Surveillez moi, oh oui, surveillez moi !

(on en parle, on en parle, on explique comment ça marche, et on a l’impression que tout le monde s’en fout (ou presque), mais fichtre diable, comment qu’il fonctionne et à quoi qu’il peut bien servir tout cet arsenal de surveillance, hein ? Parce que bon, Madame Michu, elle a rien à se reprocher, alors pourquoi qu’elle serait inquiète de la société de la surveillance généralisée, hein ?)

— « Moi, Monsieur, je ne vois pas où est le problème, parce que je n’ai rien à me reprocher ! Mais si vous, vous êtes contre, c’est p’têtre bien que vous avez des choses à cacher, non ? Et pis faut bien faire queqchose cont’tous ces délinquants, les terroristes barbus et tous ces mômes qui savent plus quoi faire d’leurs journées, hein ? » Ouais, c’est ça Marcel, je vais en parler à mon cheval. Le problème avec Marcel et ses potes, leurs femmes (dont Madame Michu fait partie, mais aussi des plus jeunes dont Jennifer, Kevin et Pierre-Henri), c’est qu’ils renvoient un lieu commun de plus en plus accepté : la surveillance est une bonne chose, et si elle est à la rigueur un peu gênante, c’est un moindre mal nécessaire pour contenir l’insécurité vendue par Jean-Pierre au journal de 13h et par Claude Guéant partout où il peut.

Amesys et ses technologies de DPI : l’accomplissement d’une politique de contrôle social déjà ancienne

Ne vous méprenez pas, vous qui maudissez le gouvernement actuel et pensez qu’il est le principal responsable de la société sécuritaire de surveillance qui se met en place : leurs potes de gauche ne sont pas en reste et ont été les premiers à en faire la promotion. Pour ceux qui étaient encore très jeunes à l’époque, rappelons que c’est Elisabeth Guigou, cette splendide blonde humaniste qui était garde des sceaux, lorsqu’en 1998 la loi sur le fichier national automatisé des empreintes génétiques a été votée (FNAEG) avec une majorité socialiste à l’assemblée et un gouvernement tout pareil. Quelques-uns avaient mis en garde sur une dérive qui ne manquerait pas de survenir, mais nos bons républicains de gauche juraient la main sur le cœur que ces empreintes ADN ne seraient réservées, bien entendu, qu’aux criminels sexuels. Madame Michu était rassurée, Marcel pouvait se resservir un Pastis en lançant « qu’enfin on allait s’occuper de tous ces salopards de violeurs et de pédophiles ». Ouais, ouais, ouais…

Aujourd’hui on est à plus de 1 700 000 empreintes dans le FNAEG : n’importe quel gamin ayant participé à une manif, s’il est embarqué au poste à droit à son fichage ADN, aidé par une « circulaire Dati » qui soustrait le FNAEG au contrôle des juges. FNAEG grossit de 1000 fiches par jour ce qui nous donne 365 000 par an. Mais comme il est toujours possible d’aller encore plus loin, un professeur de l’INSERM n’a pas trouvé mieux que de prélever (en 2007) 6000 échantillons ADN de lycéens pour étudier la génétique des comportements (1). Ah ouais ? La génétique des comportements, c’est quoi ce truc ? Et bien comme nous allons le voir, si l’on parle de contrôle social dans le cadre de la surveillance des communication des populations, c’est qu’il y a un rapport étroit entre les deux.

Ils en rêvaient depuis des siècles, l’informatique leur ouvre les portes du contrôle social

Un excellent bouquin du célèbre linguiste Noam Chomsky « La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie » rappelle avec moult détails et précisions comment dès le XVIIIème siècle les dirigeants politiques et grandes fortunes du monde occidental se sont enquis des possibilités d’influencer les masses et surtout parvenir à un contrôle de leurs populations qui leur assurerait une continuité dans l’exercice du pouvoir et la transmission de leurs patrimoines financiers. Le principe est simple d’un point de vue théorique, mais compliqué dans sa mise en œuvre. Pour faire court, l’idée centrale est de parvenir à une société où les individus sont à la fois convaincus du bien-fondé du système dans lequel ils évoluent, pratiquent une auto-censure permanente et défendent leur propre asservissement pour conserver une cohésion collective. Cette « société parfaite » propose d’abolir le crime, la violence, la sédition pour que tout un chacun puisse se sentir protégé, sécurisé, (et que les classes possédantes puissent surtout ne pas être remises en cause par le reste de la population, c’est à dire la très grande majorité).

« 1984 » de Georges Orwell, roman d’anticipation écrit juste après la seconde guerre mondiale nous décrit avec une précision diabolique la société dans laquelle nous sommes déjà entrés : omniprésence des écrans et de l’information, « discours de peur » permanents des dirigeants, technologies de surveillance généralisées, détournements sémantiques des appareils d’Etat et des concepts (« la guerre c’est la paix », « la liberté c’est l’esclavage »), police de la pensée, ennemi éternel (le terrorisme permanent justifiant la surveillance), guerres et alliances modifiées en permanence…

Le ministère « de l’immigration et de l’identité nationale » est un bon exemple de pratique de détournement sémantique « à la 1984 ». Comme la réception d’un Khadafi en 2008 déclaré ennemi sacré 3 ans plus tard. Le plan vigipirate ré-activé chaque année. Les slogans politiques de type « ensemble tout est possible ». « Les fous dangereux laissés en liberté », dénoncés par le courageux président lui permettant d’implémenter des caméras de surveillance dans les hôpitaux et proposer la « géo-localisation par bracelet électronique des schizophrènes (sic) alliée à la loi de soins sous contraintes en psychiatrie ». La surveillance des échanges de fichiers. Arrêtons-là les analogies pour nous pencher sur le contrôle social tel qu’il est insidieusement mis en place…et ce qu’il génère.

Le contrôle social, mais pourquoi ?

L’idée politique du contrôle social, dans une société vieillissante, et donc par essence plus inquiète et influençable, est avant tout la réalisation d’un fantasme originel de la haute bourgeoisie, des classe possédantes, en un mot de l’élite. Ce fantasme est celui de l’imposition à tous, d’un environnement social étanche et profondément contre-révolutionnaire dans sa structure même. La hantise des classes dirigeantes (cette bourgoisie ayant remplacé la noblesse) depuis l’apparition des démocraties, est la perte de ses privilèges, perte du contrôle des appareils d’Etat lui assurant sur plusieurs générations l’équivalent d’une immunité de sa rente financière, donc de sa totale mainmise sur les ressources les plus importantes, garantes de sa jouissance à tous les sens du terme.

La force brutale ne fonctionnant pas pour conserver cette mainmise, puisque poussant les classes les moins favorisées, dont la jeunesse fait souvent partie, à se rebeller, à vouloir « changer la société » et pouvant produire des révolutions, la classe dirigeante doit alors mettre en place un vaste système d’influence [des esprits, des mentalités], d’auto-régulation des masses [dans leur capacité à défendre les outils de contrôle que les dirigeants mettent en œuvre] et passant par plusieurs étapes. Ce qui est appelé contrôle-social n’est rien de moins qu’une vaste toile d’araignée dans laquelle on englue la population. Cette toile est constituée de plusieurs éléments, mais elle ne peut être mise en œuvre qu’avec des solutions technologiques qui n’étaient pas assez performantes il y a quelques dizaines d’années encore.

Comment faire passer la pilule et activer l’auto-censure ?

L’idée d’une société dangereuse parce que constituée d’individus néfastes et criminels, irrécupérables parce que « génétiquement programmés pour nuire » est le premier point à étudier pour comprendre comment fonctionne le contrôle social. La génétique est indispensable à une partie du discours, elle dédouane d’un côté le politique dans ses échecs d’amélioration sociales, éducatives, et permet un doublé extraordinaire : il faut surveiller les « délinquants génétiques », et « vous, les bons citoyens n’êtes pas de ceux-là, donc la surveillance ne vous concerne pas, même si elle s’exerce sur vous et que vous le savez plus ou moins ». Le rapport de l’INSERM de 2005 soutenu par les politiques dont l’actuel président de la république indiquait qu’un dépistage dès l’âge de 3 ans des comportements à risques était nécessaire. Avec ce types de développements comme « Le taux d’héritabilité génétique du trouble des conduites est proche de 50 % ». Rien d’étonnant, puisqu’on pense au sommet de l’Etat, par exemple, qu’on « nait pédophile ».

Sarko s’improvise « scientifique » par sarkonon

Le principe (sans aucune preuve formelle et scientifique) des causes génétiques des maladies mentales comme la schizophrénie est clamé sur tous les toits depuis quelques années. Les fichiers ADN cités plus haut ont été proposés comme outil de gestion de l’immigration, et on comprend très bien ce que permettrait la constitution d’un tel fichier. Parce que voilà le centre du sujet : passer de la lutte des classes (dangereuse pour la classe dirigeante) à la « lutte des comportements d’origine génétiques » [ethniques aussi par rebond, c’est en cours) , bien plus productive en termes de contrôle et de gestion des populations.

La toile, pour bien fonctionner, doit aussi étendre les outils de surveillance le plus loin possible afin, non pas de chercher à « coincer » n’importe qui, mais afin de dissuader le plus grand nombre de pratiquer toute forme de sédition. Parce que la limite entre parler de terrorisme et être terroriste n’est pas grande. Parce que dépasser de 4 km/heure une limitation de vitesse devient un acte délictueux qui vous pénalise immédiatement par l’automaticité de l’envoi du procès-verbal par le radar connecté au central des cartes grises. Fumer est délictueux dans la plupart des lieux. L’obligation de placer des détecteurs de fumée avec alarme à son domicile est prévue pour 2012. Comme l’obligation de posséder un alcotest dans son véhicule. Le fichier Base-éleve instruit les comportements des élèves. La liste est trop longue…mais tous ces éléments participent à une seule chose : établir un « état d’être » des populations soupçonneuses et soupçonnées, sous surveillance de l’Etat garant du mieux-être, de la sécurité du plus grand nombre, d’une société immobile nettoyée de ses éléments perturbateurs, ou en surveillance étendue.

Qu’est-ce qu’on peut faire ?

Plein de choses. Parce que l’utilisation de l’inspection profonde de paquets par Amesys (et bien d’autres) en Tunisie, Libye etc… pour espionner les populations est gravissime, mais doit créer un électrochoc au sein de notre société : ces entreprises vendent des technologies de surveillance de masse à l’étranger, il n’y a aucune raison qu’elles ne fassent pas de même en France. Et au delà de cette possibilité, le simple fait qu’une loi Hadopi permette déjà d’opérer la surveillance des échanges de fichiers des citoyens en peer-to-peer est une démonstration que l’opération « je suis partout, je vous surveille, faites gaffe à ce que vous faites » est en cours. Et le but de l’opération n’est pas de faire baisser le téléchargement illégal. Le but de l’opération, qu’on va nommer « Internet civilisé » dans le cas des outils de surveillance numériques est de monter d’un cran le contrôle social déjà en place. Parce que plus vous aurez l’impression qu’on vous surveille, plus vous ne ferez que le strict minimum. Vous vous censurerez. Comme en Tunisie à l’époque de Ben Ali où discuter dans un bar était très risqué puisque la probabilité qu’un client soit un agent de Ben Ali était proche de 100%. Il y avait un flic pour 10 habitants en Tunisie à cette époque. Imaginez ce qu’il est possible de faire avec l’espionnage massif des communications, une surveillance urbaine totale par caméras, un fichage génétique de grande ampleur. Et ce que cet « état de fait » peut déclencher psychologiquement et socialement chez les citoyens.

Le Patriot Act de Georges W. Bush a pu par exemple permettre que toutes les coordonnées des emprunteurs de livres de bibliothèques parlant de l’islam soient immédiatement transférées au FBI. FBI qui déboulait chez les dits emprunteurs, et pas avec de bons sentiments. « 1984 » n’est pas loin. C’est le moins qu’on puisse dire. Alors quelques solutions : faire partager cette information au plus grand nombre, en parler autour de soi. Utiliser des outils sécurisés sur le net, surveiller les surveillants ou aider à le faire. Mais surtout travailler à démonter les pseudo-sciences du comportement, dénoncer les fichages quels qu’ils soient, la pseudo-société de l’insécurité massive qui n’est qu’une pure fabrication, un mensonge politique ; demander des moyens sociaux pour permettre aux populations les plus défavorisées de participer  correctement à la vie collective, éteindre les postes de télévision, dénoncer la mise en place du contrôle social. Et aussi, se dire et faire savoir, qu’une dictature n’a pas besoin de se nommer pour se mettre en place. Ni de coup d’Etat. La dictature la plus puissante qui soit est celle des esprits. Rien ne nous dit qu’elle n’est pas déjà bien entamée ou qu’elle ne va pas encore aller plus loin, jusqu’à que nous ne soyons plus en mesure de dire « Non ». Ou mieux, quand l’emprise du contrôle en place sera telle qu’il ne nous sera même plus possible de penser dire « Non ».

(1) : source « Big Brother Awards – Les surveillants surveillés« 

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70 thoughts on “Surveillez moi, oh oui, surveillez moi !”

      1. Ah oui !
        Moi et un pote on terminait chaque message par « attentat, bombe, bill clinton », même si ça n’avait rien à voir avec le sujet.
        C’était même avant le 11 septembre.
        Je sais pas si le FBI nous a jamais fiché.

        Oui, je suis très gamin.

  1. Essaye de lancer une fausse alerte à la bombe, et tu va voir la réaction… Le juge sera pas du tout clément, tu peux me croire.

    Il y a fort à parier que ce serait exactement la même chose sur le net si le DPI se mettait en place. Tu dira quoi au juge quand il te demandera « mais pourquoi avez vous fait toutes ces recherches sur les bombes bactériologiques ? »

    Si tu répond « parce que suis contre le DPI », je pense que la réaction sera à peu près la même que si tu justifie une alerté à la bombe dans un grand magasin pour dénoncer (et/ou lutter) contre la société de consommation… Bref, ça va pas bien passer.

    N’attendons pas de voir comment nous pourrions lutter contre le DPI quand il sera en place. Faisons en sorte qu’il ne puisse jamais être utilisé, point.

    1. Sauf que l’écoute de ce que j’écris est illégal tant que ce n’est pas un juge selon une procédure précise qui décide de faire collecter mes écrits.
      Donc il me demandera rien sur mes choix car il ne peut pas que sur délation d’enfoirés.

      1. Pour les recherches bactériologiques, c’est pas encore arrivé quand même.
        Par contre pour l’attentat à la bombe, il y a un type en Angleterre qui s’est fait arrêter parce qu’il avait posté une blague sur twitter genre : « mon train est encore en retard, si ça continue je vais mettre une bombe moi ! »
        Et effectivement, le juge n’a eu aucun sens de l’humour. :/

        1. Oui, mais tes exemples sont bidons par rapport à ce qui nous intéresse. Twitter est public, pas besoin de DPI pour savoir ce qui s’y écrit. Et puis ton « faisons en sorte qu’il ne puisse être jamais utilisé », jamais il te vient à l’esprit qu’il est peut-être déjà utilisé ? Sinon si tu connais le moyen d’empêcher d’être installé, partage nous le. Je crains que « point » ne suffit pas l’affaire.

    1. Idem,
      Parmi tous ceux que j’ai lu c’est un des 1er romans que je conseillerais.
      Il y a du souffle la dedans.
      C’est de la SF, mais en même temps c’est parfaitement d’actualité.
      Normal: La SF ca sert aussi à ca, et puis l’auteur s’explique bien dans la préface.

  2. @kitetoa : Pas super newbiz friendly quand même :)

    ~/ADMechelon-lagger$ ./compile
    In file included from ipspoof/ipspoof.c:20:
    ipspoof/ipspoof.h:22:8: warning: extra tokens at end of #endif directive

    Bon, ok, c’est qu’un warning après tout. Alors on lance l’exe :

    /usr/bin/tclsh: bad interpreter: No such file or directory

    Ok, c’est pas trop compliqué à résoudre non plus, mais il manque au minimum quelques infos dans le readme :p

  3. Juste une petite remarque. Quand vous parlez de société de surveillance, vous mentionnez « 1984 » de Orwell. D’accord. Mais je pense qu’il faut rajouter un bout du « meilleur des mondes » de Huxley. C’est exactement les propos du premier paragraphe : la majorité de la population n’est pas hostile à la surveillance généralisée.

    C’est là à mon avis qu’est le problème. Sans le support (au moins tacite) de la majorité (ou d’une grosse minorité), ça n’avancera pas.
    Pourquoi la loi Hadopi a été autant médiatisée ? Parce que ça portait atteinte à une liberté fondamentale ? Non, parce que ça touchait les gens directement.

    La prochaine étape est de convaincre les gens que la surveillance généralisée va les toucher directement.

    Je finirais (oui, c’est déjà long) par dire que focaliser la critique sur les seuls dirigeants est réducteur. Le pire ennemi des libertés (et de la démocratie), c’est monsieur tout le monde (si on faisait un référendum sur ce qu’il faudrait faire à un pédophile, les résultats seraient pas conforme aux droits de l’Homme).

    1. On ne peut pas tout mettre dans un même article. Mais le propos du « meilleur des mondes » est encore un peu différent : il y est question avant toute chose d’une société de la « perfection génétique » et du contrôle des émotions. Le meilleur des mondes a été écrit avant la seconde guerre mondiale, ne pas l’oublier.

      « focaliser la critique sur les seuls dirigeants est réducteur » : non, non, cher lecteur, ce sont les dirigeants qui installent et poussent ce contrôle social. Ensuite, si vous avez bien lui, j’y indique cela :

      « l’idée centrale est de parvenir à une société où les individus sont à la fois convaincus du bien-fondé du système dans lequel ils évoluent, pratiquent une auto-censure permanente et défendent leur propre asservissement pour conserver une cohésion collective »

      Vous pensez bien que je parle de monsieur tout le monde. Mais monsieur tout le monde écoute les discours et les réactions politiques à des faits divers, il ne se fait pas son opinion seul. Et ce n’est pas lui vote les lois. Il soutient au fur et à mesure qu’on lui explique que c’est pour son bien.

      1. J’ai du mal m’exprimer.

        Ce que je voulais dire, c’est qu’il est aussi important de dénoncer la surveillance généralisée venant des dirigeants que de faire prendre conscience au citoyen lambda que c’est mauvais pour lui.
        Mon dernier paragraphe visait à montrer que c’est peut être là qu’il y a le plus de boulot.
        Mais je sais que vous (reflets) y travaillez. La preuve, j’en ai pris conscience.

        Pour la différence 1984/ meilleur des mondes. Qu’est ce qui marche le mieux ? interdire quelque chose et surveiller tout le monde ou marteler quelque chose jusqu’à convaincre que c’est vrai ? Pour l’instant, on est dans un hybride : caméra d’un côté (grossièrement) mais également culte de la société de consommation, du plaisir immédiat, de l’autre (TV grossièrement).
        Je ne suis pas sûr que le premier soit plus opprimant que le second pour l’esprit. Et ce sont les mêmes qui organisent les deux.

    2. @ Schnafon,

      J’allais le dire.
      J’ai toujours trouvé « Le meilleur des mondes » plus convaincant que « 1984 ».
      Dans le second on interdit par la force, dans le premier on n’a même pas besoin d’interdire et de réprimer puisque la population est programmée pour accepter.
      Un petit comparatif que j’aime bien :

      http://www.prosebeforehos.com/image-of-the-day/08/24/huxley-vs-orwell-infinite-distraction-or-government-oppression/

      1. Pas d’accord…le monde de 1984 n’interdit pas par la force. Ce n’est pas une dictature 1984, la société est simplement une société de surveillance et de contrôle, nuance. L’Etat veut le bien de la population, et il lui fait savoir. La majorité des citoyens trouve normal le système de Big Brother qui protège contre l’affreux-vilain-pas-beau et ses terroristes, etc… Toute la subtilité de 1984 est qu’un système a réussi à faire que la population accepte et soutient sa propagande, se soumet à la technologie pour se protéger des agressions et de l’extérieur et de l’intérieur. C’est une société de la peur de l’autre, comme la notre…avec des dirigeants qui parlent de peur en permanence.

        1. Ouais mais à la fois de ce que je me rappel dans Le Meilleur des Mondes, les gens sont heureux (sans se poser de question). Il y a un ordre établi et rien ne leur donne l’idée de le remettre en question.
          Dans 1984, les gens sont près a admettre n’importe quoi mais parce qu’ils on peur d’être considérer comme dissident. Contrairement au roman d’Huxley, ils ne sont pas heureux de leur sort (tout est merdique la bouffe, les clopes, leur appartement, leurs fringues), mais ils savent que leur voisin est peut-être un agent de Big Brother.

          Enfin les souvenir sont peut-être lointains, je devrais le relire !

          1. « tout est merdique »

            Oui, mais c’est pas la faute des dirigeants, c’est parce que le pays est en guerre (perpétuelle et pas toujours contre les mêmes ennemis)…

            L’excuse d’aujourd’hui serait plus « mais c’est pas notre faute c’est la crise… »

        2. @Yovan Menkecick : dans _1984_, on traque ceux qui pensent autrement, on les torture et on les juge. L’opposition est interdite, et les syndicats aussi, et la presse libre, et… Il s’agit bien d’une dictature, de cette variante dite « totalitaire », comme celle qui a sévit en URSS et dans l’Allemagne nazie (lesquels, au passage, étaient « des systèmes avaient réussi à faire que la population accepte et soutient leur propagande, se soumette à la technologie pour se protéger des agressions et de l’extérieur et de l’intérieur. […] une société de la peur de l’autre… »

          « … Comme la notre… » Il ne faut pas non plus raconter n’importe quoi : en URSS, en Allemagne nazie et dans l’Angleterre de _1984_, non seulement vous ne pourriez pas tenir ce genre de propos, mais si vous en aviez parlé à quelqu’un, vous seriez en taule (dans le meilleurs des cas), en camp ou tout simplement exécuté.

          Les formes de la domination ont changé, ça ne veut pas dire que maintenant c’est bien, mais il est assez obscène de laisser entendre que ce serait identique, voire pire.

          1.  » (lesquels, au passage, étaient « des systèmes avaient réussi à faire que la population accepte et soutient leur propagande, se soumette à la technologie pour se protéger des agressions et de l’extérieur et de l’intérieur. […] une société de la peur de l’autre… »

            Oui, comme notre société dans sa grande majorité.

            « Les formes de la domination ont changé, ça ne veut pas dire que maintenant c’est bien, mais il est assez obscène de laisser entendre que ce serait identique, voire pire. »

            Si vous relisez mon article, vous verrez que le problème est bien celui d’une dictature qui ne se nomme pas, un auto-asservissement des populations. Et dites-vous que nous n’en sommes qu’au début, allez donc discuter avec des personnes ayant voulu contester des pouvoirs en place, dans des pays déclarés « démocratiques » comme la Tunisie. Quant aux personnes torturées en Europe par la CIA avec l’accord des gouvernements européens sous prétexte de lutte contre le terrorisme ? Détrompez-vous sur un point : il y a la surface, votre petite vie bien tranquille alliée à une réalité d’apparence, et puis tout ce qu’il se passe sans que vous n’en ayez la moindre idée. Je n’ai pas parlé de l’URSS ni du nazisme dans mon article, mais de la société de 1984. Nuances. Vous croyez que les citoyens savent qu’on torture dans les ministères dans 1984 ? Vous l’avez mal lu alors…

  4. « Mais si vous, vous êtes contre, c’est p’têtre bien que vous avez des choses à cacher, non ? »

    Le corollaire étant que ceux qui ont quelque chose à cacher arriveront toujours à rester invisibles.

    Par exemple, quel gros consommateur de torrents utilise encore sa propre IP? En cas de doute, cf: http://www.youhavedownloaded.com

    @Tomy13: bonne idée, le tout étant de la réaliser de manière stealth. J’avais eu une idée similaire avec les GoogleAds, genre un add-on Firefox qui va poller tous les liens quand on fait une recherche… histoire de pourrir le business model à la longue. Mais il y avait des effets de bord malheureusement.

    Pour en revenir au topic, je pense qu’il faut mettre en balance les défauts de la surveillance avec ses avantages. On ne peut pas nier que le fichier d’empreintes ou d’ADN est un outil prodigieux pour résoudre des affaires judiciaires.

    Par contre, le problème provient du fait qu’il n’existe pas d’entité indépendante, apolitique et sure capable d’en garantir la neutralité. Et éviter les dérives quasi-automatiques de filtrage, flicage, fichage, profilage de masse et autres techniques de marketing agressif.

    A mon avis, si le sujet n’obtient pas plus d’écho de la part des gens, c’est probablement à cause de cette dualité entre les bénéfices (réels ou promis) et les désavantages. D’où l’intérêt d’en parler et d’informer. CQFD.

  5. La bombe nucléaire est un super outil de dissuasion aussi…

    Jusqu’où sommes-nous prêts à aller sous prétexte d’être « performants » pour lutter contre le crime, ou le terrorisme, ou je ne sais pas, les dégradations par les tags ?

    Combien de crimes par an en France ? A peine 1000. La plupart sont résolus : ce sont des crimes passionnels qui ont lieu dans le cerce familial.

    « A mon avis, si le sujet n’obtient pas plus d’écho de la part des gens, c’est probablement à cause de cette dualité entre les bénéfices (réels ou promis) et les désavantages. »

    Pas certain : il est possible aussi que le lavage de cerveau ait très bien fonctionné. Quand une population arrive à croire, en regardant la TV, en quelques mois, que des voitures crament tous les soirs un peu partout en France et se précipite pour voter FN…si tu veux, je ne sais pas si c’est un problème de bénéfice/désavantage qui se joue, mais plutôt un problème entre ne pas réfléchir/croire à tout ce qui est montré à la télé…

    J’insiste sur les bouquins de Chomsky, mais cet homme là sait très bien ce qu’il raconte, et ses analyses sur le pourquoi du contrôle social par les classes dirigeantes est très très intéressant à lire.

    1. Après y a un autre problème à mon avis. Au fur et à mesure que la science progresse elle fait des découvertes qui débouchent sur des technologies de plus en plus puissantes, voire qui dépassent nos échelles humaines (exemple du nucléaire militaire ou civile).

      D’une part, comme les lois sont faites par les hommes elles sont loin d’être éternelles. Si on dit « on sait que la science nous permet de développer telle technologie, mais puisqu’elle est nocive pour l’humanité nous nous interdisons moralement de la produire » rien ne nous assure que le voisin fera de même. Dans la peur de se voir écraser par ce-dernier on la produit quand même. Et si par bonheur le choix de ne pas exploiter cette technologie est fait, rien n’assure que cela durera (mais bon la vie est un combat, rien ne reste en l’état, heureusement).

      D’autre part, face à ce problème serait-il pour autant raisonnable de censurer la science pour qu’elle n’aboutisse pas à des technologies permettant la destruction de l’humanité ?

      Si on prend l’exemple du test ADN. Imaginons que nous interdisions sont utilisation, serions-nous près à ne pas poursuivre une affaire sachant que ce moyen permettrait de l’éclairer fortement ?

      Disons que l’accroissement des responsabilités éthiques engendrées par les avancées de la science ne semble pas proportionnelle à la celui des épaules sensées les porter… Mais bon ce n’est pas une découverte, y des mythes et légendes là-dessus !

      1. Voilà ce que disait Thomas Jefferson : « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre. Et tu finis par perdre les deux. »

        Je crois que tout est dit…

        1. En me relisant plus haut je me dis que j’avais peut-être l’air de défendre une position sécuritaire alors que je souhaitais simplement soulever des interrogations.

          Je suis au contraire complétement d’accord avec cette citation. Si on veut rester digne cela demande du courage. La peur pousse facilement à l’avilissement.

  6. Nan mais je rêve.

    Un article sur la société de la surveillance et pas UN MOT sur Internet, les réseaux sociaux, les grandes entreprises du capital marchand méchant-méchant. Parce que le complot ne s’arrête pas là évidemment les entreprises avancent la main dans la main avec les gouvernants… N’est-ce pas ?

    J’ai aussi lu Orwell (ainsi que la préface de 1984 qui n’est pas présente dans la version originale et qui est disponible ici http://home.iprimus.com.au/korob/Orwell.html) comme tout le monde. Ce qui frappe c’est évidemment l’acceptation de tous d’une société dans laquelle on se sent en sécurité

    Aujourd’hui j’ai moins peur personnellement de la police républicaine (vous saviez comment on organisait l’ordre dans la Grèce antique si démocratique ? La dénonciation ! Pas de force d’interposition, pas de médiation, la balance était le lot commun et quotidien) que du captage irrévocable des données personnelles par de grandes entreprises internationales dont les frontières physiques et temporelles ne sont que de vagues souvenirs pour ceux qui pensent qu’oubli et nationalité ont encore un sens.

    Vous pouvez effacez un fichier policier, vous ne pourrez pas effacer votre profil Facebook.

    Lâchez un peu Orwell et lisez du cyberpunk, cette littérature qui dessine un futur où le marché a renversé les Etats et les frontières.

    Les crises actuelles l’indiquent partout : climat, finance, ressources primaires, régulation, spéculation… On a besoin de plus d’Etat pour assurer de grands désordres qui arrivent. Ça ne veut pas dire plus de surveillance mais plus de coopération et de confiance (un terme complètement absent dans votre discours) entre dirigeants (largement dépassés par le pouvoir économique) et population.

    Quoi ? Comment ? Voir dans la démocratie un outil de construction de projet commun dans un consensus aussi grand que possible face à de terribles enjeux ? Je dois être fou de voir un espoir dans le système démocratique qui reste notre bien le plus précieux.

    A bas les Etats, faites régner le marché.

    1. Ahahhhhhaahha, c’est le commentaire le plus drôle que j’ai lu depuis fort longtemps ! Bravo, excellent, William Gibson est content, votre ego aussi, ça se sent : allez, la pelle, le seau et le bac à sable… -> c’est par là…

  7. @ Lemptoraire

    « A bas les Etats, faites régner le marché.
    Répondre  »

    C’est ce qu’on vit depuis quelques décennies, on voit où ça nous mène.
    Tu sors d’où ? Tu es une sorte d’hibernatus, on vient juste de te décongeler ?
    Les marchés, financiers, économiques, etc c’est fait pour la finance, l’économie… Sans régulation POLITIQUE (au sens noble du terme) ayant une vision et un objectif pour une société meilleure, les marchés, ce n’est que la « loi de la jungle », les plus forts bouffent les plus faibles.

    C’est ça, ton idéal ?

  8. La liste des demandes d’explication à son député devient longue comme les Spyfiles.
    C’est moi il y en a quelques-uns qui doivent être assez fiers d’avoir suffisamment détourné Mai 68 pour en tirer 40 ans de tranquillité sociale avec ce qu’a décrit Yovan et qui s’est passé par la suite ?

  9. Je vous remercie d’avoir mentionné les dérives sécuritaires du soin psychiatrique. Le « Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire » – http://www.collectifpsychiatrie.fr/ – explique très bien combien cette nouvelle sorte de prise en charge, mis à part son aspect orwellien, est contre-productive. A terme, il est probable qu’elle fera plus de mal que de bien car elle tendra à exacerber les symptômes psychotiques des personnes atteintes de schizophrénie, plutôt qu’à les calmer.

  10. Ptain il fout les boules cet article… il fait s estomper les presque encore présents bons moments où on se retrouve sous les platanes ou au troquet (y en a encore quelques uns) pour les remplacer par un futur bien sombre où Mme Michu serait barricadée dans sa maison… encore plus parano… gavée de TJ aux nouvelles alarmistes… et pour seule compagnie un robo dernier cri…

    Pour aider Msieur l’Maire Mme Michu visionne sur son PC une dizaine de caméras de surveillance.. elle dénonce à tout va et est même citée pour sa citoyenneté dans le journal télévisé du village..

    Et un jour peut être aura t elle la nostalgie de son banc sous les platanes…

    Mais ce jour là… dehors… elle aura l air bien suspecte de errer dans les rues du village l air un peu hagard de ne plus trouver ni banc ni platane..

    Et la mère Michel sera récompensée elle qui devant son PC a alerté la municipale police du fait qu une bien étrange personne parcourait les rues du village…

    Vous êtes mégassimement importants les gars !

    je diffuse à donf et vais illico presto verser ma dîme !

  11. Je suis complétement en phase avec cet article. Je l’explique quotidiennement à tous mes amis et ils me répondent à chaque fois que je suis parano et que tout ça fait très « théorie du complot ». Que faire ? :\

  12. Autant l’article part d’un bon fond, autant les commentaires « scientifiques » (biologique) de Yovan Menkevick sont complétement à la ramasse. Mais peut-être ne sont-ils pas de lui ?

    On voit que le rapport de 2005 a été survolé. Et les éléments ayant été repris sont sortis de leur contexte médicale. Et je ne parle même pas du marquage ADN…

    Bref l’article est là pour avertir de dérives possibles (mais qui ne sont pas là !), ce que je trouve intéressant, mais ils utilisent les même méthode de « Peur » pour véhiculer les idéologies en utilisant de gros raccourcis.

    1. Non, j’ai bien lu le rapport, et depuis sa sortie. J’ai suivi les professionnels (à l’époque) qui ont décortiqué le rapport et ont monté http://www.pasde0deconduite.org/. Le rapport de l’Inserm est une grosse saloperie et les « poussées » pour aller vers une société de la prévention des risques basée sur l’étude génétique comportementale n’est pas du tout un délire. Je donne aussi une source que vous devriez lire http://bigbrotherawards.eu.org/article1063.html#book et qui très sérieusement donne tous les éléments pour comprendre comment et avec qui cette dérive pseudo-scientifique est en cours depuis pas mal d’années. Il n’y a aucune méthode de « peur », seulement des réalités, qui peut être vous gênent, mais qui sont là…

  13. Ouai …
    qui osera dire que l’un des premiers vecteurs de l’endoctrinement , ça a été les formations professionnelles axées sur le « développement personnel » à partir des années 80 ? ( je passe sur le recours massif aux psycho-machinchose dans la mise en place de ces formations, et sur la dose de manipulation mentale de groupe qui s’y developpait … )
    qui osera dire « y en a marre de tous ces dispositifs qui disent vouloir faire notre bonheur » ?
    qui mettra en cause ces interdits ?
    qui osera expliquer aux cons qui trouvent que « c’est trop compliqué » et qu’ « il faut pas se prendre la tronche » qu’ils ne sont que des gros cons ?
    Bordel de merde, baiser aprés avoir bu un apéro, fumer aprés avoir baisé, et se bouffer une tartine de bonne terrine de campagne, avec un coup de rouge, t’as commis au moins 15 infractions à la conformité bien pensante …
    dans 10 ans , pour en finir avec les dérapages familiaux, les caméras seront même dans les chambres à coucher
    dans 10 ans, les artefacts technos pourront indiquer à la base de donnée du ministére de la conformité sociale que tu as enfreints les réglements … et personne veut le voir …
    T’as juste oublié un truc , dans ton papier, c’est l’argument imparable contre lequel personne ose s’élever : la victime … La victime qui est quand même un personnage important dans cette scénographie , puisque c’est en son nom, ( ou comme y disent pour répondre à ses injonctions ou ses marches blanches qui commencent à me les briser menu , mais je dois être le seul ) que toute ces saloperies se déroulent .

    1. Ben d’ailleurs en ce moment y a le fameux « institut pour la justice » (qui n’est absolument pas un institut mais une association 1901 soit dit en passant).
      Si on les écoutait (malheureusement pas mal de gens les écoutent) on rétablirait la peine de mort !

  14. Tu as raison, j’aurais dû faire un lien vers cet article que j’ai commis il y a peu : http://reflets.info/empecher-les-crimes-et-renoncer-a-la-democratie/
    Mais l’idée de pouvoir surveiller ce que font les gens chez eux (la chambre à coucher) n’est pas si délirante : plusieurs plaintes ont été déposées par des parents de lycées où des caméras avaient été posées dans les toilettes. En plus, on peut se se dire que la surveillance de tes échanges avec un ordi sur le net est de l’ordre de la surveillance de ton intimité… Le plus drôle est que si tu dis aux gens « accepteriez-vous d’être filmés chez vous ? » ils répondent non, et pourtant accepter que tes échanges de fichiers soient surveillés est à peu près la même chose si l’on se place du côté de la vie privée, de son droit à faire chez soi ce que l’on veut. Que ce soit avec son PC ou avec sa collection de godemichets :-)

    1. « Mais l’idée de pouvoir surveiller ce que font les gens chez eux (la chambre à coucher) n’est pas si délirante »

      Entièrement d’accord. Techniquement c’est largement faisable, et ça a d’ailleurs déjà été fait. N’importe qui peut installer des logiciels espions sur les téléphones ou ordinateurs de la personne qu’il souhaite espionner (genre les conjoints jaloux, je n’ai pas de liens sous la main mais ça a buzzer la dessus a plusieurs reprises).

      Que ce soit une camera dans la salon (ou la chambre a coucher) ou la webcam du PC, c’est plus ou moins la même chose. En finalement, on en est pas si loin. Contrôler une webcam a distance c’est juste un cheval de Troie a installer. Et en ce moment les spywares et chevaux de Troie, c’est la mode :

      Carrier IQ : http://www.itespresso.fr/carrier-iq-eric-schmidt-denonce-le-spyware-des-operateurs-49437.html

      ou celui de la police Allemande : http://www.zataz.com/news/21607/Logiciel-espion-made-in-Police–Quellen-TKU.html

      1. ce qui me fout la trouille c’est qu’on assiste progressivement à une acceptation de la surveillance par ses cibles , comme un moyen d’affirmer socialement qu’on est bien innocent …
        ( cf les nounous avec webcam intégrée etc … )
        On est donc bien dans un monde qui a changé de nature, et ou les individus intégrent le « tous coupables » si cher au capitalisme matiné de protestantisme yankee …

        le probléme n’est même pas l’indifférence, mais l’adhésion de la majorité …
        En ce sens le GIXEL a gagné le pari de son livre bleu de 2004 …
        Les mouvements de refus (parfois musclé) de la biométrie pour les cantoches scolaires de 2005-2008, on voit ce qui en reste …
        dans ma sous préfecture , avec une install depuis la rentrée, 3 ados sur 500 ont refusé, le SNES a trouvé que c’tait pas si mal …
        et les droits de l’hommistes comme moi ont replié les gaules …
        Putain que chuis pessimiste …

  15. Bonjour à la lecture de cette article, je vois que le rédacteur à la même impressions que moi, que 90% des population s’en tape de cette surveillance généralisé et de se contrôle, rien que dans mon entourage je passe pour un fou à essayer de faire comprendre au gens la puissance d’internet et ce que font les états pour le museler, cela deviens fatiguant et je ne sais plus comment les faire réagir , lorsque je vois que dans le top classement des recherches faite sur le moteur yahoo , que secret story 5 arrive en 3eme position je me dis que c’est foutu pour notre société alors je viens vers vous tous avec une seul question
    qu’est ce que l’on peux faire à notre niveaux???

  16. En parler, dénoncer, réfléchir, donner des outils et des méthodes pour contrer les surveillances…et plus si affinités (surtout si le dérapage total en cours et annoncé survient)… :-)
    Rappelons que la résistance en france a été le fruit de l’action de…1% de la population. Rappelons aussi qu’un état policier et totalitaire peut se mettre en place avec des élections et une presse déclarée « libre »…

    1. faut pas non plus oublier un truc, la résistance a survécu dans une société qui avait un rapport à la violence trés différent de celui que nous subissons …
      On me reproche souvent mes interventions « violentes » dans mon entourage militant …
      j’ai pourtant jamais pété la tronche a quelqu’un depuis pas mal d’années , juste rappelé des fondamentaux militants et idéologiques , rappelé la nécessité de la cohérence, engueulé des cons aussi …
      le seuil de la « violence » acceptable, il s’est tellement abaissé que maintenant, ne passent dessous que ceux qui ont intégré qu’il fallait vivre couché …

  17. le seuil de la « violence » acceptable, il s’est
    tellement abaissé que maintenant, ne passent
    dessous que ceux qui ont intégré qu’ il fallait
    vivre couché …

    Me plait cette phrase :)

    Pour en revenir au désintérêt de la plupart sur les questions des libertés je me dis que peut être Mme Michou a d autres chats à fouetter (à défaut de pouvoir s acheter de la crème) et que ses enfants rêvent d un futur meilleur.

    Il manque un soupçon d espoir… Qui sait peut être qu après mai 2012 lorsque la demi portion et sa clique auront dégagés, le désir de liberté sera contagieux…

    Dites j ai une question à 2 balles :) j ai vu dans un film (avec Msieur Willis) que la CYBY ou CB ou cibi j en sais foutre rien serait un moyen de communiquer en évitant le flicage… Vous me confirmez ?

  18. toutes les technologies non numériques sont « difficiles » ç fliquer , de la lettre portée par le facteur à l’IP over avian carriers ( autrement appelée RFC 2549 ou « pigeon voyageur » ) donc la cibi, si elle est « écoutable » est plus compliquée à localiser que des trucs comme un smartphone … ( faut avoir du matos, avec des gens ) … tout ce qui demande une intervention humaine est plus « compliqué » à mettre en oeuvre à grande échelle … en période de réduction du nombre de fonctionnaires, on peut difficilement revenir au modéle de RDA avec 50% de la population émargeant pour la Stasi ….

  19. 1984, postule que la société ne peut pas s’ecrouler, c’est à dire que les gens n’auront jamais l’idée que si ca marche mal, c’est de la faute du gouvernement.
    Que le tortionnaire n’est qu’une tortionnaire et qu’il ne voit lui meme pas la realité, qu’il y trouve un interet…

    Quand on voit notre systeme economique, il nous reste des progres à faire s’il on a besoin d’une société assez stable pour penser que la surveillance est un motif suffisant.

  20. Et ça,c’est-y pas beau ?!…:

    http://www.journalinquirer.com/articles/2011/12/12/chris_powell/doc4ee6179b321e6127406122.txt

    Le début de l’article :
    Americans seem ready to forfeit their most basic civil liberty — actually, all their civil liberties — without a whimper.

    By a vote of 93-7 the Senate this month approved a military appropriations bill empowering the government to designate any U.S. citizen within the country as a terrorist and to have the military hold him indefinitely without trial and without the right to habeas corpus, the right to be brought before a court for a judgment on the legality of one’s imprisonment.

    In effect the legislation is a declaration of martial law throughout the country.

  21. Au début vous disiez que j’avais peur et vous n’aviez pas foi en moi, et maintenant que j’ai peur vous dites que j’ai quelque chose a me reprocher mais alors dite-le: est-ce que je dois avoir peur? Allons-nous aller? Allons nous changer le monde ensemble? Allons-nous avoir peur? Non nous n’avons pas peur. Je suis ce que vous êtes et vous êtes ce que je suis.

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