Surveillance: enquête sur Qosmos, le fournisseur de sondes à la Syrie d’al-Assad

Mediapart et le site Reflets.info s’associent pour une enquête en trois volets sur Qosmos, société française spécialisée dans la technologie de surveillance de masse (DPI), visée par une information judiciaire pour « complicité d’actes de
Abonnez-vous ou connectez-vous pour lire le reste de cet article
Twitter Facebook Google Plus email

34 thoughts on “Surveillance: enquête sur Qosmos, le fournisseur de sondes à la Syrie d’al-Assad”

  1. « Reste la possibilité d’autres projets, outre Asfador, menés en partenariat avec Utimaco. Selon nos informations, des dirigeants de Qosmos ont ainsi évoqué l’existence d’autres clients de la société allemande, au Canada ou encore en Australie… »

    Internaute au Québec, je peux vous garantir que, au moins, Bell, Rogers et Cogeco ont utilisé du DPI sur leur routeur. Mais je n’ai rien pour les lier à Qosmos.

  2. C’est une nouvelle ligne de defense en tout cas, le #samarchpa.
    Au moins, c’est un peu plus original que le #spanou ou le #onsavepa.

    « On l’a concu, prepare, en partie livre, mais ca n’etait pas operationnel. (La preuve, on continuait les mises a jour des mois apres avoir « arrete » le projet.) »

    Encore un effort, ils vont peut-etre nous trouver une excuse credible, un jour. #oupas

  3. « Nous, on a bien installé des détonateurs (on fournit toutes sortes d’entreprises de chantiers de démolition légales) pour le compte d’un fabricant de bombes étranger (#spanou). Mais quand on a su ce qui se passait (avant #onsavepa), on n’a pas mis les piles dedans, alors #samarchpa. »
    Ca se résume un peu à ça leur défense, non ?

  4. merci les copains !

    C’est du bon boulot, j’aimerais voir ça tout les jours. Moi, ce qui me choque, c’est que tout le monde s’en tape en général.
    Après tout, si l’état et leurs copains peuvent faire tout ça c’est exactement car tout le monde les laisse faire. On est tous responsable de nos représentants si on décide de les reconnaître en tant que tels… Le #spanou et #onsavepa est universel, c’est bien ça qui nous fout dans la merde.

    Enfin bref, merci à vous et bon courage pour la suite!

    1. C’est exactement ça le problème: les gens se foutent d’être manipulés et espionnés… #Camconcernpas j’ai envie de dire. Tout le monde trouve ça normal… Et pour faire changer les choses il faudrait plus qu’un Snowden ou des sites comme Reflets, il faudrait que la population se sente concernée.

      Sinon article excellent bien sûr.

        1. Dans les collèges ça serait pas mal. Même les jeunes sont blasés par rapport à cet espionnage :sad:

          Ô rage Ô désespoir, resterons nous à jamais de pitoyables dissidents dont les appels résonnent dans la vacuité humaine tels des pets de mouche neurasthénique?

  5. Ca c’est du Reflet! Ca valait le coup d’attendre et en plus quel bonne odeur d’enquête fouillée et étayée de vrais éléments!
    Content de vous retrouver, vivement la suite!

    Bravo continuez comme ça :-)

    PS : on pourrait avoir une évaluation du temps consacré à ce genre d’enquête? On a parfois du mal à se rendre compte du travail que cela représente.

  6. Magistral !!! Bravo et Merci.

    Le droit des sociétés privés, leur immense capacité à concevoir et vendre, à qui veut, des produits nocifs ne surprend plus personne.
    Mais cette entreprise s’avère être une filliale d’ORANGE, émanation d’une entreprise publique – dont les actionnaires principaux sont des « institutionnels » et toujours l’Etat.
    On observe ici la même logique que celle qui régit le marché de l’armement dont les tentatives de régulations demeurent un echec patent.
    Et effectivement, ces outils semblent aussi pouvoir être utilisés comme des armes redoutables.

    Si les deux associations des DH connaissent une issue favorable à leur poursuites, ce sera une belle victoire pour les valeurs qu’elles défendent, pour les internautes.

    Mais cela pourrait également constituer un point de départ juridique substantiel pour demander des comptes à d’autres marchands, d’autres armes…

    Merci de m’avoir lu. Merci REFLETS !
    Bonne lecture à tous.

  7. etape 1: histoire de s’en mettre plein les poches, on va vendre des armes a des services secret pas gentil. et pour convaincre les services secret gentil de nous laisser faire, on vas leur dire que de cette manière les armes qu’ils vont nous achetez vont leur couter moins chère

    etape 2: la justice des gentils a été mis au courant que nous avions vendu des armes a des pas gentil, pour leurs faire plaisir on ne vas pas officiellement apprendre aux méchant a se servir de nos armes

    etape 3: histoire de ne pas perdre en crédibilité chez les pas gentil, on va laisser un de nos employé « maladroit » donner accès a nos manuels de fonctinnement aux services secret des pas gentils

    etape 4: retour a l’etape 1

  8. Trés beau travail.

    Je reposerais la même question qu’un peu plus haut, quid de Utimaco et de Area ?
    Au passage SpA ne fait pas partie du nom de l’entreprise, c’est son statut juridique (Équivalent d’une SA chez nous).

    Oh, et un coquille s’est glissée dans le chapeau : un double avoir.

  9. Wow bravo pour ce superbe article !
    Je n’ai pas pris le temps de suivre le dossier Qosmos et consorts depuis le début, mais votre article remet bien les bases de façon intelligible, chapeau bas :)

  10. « …L’interception globale des flux d’un pays ne peut d’ailleurs intéresser que des dictatures ou des États policiers. Les vendeurs de ce type de solutions le savent bien. Une démocratie ne peut théoriquement pas, pour des raisons légales, mettre toute sa population sur écoute… »

    C’est du second degré, je présume ?

  11. « Nous souhaitons rappeler que nous avons, dès septembre 2012, porté plainte pour dénonciation calomnieuse à l’encontre de la FIDH et de la LDH ».

    Qosmos, prix Nobel de l’humour 2014.

    Ce n’est pas parce qu’on fournit la brique/l’élément central d’un système de surveillance qui ratisse plutôt large (Net/Gsm) à un pays en état de guerre civile tenu par un régime principalement connu pour l’amour de son prochain et sa bienveillance qu’il faut tout de suite nous prêter de mauvaises intentions.

    Ce n’est pas comme si ils allaient s’en servir.

    La défense de Qosmos, c’est du genre « on a livré un vélo à Bachar mais il ne pourra pas s’en servir, les pneus ne sont pas gonflés. Tiens pendant qu’on y pense, aucun rapport, mais il faut qu’on livre une pompe à vélo chez Utimaco ».

    C’est brillant.

    Une question subsidiaire (j’y pense parce que vous parlez d’autres clients au Canada et en Australie), combien de services seraient tentés d’implémenter un petit quelque chose qui permettrait en silent mode de renseigner d’autres pays sur les flux surveillés par les syriens ?

    J’imagine que quand tu as la main sur le software et que tu deales (bonjour l’opérateur historique) avec des amis un peu curieux, ça doit être tentant d’obtenir le renseignement à la source.

    Si les ingénieurs du pays à qui tu livres ton jouet ne sont pas regardants sur le code ou ne détectent pas des flux parallèles, ça doit te titiller.

    En tout cas merci pour ce nouvel article, c’est toujours du bon travail.

    Et il n’y a bien que sur Reflets que je puisse lire ça.

    PS : il ne faut pas en vouloir à Bachar, il avait pensé simplement commander un émulateur Super Nintendo, il ne pensait pas forcement à mal.

  12. Eh ben ! Ça valait le coup d’attendre.
    Merci à l’équipe d’avoir poussé l’investigation. Ça fait vraiment plaisir de se dire que la presse, la vraie, n’est pas morte en France.
    C’est sidérant de constater qu’aucun garde fou n’est posté pour crier halte sur ce genre d’entreprise (si je peux appeler ça entreprise et pas autre chose…).
    On attend la suite du roman avec impatience !

    1. De souvenir il y a un traité Européen qui empêche ce genre de choses dorénavant. Mais Amesys a contourné ce traité en allant s’installer sous AmeSyS au Qatar, pays qui n’est pas soumit à la réglementation EU.

      1. En effet. L’expatriation permet de contourner cette règlementation européenne. Et les autorités françaises, qui sont impliquées dans le capital d’Amesys (indirectement désormais, mais c’est un vrai détail insignifiant) ou de Qosmos laissent ces sociéts jouer sans sourciller. Etonnant, non ?

        1. Étonnant en effet :)
          Quand on regarde de plus près certaines choses, on remarque que la venue du colonel kada lors du règne de Sarkozy Ier était uniquement liée à la vente d’une solution crée par Amesys. Lorsque je regarde le voyage de Sarko au Qatar durant sa présidentielle je ne peux m’empêcher de me dire que c’est en lien avec la création d’AmeSyS là bas. Quand je vois que F Hollande est parti au Qatar très peu de temps après son élection, je ne peux m’empêcher en gros parano que je suis devenu, que c’est aussi dans le but de consolider nos activités AmeSyS là bas voir plus…

          En gros, même politique, même ligne directrice sur la surveillance et notre lobbying à ce sujet … peu importe la personne à la tête du gouvernement et ses orientations présupposées.

          C’était un message du 3615 parano.

  13. Une belle enquête bien à charge, mais si on observe bien… sur votre document « company confidential », il y a deux projets Utimaco : ASFADOR et MSRP. Sans doute pour deux clients finaux différents. Et aux dates de mai et juin 2012, la Syrie avait déjà signé avec un autre fournisseur : https://syria.hacktivist.me/?p=1 ce qui renforce cette hypothèse.

    Mais vous avez malencontreusement caché le contenu des livraisons en juin 2012, ce qui fait que nous ne nous ferons jamais notre idée et que nous sommes obligés de vous croire sur parole

  14. Ce qui me surprend le plus, c’est (comme par hasard) une société journalistique américaine qui dénonce ces contrats! Eux, les américains ne vendent rien dans ce domaine et n’espionnent personne bien sûr! Ca me rappelle les contrats de Citroën en Iran. Les US nous ont interdit de continuer sous prétexte d’embargo, et dès que nous nous sommes retirés, Ford est arrivé en Iran.Pendant combien de temps allons nous supporter cet esclavage au nom des droits de l’homme ou de la démocratie ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *