Récession : la finance Ponzi planétaire, le crime organisé boursier et les dark pools…

(On vous a parlé des origines de la crise de la dette souveraine avec son lot de super-arnaques depuis 40 ans pour contenter les rentiers du capital et autres politiciens profiteurs. Et comme c’est bientôt Noël et que la récession a été officiellement déclarée depuis quelques jours, soyons beaux joueurs et allons jusqu’au bout de la chose. Nous sommes dans la m… jusqu’au cou et certains spécialistes de la chose financière balancent aujourd’hui très fort. Parce que la prévision du calendrier maya pour 2012 est désormais prise très au sérieux, enfin, au moins d’un point de vue système économique…)

« Mais bordel de bordel de nom d’un chien ! Mais keskispasse ? Mais keskifont ? Hier c’était la dette, j’ai fait 7 discours qu’ont rassuré tout l’monde et maintenant c’est la récession ! Pas possible qu’moi, l’sauveur de l’Europe et du monde j’y arrive pas ! Envoyez-moi Guaino qu’il m’écrive un discours pour que les marchés, les agences de notation et tous ces connards d’analystes arrêtent de nous la mettre et qu’on refasse démarrer le bazar ! »

C’est à peu près ça qu’on entend à l’Elysée depuis que la récession est officielle au pays des vaches qui regardent passer les trains et des citoyens qui regardent le 20H de Pujad(hass). Mais au fait, le problème, est ce que c’est vraiment celui de la dette ? Et même si on n’avait plus trop de dette, arriverait-on quand même à s’en sortir de ce casse-gueule en règle ? Ben, c’est pas si certain, et certains spécialistes vont même jusqu’à affirmer qu’on est cuits. A moins qu’un gros « stop » général ne soit mis en œuvre. Mais un « stop » de quoi ? Houla, houla, houlala : on va tenter d’en parler en douceur, mais comme  vous allez le voir, le « stop » il devrait être lancé par ceux qui ont fait l’inverse du « stop », ce qu’on pourrait appeler le « on y va à fond ». Et ce « on y va à fond » a permis des choses assez surprenantes, comme permettre d’avoir un système financier beaucoup plus opaque, dangereux et mafieux que ce que l’on pouvait envisager. Ca s’est passé fin 2007 en Europe. Vous voyez ce qu’on veut dire…?

Cet article s’auto-détruira une fois ses conclusions vérifiées (comme le système économique)

Le 18 novembre 2011, à la Maison de l’Amérique Latine à Paris, se sont réunies quelques personnes pas trop stupides et résolues depuis un certain temps à lutter contre le crime organisé. Leur organisation s’appelle FLARE Network France et a comme sous-titre « Freedom, Legality And Rights in Europe – 1er Réseau Européen Associatif contre le Crime Organisé Transnational ». Voilà donc deux magistrats, un Français et un Italien qui ont un avis sur la finance internationale et la crise du même nom et qui sont tous les deux spécialistes du crime organisé transnational. Ecoutons le premier, Jean de Maillard :

« Jusqu’à il y a vingt ans nous pouvions encore croire qu’un marché sain existait, tout comme une société saine qu’il fallait protéger des infiltrations criminelles. Aujourd’hui il faut au contraire réaliser que les organisations criminelles fournissent des biens et des services illégaux (drogues, articles contrefaits, traite d’êtres humains, élimination d’ordures toxiques), demandés par des millions de gens tout à fait normaux. »

Bon, c’est pas politiquement correct de dire ça quand même, monsieur le vice-président au tribunal de grande instance de Paris (depuis janvier 2011) ! Ecoutons donc votre collègue italien, Roberto Scarpinato :

« Comparé à cette criminalité systémique, l’ancien droit pénal du 19ème et 20ème siècle est comme un pistolet à eau, une aspirine contre le cancer. Nous devons prendre conscience de l’émergence d’un nouveau concept, l’économie frauduleuse.« 

 

Roooooh comme ils y vont, quand même…Bon, ils sortaient aussi chacun un bouquin, les juges, et celui du Français s’appelle « l’arnaque : la finance au-dessus des lois et des règles ». Bon titre ça. Surtout qu’il traite de la criminalité financière, secteur dans lequel il est expert. C’est donc avec les expertises de Monsieur de Maillard que nous allons travailler pour tenter de mieux comprendre ce que ces deux spécialistes entendent par « criminalité systémique » et « infiltrations criminelles dans le marché (financier) ».

La fraude dans la finance internationale comme variable d’ajustement

Jean de Maillard, dans une interview donnée à lexpansionlexpress.fr explique d’emblée une réalité sur le système financier qui peut faire réfléchir :

« La globalisation économique et financière a fait évoluer les frontières de la criminalité : à l’ancienne, de forte intensité et de haute fréquence, s’est superposée une fraude de plus faible intensité et de basse fréquence qui est facilement ignorée dans les analyses officielles. Les techniques frauduleuses sont devenues des variables d’ajustement de l’économie globalisée, et même des modes de gestion de celle-ci, et pas seulement des malversations marginales.« 

 

Le constat que le système financier actuel est frauduleux et a besoin de cette fraude comme variable d’ajustement ne manque pas de sel. Surtout quand plus loin, notre juge affirme :

« …les réglementations étatiques se sont restreintes au profit de l’autorégulation des marchés, censés faire leur propre loi. Les Etats ont accepté que cette dernière se substitue à la leur, et ils ont perdu le contrôle des régulations. Les acteurs de ces marchés peuvent violer – en général impunément – ce qu’il reste de lois étatiques quand elles les gênent. Les Etats sont dépassés par leur puissance et par leur inventivité. Souvent, les acteurs de ces marchés n’ont même plus de comptes à rendre et peuvent faire ce qu’ils veulent allégrement, dans une opacité totale, y compris en violant les principes selon lesquels ils prétendent fonctionner.« 

 

Nous y sommes. Les marchés font à peu près ce qu’ils veulent. Comme par exemple se débarrasser de titrisations pourries qui contaminent le système, spéculer sur des dettes souveraines et faire exploser les taux d’intérêts des Etats emprunteurs. Mais quand Jean de Maillard fait allusion à « la perte des lois étatiques au profit de l’autorégulation des marchés censés faire leur propre loi » il sait de quoi il parle. Voyons voir un peu plus loin :

« La titrisation – cette invention géniale de la finance Ponzi – est en panne, ce sont les Etats qui alimentent directement à fonds perdus la nouvelle spéculation, de plus en plus opaque. Le secteur financier s’est concentré autour d’une poignée de mégabanques qui font la pluie et le beau temps face à des Etats démunis. Croyez-vous vraiment que les Bourses mondiales sont euphoriques parce que l’économie se redresse (l’article date du 01/02/2010, NDLR) ? Cherchez plutôt du côté des dark pools et des crossing networks, des flash orders ou du trading haute fréquence, qui sont entre les mains d’un tout petit nombre d’opérateurs, et vous découvrirez pourquoi Martin Bouygues ne comprend plus rien au cours de ses actions. C’est qu’il n’y a rien à comprendre : les cours sont manipulés dans l’obscurité la plus complète.« 

 

Et oui, parce que c’est exactement là où nous en sommes, comme l’avait si bien décrit Jean de Maillard il y a presque 2 ans. Et cette affaire de dark pools des crossing networks est d’une actualité criante. La dérégulation permettant la super-spéculation sans aucune transparence, « l’auto-régulation des marchés » passe par une série de mesures qu’il fallait prendre à une époque pas si lointaine. Parce que pour faire simple, vous allez comprendre que ces systèmes financiers opaques et dérégulés en diable ont été acceptés en Europe depuis peu par les instances européennes avec la bénédiction des mêmes dirigeants politiques qui aujourd’hui hurlent au loup. L’histoire ne manque pas de piquant.

Comment l’Europe a permis plus d’opacité dans les échanges financiers avec la permission accordée par la MIF de créer des dark pools…

Les crossing-networks c’est en gros ça :

Un « crossing network » est un système de négociation parallèle (SNP) qui permet d’acheter et vendre des titres boursiers électroniques sans connaître l’ordre de routage de l’échange, à l’inverse des réseaux de communication électronique (ECN) qui eux affichent les cotations de façon publique. Dans un crossing network, l’ordre est anonyme et placé dans une boîte noire pour les autres participants du réseau (avec un simple marquage à la rigueur). L’avantage du crossing network est sa capacité à exécuter des ordres de grande ampleur sans impacter la cotation publique.

 

Un dark pool est donc un système de crossing-network :

Un dark pool est un système exploité par un prestataire de services d’investissement ou un opérateur de marché. Sans avoir la qualité de marché réglementé, un dark pool assure la rencontre, en son sein et selon des règles définies, des transactions (achats et ventes) sur des instruments financiers, tout en permettant à ses clients de rester anonymes.

 

Huuuummmm, ça porte bien son nom en fait, vous ne trouvez pas ? Le sombre marché financier où on est anonyme. Miam, miam. Quelques précisions :

Un dark pool a pour objectif de traiter des volumes d’ordres importants (transactions sur blocs), hors marchés officiels (grandes bourses réglementées ou systèmes multilatéraux de négociation), et sans afficher le prix des transactions avant leur finalisation. Il permet ainsi aux acteurs (acheteurs ou vendeurs de titres) de rester anonymes.

 

Pas mal du tout ça, super opaque, on ne peut pas mieux faire pour les blanchisseurs d’argent pas très propre. Mais donc on imagine que c’est un truc mafieux, à coup sûr. Et ben heu, pas vraiment :

Un dark pool doit recevoir une autorisation d’exercer, attribuée par le régulateur de son pays d’implantation, comme l’Autorité des marchés financiers(AMF) en France ou la Financial Services Authority (FSA) en Grande-Bretagne. Il est autorisé depuis 2007 en Europe par la Directive européenne sur les marchés d’instruments financiers.

 

Whaaaaa ! Super ! C’est nous qu’on leur a donné les clés avec nos super démocraties hyper balèzes que quand on va voter ça change tout ! On est trop bons en Europe, on est décidément vraiment trop bons…merci à la commission, aux députés et euro-députés qui ont validé tout ça Et comment justifier ce type de marchés financiers « spécial mafia » ?

Le paysage du courtage actions est en pleine évolution, dans le sillage de l’entrée en vigueur de la nouvelle directive européenne de libéralisation des instruments financiers (directive MIF). La concurrence entre bourses traditionnelles et systèmes multilatéraux de négociation fait rage pour tenter d’accaparer une part du courtage des transactions sur les marchés actions en Europe. L’enjeu pour les nouveaux intervenants est de répondre à une certaine insatisfaction des investisseurs vis-à-vis des bourses traditionnelles (ou même l’absence de bourse traditionnelle), en particulier en assurant une plus grande discrétion, des délais d’exécution réduits et surtout des frais d’exécution en baisse.

Ah ben oui, on comprend bien, ils sont insatisfaits les investisseurs, alors on leur concocte des nouveaux marchés rien que pour eux. Discrets en plus les marchés. Hein. C’est mieux. Ouais, ouais, ouais. Et la directive MIF qui permet tout ça, c’est quoi au juste ?

La directive concernant les marchés d’instruments financiers (MIF, en anglais : MiFID, Markets in Financial Instruments Directive), publiée au Journal officiel de l’Union européennele 30 avril 2004, est l’un des éléments clés du Plan d’action des services financiers 2005-2010 lancé par la Commission européenne. Ce texte particulièrement détaillé (il ne compte pas moins de 73 articles, accompagnés de mesures d’exécution) est entré en application le 1er novembre 2007. L’objectif de la directive MIF est de participer à la construction d’un marché de capitaux plus intégré, plus profond et plus efficace pour abaisser le coût du capital, générer de la croissance et renforcer sa compétitivité internationale, tout en renforçant la protection des investisseurs.

 

Mais oui, protégeons les investisseurs. C’est donc rien que ça la directive MIF, un blanc-seing donné aux marchés pour créer des darkpools au sein du système appelé crossing networks ? Ben oui. Pour les spécialistes en conseil d’échanges financiers, la Mifid ça donne ça :

La réglementation MiFID permettent aux intermédiaires financiers d’internaliser leurs flux d’ordres. Ils peuvent donc exécuter directement les ordres de leurs clients en interne, sans les soumettre aux marchés réglementés : soit en les confrontant directement entre eux, comme s’ils avaient chacun un carnet d’ordres internes, soit en s’en portant contrepartie. Les entreprises d’investissements ne passeront alors un ordre sur le marché réglementé d’Euronext que pour le solde de la transaction entre leurs clients. Cette pratique va directement menacer Euronext en entraînant une fragmentation du marché.

 

Super conclusion très révélatrice d’un marché boursier qui a basculé dans des systèmes de négociations parallèles. Et qui menace la bourse européenne, rien que ça. C’est beau, c’est élégant, c’est fascinant et c’est signé la commission européenne. Merci à elle. Extrait du site « profession financière », à propos des dark pool

Depuis 2007 la directive MIF a été l’élément déclencheur ayant permis la multiplication des dark pools sur le sol européen. Actuellement l’Europe comptabilise plus d’une vingtaine de dark pools, captant environ des 10% des volumes traités par les marchés européens.

 

Chouette.

Et Ponzi dans tout ça ?

Oh, et bien Jean de Maillard explique très clairement que la finance Ponzi est en place de la manière suivante :

 

« L’affaire Enron et la crise des subprimes montrent que la finance Ponzi dispose de trois ressorts qui peuvent se combiner différemment : d’abord, des actifs insuffisamment valorisés, ou qui ne peuvent être rentabilisés par la seule application des lois du marché ; ensuite, des techniques de manipulation, de dissimulation comptable et de transgression des lois qui s’apparentent à de la fraude ; enfin, l’inventivité et la prolifération financières. »

Mais quel est le principe de de base de cette histoire de Ponzi ? Pas grand chose, juste un escroc du début du vingtième siècle dont la méthode a été reprise par Madoff. Méthode toute bête de cavalerie financière. Vous partez avec une mise de départ même petite, vous proposez que l’on vous prête de l’argent avec la promesse d’un taux de rendement hyper élevé (plus de 15%, jusqu’à 25%) dans le cas de Madoff. Les gens essayent, vous filent leur pognon et vous leur donnez leurs 15, 20 ou 25% promis. Mais avec l’argent que vous venez de vous faire donner par d’autres gogos, pas avec les véritables intérêts. Et ainsi vous créez une pyramide de gogos à qui vous donnez de faux intérêts. Vous placez bien entendu une partie de l’argent et gagnez des intérêts dessus, mais vous en prenez pour vous aussi, puisqu’il y a toujours une partie de la pyramide qui attend ses intérêts que vous n’avez plus. Mais ce n’est pas grave, puisque les nouveaux gogos vous les fourniront en vous donnant leur pognon à faire fructifier. Une chaîne de Ponzi, c’est ça. Et ça se casse la gueule le jour où trop de monde veut récupérer ses investissements, puisque vous n’avez plus et n’avez jamais eu l’ensemble des sommes déclarées êtres détenues. Ce qui est arrivé à Madoff. Autour de 65 milliards partis en fumée, pas si mal, non ?

Sauf que ce que dit Jean de Maillard est que la finance internationale fonctionne sur les mêmes principes que la chaîne de Ponzi. Et que nous arrivons au moment un peu crucial où tout le monde commence à avoir un sacré paquet d’investissements qui sentent le roussi. Imaginez donc, si tout ce monde veut retirer ses billes… Et il paraît évident, comme Paul Jorion le disait encore aujourd’hui chez Stéphane Paoli dans l’émission 3D que si les endettés ne peuvent pas rembourser, de toute manière les prêteurs ont eux-mêmes emprunté de l’argent qu’ils n’ont plus : l’argent qu’on réclame n’existe plus… Tout ça avec des marchés parallèles non-réglementés qui utilisent des algorithmes à 6000 ordres (ou contre-ordres) à la seconde pour modifier le prix d’une action et gagner un peu plus sur de la spéculation à très très court terme… au sein d’une finance mafieuse qui ne suit plus aucune règle et développe des fraudes dignes du crime organisé à l’échelle planétaire ?

Après ces quelques constats, il ne reste plus qu’à souhaiter un Joyeux Noël à tout le monde ! Et comme disait le chantre du libéralisme Yves Montand en 1984 dans son émission éponyme (ex communiste reconverti en super libéral grâce à Reagan) : « Vive la Crise ! »

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29 thoughts on “Récession : la finance Ponzi planétaire, le crime organisé boursier et les dark pools…”

  1. Encore un article très intéressant, ou comment se tirer une balle dans le pied enfin les deux… pourquoi les politiques ne lise pas ces articles? et ceux de Paul Jorion (héhé Jourion) ;-)

  2. Ca rassure pas franchement (bon, c’est pas fait pour rassurer non plus j’imagine :p) …

    très bon article, je me pose quand même une question. Comme le dit un collègue, dans la crise, on accuse les banques, qui gagne plein de fric (avec l’ensemble des système bien décrit ici).

    Reste que dans le fond, si des gens gagnent de l’argent, d’autre en perdent. Y font quoi les gens qui perdent tout les jours de l’argent que gagne les supers traders ?

    Ou alors le système de ponzi masquerait il le VRAI problème qui va tomber sur la tronche des gens ?

    (bon moi d’un autre coté, j’ai pas d’épargne, pas d’assurance vie, plus d’épargne salariale, je joue pas a la bourse (ni ma famille) et j’ai une belle dette à la banque pour ma maison (mais a taux constant) … Si ma banque coule, je suis presque gagnant :D)

  3. Excellent article, comme d’habitude.
    Qui ne fait que renforcer ce que je déclarais/suggérais dans les commentaires d’un précédent. A savoir que la sortie du système se fera de manière brutale, un vrai électrochoc. Et nous verrons bien qui aura les coucougnettes pour y aller.
    Quand la pression est trop forte, la cocotte-minute finit par exploser, c’est là la limite du principe de Ponzi, en quelque sorte.
    Une vraie cocotte-minute à fragmentation, attention aux éclats !

    Sinon, pour faire un (petit) parallèle entre la finance et internet, en écho à cette phrase :

    « en assurant une plus grande discrétion, des délais d’exécution réduits et surtout des frais d’exécution en baisse »
    je trouve gonflés nos p*t**n de politiques (nationaux comme européens) qui accordent un max de libertés et de discrétion à ces empaffés mafieux de la finance internationale, tandis qu’ils veulent à tout prix nous les briser sur le net, et nous DPIser !

    1. Pour ma part, je trouve gonflé que certains défenseurs des libertés sur le net (dont je suis) soient les premiers à réclamer qu’on les supprime pour les autres, quand ils ne sont pas concernés …

      Derrière cette boutade se cache une vrai question:
      Êtes-vous prêts à laisser aux autres la liberté que vous réclamez pour vous-même?

      1. Attention à une chose : ils ne sont pas sur un réseau mondial développé par un maximum de personnes bénévoles promotrices de l’open-source où les citoyens peuvent s’exprimer etc…

        Ils sont sur des réseaux parallèles, nuance, grosse nuance. Un peu comme si on créait un deuxième internet spécialement fait pour masquer les saloperies les plus crades : un pédo-net par exemple, réservé au transfert d’images et vidéos pédo-pornographiques assurant l’anonymat de ceux qui l’utilisent…

        1. (Note: je pousse le bouchon « pour voir », je ne prétend pas avoir de réponse toute faite.)

          Ce(s) deuxième internet existe: freenet, Tor (et probablement d’autres).
          Faut-il les interdire?

          Et si vous me répondez qu’ils ne sont pas réservé aux échanges pédos, je serais obligé de contre-argumenter que les dark-pools ne font pas forcement dans l’illégal …

          1. Oui, je disais bien que je faisais un « petit » parallèle.
            Mais à bien y réfléchir, il n’est pas si anodin que cela.

            Je n’apprécie pas outre mesure ton sophisme, par ailleurs.

            – si la liberté sur internet n’était pas aussi menacée qu’elle l’est, et s’il n’y avait pas de dictature, il n’y aurait pas besoin des i2p, TOR, Freenet etc (sauf pour activités illégales, et il serait bon d’y remédier, le cas échéant)

            – d’un côté tu me compares un moyen de communication initialement libre et ouvert, accessible à tous, facteur d’avancées considérables tant sociales, individuelles, culturelles, qu’économiques …
            – et de l’autre, un système initialement opaque, réservé à quelques « élus » de la finance (et pas à toi, ni à moi !) qui veulent tout simplement échapper aux législations et procédures mises en place pour leur secteur d’activité ! Bref, l’anarchie pour certains, pas pour les autres !
            Et on en voit les ravages aujourd’hui. Et toi, comme moi, sommes concernés et impactés dans nos vies de tous les jours.
            Que je sache, quelques images pédo, tout horribles qu’elles soient nous sommes bien d’accord, ne coulent pas l’économie mondiale.
            Différence d’échelle.
            A supposer d’ailleurs que les uns n’entretiennent pas le secteur d’activité des autres. Pure spéculation, je me laisse aller, là…

            Après, les arguments « tous pareils », « tous pourris », « tout se vaut » :
            NON, NON et NON !
            Tout ne se vaut pas, monsieur. Ni dans les dégâts, ni dans le nombre de gens impactés, ni dans l’atrocité.

          2. Juste un détail (non mentionné par Daniel67) : ces transactions financières (quelques que soient les réseaux/moyens) font parties d’une activité professionnelles et c’est dans ce cadre que l’état devraient pouvoir les contrôler (de même que les vendeurs de légume sur un marché) les taxer… Le fait que nos gouvernements aient délibérément autoriser des pratiques qui font qu’ils peuvent ce qu’ils veulent en toute impunité. Un peu comme si on proposer des places publiques sous les ponts pour que les vendeurs de légumes proposent aussi de la drogue ;-)

            Bref pour moi, rien à voir avec le mode de transaction et le parallèle avec la liberté de communication sur internet n’est pas du tout approprié. On parle d’activité professionnelle et non de liberté de communication pour le simple citoyen…

          3. @Daniel67

            « Bref, l’anarchie pour certains, pas pour les autres ! »

            anarchie != loi de la jungle

            Je la ramène souvent la dessus, désolé, mais l’utilisation inappropriée de ce mot m’agace à chaque fois !

        2. permettez moi une incursion de néophyte mais votre langage me semble bien érudit , auriez vous le sens pratique de développer le débat dans une quête de solution, de proposition alternative, fruit de vos réflexions sans être dans le pamphlet qui ne sert l’évolution et la compréhension du quidam, que je suis…Car il me semble, qu’il est important de revenir aux fondamentaux et qu’il est important d’expliquer pourquoi les choses ont été crées…à vous mesdames et messieurs de vous souvenirs…et de le rappeler…

          bien à vous.

          1. Cher néophyte-quidam, un travail de longue haleine a été produit sur Reflets pour expliquer les origines de la crise et permettre ainsi de « mieux savoir » ce qu’il serait bon de faire…

            http://reflets.info/global-economic-crisis-comment-ca-va-se-passer-ou-pas/

            http://reflets.info/origines-de-la-crise-mais-pourquoi-pourquoi-pourquoi…/

            http://reflets.info/origines-de-la-crise-2-tu-la-vu-mon-gros-baril/

            http://reflets.info/origines-de-la-crise-3-i-belieeeeve-i-caaaaan-fly

            http://reflets.info/origines-de-la-crise-4-si-tu-recules-je-te-deregule…/

            http://reflets.info/origines-de-la-crise-fin-cdo-et-ptites-pepees…/

            Et encore plein d’autres analyses dans la rubrique « économie ».

            Bonne lecture cher néophyte :-)

  4. Si j’argumentais comme une quiche, je dirai que la liberté du peuple passe avant celle des quelques empaffés.

    Finalement je continue.
    Le DPI n’a clairement qu’un objectif : permettre à nos chers « ayants droits » de anéantir le piratage, et par extension supprimer la liberté d’expression du peuple.

    Et qu’on ne vienne pas me dire « ouiiii comment osez-vouuus, peut-être que cela sera utilisé à bon escieeent »…blablabla, du pipeau.

    En restreignant certaines libertés des empaffés, réduisons-nous leur liberté d’expression, de communication ?

    1. A quiche, quiche-et-demi:

      En restreignant la liberté des gamins de pirater le dernier Céline Dion, réduisons-nous leur liberté d’expression, de communication?

      L’erreur de base vient à mon sens de l’amalgame entre « piratage » et « liberté d’expression du peuple » dans le $2.

      1. arrétes … sinon, je vais finir par dire que les sanctions hadopesques sont pas assez salées …
        Putain le gonze qui télécharge pirate NewYork Unité spéciale, y mérite au moins 300 ans d’écoute en continu de « Donnez nous mille colombes » !!!

        Ça me troue grave le cul de voir nombre de défenseurs du droit à downloader tout et n’importe quoi justifier ce droit au nom d’arguments culturels dont je dirais rien …

        Un peu comme si on défendait l’idée du menu Big Mac gratos au nom du légitime droit de tous à l’accés à la gastronomie …

        1. Je n’aime ni Céline Dion, ni NY machin truc, ni le Big Mac. Mais ceux qui consomment ces produits me paraissent moins dangereux que ceux qui voudraient le leur interdire au nom du goût.
          La liberté d’expression est totale, dans les limites définies par la loi. Oui, dire « caca-boudin » ce n’est pas l’utilisation la plus noble de la liberté d’expression. Mais si on commence à vouloir l’interdire ou simplement à penser que l’interdire n’est pas une atteinte à la liberté d’expression sous prétexte que ce n’est pas « si important », alors c’est la fin de la liberté d’expression.

          1. Reste que on est pas dans la liberté d’expression, mais dans la liberté de consommation …

            Faut juste rester vigilant sur le fait qu’on doit défendre la liberté d’expression des citoyens…
            Tout en ayant l’impérieuse nécessité de combattre la capacité d’auto-production du consommateur par le même (de moins en moins) citoyen …
            C’est peut être même aussi parce qu’il faut impérativement mener ce combat qu’on doit à tout crin défendre la liberté d’expression …

            y a une énorme différence entre dire caca-boudin et downloader comme un malade ( because l’hyper-conso est une névrose ) à partir d’un site mafieux …

            En gros la boulimie n’est pas la gourmandise …

  5. @jeannot oui j’imagine bien qu’elle partira pas dans le néant intersidéral celle la :D (pourtant ça m’aurait pas fait de mal).

    Reste que je suis un peu dans le flou sur le « qui » qui sera touché dans le cas ou le système est vraiment pourri a ce point.

    Car dans un système de ponzi qui merde, c’est pas la tête qui prend, mais bien la base (la plus nombreuse). Mais elle prend sévère en général …

    1. C’est la base qui prend, bien fait pour elle, because dans la pyramide de ponzi, le moteur de « la base » c’est quand même la cupidité ( plus une bonne dose de connerie ) …

      Alors que dans le systéme actuel, « la base » on lui a juste dit que c’tait comme ça , y avait pas d’autre solution, et que de toute façon fallait qu’elle en chie … donc c’est une pyramide de ponzi qui s’assoie sur le masochisme ? ( plus une bonne dose de connerie !!! ) …

  6. Il est loin le temps des Thompson à camembert et des borsalinos.
    Au moins, à cette époque, on les reconnaissait facilement. Il doit rester quelques crétins portant costard à rayures je crois, aujourd’hui ils ont tous des gueules de ministre, de pdg, de président.
    En même temps, après que l’argent de la dope ait sauvé l’économie de la crise, on ne peut rien leurs refuser. Politesse oblige…

  7. De la matière à réflexion, ici aussi :
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=DIN20111214&articleId=28189

    « Des états comme l’Irak de Saddam Hussein, qui menaçait de se décrocher du dollar en vendant du pétrole en euros et autres valeurs ; ou bien comme la Libye de Kadhafi, qui programmait de créer le dinar d’or comme concurrent du dollar.. Crise et guerre sont deux faces de la même médaille. »

  8. Ce n’est pas moi qui l’utilise…je suis désolé, je déteste aussi ce verbe qui n’a rien à faire dans ces contextes hors la rencontre physique violente de solides. C’est un extrait de site qui contient impacter, pas Jean de Maillard non plus, et s’pas moi, s’pas moi !

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