Rien à cacher

3ba7670202c02965f33d3cc610134cee Quand on est, comme moi, un vieil activiste désabusé, il y a des lieux et des moments où on s’attend à déposer les armes.

Se reposer l’esprit en assistant à un débat réunissant des gens qui partagent nos idées. Écouter tranquillement sans avoir à repérer les pièges et les non-dits. Lâcher prise.

Et puis, paf le chien.

La question – l’éternelle question quand on parle de défense de la vie privée – était « mais que dire à ceux qui n’ont rien à cacher ? ».

La réponse m’a laissé sur ma faim.

 

La grande question

Non qu’elle fut mauvaise: il s’agissait d’expliquer qu’on a toujours besoin d’un espace privé pour s’interroger, pour plonger en soi-même, pour se forger une intime conviction hors de la pression du regard de l’autre. Il est toujours utile de le rappeler.

Il s’agissait, aussi, de rappeler qu’on ne vivra pas dans la même société quand, par exemple, nos assurances et nos banques sauront tout de nos questions en ligne sur le cancer. Nous y sommes presque.

En tout état de cause, c’était une bonne réponse. Elle aurait même été excellente jusqu’aux révélations d’Edward Snowden.

Mais aujourd’hui ?

Si les révélations d’Edward Snowden nous ont appris une chose, ce n’est pas que les états nous espionnent.

Ils l’ont toujours fait.

Ce n’est pas non plus que nos communications électroniques sont écoutées: cela nous le savions au moins depuis 1999 et la description par Duncan Campbell du programme Echelon dans un rapport au Parlement Européen.

Tout au plus avons nous eu confirmation de ce que beaucoup supposaient, et pris conscience de l’ampleur des écoutes et de la complicité des grands opérateurs américains dans la surveillance massive organisée par la NSA.

Mais ce qui constitue la vraie nouveauté, l’information principale du programme PRISM et de ses suites, c’est que l’information recherchée n’est pas ce que nous disons, mais à qui nous le disons. Le contenu de nos conversations reste intéressant bien sûr (surtout pour les entreprises qui ont intérêt à tout savoir de nos vies), mais pas tellement pour les états. Ce que veulent les états, c’est tout savoir de nos réseaux.

Ce sont nos « metadatas » qu’ils stockent, pour ensuite pouvoir, quand bon leur semble, décider qui surveiller plus spécifiquement.

 

Les contenants, pas les contenus

Le 18 décembre dernier, j’entendais un auditeur dire à Jean-Jacques Urvoas, sur France Inter, qu’il « doutait que les américains s’intéressent au contenu de son smartphone ». Et il a bien raison: le contenu de son smartphone, les américains s’en cognent.

Par contre, savoir où se trouve ce smartphone, avec qui il communique, et quand, ça c’est quelque chose qui, même pour un américain, a pas mal de valeur.

Parce que, qui sait, il est utilisé pour publier un « selfie » sur Facebook, pris devant une « personne d’intérêt » qui ne se doute de rien et qu’on pourra ensuite localiser précisément, à tel lieu et à tel instant, via la reconnaissance faciale (ou même – plus moderne – la reconnaissance par réflexion cornéenne). C’est devenu automatisable.

Parce que, allez savoir, le vieux pote devenu haut fonctionnaire, qui reprend contact après des années, est sous surveillance active, et que le simple fait que notre auditeur en ait été proche un jour pourra permettre de déterrer des informations compromettantes.

Ou bien encore, si notre auditeur est journaliste, parce que la source qu’il croit si bien protéger n’avait pas non plus désactivé son téléphone lors de leur rencontre et qu’il suffira de croiser les informations des deux appareils pour savoir qui était présent lors de l’interview secrète.

Ou même tout simplement pour comprommettre notre auditeur innocent, le jour où il sera lui-même devenu, par les aléas de la vie et de l’évolution normale de sa carrière, une personne d’intérêt: ce jour là, il aura sans doute des choses de son passé à cacher, qu’il pensait innofensives sur le moment mais qui pourront toujours servir un jour. Du genre « vous étiez à ce moment à cet endroit en compagnie de telle et telle autres personnes, qui depuis ont commis un attentat ».

Qui sait ?

 

La bonne question

C’est pour cette raison que j’ai beaucoup de mal à supporter les réponses habituelles à La Grande Question du Je N’ai Rien À Cacher. Parce que la question n’est plus « pourquoi doit-on se protéger », mais bien « pourquoi doit-on protéger ceux avec qui on échange ».

Parce que, le jour où notre auditeur sera devenu « intéressant », il sera bien content de savoir que ceux avec qui il échangeait en toute innocence des années plus tôt avaient sécurisé leurs communications, désactivé la géolocalisation de leurs smartphones et évité de le prendre en photo bourré pour se foutre de sa gueule sur Facebook.

Ou pas.

Si je me bats – depuis bientôt 18 mois – pour faire exister un projet comme Caliopen, ce n’est pas (contrairement à ce que beaucoup croient, hélas et par manque d’explications assez claires de ma part) pour permettre à chacun de mieux se protéger.

Eh non.

C’est pour mieux protéger les autres.

 

Don’t shoot the rhino

y6ej1qcwlcgtowjwz3ukUne image, peut-être plus parlante que mes histoires de selfies piégés et d’attentats futurs, est celle qui demande aux visiteurs de cette réserve – où vivent des rhinocéros – de ne pas diffuser les photos qu’ils prennent sur les réseaux sociaux, ou sinon de désactiver la géolocalisation de leurs appareils.

Parce que celles-ci pourront, sinon, servir à indiquer aux braconiers où et quand vont les animaux qu’ils vont abattre pour leurs cornes.

C’est pour cette raison que, quelles que soient leurs qualités, je ne prête que peu d’intérêt à la majorité des initiatives de messageries sécurisées « post-snowden ». Non qu’elles soient inutiles, loin de là, mais simplement parce qu’elles répondent à un problème du siècle dernier.

Oui, se protéger soi-même est utile. Mais quand l’énorme majorité de nos correspondants ne le sont pas, alors nous sommes autant à l’abri de la surveillance que nos amis rhinocéros. Or – et même si c’est triste il faut se rendre à l’évidence – l’énorme majorité de nos contemporains ne va pas quitter Gmail, ne va pas cesser de publier des photos sur Facebook, ne va pas désactiver la géolocalisation de ses smartphones, ni rien de tout ça.

Parce que l’énorme majorité de nos contemporains n’a « rien à cacher » et qu’à ce jour personne ne lui explique que ce qu’elle a à cacher, c’est nous.

Vous avez un compte sur Fastmail ou Protonmail ? Grand bien vous fasse: vous faites partie de la minuscule minorité qui, quand elle s’envoie des emails à elle-même, protège sa vie privée (mais qui la dévoile dès lors qu’elle échange avec ses proches restés chez Google, ou via Facebook ou Twitter). Votre réseau de connaissance est tout aussi public que celui du reste du monde surveillé. Et le pire, peut-être, c’est que vous vous croyez à l’abri.

Protéger son email alors qu’on continue de dialoguer par SMS, IRC, Jabber, Facebook et Twitter ? Sérieusement, qui peut croire que ça va géner les NSA de ce monde ?

Si Caliopen est utile un jour, ce ne sera pas parce qu’il protègera ses utilisateurs, mais parce qu’il leur fera prendre conscience de la portée de leurs actes quand ils échangent avec des proches peu ou pas protégés. Mais ce ne doit pas être une fin en soi.

 

Vie privée SGDG

Dans son dernier article sur Rue89, Amaelle Guiton rappelle superbement que la sécurité informatique n’a pas besoin d’être parfaite pour être utile. Un point manque, cependant, dans son texte, et que je voudrais rappeler à mon tour: la surveillance de masse n’est pas qu’une question technique. C’est aussi une question économique.

Quelles que soient les capacités de déchiffrement de la NSA, il lui en coûtera toujours plus pour réunir des informations sur chacun d’entre nous si nous augmentons notre niveau de protection que si nous ne le faisons pas.

Si – un jour – suffisamment de monde utilise des outils de cryptographie. Si – rêvons un peu – un projet comme Caliopen permet un jour de faire prendre conscience à un nombre assez important d’utilisateurs que leur protection passe par la protection de leurs proches, alors peut-être peut-on espérer que ce coût augmentera assez pour que les bailleurs de fonds des grandes oreilles jettent l’éponge et qu’elles retournent à des pratiques d’espionnage plus ciblées (parce que – et là cessons de rêver – nul ne sera jamais à l’abri d’une surveillance ciblée).

Et si, au passage, nous réapprenons, tous, la valeur de notre vie privée et les risques que sa perte fait peser sur nos sociétés, alors, qui sait, peut-être que notre futur n’est pas si sombre.

 
Et un [edit] pour ajouter ceci à la demande générale (OWI !).

by <a href="http://www.dailymotion.com

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24 thoughts on “Rien à cacher”

  1. Le problème, est d’arriver à faire seulement entendre cela à nos proches.
    J’ai encore tenté cette semaine : échec !
    – Soit ils s’en foutent
    – soit ils essaient, pas très finement de me faire passer pour le parano reac de service, avec des arguments massue du genre « on y peu rien » et surtout « alors arrête d’utiliser internet »…
    Comme si, craignant les contrôles routier, je cessais d’utiliser ma voiture…

    Je ne sais pas quoi faire… Ce sujet me tient à coeur, personnellement et professionnellement, mais que puis je faire, si au sein même de ma famille, je passe pour un illuminé ?

    1. On peut, sur ce point, trouver de nombreux arguments dans un article publié en 2010 par Jean-Marc Manach : http://www.internetactu.net/2010/05/21/lettre-ouverte-a-ceux-qui-nont-rien-a-cacher/

      Quant à moi, je suis convaincu que l’argument le plus cartésien est celui du futur: qui croit n’avoir rien à cacher aujourd’hui ne peut pas savoir ce que sera demain, et ce qu’il aura ce jour là – lui ou ses proches – préféré n’avoir pas rendu aussi facile d’accès.

    2. J’ai fait le même triste constat. Même quand tu essaye de leur apporter de petites solutions simples et confortables, c’est toujours la même chanson : Pfff moi ça me concerne pas, qu’est-ce que ça peut me faire que la NSA lise mes mails, et ma préférée : chui pas un Geek, je veux juste que ça marche, et surtout pas avoir l’impression de savoir comment… Bref, on finirait presque par se dire « on y peut rien », mais heureusement on est pas totalement seul!

      PS : Merci Reflet pour vos articles, et particulièrement ici, merci Lauren Chemla pour celui-ci.

  2. @Emma
    N’essaye pas de convaincre, fait ce qui est bon pour toi. Ton seul exemple permettra aux autres de douter et voir qu’il existe des alternatives.
    Ca marche aussi pour d’autres sujets comme les pesticides et l’agriculture bio, j’ai personnellement fait comme toi a ce sujet, ça m’est toujours revenu dans la gueule. Depuis que j’ai arrété d’essayer de convaincre je suis moins fatigué :)

    L’idée qu’on s’est trompé ou qu’on s’est fait avoir pendant des années est très désagréable, personne n’est prêt à l’accepter, même si l’interlocuteur à raison à 100%
    Dans l’alégorie de la caverne de Platon, ceux qui voulaient raconter la réalité (le monde extérieur) aux esclaves enchainés au fond de la grotte se font assassinés par ceux-ci alors qu’ils voulaient les libérer… car pour ces esclaves, l’idées qu’ils sont esclaves sans le savoir est trop insoportable.

    @Laurent Chemla
    J’ai beau faire des efforts, je suis désolé mais je ne comprends pas l’intéret de CaliOpen. Je vois à peu près l’idée de départ interessante du client mail centralisé avec indicateurs de sécurité. Mais je vois pas ce que ça m’apporte en terme de vie privée (pas de chiffrement? metadata toujours là? centralisation = un seul accès pour tout voir me concernant?
    Merci d’éclairer ma lanterne :)

    1. Bien sûr que Caliopen intègrera des solutions de chiffrement, évidemment. Mais ce n’est pas le point: l’objectif pour nous c’est de pousser un maximum de gens à adopter de meilleures pratiques (qui comprennent le chiffrement, mais pas seulement) en leur en donnant envie plutôt qu’en les culpabilisant.

      Je vous engage à lire la FAQ (https://caliopen.org/faq) ou même à venir nous poser des questions sur le canal irc (@FreeNode/ #caliopen). Ou même à m’écrire en privé (laurent@brainstorm.fr): je réponds volontiers aux questions sur ce projet.

      1. Merci Laurent pour cette réponse.

        Chiffrement: pour moi ce n’était pas évident du tout, c’est pas très clair sur le site je trouve, c’est pour ça que j’ai tenu à le signaler. Pourtant c’est pas faute d’avoir cherché (j’avais lu l’époque tout ce que je trouvais sur le sujet, FAQ comprise) car je sentait qu’il y avait quelque chose qui m’échappait. Là du coup je pense mieux comprendre et en effet c’est interessant comme idée. Mais le message n’est pas clair pour moi à priori (et du coup sûrement pour d’autres), voir la page « Fonctionnalités ».

        Bonne continuation!

        Bon là du coup on vient de se parler, sans aucune confidentialité, via commentaire de blog de dangereux libertaires ;) nous voilà donc catalogués.

  3. Merci pour l’article.

    Pour la dernière partie, je ne pense pas que l’argent soit un problème pour un pays comme les USA et donc pour la NSA (voir dollar ou planche à billet)

    Par contre la limite technique parait évidente.

  4. Avez-vous déjà reçu un coup de fil d’une petite fille qui vous propose une « gâterie »?
    Moi oui
    J’ai de forte raison de pensez que cette dégueulasserie venait des flics.
    Pourquoi? C’est à eux qu’il faut poser la question moi je ne vois pas.
    A moins que, j’ai eu, une fois (en 2004), cherché sur internet pour voir si c’était vrai qu’il y avait des photos pédopornographiques! (au début qu’on en parlais, j’ai pas vraiment trouvé).

    mince, j’ai employé un mot qui peux m’attirer des surveillances!

    C’est pas fini:
    Une fois qu’on vous a trouvé quelque chose,(le simple fait d’être indépendant ou anar ou en contact … peut suffire, ou une diffamation ou des moeurs libertains, ou des curiosités sur l’islam ou de l’humour ou que vous êtes président du fmi futur président de la république (ah non, pas ça pardon…)
    non seulement la surveillance va s’étendre à vos déplacements mais elle va volontairement sortir de l’ombre, pour vous obliger vous même à vous auto-censuré. Cela s’appelle la dissuasion. (Vous êtes censé savoir pourquoi, si vous savez pas, tant pis pour vous, votre future étiquète de paranoiac ne vous sera confirmée que par tout ceux qui ne vous croiront pas).

    C’est pas fini:
    Comme le dit Nicolat Bourgoin (https://bourgoinblog.wordpress.com/2014/12/27/la-loi-de-programmation-militaire-va-legaliser-la-surveillance-dinternet/)
    « Au repérage et à la traçabilité succède alors le traitement répressif visant la coercition et la mise à l’écart des personnes supposées dangereuses : en somme, le principe de précaution appliqué au contrôle des comportements humains. »
    Vous avez bien lu « mise à l’écart »
    (Il aurait du dire des « supposées indésirables »)
    C’est la discrimination positive de Sarkosy (enfin, les amerlocs avant lui)

    Et c’est là que les metadonnées mails et téléphoniques interviennent.

    Et c’est là que commence les rumeurs, les potes qui se cassent, les surveillances de voisinages, et la fin de votre belle réputation (même dans votre travail)(voir des ingérences inexpliquées).

    Sans parler, comme vous dites, que sachant que vous êtes sur écoute, vous éviter d’appeler certaines personnes et les conversations d’ordres personnelles avec les proches pour les protéger.

    Et vous finissez au bout de plusieurs années, croyez moi si vous voulez, par tout simplement éviter le téléphone. (surtout si vous savez que dans la salle d’attente du dentiste chez qui vous avez pris rendez-vous il y aura un type ou une femme (ou un couple) qui vous regardera ou vous posera des questions qui ne vous laisseront aucun doute quand à son métier.)

    Mais bon dire ça sans passer pour un parano c’est pas évident.
    Alors on le dit pas.
    Surtout que la plupart du temps la réaction est: « si c’est vrai, c’est qu’il a quelque chose à se reprocher, la police fait pas ça pour rien » et on doute, on se méfie de vous, on vous évite…

    Et après on a +17% de hausse en 2013 d’agressions phys- sur gendarmes et on a des mecs qui vont agresser les flics comme à joué les tours sans que personne sache pourquoi.
    On a aussi du « chantage à la liberté » c’est à dire des types qui utilisent les forces de l’ordre à leur profit.
    Moi, j’ai eu, en même temps que la dénonciation calomnieuse d’un voisin, des attroupements immobiles devant ma maison de ce même voisin et ses amis. J’ai été mis sous surveillance par l’adjudant chef de ses amis depuis 20 ans. (j’ai vendu après lui avoir parlé).

    Les mecs de Tarnac aussi continuent d’être sous surveillance!
    pourtant au départ il y avait bien eu surveillances et accusations sans preuves!
    Aujourd’hui ils les appellent les anarchistes autonomes!
    En tout cas ça fait un paquet d’années sans vie privée!
    Y a de quoi devenir plus qu’anarchiste!
    Mais ça suffit à justifier une surveillance continue (source « la montagne ») totalement contreproductive et couteuse alors qu’ils devraient toucher des compensations.

    Si vous avez des solutions qui permettent de téléphoner sans que l’opérateur sache qui j’appelle je suis preneur (hors ordi).
    Parce que même sans le contenu des conversations on peut détruire votre vie juste par le pouvoir d’influence et la crédibilité candide du képi.

    Si vous savez comment faire comprendre au flics que raconter des saloperies sur les gens, et encore plus lorsqu’elles sont fausses c’est autant peu glorieux que totalitaire.
    (voir les dénonciations du policier Philippe Pichon: le fichier Stic est «entaché d’anticonstitutionnalité», il porte notamt atteinte à la présomption d’innocence.)

    Vous me direz « c’est marginal »
    Qu’en savez vous?
    Vous saviez vous que dans plus d’1 cas sur 2, il y a abus d’usage de la force chez les flics non-filmés!
    (http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/19/bientot-cameras-les-policiers-surveillera-254284)
    Alors pourquoi pas d’abus sur les fichages?
    On risque pas de le savoir puisque même les bons flics ferment leurs gueules sur ces pratiques parce que « Le donneur d’alertes sera sanctionné administrativement.Au mieux,il sera isolé de son service » a dit un agent (http://www.lepoint.fr/societe/des-nazis-dans-la-police-28-11-2014-1885212_23.php)
    Et même lorsqu’on est au courant, il y a impunité comme cette histoire du patron des gendarmes du Loiret qui couvre « faux et dénonciations calomnieuses » d’un agent car la victime a été « un peu directif » (http://www.lepoint.fr/justice/un-magistrat-juge-pour-une-altercation-avec-les-gendarmes-27-11-2014-1884824_2386.php)

    Pourquoi vous croyez qu’ils pêtent plus haut que leurs culs?

    A bon entendeur.

  5. Tout à cacher, Rien à cacher…

    Deux bons textes, une prise de conscience, hélas, un combat déjà perdu.

    -à QUOI SERT UN CALCULATEUR ? Vous avez tous la réponse.

    -À QUOI SERT UN SUPER-CALCULATEUR ? Même si vous n’êtes pas super doué en maths, vous avez une petite idée, puisque, si vous êtes là, c’est que vous en utilisez au moins un.

    Pour commencer, une petite histoire vraie.

    Nous étions dans en 1990 environ. Début des caisses enregistreuses laser géré par un machin-truchouet Or-di-na-teur IBM, tout ça…

    Whoa ! Même la pause pipi pouvait être consulté par le responsable, vous savez le petit chef, souvent sans diplôme, qui donne la prime pour objectifs atteints à des caissières souvent bac+3,+4… (Oui, déjà à l’époque c’était comme ça…)

    Bien entendu, ce n’était, loin de là, le seul critère pour évaluer l’efficacité d’un élément. Le nombre d’articles enregistrés par minutes, le chiffre d’affaire réalisé et comparé aux erreurs des rendus monnaies, bref, des tonnes d’informations pouvant prévoir les ragnagnas, la prise en compte d’une vie affective, impactant la file d’attente des clients et donc le planning des caissières.

    À l’insu de votre plein gré au départ, puis ouvertement sans scrupules, votre prime en dépendait.

    Mais nous ne sommes plus en 1990, les petits loups ! Aujourd’hui c’est notre assurance, c’est notre banque, c’est notre spiritualité, c’est notre santé, c’est nos désirs, c’est notre vie, qui rapporte, gros, très gros, sur notre dos. Que nous en soyont conscient ou pas, de toutes les façons, personnes ne nous demande notre avis.

    Et si la vie privée est effectivement le prolongement de notre conscience, sans hésitation nous pouvons en déduire que nous sommes des inconscients consentants.

    La preuve ? Non seulement nous sommes tous superinformés depuis des lustres, mais nous laissons le supercalculateur géré notre quotidien comme le HFT, et le pompon, les lois passent pour justifier ces pratiques, si pratiques.

    Est-ce que la NSA est confortée dans son action ou non ? Pas besoin de vous faire un dessin, la réponse est évidente !

    Les FAI donnent toutes nos données sur simple demande administrative, sans aucun contrôle juridique. Normale, nous ne valons rien, notre vie privée ne nous appartient plus, ou du moins elle appartient d’abord à ceux qui savent en tirer profit.

    Si vous ne savez pas le faire, d’autres le font à votre place.

    Alors que nous pouvons déjà consulter la fiche d’impôt du voisin, et même spéculer sur son assurance décès… en cas ou il serait pédo-nazi-pirate-terroristes-enciuleur-de-mouches.

    Nous pouvons donc mesurer l’état de notre conscience, pratiquement nul, pas beaucoup plus que celle d’un hamster dans sa roue.

    Et si demain un fou prend les commandes ? Oh merde! ils y en a déjà des dizaines, non des centaines et bientôt des milliards…

    Sauvé par le nombre ? Nope…

    Ou faut-il poster ce commentaire, sur RIEN À CACHER ou TOUT À CACHER ? That is the big question… puisque le serveur est en France…

  6. Très bon texte, mais comme dit dans les commentaires c’est difficile de convaincre son entourage de la gravité du sujet. D’autant plus que les alternatives sérieuses sont soit inachevées, soit payantes, soit compliquées à installer et à manipuler.

    Aujourd’hui quand j’ai besoin de créer une adresse mail supplémentaire/temporaire, je vais directement sur gmail car je sais qu’en 10 secondes c’est bouclé. De même pour partager n’importe quoi avec ses contacts, je vais sur Facebook/Twitter.

    On sait tous que les metadata sont plus précieuses que les données en elles mêmes, et on est tous convaincus par les arguments cités dans ce texte et ailleurs, mais quand vient l’heure d’appliquer, on repart sur les outils propriétaires/traqués car pas d’alternatives qui tiennent la route.

  7. Avec la structure actuelle de l’Internet, il est totalement illusoire de vouloir préserver sa sphère privée ou de préserver celle des autres, quels que soient les outils que l’on utilise. Au mieux, on peut être entraîné dans une course aux armements entre les différents protagonistes de la question, mais la sphère privée ne pourra jamais sortir victorieuse de ce combat. De fait, la sphère privée n’a jamais été qu’un mythe entretenu par ceux qui profitent du secret, qu’il soit d’état, banquier, commercial, médical, etc..
    Que l’on ai rien à cacher ou non, la seule voie permettant de se prémunir contre les abus de ceux qui, tout en préservant leur propre sphère (d’action) privée, exploitent celle du citoyen lambda, est le renoncement total à la sphère privée. Je le répète, car c’est fondamental: le renoncement TOTAL à la sphère privée. C’est à dire que toute l’information disponible sur quelqu’un ou quelque chose doit être librement et gratuitement disponible pour tout le monde, sans la moindre exception. Quand je dis sans la moindre exception, j’inclus évidemment les Google, Amazon, NSA, DGSE et autres MMA. Le pouvoir de ces entreprises, institutions et autre organisations, leur vient de l’existence même du secret. Sans secret, leurs activités se feraient au grand jour et leurs abus pourraient aisément être dénoncée et, le cas échéant, stoppées.
    La transparence est le seul moyen de se prémunir contre les abus de la surveillance, car tout le monde le sait: le pouvoir est soluble dans la transparence !
    Utopique ? Oui, et je l’assume ! Il n’y a que la réalisation des utopies qui permettent de faire progresser la société !

    1. On peut très bien dire oui à la transparence des entreprises, institutions, groupements, personnages publics…
      et non à l’hyper transparence de la vie privée qui est source d’abus de pouvoir, sentiment de viol, source d’erreurs et de confusions, source de division aussi, source d’autocensure abusive par craintes, idem pour des relations professionnelles aussi qui ont besoins d’être renforcées par la confiance avant de pouvoir se permettre de risquer des intervenants extérieurs qui pourraient compromettre des affaires par manipulations…

      Et puis personne n’est parfait, tout le monde n’a pas envie de retrouver ses défauts étalés sur le place publique; De surcroit s’ils sont caricaturés, déformés, exagérés, et peuvent évoluer.

      Et on n’a besoin ni de juges partout, ni d’être juger sur des choses ext- (hitler jouait peut être très bien au foot!)
      ça condamne la société à stagner, à avoir des dirigeants coincés, peu entreprenant, démagogues, « normaux » (normes)
      surtout avec les clichés, idées préconçues impossibles à changer que tout le monde a, sur un sujet ou sur un autre.

      J’ai celui-là par exemple:
      Les adeptes de l’hyper transparence sont souvent des personnes qui sont des « image », des « portraits » de gens idéaux.
      Des personnes qu’on ne saura jamais qui ils sont vraiment et qui bien souvent ne savent pas eux-même qui ils sont vraiment.

      Le président peut bien aller aux putes (ex dsk) ou se faire tailler des pipes (Clinton), c’est d’ailleurs peut être très bien pour son équilibre mental! Qui sait?
      Quel intérêt que ce soit publique si ce n’est pour pouvoir le décapiter?

  8. Je voulais juste rectifier une contre vérité dans l’article. J’utilise ProtonMail. Et bien figurez-vous qu’il est possible d’envoyer un mail à mon_copain@gmail.com sans que gmail ne puisse lire le message. En fait, ProtonMail envoie une notification (simple lien) qui renvoie sur le site de ProtonMail ou mon copain devra utiliser un mot de passe pour pouvoir déchiffrer le mail. Il est aussi possible de choisir une durée de validité de lecture, par exemple, une heure, une journée. Au delà, le mail n’est plus accessible. Comme dans tous les systèmes de chiffrement, le point sensible restera la transmission du mot de passe. Cela reste quand-même plus simple que de faire fonctionner GPG.

  9. Grandement intéressant, les commentaires y compris, ce qui n’est pas toujours le cas. Je m’insurge toutefois contre cette propension des gens à dire à tout et n’importe quel propos : on le sait depuis longtemps. Il y a des choses que je sais depuis un certain temps, que je vais devoir réviser si je ne l’ai pas déjà fait parce que tout change à une vitesse effarante, des choses que mon enfant doit apprendre, que je connais, et d’autres qu’il va me révéler, parfois comme un cadeau.

    A la lumière du 7 janvier, cet article prend par ailleurs une tonalité très étrange. Se souvenir si possible toujours de cette phrase attribuée à Benjamin Franklin que « tout le monde devrait connaître depuis longtemps »,

    « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »
    Benjamin Franklin, 1785–1788.

    C’est dramatiquement troublant, puisque, très rarement, nous commençons à comprendre qu’il ne s’agit pas de perdre un peu de liberté, mais probablement l’essentiel de celle que nous considérions encore comme vitale il y a si peu de temps, avec un espoir de vivre en paix qui va se réduisant en cendre.

  10. ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh j’en peux plus !!! help !!!
    J’viens ici gueuler un ptit coup :)
    J’en peux plus de ces médias bien pensantes après Charlie, j’en peux plus de ces politiques inconsistants après Coluche, j’en peux plus de ces gamins en quête d’une considération qu’ils ne trouvent pas dans leur pays, j’en peux plus des cons.

    Merci:)

  11. Il est bien là le problème : le contenant même avec des chiffrements est toujours en clair :/. En tout cas à moins que je me trompe c’est le cas pour tout ce qui est web sécurisé HTTPS. Et il en va de même pour les mails chiffrés avec PGP par exemple.

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