#Syrie : continuer à réfléchir ?

CNS-DohaDes articles traitant de la propagande, dont un à propos de la Syrie et de Meyssan, mais aussi au sujet de l’influence de masse, ont été publiés sur Reflets. Ces sujets sont centraux si l’on veut continuer à comprendre le monde actuel. Et l’information qui nous parvient. Pour éviter de plonger dans une vaste bouillie intellectuelle et se laisser entraîner sur des pentes plus que glissantes. La propagande, l’influence ne sont pas seulement du côté des Etats, elles sont aussi le fait de ceux qui haïssent les Etats : il devient parfois difficile de savoir ce qui n’est pas propagande ou tentative d’influence. Sur la Syrie, la nécessité de prendre du recul est grande. Afin de réfléchir en s’extirpant de l’aspect émotionnel ou partisan. Pour regarder de plus près, ce qui, de façon factuelle, est sur la table. Et mieux comprendre ce qu’il se trame, peut-être…? Allons-y, avec le sourire,  hein, parce que sinon…

Y a t-il de l’eau dans le gaz avec le Qatar ?

Il est établi que le royaume du Qatar, troisième plus gros producteur de gaz au monde après la Russie et l’Iran, finance massivement des factions rebelles syriennes. Trois milliards de dollars  depuis le début de la guerre, selon les calculs du Financial Times. Pour acheter des armes, beaucoup d’armes magzines de p0rn qui détendent les rebelles. D’où le fait qu’une armée régulière, celle dirigée par Bachar el-Assad, n’arrive pas à mater cette rébellion. Ce financement qatari n’est pas le premier à travers le monde en conflits, et le Qatar est le fief des frères musulmans. Les frères, ces fossoyeurs des révolutions arabes. Des islamistes fondamentalistes, adeptes de l’islam politique, qui tentent en permanence de se faire passer pour des progressistes, comme en Egypte. Ce qu’ils ne sont pas, pas plus que le pays qui les a créés, le Qatar. Sinon, cela se saurait. Le Qatar a réuni en novembre 2012 le Conseil national syrien (CNS) : une organisation réunissant les opposants à Bachar el-Assad. Le CNS a une vocation politique, puisqu’il doit remplacer le pouvoir en place une fois celui-ci tombé. Que s’est-il passé à la fin de ces « Assises de Doha » ? La signature d’un protocole, du même nom que le lieu qui accueillait ces assises : le protocole de Doha. Que contenait-il ce protocole? Les 13 points suivants, dont le N°7, très intéressant :

«1- réduction du nombre des soldats de l’armée syrienne à 50 000;

2- la Syrie ne pourra faire valoir son droit à sa souveraineté sur le Golan que par les moyens politiques. Les deux parties signeront des accords de paix sous l’égide des Etats-Unis et du Qatar;

3- la Syrie doit se débarrasser, sous la supervision des Etats-Unis, de toutes ses armes chimiques et bactériologiques et de la totalité de ses missiles. Cette opération doit se dérouler sur les terres de Jordanie;

4- annulation de toute revendication de souveraineté sur Liwa Iskandaroun et désistement au profit de la Turquie de certains villages frontaliers habités par les Turkmènes dans les «mouhafadhas» d’Alep et d’Idlib;

5- renvoi de tous les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan, ceux recherchés par la Turquie lui seront livrés. Inscription de ce parti sur la liste des organisations terroristes;

6- annulation de tous les accords et conventions signés avec la Russie et la Chine dans les domaines des forages du sous-sol et de l’armement;

7- permettre le passage à travers le territoire syrien d’un gazoduc qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe;

8- permettre le passage à travers le territoire syrien des conduites d’eau en provenance du barrage Atatürk et à destination d’Israël;

9- le Qatar et les Emirats arabes unis s’engagent à reconstruire ce qui a été détruit par la guerre en Syrie à la condition que leurs sociétés aient l’exclusivité de la reconstruction et de l’exploitation du pétrole et gaz syrien;

10- gel des relations avec l’Iran, la Russie et la Chine;

11- rompre les relations avec Hezbollah et les mouvements de résistance palestinienne;

12- le régime syrien sera islamique et non salafiste;

13- le présent accord entrera en application dès la prise du pouvoir» (par l’opposition, Ndlr). Fin de citation.

Eau et gaz à tous les étages comme dirait le défunt chanteur français.

Quelques billes en plus

Les saoudiens, salafistes, détestent le Qatar, parce qu’ils détestent les frères qui aiment bien déstabiliser les régimes en place. Tout comme ils détestent encore plus l’Iran et tout ce qui est chiite. Ils participent aussi à influencer l’opposition syrienne, les saoudiens. D’ailleurs le nouveau président du CNS est un pro-saoudien. Ca c’est cool pour la famille Saoud. Mais le Qatar n’est pas content. Parce que le Qatar discute depuis 2009 avec la Turquie pour faire passer son gaz par voie terrestre. Et le nœud de passage, le hub, c’est la province d’Al Qousseir, où se situe la ville de Homs. La ville que tout le monde veut prendre ou reprendre. Parce que Bachar a signé un projet de gazoduc, lui aussi, avec l’Iran, en juillet 2011. Le pipeline chiite, Iran-Irak-Syrie. Et les tracés des gazoduc passent tous par là. Quant aux Russes, ils n’aimeraient pas du tout que le Qatar amène son gaz en Turquie pour le vendre à l’Europe : ils sont les premiers fournisseurs des européens en gaz, les Russes…

Tout ça est à méditer, bien entendu.

Pas la peine de s’embarquer dans une explication simplifiée du conflit syrien avec le gaz qatari pour seul motif. Mais savoir que le financement de la rébellion par les pingouins de Doah n’est pas motivée par :

1) l’humanisme

2) La seul haine des allaouites

3) Une envie de dépenser sans compter parce qu’ils ont trop de caillasse

Mais plutôt : avoir un pouvoir sunnite de type frères musulmans qui les aidera à se libérer d’Ormuz et des méthaniers sous contrôle iranien, avec de grandes possibilités d’accords intéressants de tous types. C’est vrai, pour tirer le pipeline, il faut que l’Arabie saoudite soit d’accord qu’il traverse son territoire, et ça, ce n’est pas gagné. Mais avec le temps et des amis bien placés…allons savoir.

Tiens, un type qui réfléchit là dessus, un peu spécialiste de la région, et de ces questions, sur une chaîne internationale francophone :

 

Et la France des droits de l’homme ?

Oui, et aussi le prix nobel de la paix 2009 président de la plus grande démocratie du monde qui défend la veuve et l’orphelin, tel batman ? Mais ils attendent. Avec une obligation d’envoyer trois ou quatre missiles sur des bâtiments officiels pour montrer qu’ils haïssent le méchant dictateur (qui est méchant, et qui est dictateur, au passage), et qu’ils ne font ça que parce qu’ils sont les les gentils bisounours du monde qui punissent les méchants, parce que les armes chimiques #cestmal. Personne n’ira dire que les armes chimiques #cestbien, ça ne mange pas de pain. Lancer des missiles pour leurs propres intérêts ? Allons donc, vous pensez bien qu’il n’y en a pas, d’intérêts. Le Qatar n’a rien à voir avec la France, l’énergie, les investissements et tous ces trucs, c’est trop compliqué pour elle,  la France du petit président normal. Et les States, on sait bien qu’ils préfèrent bouffer du bison dans la prairie en jouant de l’harmonica ou écouter du rap sous a douche, plutôt que d’aller se mêler de tout, un peu partout, pour faire avancer leur business mondial…

Bon vent à vous. Et surtout : ne vous énervez pas, y’a pas de raison objective. Tout est sous contrôle.

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33 thoughts on “#Syrie : continuer à réfléchir ?”

  1. Très bon article, c’est normal on est sur Reflet et pas sur TF1.
    Je ne réagirai pas plus sur l’article vu que je suis globalement du même avis.
    Maintenant je trouve « drôle » le fonctionnement de certains états, plus c’est gros moins ça ce voit.
    Mais jusqu’à quel point?

  2. Un très bel article de Yovan en grande forme. Ca fait plaisir.
    Je (re)lisais hier justement cet article de 2012 parlant des enjeux géostratégiques liés au gaz : « La Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient »
    http://mecanoblog.wordpress.com/2012/05/15/la-syrie-centre-de-la-guerre-du-gaz-au-proche-orient/
    Où l’on comprend bien les différents enjeux, les pions qui avancent ici et là, pourquoi la Russie ne lâchera pas la Syrie, l’échec de Nabucco etc. On y trouve, comme à d’autres endroits, des cartes qui valent un long discours.
    A prendre peut-être avec certaines précautions (?)
    (petite note à ceux qui ont l’habitude de critiquer les sources des autres : dans une situation compliquée et multi-partites, la « bonne compréhension » ne peut espérer se faire qu’en regardant de multiples sources, y compris celles qu’on n’a pas forcément l’habitude de consulter, et en faisant fonctionner son cerveau, à bon entendeur…)

    Merci d’avoir publié les accords des assises de Doha. Rien qu’en les lisant, on comprend bien pourquoi le régime syrien ne les acceptera jamais.

    Sinon, Yovan, j’ai lu quelque part aussi qu’Obama faisait déménager ses ogives nucléaires sur la côte Est des USA, en toute « discrétion », signe d’une réelle crainte d’un conflit généralisé et potentiellement nucléaire. Je ne cite pas la source, de crainte de me faire traiter de tous les noms d’oiseaux. As-tu des infos sur cela, info-intox ?

    1. Fafiste!

      + question pénible à YoYo héhéhé qui n’est pas qu’une question de pipeline : pourquoi Fabius est il depuis les tout débuts aussi fermement et sans aucune doute de sa part engagé très clairement sur cette question?

      Ps. Le compte Bernadette a été tueR parait il, un de plus de compte tueR par la néoGestapo qui sévit sur Reflets ; elle va nous manquer Bernadette :)

      Bises.

  3. PARIS (Reuters) – Le Qatar s’est constitué un parc immobilier de plus de 6 milliards d’euros sur les dix dernières années en France dans le résidentiel très haut de gamme et les sites commerciaux ou touristiques de prestige à la faveur d’un régime fiscal dérogatoire, montrent des documents administratifs et juridiques consultés par Reuters.

    Une quarantaine d’actifs immobiliers acquis par l’émirat du Qatar en France soit en direct, soit au travers de son fonds souverain ou encore par le biais d’investissements réalisés en propre par des membres de la famille régnante al Thani ont ainsi été identifiés.

    L’émirat et son fonds souverain contrôle une dizaine de ses biens immobiliers pour une valeur totale de près de 3 milliards d’euros, selon les données compilées par Reuters.

    Un fond créé par l’ex-émir, cheikh Hamad ben Khalifa al Thani, qui a abdiqué en juin en faveur de son fils cheikh Tamin, en détient neuf et ses enfants, dont le nouvel émir, six.

    Les autres sont contrôlés soit par d’autres membres de la famille soit par des hommes d’affaires qui entretiennent des liens étroits avec la famille régnante comme Ghanim bin Saad al-Saad.

    L’ancien émir du Qatar s’est ainsi porté acquéreur du célèbre showroom Citroën des Champs-Elysées mis en vente par PSA, qui confronté à d’importantes difficultés financières, a cédé pour deux milliards d’actifs en 2012.

    Les Qataris bénéficient en France d’un régime fiscal dérogatoire controversé en vertu d’un accord bilatéral dont la dernière mouture remonte à 2008 et qui exempte d’imposition sous certaines conditions les plus values immobilières « 

  4. He bien c’est pas simple, finalement je suis contant de ne pas être dans la peau d’Obama et de Hollande.
    La Syrie c’est un vrai bourbier ou personne n’est blanc ou noir, ils sont tous gris.
    Mais pendant ce temps ce sont les civils qui trinquent comme d’habitude.

    1. Concernant notre Flanby national, qui étonne son monde dans son rôle de va-t-en guerre, posture qu’on n’aurait guère imaginée il y a quelques mois encore, il paraîtrait qu’il n’aurait pas le choix.
      Obama, tout dépité par l’abandon de certains de ses alliés, dont l’Angleterre, le tiendrait par les c*****ettes. Ce serait : aller en Syrie, ou un déferlement « des marchés comme-on-dit » contre la France, qui la ferait ressembler rapidement à la Grèce.
      Vrai, faux ? L’information me semble crédible, personnellement.

  5. Merci Mr Menkevick. Vraiment.

    Je ne connaissais pas le détail des accords de Doha.
    Point 7 et 8 bien sûr, on aurait pu aussi mettre le point 9 en gras. Parait que le sous-sol de la Syrie , ou plutôt ses eaux territoriales, regorge de gaz.

    Ah j’oubliais : allez PSG, allez..
    Comme quoi en France y a 2 sortes d’arabes : les méchants, ceux qui viennent rien foutre aux frais des bons français, et les bons, ceux qui in-ves-tissent.

  6. J’ai bien aimé cet article. Pour la seule et simple raison qu’il lève le voile sur un des nombreux aspects de cette histoire de guerre qui se voudrait « humanitaire » et n’est rien de cela.

    Nombreux aspects car Syrie est au croisement de tout ce qui est pénible, des considérations sur les ressources naturelles stratégiques en passant par les religions, les clans, les communautés, les géopolitiques « occidentales », les pauses calculées des pseudo-unions qui disent par une voix ceci et d’une autre le contraire (UE), les intérêts des marchands d’armes, les intérêts de Rome qui se sent là des amours sans arrière pensée n’en doutons pas , les pressions économiques des Usa sur des pays pour leur faire admettre la bonne voie qui est la leur de force, mais aussi et c’est peut être le plus affligeant les idées petitement politiciennes les plus petites et minables de petits présidents comme ce petit Hollande sans consistance et sans qualités qui croient ainsi pouvoir enfin exister quelques heures de manière opportuniste.

    Une fois n’est pas coutume, Reflets regagne un peu d’estime à mes yeux avec cet article façon « mollo ».

    Je conseille très vivement une ligne éditoriale façon Taddei sur cette question syrienne, et sur d’autres. Bref, intelligente diversifiée et pondérée, en un mot JOURNALISTIQUE.

  7. Présenter ce « protocole de Doha » comme, je te cite, « ce qui, de façon factuelle, est sur la table » manque de prudence à mon avis.

    Noureddine Merdaci a initialement publié l’article révélant le contenu du protocole dans l’Expression (cf le lien dans l’article), qui est un journal proche du pouvoir algérien, lui-même proche du pouvoir syrien.

    On peut lire dans son article :

    « En Syrie ce sont des combattants venus de nombreux pays arabes, des éléments d’Al Qaîda, des djihadistes d’Afghanistan, de la Somalie et autre Pakistan, bien armés, qui tuent la population civile syrienne et se battent contre l’armée syrienne aux côtés d’une poignée de déserteurs. »

    Je suis le seul à trouver ça « un peu » orienté ?

    Donc, ce journaliste a « pu consulter le document », dommage qu’il n’ait pu que relever les 13 points (avec beaucoup de précision tout de même), mais sans pouvoir fournir une copie dudit document. Enfin, je sais pas, mais moi, si j’avais eu ça sous les yeux, je ne me serais pas contenté de prendre le temps de recopier les 13 points sagement, j’aurais eu un peu plus d’ambition, vu l’importance de ce qui est décrit.

    Donc, effectivement, si le contenu de ce « protocole » paraît assez édifiant, je me permets de ne pas partager l’enthousiasme des autres commentateurs, car comme tu le dis si bien dans ton introduction, « il devient parfois difficile de savoir ce qui n’est pas propagande ou tentative d’influence ».

    Bon, après, si t’as d’autres sources parlant de ce « protocole de Doha », je suis preneur.

    1. Bonjour, aucune information concernant le protocole de Doha, mais une information sur la réalité du terrain. Des terroristes qui attaquent un état souverain. Et ça, si nous laissons faire ça, que nous soyons pour ou contre la dictature, ce serait une grosse erreur de notre part
      Le récit de Pierre Picinin résumé coté belge… je n’ai pas vu d’article similaire en France.
      [http://www.lesoir.be/314297/article/actualite/monde/2013-09-09/pierre-piccinin-libere-malgre-epreuves-subies-je-vais-bien]

      [u]Hollande, mets toi au boulot, au lieu d’essayer de nous prendre pour des cons.[/u]

      1. « afrique-asie » a cité l’Expression comme source (voir en fin d’article).
        Je crois que c’est plutôt l’IRIB qui s’est contenté de copier/coller l’article de l’Expression, sans citer sa source.

        1. Je contacte le journaliste en question. Savoir s’il a un original, d’autre éléments plus concrets. Mais aucun spécialiste de la région, de ceux contactés, ne remet en cause le protocole de Doha avec la demande de passage du gazoduc en Syrie par le Qatar. La volonté du Qatar de passer son gaz par voie terrestre jusqu’en Turquie, via la Syrie, est connue depuis plusieurs années. Son financement de la rébellion aussi. C’est une information, un éclairage. Mais la situation comporte beaucoup plus d’éléments que celui-ci seul. C’en est un. Pas plus.

  8. Merci pour cet excellent article.
    Je suis un peu surpris qu’il ait pu « passer », étant donné qu’il montre clairement le pourquoi et les enjeux de cette guerre, ainsi que sa fabrication via un financement massif de l’extérieur… mais un gros +1 pour reflets sur ce coup !

    Je rappelle au passage que les Etats-Unis ont prévu depuis au moins 10 ans de s' »occuper » de la Syrie (source http://en.wikipedia.org/wiki/Wesley_Clark#General_Clark.27s_Book_on_Modern_Wars), d’où leur soutien actif au Qatar.

    1. Il semble évident tout à coup que la coalition hétéroclite  » va t’en guerre  » : USA + Israel + France + arabie saoudite + quatar + turquie n’est qu’un coup d’épée dans l’eau de l’empire US du pognon qui est à moitié ruiné et en est réduit à payer des mercenaires pour controler ses frontières…les chinois qui possèdent les 2/3 des avoirs US en devises ont besoin du pétrole et du gaz du moyen orient pour se développer et vont tirer les marrons du feu avec l’appui militaire des russes …l’empire US c’est bientot fini , le piège se referme !

  9. La situation en Syrie pourrait être transposée en France…

    . Imaginons qu’aux prochaines élections, dans un contexte de forte abstention suite à l’écœurement des électorats PS et UMP pour les leaders respectifs, Marine Le Pen soit élue.

    . L’extrême droite a pour habitude de rassembler la nation autour d’un ennemi commun. Cette fois c’est la figure du délinquant immigré qui pourrait être utilisée. On peut imaginer une intensification de la répression dans les banlieues (certains parlent de militarisation de la gestion des banlieues). Si la crise s’aggrave en même temps, ça pourrait avoir pour conséquence le désespoir de ces populations, la radicalisation d’une partie de sa jeunesse et si tout est géré au plus mal : des émeutes.

    . Il pourrait alors se trouver, comme pour la Syrie, la Libye, le Mali, etc., des intérêts qui pourraient trouver utile de distribuer des armes de guerre aux plus radicaux de ces émeutiers. Comme en Libye, Syrie, etc. on peut imaginer que des mercenaires pourraient être envoyés pour les encadrer. (ça n’est pas de la science fiction, c’est la stratégie éprouvée des « contras ».)

    . L’armée française serait alors contrainte d’attaquer les banlieues pour en reprendre le contrôle, massacrant ainsi la population civile, tandis que les contras auraient disparu à son arrivée pour mieux reprendre les attaques dans une autre zone urbaine.
    Il semble qu’il n’existe aujourd’hui pas de stratégie militaire efficace face à cela…

    Le pire n’est jamais sûr, c’est la perspective la plus sombre, pas du tout la plus probable. Mais avant de soutenir le bombardement de la Syrie et plus précisément sa déstabilisation par des mercenaires, il me semble utile d’y réfléchir…

  10. Pour ceux qui le voudraient : possibilité d’exprimer son opinion par un oui/non ici :
    http://www.lejdd.fr/International/Moyen-Orient/Actualite/Etes-vous-favorable-a-des-frappes-contre-le-regime-syrien-628102

    Notons au passage que dans les pays « occidentaux » concernés (France, Allemagne, Angleterre, USA… même la Turquie) les populations s’expriment pour le non à un poucentage moyen qui doit avoisiner les 80%.
    Ce qui serait intéressant, ce serait de décortiquer les raisons détaillées de ces chiffres.

  11. Mince, je me rends compte qu’un scénario de Troisième Révolution Industrielle et donc d’économie post-carbone réduirai tout ces beaux efforts à néant.

    M’enfin le gaz syrien est en train de faire plus de mort que le gaz sarin finalement

  12. Merci pour cet article qui éclaire de manière brève, concise une des facettes et des enjeux de cette situation. Je ne comprenais guère un tel entêtement à une intervention dans cette région.
    Je comprends mieux maintenant.
    Si vous avez le temps, je serai ravi de lire un autre éclairage sur d’autres enjeux qui conduisent à un tel imbroglio.

  13. Mémoire sur l’implantation des entreprises française en Syrie, extrait:

    « Historique des implantations françaises.
    Total est la première entreprise à s’être installée en Syrie.
    Arrivée en 1988 après un appel du gouvernement syrien pour l’exploitation des champs de pétrole à l’Est de la Syrie, elle n’a
    pas vraiment eu le choix de son mode d’implantation.
    C’est aujourd’hui encore une société en joint-venture.
    C’est-à-dire qu’une nouvelle société : la Deir Ez Zor Petroleum Company, a été fondée par Total et la Société Publique des
    Petroles Syriens, pour exploiter les champs pétroliers.
    Son conseil d’administration est composé pour moitié de cadres de chez Total et pour l’autre moitié de fonctionnaires
    syriens.
    Ce n’est qu’en 2004, quand la Syrie s’ouvre aux capitaux étrangers, que de nouvelles entreprises françaises choisissent de
    venir s’installer…. »
    Source pdf:http://ge.tt/5qxJRqr/v/0?c

    Total, Lafarge, Air liquide, Véritas, etc… Le gouvernement Syrien actuel semble être un peu « taquin » avec les entreprises étrangères ^^

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