Quand les 99% viennent célébrer un 1%, l’élite se marre

Ne nous méprenons pas : que l’on ait apprécié ou non les performances artistiques du chanteur mort mercredi, celui-ci reste un monument d’égoïsme national, un magouilleur ultra-riche protégé par les politiques, au mépris de toute décence.

Le type a quand même trouvé le moyen de pratiquer l’exil fiscal, et donc de ne pas (ou très peu au prorata de ce que les Français lui ont versé) participer à la construction des écoles, l’entretien des routes ou des hôpitaux, au maintien des services publics quand ses fans français plus ou moins miséreux l’enrichissaient à qui mieux-mieux.

Ce qui est le plus drôle et fascinant dans cette histoire, c’est que tous ceux qui suent pour maintenir ce pays à un niveau correct de civilisation, par leurs impôts, les 99%, viennent en masse honorer un représentant des 1%, qui leur a dit en gros : « je vous emmerde, bande de crasseux, je préfère garder tout le pognon que vous m’avez filé en m’installant ailleurs ».

Ces 99%, ne rêvent-ils pas d’avoir pu être Johnny un jour ? Et au fond, comme certains l’avouent, n’auraient-ils pas fait exactement la même chose que la star ? »

Ce qui signifierait au final, que c’est bien là l’esprit français : dénoncer les injustices et les dérives des élites tout en aspirant à en faire partie pour les perpétuer.

 

Twitter Facebook Google Plus email

Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d’autres médias. Ni « désengagé » ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

4 thoughts on “Quand les 99% viennent célébrer un 1%, l’élite se marre”

    1. Oui, l’analyse est ici un peu étroite, elle met potentiellement Pagny au niveau de Halliday. L’important, c’est l’émotion. La canaliser. La médiatiser. Pour?
      Générer de l’audience, donc du cash?
      Parler de la culture française et flatter? (à minima l’égo de ceux qui aimaient ce chanteur)
      Passer des archives de l’INA, l’occasion de faire vibrer la corde nostalgique et de s’exclamer comment c’était mieux avant et tout? (pour ceux qui étaient là avant)
      Il y a probablement plein d’autres raisons, et je compte sur Acrimed ou Arrêt sur Images pour décortiquer ça. Mais l’analyse est un peu précipitée, le bonhomme est à peine froid.

  1. Le musicien ne se résume pas à sa façon de gérer son patrimoine financier et les gens qui l’honorent y voient autre chose, bon nombre ne sont pas dupes…
    Mais ça a le mérite de soulever à nouveau le débat, et effectivement, c’est une caricature assez juste des aspirations de masses françaises : adorer de riches magouilleurs qui « réussissent » et espérer faire partie de la crème qui s’engraisse encore au détriment des méprisés, espérer basculer du côté des méprisant.
    Un système en place depuis… la nuit des temps? Bien peu de sociétés ne fonctionnent pas sur ce modèle.

  2. Comme pour la plupart des « deuils nationaux », bcp de com’ >>€€€, de crédit carbone >>€€, de pub gratuite pour les copains des coquins >> €€ et une indigence manifeste rapport à l’historique et la mise en perpective du personnage. Avec une loupe et des superlatifs… reste plus qu’à twitter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *