent à plusieurs pour spéculer à la hausse ou à la baisse sur des valeurs totalement sans rapport avec l’économie, celle qui fait que nous mangeons tous les jours.

    En même temps, les gens ont tendance à oublier que leurs votes les engagent. Il faut donc comprendre les implications de ceux-ci. S’abstenir de voter les engage de même.

    1. L’innovation financière, ayant menée aux subprimes et la dissimulation via la Titrisation, jamais entendus un politique en parler dans son programme.

      Le mythe que le démantèlement de la sécu, au lieu de chercher à en étendre l’assiette, n’amène pas de réelle économie, mais un marché pour des organismes privés, et ça coute au final plus cher a tous, enfin ceux qui peuvent se la payer, le reste de population constituant un réservoir potentiellement explosif de maladie contagieuse.

      Les couillonnades selliers et autres, et en 2011 bientôt 2012, toujours une réelle pénurie de logement sociaux et belle quantité de marchand de sommeil.

      Laisser le cours des actions de banques en 2008 tomber à zéro, et nationaliser au cours de bourse, aurais permis aux politiques de reprendre la main.

      La spéculation, pas de taxe mais interdiction pure et simple des prises de paris. Sisi suffit de dire stop.
      Et système boursier avec possibilité de revente d’action une fois par trimestre: ==> investissement et non spéculation.

      Un état, ne peut pas faire faillite, ça n’a jamais eut lieu, l’argentine a fait défaut de payement, pas faillites, et ceci n’est pas juste une argutie littéraire.

      Sinon, quoi, les états unis et la chine envoient les chars?

      Les votes n’engagent personnes, les politiques rappelant eux même que leurs mandats ne sont en aucun cas impératifs.

      Pour comprendre le problème de l’EU, une première lecture, ha vi, y’a un peu de texte, et ensuite y’a des auteurs, Montesquieu, Montaigne, Rousseau, Weber, Durkheim…. L’europe technocratique ne fonctionnera pas, car les oligarchie ont toutes systématiquement chuté.

        1. « kitetoa on 15 novembre 2011 at 2 h 14 min

          « désarmer les marchés »…. »

          Pour ce qui est de la Grèce, ça ce met en place :
          les ministres d’extrême-droite, que l’on présente commme des sous-ministres :
          From LAOS:
          Makis Voridis is the new
          Infrastructure Transport and Networks Minister,

          George Georgiou is the
          Alternate Minister in the Ministry of Defence,

          Adonis Georgiadis is the Deputy Minister for Shipping,

          and Asteris Rontoulis is the Deputy Minister in the Ministry of Rural Development and Food.

          http://greece.greekreporter.com/2011/11/11/interim-government-announced-%e2%80%93fm-venizelos-stays-put/

  3. « Encore un effort et les 99% vont tous descendre dans la rue. »

    Ok…. et après ?

    On se fait un apéro géant, un bon gros méchouis, si ca se trouve les CRS pourraient même venir s’asseoir avec nous et apporter les mergez, si eux non plus n’y croient plus.

    Mais le lendemain ? La semaine d’après ? Quand ya plus de ricard dans les verres en plastique ni de mergez sur les brasero… on fait quoi ? On retourne sagement au boulot ?

    Selon moi, c’est à ça qu’il faut penser – Qu’est-ce qu’il faut *faire*, quelles *propositions* concrètes à faire, après la crise, pour rebondir ?
    Est-ce qu’on reste dans notre 5ème république, pour que nos enfants, dans 30 ans, revivent ça ?
    Est-ce qu’on accepte ce cycle crise-prospérité-crise-prospérité….. comme une évidence, sans rien changer ?

    1. Il y a pourtant plein de pistes et alternatives possibles, mais ce ne sont bien sur pas les médias mainstream qui vont nous les diffuser.

      On pourra retourner le problème dans tout les sens, l’argent assurera toujours les inégalités, la corruption, la prise du pouvoir par un petit nombre.

      Je t’invite à te renseigner sur le concept d’Économie Basée sur les Ressources.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Venus_Project

  4. « Ok…. et après ?  »

    Tu proposes quoi, toi ?
    Je provoque un peu, mais pas tant que ça. Toutes les idées sont bonnes à prendre.
    Moi je dis qu’une bonne déflagration sociale, ça ne peut qu’améliorer les choses. Ou du moins, participer à stopper des choses.
    Après, ensuite, et alors quoi ?
    Et bien, nous verrons bien. Des voix s’élèveront, l’imagination prendra le relais, la discussion s’engagera, les débats se dérouleront.
    Chaque chose en son temps, finalement.
    1) Fin de cette chienlit. Il y a urgence.
    2) Si on n’a rien prévu à l’avance, on avisera. Un peu de réflexion bénéficiant d’un air nouveau peut apporter son lot de surprises.
    L’improvisation n’est pas systématiquement pire que la programmation des évènements.

    1. plus je relis Gorz, plus je pense qu’il avait pas tort sur son diagnostic , le bond en avant vers le capitalisme cognitif améne le capitalisme en équilibre instable sur la créte … de quel coté va t’il tomber ?
      socialisme ou barbarie , l’interrogation de Castoriadis reste …
      comme chuis un putain de pessimiste, je pense qu’on bascule pour l’instant plutôt du coté de la barbarie …

  5. Faut juste savoir un truc : c’est pendant les crises que les grosses fortunes se constituent ou augmentent de façon vertigineuse. Donc les ‘marchés’, en tout cas une partie se régale et va se régaler encore plus.

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