Reflets fait sa mue avec l’aide de ses lecteurs

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Après trois ans et demi d’existence, Reflets a décidé de changer. Changer dans la façon de fonctionner, de publier, d’échanger avec ses lecteurs et des moyens pour y parvenir.

Deux ou trois gus dans un garage qui montent un medium de presse Internet, sans aucuns moyens, et qui font un travail journalistique apprécié, avec des lecteurs qui suivent, c’est possible. La preuve : Reflets a trouvé sa place dans le PMI, (paysage médiatique internetesque), et nous vous en remercions. Sans votre soutien quotidien, nous aurions rangé les claviers. Il n’y a pas de publicité sur Reflets et pas d’autres actionnaires que les deux fondateurs. C’est un média indépendant. Les seuls à même de déterminer la fin ou l’évolution de Reflets, ce sont les lecteurs. En l’occurrence, vous.

Rentrer chez les pro, sans perdre son âme

Lors d’une conférence récente, Benjamin Bayart nous a dit « vous êtes des amateurs. Mais il ne tient qu’à vous de devenir pros« . C’est une critique constructive, et après une courte réflexion, c’est même un très gentil compliment.

Pour pouvoir changer, et parvenir à vous offrir de meilleures publications, plus fouillées, moins foutraques, faire le journalisme que nous aimons, encore mieux, celui que vous plébiscitez, sans devenir pour autant un média formaté, il y a plusieurs critères à remplir. Les deux premiers sont administratifs et ils sont déjà partiellement remplis : nous faisons partie du SPIIL (Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne), et il nous faut désormais obtenir un agrément auprès de la CPPAP (La Commission paritaire des publications et des agences de presse).

Il nous faut aussi plus de temps. Reflets est réalisé sur notre temps libre. Et cela se voit. Il n’y a pas, sur Reflets, de chemin de copie. En clair, pas de relecture croisée. Les quelques auteurs peuvent publier quand ils le souhaitent. Cela a l’avantage de la spontanéité, cela permet une forte réactivité, mais cela pose aussi des soucis. Dans un journal classique, et ça marche très bien depuis des siècles, il y a un chemin de la copie. En clair, la conférence de rédaction permet d’annoncer aux autres ses sujets. Les articles sont ensuite écrits et transmis à plusieurs personnes pour relecture (chef de service et/ou rédacteur en chef, correcteurs, secrétaires de rédaction). Nous n’avons ni les moyens ni l’envie de rigidifier notre processus de mise en ligne, mais le concept de la conférence de rédaction, et d’au moins une relecture par un autre membre de la rédaction, est un point incontournable.

Pour tout cela, il nous faut plus de moyens qu’actuellement.

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Nous sommes attachés à nos idées fondatrices : pas de publicité, pas de paywall, pas d’investisseurs. Cela ne change pas.

Nous avions initialement décidé de faire un simple appel aux dons. Même si nous avons clairement trouvé notre « lectorat », qu’il nous est fidèle et qu’il s’investit par des dons épisodiques, notre côté « amateurs » fait que le budget ne sera jamais atteint pour devenir « pros ».

Nous avons déjà des ressources très limitées pour écrire et publier, il n’était donc pas question d’avoir une personne chargée du « marketing » de Reflets. Bilan…, nous n’alertons pas assez nos lecteurs sur la faiblesse des dons enregistrés. Le marketing n’est pas notre métier et nous n’avons pas de temps pour cela.

Le cercle vicieux est donc difficile à briser : pas assez de dons, donc pas assez de temps pour Reflets, donc pas moyen d’améliorer les contenus.

Pour autant, nous avons bien compris le message lors de l’appel aux dons pour le procès en cassation vers lequel nous nous dirigeons : vous êtes solidaires de votre journal.

Nous sommes donc aujourd’hui devant un gué que vous pouvez nous permettre de franchir : celui du financement de Reflets. Un journal qui publie au moins un article par jour, creuse des sujets en toute indépendance, enquête, critique, amène de la réflexion et provoque des débats.

Un journal entièrement financé par ses lecteurs, via des campagnes mensuelles de dons. Vous vous payez votre journal, vous vérifiez l’avancée des dons, vous échangez avec ses journalistes : là est l’indépendance de la presse, celle des origines. Le procédé sera celui de n’importe quel crowd funding : une campagne en début de mois, avec un montant à atteindre dans un temps court. Dès que le montant est atteint, les articles paraissent au rythme annoncé, jusqu’à une nouvelle campagne de dons, trente jours après. Nous avons délibérément choisi le budget le plus serré possible en tenant compte des charges sociales.

De l’autre côté du mur, une personne s’occupera du chemin de la copie évoqué plus haut, organisera les deux conférences de rédaction quotidiennes, rédigera des articles aux côtés des contributeurs habituels.

Par ailleurs, nous souhaitons mettre en place une revue de presse à laquelle vous pouvez vous abonner (colonne de droite des pages). Dans un premier temps, elle concernera les articles traitant des sujets liés à la sécurité informatique, de politique, d’économie…

Et bien entendu, comme c’est votre journal que nous tentons de mettre en place, n’hésitez pas à nous faire part de vos envies en nous écrivant à « redaction@reflets.info« .

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

56 thoughts on “Reflets fait sa mue avec l’aide de ses lecteurs”

  1. Question idiote, mais une entreprise à droit de recevoir des dons ? Il me semblait que c’était interdit ?
    Bonne chance à reflet, vu les déboires que connaissent les journaux avec Internet (voir le très bon reportage « un monde sans papier »). Vous faites du bon boulot, continuez comme ça ! Vous êtes l’exemple d’une presse renaissante et nouvelle. J’espère que vous ferez des émules dans d’autres domaines.

    1. Une entreprise peut recevoir des dons. Par contre dans le cas de Reflets je ne sais pas si les critères de l’administration fiscale permettraient d’ouvrir droit aux avantages pour les donateurs. Disclaimer: je ne suis pas juriste.

          1. Non. Il faut traduire « d’utilité publique » par « au bénéfice du pouvoir », et vous comprendrez bien que « indépendant », « libertés d’expression » et « authenticité de l’information », font de ce journal un acte terroriste!
            Quoi qu’il en soit, longue vie à reflets! Et j’espère que sa professionnalisation réussira sans défigurer ce que vous avez si joliment construit.

  2. Super modèle / idée qui je pense reste l’idéal.

    Par contre j’aimerai bien m’abonner pour 5€/mois seulement les formulaires d’abonnement Paypal sont buggués chez moi : il y a 3 dropdowns (?) et je ne peux arriver qu’à 15 ou 50€ par mois peu importe ce que je sélectionne.

    Alors c’est bien niveau marketing (bande de malins !) :D mais bon si vous pouvez jeter un coup d’oeil ?

    Merciii

  3. Votre démarche est vraiment intéressante a mon avis, tres « anarchisante » si j’ose dire, meme si je trouve que vous n’en avez pas encore assez conscience.

    C’est surement du a votre génération, (la mienne apparament), qui n’a pas trop surfé sur les classiques mais a compris bien vite via l’informatique « bien intégré dans l’esprit ». Il ne suffit pas de connaitre une formule de math, il faut aussi comprendre le probleme physique associé et arriver a s’en servir. Une espece de compréhension globalisante, une possibilité d’analyse rapide, une mise en forme contextuelle efficace … ?

    Cela dit, j’aurais un bémol pour yovahn, que je critique, mais j’aime bien qu’il soit la aussi, donc finalement, pas vraiment a redire.

    Je vis de très peu, j’achete donc tres peu de journaux papier (pas internet et pas assez de courant dans la yourte, pas envie +, je pratique la « décroissance » depuis plusieurs années, si j’ose dire), souvent des trucs rouge (tres…), vert (tres aussi, et surtout recyclés et re-recyclables :)), ou les deux, mais vous seriez le « media » que je paierais la prochaine fois, si il le faut. Par cet article vous m’y refaites penser ;)

    Mais justement, je me pose la question du mode financement, j’veux bien filer quelques ronds, mais ca ne sera pas beaucop plus que ce que je suis capable de mettre pour le papier …

    Si vous ne tenez pas pour salarier le bazard pérènement, vaux mieux aller moins vite, mais rester dans la place !

    Au plaisir de continuer a vous lire, meme yovan :)

  4. Loin de moi l’idée d’aller à contre courant ou quoi, mais j’ai lu une chose qui m’a fait tiquer.

    1 article par jour? heuuu pourquoi ce minimum? Personnelement, cela ne m’a jamais dérangé de devoir attendre un peu de vos nouvelles, au contraire cela entretien le suspens. Par exemple cet été il y a eu peu de publications au mois d’aout, mais là, en moins de 15 jours, je compte 15 billets…
    Bon, Yovan triche avec ses billets découpés en 7 mais ce que je veux dire c’est que nous (moi du moins), n’attendons pas de vous de la régularité, mais du sérieux et de l’investigation profonde comme vous avez toujours su faire.

    Et puis dit comme ça, cela donne l’impression que même si on a rien à dire, on fera un article, parce qu’on a dit qu’on en ferait un tous les jours…

    Bref là où je veux en venir, l’appel au don c’est bien, mais si c’est pour devenir une machine qui crache des articles parce que : « on est obligé, les gens on fais les dons alors on doit pas manquer à notre parole. » (ce dont je doute énormément au vu de ces dernières années passées à vous lire) hé bien… je préfère autant que reflets reste le petit « amateur » qu’il est aujourd’hui. (ceci aussi en y réfléchissant bien est un compliment).

    Je ne sais pas si je me suis bien exprimé, mais sachez que je n’ai qu’amour et respect pour vous et votre travail.

    Une dernière chose, rappeler à vos lecteurs de temps en temps que les dons vous font vivre, c’est bien. Comme moi par exemple, depuis que je vous lit je me suis toujours dit « le jour où j’ai du taf et un peu de sous, je met en place un virement auto pour reflets », et ce jour est arrivé depuis quelques temps maintenant, à moi de vous rendre tout ce que vous avez pu me donner durant ces années.

    Voilà, j’ai fini ma minute émotion, j’espère que vous resterez tel quel, même avec des sous !

    Loki, ke longues vies à Reflets

    1. Je suis assez d’accord. Mieux vaut privilégier la qualité à la quantité.
      Et puis, franchement, Reflets fait du bon boulot. Du très bon boulot.
      C’est une très bonne idée de vouloir améliorer Reflets et une excellente idée de mettre en place un appel aux dons, mais je préfère que ces dons vous servent à faire des articles à la même fréquence mais encore mieux (dans le sens: mieux expliqués aux ignorants dont je fais partie, par exemple en expliquant les parties techniques avec des mots simples [je vous demande pas non plus de faire des tutos hein :grin: ]).

      Reflets m’a apporté la réflexion, l’ouverture d’esprit, le sens critique, malgré le fait que je ne le connaisse que depuis quelques mois. Sans vous, je n’aurai rien compris à l’actualité, et je me ficherai éperdument de la NSA parce que « j’ai rien à me reprocher ».

      Bon désolée, en tant que mineure il ne m’est pas possible de vous financer (peut-être dans quelques années!) mais sachez que vous avez tout mon soutien moral :smile:

    2. Je plussoie cette remarque !

      Votre lectorat s’est construit sans publication régulière de votre part, je ne vois pas pourquoi vous vous imposez de répondre à ce besoin inexistant (je parle pour mon cas bien sûr).
      Ce que j’aime, ce sont les dossiers complets, qui vont au fond du sujet. Pour moi c’est là que se situe votre valeur ajoutée par rapport aux médias classiques, qui se contentent la plupart du temps de copier/coller les dépêches AFP.

      Exemple (à moitié imaginé)
      Média classique : « Le réseau du ministère a subi une attaque sophistiquée et d’envergure de la part des méchants chinois »
      Reflets : « Le fait de trouver une IP chinoise dans les logs ne prouvent pas que les attaquants soient chinois. De plus, tout porte à croire que l’attaque consiste en un social engineering suivi d’un phishing facebook »

      => Conclusage : vous portez mal votre nom puisque ce sont les autres médias qui se contentent de nous servir un « reflet » des dépêches, sans approfondir.
      Vous allez au-delà du simple reflet ;-)

    1. Parce qu’ils en sont surement capable ! Le qualité n’est pas au détriment de la quantité quand le temps imparti pour écrire un article suit le même principe.
      Je suis friand des articles de Reflets, et n’en demande que plus !
      Grosse donation de prévu pour la campagne.
      Ensuite 7€ par mois me parait correct. Un packet de clope en moins, c’est toujours ça de gagner pour les poumons.

  5. bonne nouvelle, je continue mon abonnement,
    petite remarque formelle,
    j’ai beaucoup de mal avec cette présentation en catégories avec plusieurs colonnes, je trouvais ça beaucoup plus lisible quand les articles étaient affichés bêtement dans l’ordre chronologique de publication.

  6. Hello et bravo pour ce changement, que j’espère fructueux.

    Pour le paiement en bitcoins, une possibilité serait d’implémenter ChangeTip (www.changetip.com).

    Sinon, pour le financement participatif, je pense qu’une solution à la Patreon ou Tipeee serait idéale pour un média comme Reflets.

  7. Un journal qui bouge est un journal qui vit. Et longue vie à Reflets.
    La route du financement est un cauchemar qui lamine sur la durée, que ce soit pour un pigiste ou un chercheur qui passe plus de temps a trouver le budget qu’à se concentrer sur son boulot.

    Enfin bref, je suis en phase avec votre conception du journalisme, sûrement une question de génération, j’espère donc vraiment que ce modèle va permettre une certaine pérennité.

    1. Le lien n’affiche qu’une page blanche avec le bandeau O1Net, même en whitelistant 01.net dans NoScript – et RequestPolicy ne propose aucun sous-domaine évident à whitelister non plus.
      (question subsidiaire: whitelister jquery.com globalement, c’est une bonne idée ou pas?)

  8. Bonjour

    bravo pour votre démarche. Quelques remarques cependant d’un « vieux » (on dit pudiquement « journaliste senior » dans les rédactions…) journaliste de 50 ans, dont 25 derrière un écran (même si à l’école de journalisme j’ai appris sur une machine à écrire ;-) ) :

    1-écrire et publier un article de qualité comme vous le faites toujours relève du défi casse-gueule : au bout de quelques jours (voire semaines), on s’essouffle. Résultat : on a tendance à bâcler l’enquête pour relever le défi de l’article quotidien et/ou on publie des sujets moins « forts »

    2-la gestion d’un chemin de fer demande de la rigueur et de l’organisation; il faut donc faire un choix entre publier absolument tous les jours et gérer efficacement une publication

    3-Enfin, que se passe-t’il le jour où vous écrivez un « méchant » article sur Paypal ? Il y a des risques que le géant US ne ferme votre compte et vous coupe les vives…

    Sinon, bonne chance et, surtout, bon courage ;-)

      1. Pas forcément le virer, identifier le domaine sur lequel il a une vraie compétence et peut parler en connaissance de cause, et ne plus le laisser pontifier sur tout le reste (y’a des blogs sont fait pour ça!)…

  9. Comme les autres je ne suis pas d’accord pour un article par jour. Pourquoi vouloir à tout prix publier chaque jour ? Je préfère que vous prenniez votre temps, pour sortir un bel article complet. De plus la cadence risque d’être difficile, enfin c’est mon avis et visiblement je ne suis pas le seul à le penser.

    C’est dans vos projets de continuer radio reflets ? Perso j’attends le 4ème :).

    Bonne continuation à vous !

    1. Quand on dit un article par jour, c’est simplement qu’en prévoyant des piges pour les contributeurs, nous pourrons avoir plus d’articles. Cela ne remet pas en cause l’intérêt des contenus et le chemin de la copie avec relecture obligatoire permet d’éviter des articles ayant moins d’intérêt.

      Pour Radio Reflets, nous prévoyons de nous équiper du matériel nécessaire et non plus de « l’emprunter ». C’est un des projets qui sont très sérieusement étudiés.

    2. Comme le disait kitetoa, c’est une possibilité offerte en plus de publier plus fréquemment (1 papier par jour), mais le but du financement est avant tout de permettre de payer des papiers fouillés, reportages, enquêtes. Pour la radio, on risque de repartir sur des bonnes bases sous peu si l’aspect financier le permet. L’objectif est de pouvoir maintenir une émission mensuelle, avec invités, thématisée, interactive et la plus vivante possible :-). Une radio qui ressemble aux gens qui font Reflets en fait.

  10. Moi si j’ai juste une critique a faire c’est le design du site, c’est plus un blog a venir voir de temps en temps qu’un vrai journal sur lequel venir tout les jours ou presque. Ensuite, le deuxième problème que je constate c’est le manque d’interaction, j’aime maintenant que l’information vienne a moi (via g+?) plutôt que de devoir venir chercher l’information. Oui je sait, ça tiens a peu de chose. Autrement, merci pour vos articles, vous faite un super boulot.

    1. Pour avoir l’information de reflets.info en push, je conseille d’utiliser le flux rss et un logiciel comme le défunt Google Reader, ou Feedly qui le remplace admirablement (disclaimer : je ne bosse pas pour eux

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