Société : pourquoi les « on est chez nous » ?

Illustration issue d’une recherche ayant pour mots-clés « Florian Philippot Winnie l’ourson ». Sont-ce les fameux envahisseurs étrangers dénoncés par le parti de Philippot, qui apparaissent sur cette photo ?

La question d’une montée des nationalismes, mâtinés de populisme xénophobe se pose de plus en plus en Europe, tout comme aux États-Unis d’Amérique et dans certains pays asiatiques. Ce phénomène se traduit par des votes très particuliers en faveur de personnages ou de partis politiques eux aussi bien particuliers. Tous ont en commun une même composante, si l’on se contente de cataloguer : l’extrême-droite. Malgré des divergences entre chaque pays — les cultures et l’histoire ne pouvant qu’être différentes — des constantes peuvent se dégager pour comprendre ce qu’est cette « extrême-droite » : rejet de l’étranger, volonté de repli sur soi, demande d’autorité, adhésion à une « culture » de la violence et du conflit, ostracisation des minorités, désignation de coupables pour expliquer les problèmes de la société, mise en accusation des élites corrompues.

Bien entendu, l’étiquette politique ne résume pas tout, loin de là, et peut même dans  certains cas créer de la confusion, voire renforcer les mentalités en question : « être d’extrême-droite » n’est pas si simple, et vouloir taxer  des mouvements politiques hétéroclites sous un même label n’est peut-être pas une bonne idée. D’ailleurs, plus ce label est utilisé par ses détracteurs, plus « l’extrême-droite » progresse. En revanche, comprendre qui sont les gens qui votent et développent les idées de ce mouvement devenu partiellement mondial peut être intéressant. Pour mieux les combattre, si l’on pense bien entendu que leurs idées et la société qu’ils veulent construire est dangereuse, d’une intolérable médiocrité humaine, et ne peut que nous mener à vivre un cauchemar collectif fait d’intolérance, d’égoïsme, de fermeture, d’ignorance et de destruction des quelques règles humanistes issues de l’après seconde guerre mondiale. Celles d’après le nazisme.

« On est chez nous »

Ce slogan du « On est chez nous », qui parsème le film « Chez nous » (montrant le fonctionnement d’un parti d’extrême droite français similaire au Front national), est très intéressant pour mieux comprendre la montée de cette « nouvelle extrême-droite » mondiale, dont Donald Trump, au fond, est le chef charismatique et la quintessence même. Ce slogan — « On est chez nous » — représente en quatre mots l’essence même des mentalités qui agitent les urnes et les esprits, il synthétise le malaise profond qui agite ces « croyants en une nouvelle politique » qui ferait table rase de l’ancienne et leur redonnerait un pouvoir, une valeur, un rôle qu’ils pensent avoir perdu depuis des décennies. Le ralliement est simple, compréhensible, franc : « On est chez nous ». Ce « Nous » impliquant un « Eux ». L’ennemi de la communauté — communauté de ceux qui sont sur leur territoire, depuis toujours.

« Nous sommes solidaires, entre nous, nous avons la même vision, et elle est faite d’une appartenance à quelque chose qui nous relie » , tout en laissant entendre implicitement que d’autres « tentent de s’emparer de ce qui nous appartient« . Les « On est chez nous » revendiquent politiquement le droit à discriminer tout ce qui n’est pas de « chez eux » : du terroir, de l’enracinement, de la tradition, de l’histoire commune.

L’idée centrale des « On est chez nous » est simple à comprendre, et c’est bien pour cela qu’elle porte et séduit de plus en plus. Elle pourrait se traduire encore autrement ainsi : « Nous sommes en guerre, contre des phénomènes et des individus qui détruisent notre identité, nous ont fait plonger dans un no man’s land sociétal insupportable. Si nous défaisons l’ennemi, nous retrouverons notre identité et recréeront un territoire perdu qui nous redonnera un sens collectif, un « sens commun », un socle de valeurs à partager, un projet. »

Droits de l’Homme en pointe… jusqu’à la mondialisation

Le socle commun des grandes démocraties, ces pays industriels post-impérialistes qui ont déclenché la révolution industrielle entre le 18ème et le 19ème siècle, a été, depuis le grand chamboulement d’après 39-45, la déclaration des Droits de l’Homme. L’organisation mondiale censée faire respecter la paix mondiale et empêcher une nouvelle guerre équivalente à celle déclenchée par les nazis, l’ONU, a été au centre de cette préoccupation des Droits de l’Homme.

Avant la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, n’importe quel pays pouvait faire subir ce qu’il ce qu’il voulait à n’importe quelle partie de sa population ou de populations colonisées, sans que personne ne s’en mêle ni ne s’en émeuve. On montrait des Africains dans des cages à l’exposition universelle, en France, par exemple. On tuait des milliers de maghrébins dans des territoires d’Afrique du Nord annexés par la force quand ils se rebellaient contre leur envahisseur.

Le choc du génocide, par l’internement et l’industrialisation du meurtre de masse de catégories de populations minoritaires (juifs, homosexuels, handicapés mentaux, tziganes) par le régime nazi, a forcé les grandes nations à un examen de conscience inédit. La décolonisation en est l’une des conséquences, la Charte Universelle des Droits de l’Homme en est une autre. Le monde capitaliste, industriel, post-impérialiste a semblé — durant une cinquantaine d’années — vouloir construire une politique mondiale « humaniste », cherchant à protéger les plus faibles, aider les opprimés, abolir les injustices. Avec de nombreux accrocs à ce « contrat moral » que l’ONU était censé faire respecter : guerre du Vietnam, coups d’états et mise en place de dictatures soutenues par les États-Unis en Amérique du Sud, essais nucléaires dans les colonies et ex-colonies françaises, torture de l’armée française en Algérie, répression des mouvements sociaux, soutiens militaires à des dictatures au moyen-orient, etc., etc.

Bien entendu, des avancées ont eu lieu grâce à la « politique mondiale des Droits de l’Homme » créée après-guerre. Les énoncer serait trop long, mais d’une manière générale, ces avancées ont toutes pour dénominateur commun des progrès sociaux, des droits nouveaux pour les plus « fragiles » ou les plus « faibles », une volonté de justice, « d’égalité », un refus de reproduire les anciens schémas basés sur une domination du plus fort sur le reste. Jusqu’à à la fin des années 90, cette idée de politique mondiale des Droits de l’Homme a été soutenue par les populations occidentales, avec des personnels politiques eux aussi plutôt engagés à la défendre. Mais la volonté d’une « pure politique de justice mondiale » n’est pas restée très longtemps l’unique préoccupation des grands décideurs de ce monde.

La mondialisation — des échanges via la financiarisation de l’économie et l’ouverture des marchés à la planète entière — a été instiguée et vendue comme le meilleur moyen de pouvoir aider les pays les plus pauvres, les ex-colonies en premier, leur permettre de pouvoir participer à la « grande fête des Droits de l’Homme ». Tout le monde allait pouvoir bénéficier de la richesse ainsi engendrée, et les Droits de l’Homme pourraient se réaliser vraiment, partout. Il n’en a rien été, et le problème crucial est que ceux qui ont défendu cette théorie ont parfaitement échoué : les Droits de l’Homme ont reculé, les injustices se sont creusées et la planète a été mise en coupe réglée par des puissances financières privées, d’une puissance jusque là inédite. C’est sur cette évidence que les penseurs des « On est chez nous » jouent à fond. Et remportent de plus en plus de victoire.

Bobos, droits de l’hommistes, gauchos, cocos et socialos : même combat

Si l’on pense que la société va mal, parce que plus rien ne semble fonctionner normalement, que les injustices explosent et que ceux censés l’améliorer sont des « vendus » qui pensent avant tout à profiter du vote des électeurs pour conserver une place enviable et servir les intérêts des puissances industrielles, de la finance, il est possible d’adhérer à la pensée du « On est chez nous ».

En effet, le moteur des « On est chez nous » est la haine de ceux qui se sont engraissés sur le dos du plus grand nombre, ont vendu le pays et ses intérêts à la mondialisation, pour faire court. Vendu à une forme de « droit de l’hommisme » favorisant l’arrivée d’étrangers seulement intéressés par nos avantages sociaux et venant imposer leur propre culture, forcément néfaste et incompatible avec la « nôtre ». Toute cette opération, selon les « On est chez nous », a été poussée par les bobos-socialos-cocos-droits-de-l’hommistes qui ont — par leur idéologie laxiste et dégoulinante de bons sentiments hypocrites — permis la ruine du pays, tant dans la permissivité économique, que sociale, éducative, migratoire. Tout en profitant, pour la partie socialo-bobo, des changements que cette mondialisation créait. Particulièrement en termes de progression économico-sociale.

Cette vision du monde, qui amalgame Droits de l’Homme, donc humanisme et progrès sociaux, avec mondialisation des échanges, perte de souveraineté, désindustrialisation et recul de puissance, est théorisée depuis plusieurs années par Marine Le Pen et son acolyte de Sciences-Po : Florian Philippot.

Généraliser la fête du cochon, une ambition politique à la portée du numéro 2 du parti des « On est chez nous » ? Un parti qui a compris qu’en promettant « du boudin pour tous », les choses iraient nettement mieux.

L’Europe libérale — au sens de la dérégulation économique et de la libre circulation des flux commerciaux et bancaires — est bien entendu une cible idéale pour les penseurs du « On est chez nous », qui n’ont pas beaucoup de mal à démontrer toute la perversité de cette Union Européenne qui écrase de sa toute-puissance bureaucratique toute possibilité d’une politique autre que celle qui s’impose par ses traités. Une toute puissance — particulièrement depuis la crise de 2008 et le TSCG de 2012 — qui va jusqu’à contrôler les budgets des états, indiquer et surveiller leurs réformes.

Ceux qui aimeraient défendre l’Union Européenne aujourd’hui ont beaucoup de mal, tout comme ceux qui voudraient défendre les bienfaits de la mondialisation : la catastrophe bancaire, financière, économique qui perdure depuis 2008 est le fruit de la grande dérégulation globale portée par les chantres de la mondialisation. L’Europe ne défend plus rien d’autre qu’une orthodoxie économique soufflée par les banques internationales et l’Allemagne, pour qui cette voie reste la plus favorable à son économie. Même si d’un point de vue social tout ça commence à pas mal se craqueler.

Les « gauchos » sont donc bien embarrassés, enfin ceux qui ont soutenu la mondialisation, l’Europe, et toutes ces choses censées à l’origine faire « un monde meilleur et plus ouvert, où la majorité y gagnerait ». Les « socialos » en tête, avec pour une bonne part d’entre eux la partie « bobos progressistes », riches et bien-portants défenseurs des immigrés, mais ayant racheté des quartiers entiers de Paris d’où ces mêmes immigrés ont été évacués.

Fantasme fascisant à l’épreuve d’une trahison envers les peuples

La réalité socio-politique actuelle — qu’elle soit française ou européenne, et partiellement mondiale — peut se résumer à un constat, plutôt sombre et inquiétant : les « On est chez nous » sont de plus en plus nombreux. Le « on a tout essayé » (chez les électeur potentiels des partis à base de « On est chez nous ») est aussi une phrase qui revient souvent, et elle résume très bien la situation. Celle de la trahison politique — débutée il y a 20 ans, pour simplifier. Trahison envers les peuples, à qui les élites au pouvoir ont promis des lendemains qui chantent en dérégulant toute l’économie mondiale et en permettant une circulation libre et sans entraves des biens et des services.

Les lendemains ont déchanté, et ce ne sont pas les statistiques de la Banque Mondiale laissant entendre que la pauvreté a reculé parce que les Africains ont désormais deux ou trois dollars par jour vivre au lieu d’un, qui permettront de faire avaler la couleuvre d’un monde amélioré par cette politique orchestrée via l’OMC, le FMI, l’UE et les différentes administrations des plus grandes nations capitalistes de la planète.

Sachant que les politiciens socio-démocrates qui ont promis, pour être élus, de se préoccuper de progrès social et de protection des travailleurs les plus fragiles, ont fait exactement l’inverse au point d’accompagner la destruction des droits sociaux tout en « libérant les énergies » des multinationales. Il est ainsi assez simple de comprendre le désarroi et la confusion qui s’opère dans les cerveaux des électeurs. Confusion qui mène à une certaine rage. Avec, comme il est normal en politique, l’apparition d’un fantasme. Puisque voter pour quelqu’un qui fera exactement la même chose que tous ceux qui ont été portés au pouvoir depuis 20 ans n’est plus acceptable pour tous ceux qui sont arrivés au constat d’échec des démocraties des Droits de l’Homme.

Ce fantasme est fascisant, logiquement fascisant, puisque le fascisme se nourrit toujours de vengeance, a besoin de victimes et de bourreaux, de traîtres et de trahis pour exister. Si de l’autre côté de l’échiquier politique, chez les « insoumis », le constat d’échec est le même, les propositions sont elles pourtant antinomiques. Mais visiblement quelque chose n’a pas pris, puisque les élections des 5 dernières années n’ont pas été concluantes de leur côté.

Il est sûrement plus simple de crier un slogan de quatre mots, amalgamer tous les phénomènes et pointer des boucs-émissaires, minoritaires et fragiles ou non, plutôt qu’autre chose. Ce que font les « On est chez nous ». Mais le grand problème reste : qui est en mesure de leur faire comprendre que si une part de leurs constats sont « justes » (la partie économique), les réponses qu’ils veulent apporter sont parfaitement nulles, non-avenues, dangereuses et accentueront encore plus le malaise actuel ? Certainement pas le téléviseur sur le buffet, avec ses boucles récursives mentales.

En conclusion, si l’on peut savoir « pourquoi les « On est chez nous » ? — savoir comment les transformer en « Bienvenue chez nous » est nettement moins évident. Peut-être parce que plus personne n’y croit ?

Ou n’a envie ?

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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d'autres médias. Ni "désengagé" ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

20 thoughts on “Société : pourquoi les « on est chez nous » ?”

  1. Peut être parce que être un « on est chez nous » c’est avant tout un choix politique, c’est le choix du ressentiment. Ce ne sont pas des victimes et d’ailleurs c’est pas parce qu’on est ouvrier, qu’on est pauvre, qu’on est obligé d’être con.
    J’ai déjà eu assez de discutions avec des votant du fn pour savoir qu’on ne les fait pas changer d’avis, tu peux démonter point par point leurs propos, longuement, à la fin il apparait que le rationnel n’a pas de prise sur leurs idées, ce n’est pas qu’ils « croient » c’est qu’ils veulent croire.
    Un peu de saint just: « La patrie d’un peuple libre est ouverte à tous les hommes de la terre »

  2. Je me pose la question de la place des réseaux sociaux, du web et plus globalement d’Internet sur la montée des extrêmes. En France la montée des votes viens en grande partie de la migration (oops) des peu cultivés (agriculture, ouvriers, employé de base) de l’extrême gauche et gauche, à l’extrême droite. Or, cette population a quand même Facebook et lis, sans chercher à vérifier, la propagande d’untel ou d’un autre (on appel ça « fake news » aujourd’hui, et on ne sait pas bien pourquoi). Puisque ces sois disant réseaux sociaux ne fait que vous rapprochez de gens qui vous ressemble, qui pensent comme vous, par des « suggestions » liés à vos usages.
    Cette même propagande peut être distribuée par des responsables politique devant des journalistes qui, pour la majorité, ne reprendra pas les propos aussi faux soit ils. Ou alors à posteriori sur Liberation ou Le Monde mais ne prêcherons que des convaincus.
    Est-ce que sans Facebook et surtout Twitter, Trump aurait été élu ?

    Plus globalement, et avec amertume, est-ce que finalement, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et, plus généralement, l’après WWII serait l’exception ? Que nous, les humains, ne sommes finalement, aujourd’hui comme il y a 300.000 ans, grégaire à petite échelle et guerrier à plus grande ?

    Ce qui est sûr, c’est que c’est une triste période.

  3. « On est chez nous » c’est aussi le constat que la dernière richesse du prolétaire ou du déclassé est justement son autochtonie (oui, sa dignité aussi, si l’on en croit Yanek Kaliayev, mais ce n’est pas forcément si déconnecté)…

    Les sociétés sont fondées sur des normes et des processus, que le concept d’état de droit invalide et invisibilise: rien d’étonnant que lorsqu’il n’est plus possible de discuter et négocier ces normes et processus du fait qu’ils sont disqualifiés par la vision bourgeoise de l’organisation sociale, l’intégration de personnes qui viennent avec d’autres normes et processus se passent mal.

    Il y a eu dans l’histoire d’autres sociétés multiculturelles; il n’y en a aucune où cela se soit bien passé en l’absence de mécanismes d’ajustement et de négociations entre les différentes cultures, ce qui est pourtant ce que la doxa libérale et pseudo-universaliste veut nous faire croire (« tout se passera bien du fait de la main invisible du on ne sait même pas quoi, aucune raison de s’inquiéter donc »)…

  4. Amusant comme article, ou comment essayer, tout en décrivant avec honnêteté le mur à sauté (honneteté tout à votre honneur) de se trouver encore des excuses pour ne pas sauter.

    Sans doute un peu de maturité de raisonnement politique qui commencerait par évacué ce mauvais reflexe médiatique qui adore psychologiser la reflexion politique du citoyen pour pour mieux masquer un mépris de classe, et ne pas avoir à justifier l’imposition de son rêves politique (en bref dissolution des nation) à un peuple qui n’en veux pas.

    Pour ma part je pense que vous gagnerez beaucoup en profondeur de vue si, ne serais-ce que pour s’amuser, vous vous essayez à suprimier de votre discours toute référence psychologique (replis sur soit etc.) pour ne parler que de constat de rapport de force et de philosophie politique.

    Hélas, de philosophie politique auquel vous adhéré, il y en a peu dans votre article, à par sans doute le bref « Bienvenue chez nous » à propos duquel il y a bien des malentendus à éclaisir.
    Si vous me dite bienvenue chez moi, est ce que ça veux dire que j’ai le droit de refaire la déco, de vendre l’ordi, bref de me considérer comme membre à part égale de la famille ?
    Si vous le refusez chez vous, pourquoi le permettre à niveau d’un peuple ?
    A moins de prendre comme postulat politique qu’un peuple n’existe pas, et dans ce cas là dire « Bienvenue ici » (selon la fameuse phrase d’Atali sur les nation qui doivent être des hotel) Dans ce cas seul l’humanité est une entité politique, et il n’y plus qu’a discuter des détails de la décorration avec le projet de Zuckerberg, qui a le mérite de pousser la logique à une vrai coohérence interne.

    Si l’on adhère pas à ce postulat politique, il vas donc falloir parler de limite, ça tombe bien c’est justement ce sur quoi est basé la démocratie et la souveraineté, c’est donc que la notion de limite peu avoir quelque valeur. C’est d’ailleurs ce qui transpire de votre paragraphe contre l’impérialisme.
    Mais alors si les anciens peuple colonisées ont le droit de disposer d’eux même, en vertus de quoi les peuples qui ont fondés les nation européenne ne l’aurait il pas ?
    Et disposer de soit, être souverain, implique forcément une necessaire distance avec l’autre issus de cette autonomie. Distance que l’on adore caricaturer, comme vous le faite, en replis sur soit; alors qu’il ne vous viendrez pas à l’esprit de parler de replis sur soit envers un ami qui ne vous laisserez pas faire des choses qui lui déplaise chez lui.

    Pour terminer, ne pensez vous pas qu’il est un peu tartufe de se faire le chantre du droit des peuples à disposer d’eux-même (ce qui est strictement une question de choix de géopolitique pratique) et se trouve être à la base des droit de l’homme, et vas à l’encontre bien entendus de cette impérialisme nazi (point Godwin; check) qui n’acceptait pas de limite et voulais régenté le monde.
    Mais de ne l’accepter que si ces même peuple adère à la même idéologie politique (ce qui est une projection personnel, ou d’un peuple fasse à l’avenir) à savoir le grand mélange globale par la libre circulation; ce qui de fait est une vision impérialiste des relations géopolitiques mondiales, puisqu’il y a cette volonté de faire disparaitre les limites.

    Voici donc quelques questionnement sur lesquels vous pourriez aller, et qui remplacerait très avantageusement les paragraphes sur la psychologie des foules; pour arriver aller sur une vrai réflexion politique de fond, qui implique nécessairement des hypothèses et des choix, avec une obligation d’honnêteté quand à l’analyse de leur conséquence. Honnêteté qui me semble être votre.

    Cordialement

    1. voilà un commentaire bien foutu, j’en partage quelqu’une des critiques, sans être de votre bords pourtant . Il y a effectivement un impensé dans l’article dans lequel le Fn s’engouffre à tout les coups, je veux dire qu’a chaque fois que je discute avec un militant du fn, c’est le meme argument. Il y a en effet une confusion de la part des militants du fn entre leurs salon et le pays -dans lequel se situe ce dernier-., Et tout repose effectivement sur cette confusion entre le chez soi, l’espace privé, l’espace de son intimité qu’on fait partagé aux amis ou non, et le pays, qui à moins de dégouliner dans des considérations aussi niaises que poisseuses n’est pas équivalent à mon salon (mais comme vous n’aimez pas la psychologisation, ça tombe bien)
      votre texte est bourré de confusions du meme type, vous mettez en équivalence la colonisation avec des gens qui individuellement viennent en france s’installer, travailler, ce qui est tout de meme différent d’un état qui envahis un pays et impose ses lois et sa police, et pour ainsi dire met un peuple à sa disposition, à la disposition de son empire. Or je n’ai pas la sensation qu’un malien qui ramasse les poubelles met en péril le droit du peuple a disposé de lui même, si on le compte pour ne faisant pas partis du peuple.
      Or justement la question de qui est français et qui ne l’ai pas est avant tout une question politique.
      Ainsi dans la déclarations des droit de l’homme de 1793:
      « Tout étranger âgé de 21 ans, qui domicilié en France, y vit de son travail, ou acquiert une propriété ou épouse une française ou adopte un enfant ou nourrit un vieillard, tout étranger enfin, qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis à l’exercice des droits des citoyens français.
       »

      Celle de Saint-Just est encore mieux « La patrie d’un peuple libre est ouverte à tous les hommes de la terre »

      1. De plus je pense que vous vous plantez vous meme sur l’analyse que vous faites du libéralisme, de la mondialisation. le mur entre le mexique et les états unis n’est pas le fait de trump, mais d’obama qui a commencer à la construire bien avant,
        de même, cette europe libérale a construit et continue a construire de grand mur tout autour et ce n’est pas le fait d’identitaire, mais de libéraux, ce sont des murs anti-pauvres.
        La question identitaire comme elle est au travail au fn n’est pas antagonique avec le libéralisme, Trump en est un preuve mais Sarkozy. Le libéralisme c’est la libre circulation de l’argent, pas des gens.

  5. Le constat de l’article est très juste. Le libéralisme économique et l’hypocrisie de ceux gravitant dans les hautes sphères des pouvoirs, sont les premières causes de la montée du nationalisme.

    La peur du déclassement incite les classes moyennes basses, en gros, les smicards, à taper sur plus précaire, puisque c’est la seule offre politique abordable qui soit en rupture avec les deux partis majoritaires et leurs satellites.
    Par là, je veux dire que s’il existe une offre plus à gauche que le PS, elle ne prend pas essentiellement pour deux raisons.
    – D’un côté, elle est constamment décrédibilisée médiatiquement, parfois à raison, mais souvent à tort.
    La ligne éditoriale des grands journaux et des grandes chaînes de télé est clairement orientée vers le libéralisme. La plupart des « experts en économie » ne sont experts que de la mécanique économique scientisée qu’ils ont ingérés, et sont parfaitement réfractaires à toute changement qui ne va à l’encontre du dogme du libre-échange.
    Le protectionnisme est souvent associé à un réflexe de peur, là où le libéralisme n’est que déroulement d’une expérience selon un protocole établi dont la souffrance des classes productives n’est que variable d’ajustement. Tout volonté de collectivisation de l’économie est abhorrée, présentée comme héritant du stalinisme, car la propriété privée lucrative est considérée inaliénable. Les candidats sont présentés soit comme le nouveau « petit père des peuples » ou comme le jeune gaucho-utopiste-révolutionnaire-gentil-mais-un-peu-naïf.
    – De l’autre côté, l’offre politique de gauche se ridiculise aussi très bien toute seule.
    Je ne parle même pas du PS et du passif des gouvernements précédents, qui même s’ils ont faits parfois de bonnes choses, ont quand même mis en place les éléments et structures du système économique en place ressenti comme défaillant.
    Mais pour Mélenchon, le culte de sa personnalité, son omni-présence au sein de son parti ne sert pas son mouvement face aux gens qui pourraient être intéressés par l’offre mais qui trouve le dealer pas très engageant. Quant aux partis les plus à gauche, les différences de fond entre les différents courants philosophiques, politiques et économiques font qu’il est très difficile d’avoir un parti qui regroupe suffisamment pour espérer avoir une chance aux élections, et ces différences de fond rendent également les discours difficilement audibles et compréhensibles pour la personne sans bagage politique préalable.

    Mais si l’offre politique d’extrême-droite apparaît plus crédible pour gagner, c’est surtout parce qu’elle dispose d’une audience considérable, et pas uniquement par le biais de la galaxie frontiste sur le net, qui fait un boulot impressionnant de désinformation et de manipulation de l’information sur les réseaux sociaux, ce qu’on appelle le « brigading » (que commence d’ailleurs à faire les insoumis, et ce que font les UPRistes).

    Les médias ont joué et jouent encore un rôle extrêmement important dans la montée du FN. D’une part, car la société française a du mal à assumer son histoire colonialiste, y compris dans ses conséquences sur la démographie française actuelle, et parce qu’à partir du moment où ils se sont aperçu que faire entrer sur un plateau ou dans les articles les thèses du FN boostait fortement les audiences, ils se sont mis à les reprendre.
    Et si, par moment, c’est pour les tourner en ridicule, surtout sur les sujets économiques en fait, la plupart du temps, les thèses sont discutés très sérieusement, ce qui leur donne une légitimité quant à leur existence. Sécurité, immigration, identité, Islam, etc…
    Je ne saurais que trop conseiller le visionnage de ce docu :
    http://www.collectifpanic.org/index_bravesgens.htm

    Il essaie de montrer à quel point la question sécuritaire a été un point d’ancrage du FN dans le paysage politique français, et le rôle des médias dans la légitimation d’un problème crée de toute pièce.

    Pour finir, il faut tout de même prendre garde à la prophétie auto-réalisatrice en présentant constamment l’extrême-droite comme majoritaire dans l’opinion publique. Si les thèses développées ne plus rejetées comme avant, la position d’outsider en passe de cramer tout le monde peut devenir un effet d’aubaine car cela rend encore plus crédible l’offre politique.
    Surtout qu’au final, rapporté à la totalité de la population française, les « On est chez nous » se targuant d’être le premier parti de France font un peu dans la frime.

    1. Ce que tu dis sur Mélenchon c’est ce que Bfmtv et autre France5 en disent.

      La réalité est toute autre : Mélenchon a réussi à dépasser les querelles de partis (du front de gauche) en faisant la France insoumise – mouvement citoyen essentiellement hors parti – et ça marche. On va enfin dégager le PS (de la gauche) et permettre aux électeurs de nous voir comme ce que nous sommes : une opposition anti-libérale voire anti-capitaliste qui n’a aucune proximité avec le PS.

  6. Pour ce qui est d’Internet, les précédentes élections présidentielles françaises me tend à penser que son rôle est limité.

    Les scores de Le Pen (version œil de verre donc) au 1er tour :
    – 1974 : 0,75%
    – 1981 : pas présent
    – 1988 : 14,38%
    – 1995 : 15,00%
    – 2002 : 16,86%
    – 2007 : 10,44%

    Et pour la fille : 17,90% en 2012. On est sur une progression constante lente mais constante depuis 1988, avec une baisse passagère en 2007 (effet « vote utile » à priori)

    (j’ai pris les chiffres sur Wikipedia)

    Le vrai basculement se fait donc donc entre 1974 et 1988 et je dirais même entre 1981 et 1988 : si on jette un œil aux élections législatives semble marginal en 1978 (pas de chiffres sur Wiki), fais 0,35% en 1981 mais en revanche 9,60% en 1986. Détail intéressant, le « tournant de la rigueur » (le début de l’adoption des politiques néo-libérales par le PS) à lieu en 1983.

    1. > Détail intéressant, le « tournant de la rigueur » (le début de l’adoption des politiques néo-libérales par le PS) à lieu en 1983.

      Clairement, l’accession au pouvoir du PS qui avait suscité énormément d’espoir a été un profond désenchantement.
      Et la gauche plurielle de Jospin n’a pas su convaincre non plus.

      A noter également une baisse importante en 2007, après un quinquennat ayant apporté la naissance de la droite dure, composante électoraliste résultant de la montée du FN, et servant volontiers le discours identitaire et sécuritaire.

  7. Faire l amalgame « on est chez nous », avec Trump, dont les ancetres viennent d allemagne est des plus discutable.
    Faire l amalgames entre tous les partis d extreme droite europeen est aussi discutable: ukip et fn et jobbik.
    Le fait est qu ils ne voulaient pas s entendre.
    Sur votre affirmation:
    « plus ce label est utilisé par ses détracteurs, plus « l’extrême-droite » progresse. »
    Donc selon vous plus on utilise le label extreme droite et plus l extreme droite progresse ?
    Pour moi c est douteux.

    Quand meme un detail que les gens qui veulent lutter contre le FN oublient: c est que ca fait depuis giscard qu on a un chomage elevé. On a fait je ne sais combien de campagnes electorales ou c etait le theme central.
    Force est de constaté que soit le chomage est un probleme insoluble dans ce pays et qu il faudrait bien une mesure de type revenu universel.
    (Personnellement je ferais plutot des fermes collectives pour y mettre les gens qui sont a la rue et qui ne veulent pas y rester).
    Soit on a des politiques qui ne font pas ce qu il faut.
    Le succes du FN c est probablement aussi un ras le bol face a un echec de politiques hypocrites.
    (Sarkozy qui se moque du referendum de 2005, hollande qui ne renegocie rien et fait une politique de droite malgré son etiquette politique.)
    Aussi le « on est chez nous », s adresse t il plus a l europe qu aux gens de couleurs ?
    Je ne suis pas sur.

    Aussi dire aux gens « vous ne DEVEZ pas voter FN, c est le diable, voter pour l europe et pour des politiques qui favorisent les grands groupes industriels qui se moquent de vos interets », a un moment donné ca coince.
    Quel autre alternative ?
    Lepen ou melenchon ?
    Hmm…

    L hypocrisie :  » le fn veut mettre a un terme a vos libertes »… et au final qui attaque les libertes ?
    Deja un chirac de 2002 elu sur le mode de l union sacre anti fn.
    Un sarkozy qui s en prend aux jeunes « d un metre 80 », en expliquant que c est des delinquants en puissance.
    (Voir de preconiser le fichage en bas age)
    Les emeutes de 2005 ?
    Des cameras partout.
    Fichiers sur fichiers.
    L etat d urgence.
    Une politique securitaire mode Valls… qui n empeche pas les attentats.
    La surveillance de toute la population ?

    C est amusant, je croyais que c etait ce genre de trucs qui allaient se passer avec le FN, maintenant, on nous explique que si, en fait, c etait des politiques acceptable ?
    C est du foutage du gueule…

  8. La Ballade Des Gens Qui Sont Nés Quelque Part – Georges Brassens

    C’est vrai qu’ils sont plaisants, tous ces petits villages,
    Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
    Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages,
    Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est d’être habités.
    Et c’est d’être habités par des gens qui regardent
    Le reste avec mépris du haut de leurs remparts,
    La race des chauvins, des porteurs de cocardes,
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.
    Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
    Empalés une fois pour tout’s sur leur clocher,
    Qui vous montrent leurs tours, leurs musé’s, leur mairie,
    Vous font voir du pays natal jusqu’à loucher.
    Qu’ils sortent de Paris, ou de Rome, ou de Sète,
    Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar,
    Ou même de Montcuq, ils s’en flattent mazette,
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.
    Le sable dans lequel, douillettes, leurs autruches
    Enfouissent la tête, on trouve pas plus fin,

    Quant à l’air qu’ils emploient pour gonfler leurs baudruches,
    Leurs bulles de savon, c’est du souffle divin.
    Et, petit à petit, les voilà qui se montent
    Le cou jusqu’à penser que le crottin fait par
    Leurs chevaux, même en bois, rend jaloux tout le monde,
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.
    C’est pas un lieu commun celui de leur naissance,
    Ils plaignent de tout coeur les pauvres malchanceux,
    Les petits maladroits qui n’eur’nt pas la présence,
    La présence d’esprit de voir le jour chez eux.
    Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire,
    Contre les étrangers tous plus ou moins barbares,
    Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre,
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.
    Mon dieu, qu’il ferait bon sur la terre des hommes
    Si on n’y rencontrait cette race incongru’,
    Cette race importune et qui partout foisonne :
    La race des gens du terroir, des gens du cru.
    Que la vi’ serait belle en toutes circonstances
    Si vous n’aviez tiré du néant tous ces jobards,
    Preuve, peut-être bien, de votre inexistence :
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
    Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.

    1. Vous minimisez l excuse politique que constitue ces islamistes qui posent des bombes.
      (Excuse, parce que je rationalise le nombre de mort, comme un gros salaud sans coeur… qui ne veut pas vivre en dictature sous etat d urgence…)
      A titre personnel j ai ete lassé qu a la suite de l un ou l autre attentat, on m explique ce qu est le vrai islam. Je suis athee et ca ne m interesse pas.
      Si vous pensez que connaitre la culture des autres permet d etre moins raciste, pensez a Eichmann.

  9. Une partie de la population a simplement peur de se sentir un jour étrangère dans son propre pays. Car une bonne partie de l immigration (disons a partir des annees 70-80) et de leurs enfants ne s est non seulement pas intégrée mais au contraire prend le chemin inverse en se différenciant en adoptant des pratiques qui etaient en voie de disparition/inexistante dans le pays d origine (l extreme etant evidement le fameux burkini qui est une invention australienne de 2003 !)

    En ce qui concerne la mondialisation, si l afrique en a peu beneficié (surtout en PIB par tete vu que la population a explosé) c est loin d etre le cas pour l asie. La coree du sud a maintenant le niveau de vie de l europe. Un chinois riche en 1970 etait un chinois qui avait un velo et une radio. Aujourd hui, c est un chinois qui roule avec une voiture occidentale. Meme l europe de l est a été nettement gagnante (ce qui empeche pas des partis « identitaires » de prosperer, comme quoi c est pas l economie qui prime).

  10. Un peu d’anthropogenèse répondrait probablement a ce constat, nous avons été pendant longtemps des primates dont les sociétés pratiquent le « chez nous » pour plusieurs raisons,(nourriture reproduction …) et il nous en reste peut être quelque chose dans nos façon de vivre en société.

    1. Je me réponds pour compléter un peu.
      Nous réagissons tous de la sorte,et pratiquons tous le « chez nous ». Par exemple ici, hier je ne respecte pas les codes imposés(politesse,) je suis menacé d’exclusion du « chez vous » que représente cet espace virtuel. Il y a la aussi une façon de protéger et ne pas accepter les autres trop différents et qui n’ont pas les bons codes.Autre exemple je vais dans votre poulailler pour me servir en œuf, je serai le bienvenu,oui,non ?

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