Une République irréprochable

Ensemble, tout devient possible, expliquait Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle. Tout, et même le pire. Pourtant, le candidat le martelait, il voulait une « république irréprochable ». Le président, selon lui n’était ni l’homme d’un parti, ni celui d’un clan.

Je veux une République irréprochable
envoyé par ump. – Regardez les dernières vidéos d’actu.
A peine élu, l’ancien candidat marquait le quinquennat d’une tâche indélébile. Un triptyque : le diner au Fouquet’s, sa « retraite monacale » sur le yacht de M. Bolloré et la loi TEPA.
A ceux qui se demandaient à quoi pouvait bien ressembler une république irréprochable, il apportait une réponse claire.
Suivit une avalanche de preuves de république irréprochable. Des petites nominations entre amis, des renvois d’ascenseur, des hochets donnés pour éviter la contestation, des débauchages à gauche pour emmerder les voisins, du népotisme, des ministres qui n’ont aucune notion de ce à quoi ressemble un conflit d’intérêt, des intimidations permanentes du pouvoir judiciaire, un ministre de l’intérieur condamné pour propos racistes et pour atteinte à la présomption d’innocence, une pression révoltante sur la presse, des enquêtes barbouzardes au service d’un homme, le président. Et l’on en passe.
Dernier avatar de la république irréprochable, Rama Yade. Vexée de ne pas obtenir un poste à sa mesure au sein de l’UMP, elle adhère au micro parti de Serge Gainsbourg Jean-Louis Borloo. Panique à bord à l’Elysée, visiblement, puisqu’elle vient d’être nomée ambassadrice, déléguée permanente de la France auprès de l’Unesco.
Elle est pas belle la république irréprochable, cette république dont le président n’est pas un homme de parti ou de clan ?
Mais s’il ne s’agissait que de placer ses copains, son fils, etc. Ce ne serait finalement pas si grave.
Ce qui l’est plus, c’est le grignotage permanent des libertés individuelles (LOPSI 2, HADOPI, filtrage du Net, soutien financier massif à la presse, nomination directe des dirigeants de presse, etc), les mauvaises décisions économiques qui s’enchaînent et mèneront à une désagrégation du lien social, tout comme le détricotage du code du travail. Ce qui est grave, c’est, sous prétexte d’un nauséabond débat sur l’identité nationale, remettre du combustible sous le feu du racisme. C’est aussi, que M. Copé tente d’exonérer de leurs responsabilités les députés qui auraient menti sur leur déclaration de patrimoine. En créant un monde à deux vitesses, celui de Paulo et le leur, ces politiques alimentent l’idée qu’ils sont « tous pourris ». Et généralement, cela finit mal.
Tout cela devrait faire paniquer Paulo et ses copains du Bar des Amis.
Ce n’est pas le cas. Mais rien ne dit que cela ne le sera pas dans quelques mois.
La presse britannique s’est indignée du fait que les étudiants s’en étaient pris au symbole de la royauté il y a quelques jours, lors d’une manifestation. La Rolls du prince Charles avait notamment été maculée de farine. Pourquoi le prince Charles ? Il n’a aucun pouvoir exécutif. Simplement, c’est un symbole fort du contrat et du lien social en Grande Bretagne. Si les manifestants s’en sont pris à lui, ce n’est pas « choquant ». Ce qui est choquant, c’est que les Anglais aient été poussés assez loin pour réagir de la sorte.
Ce qui est choquant, c’est qu’avec leur république ou leur royauté irréprochable, les politiques de tous bords en sont arrivés à mener les peuples là où ils en sont et à agir de la sorte.


NDA: l’image choisie n’a rien à voir avec un certain groupe (les Anonymous ») qui n’ont visiblement pas compris le sens de la fameuse bande dessinée dont est tiré ce masque.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


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