Proposition de loi sur les Fake News : quand Reflets rencontre Nathalie Goulet

Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne (UDI)

Le vendredi c’est trolldi, c’est bien connu. Un journaliste gonzo, même au minimum de sa forme se doit donc de troller un peu ce qui mérite le troll. Il se trouve que ce vendredi 24 mars 2017, le trolldi est tombé sur Nathalie Goulet, la sénatrice de l’Orne. Il faut dire que la situation méritait quand même de secouer un peu le cocotier : la sénatrice avait lancé qu’elle envoyait au Sénat le 30 mars une proposition de loi pour réprimer les Fake News sur Internet, avec amende de 15 000€ et peine d’un an d’emprisonnement à la clef.

Le texte une fois lu, pas plus rassuré qu’auparavant, je décide donc, suite à un accès de tweets #pasgentils à @senateur61 avec le compte @_Reflets_, de demander une interviouve à la sénatrice. Et comme c’est quelqu’un ouvert d’esprit et qui s’intéresse vraiment à Internet, qui a voté contre la Loi renseignement, elle accepte immédiatement. Rendez-vous lundi au Sénat, pour un entretien-discussion (qui durera 52 minutes), que votre serviteur vous retranscrit en partie, pour comprendre à la fois la volonté de la sénatrice, et les tenants et les aboutissants de toute cette affaire.

17h, lundi 27 mars 2017 : J’arrive au 15 Rue de Vaugirard, des plantons plutôt sympathiques me laissent entrer dans l’illustre bâtiment. A l’accueil on m’explique que c’est en face, au 26. Je n’avais pas pris le temps de lire le DM de la sénatrice qui me l’indiquait. Tant pis pour moi.

17h05 : Au 26 rue de Vaugirard, contrôle par scanner des affaires du gonzo-journaliste de Reflets. Pas de problème. Je monte à l’étage par un escalier et cherche le numéro de bureau que l’on m’a indiqué. Je frappe, une voix féminine me dit d’entrer, je rentre et me voilà devant la sénatrice Nathalie Goulet. Un bureau plutôt sympathique, pas immense, mais avec beaucoup de bois, des décorations sur les murs, des ordinateurs, des bouquins, bref, on se sent plutôt à l’aise. La sénatrice m’invite à m’assoir, je m’exécute et nous entamons très vite la discussion. Avant même de lancer l’enregistreur, Nathalie Goulet m’avoue qu’elle y est allée « un peu fort » en proposant un an d’emprisonnement et 15 000€ d’amende. Je grimace un sourire d’acquiescement, et finit par rire. « Oui, un peu fort, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais le problème ne se situe peut être pas vraiment là ? »

17h08 : Je lance l’enregistrement et la sénatrice débute par une explications du sujet qui nous préoccupe : les Fake News.

Nathalie Goulet : « Le texte que j’ai déposé est là pour ouvrir le débat. Au niveau de l’information, si c’est de la diffamation, de l’injure, c’est couvert par la loi. Moi j’appelle Fake News un attentat qui n’a pas existé, par exemple. C’est avant tout la fabrication du doute. L’opinion publique est faite de telle façon aujourd’hui, que la crédibilité des uns et des autres va plus à ceux qui lancent des scoops. Il y a un contexte général qui n’est pas favorable à la vérification de l’information. »

Drapher : « Oui, et ça me fait venir sur le terrain de l’orientation de l’information. Une information à un moment donné peut être considéré comme fausse ou mensongère, puis devenir l’inverse. Je pense à la Syrie, avec les groupes de rebelles qui étaient « révolutionnaires », et ceux qui commençaient à expliquer qu’ils étaient majoritairement issus d’Irak, du Liban, financés par des monarchies et tirés des rangs d’Al Quaïda se faisaient traiter de pro Assad, et pouvaient se voir accuser de pratiquer de la désinformation. En 2017, tout le monde sait et s’accorde à dire que ce sont des groupes armés islamistes… »

N.G : « Les armes de destruction massive, c’était une Fake news et ça a semé le chaos et tué des milliers de personnes. Je sais bien que le prisme du ministère des affaires étrangères n’est pas aussi simple qu’il en a l’air, et on n’est pas dans la nuance sur un certain nombre de choses. Sur les zones de conflit, j’ai une position très claire : ce qui est vrai le soir peut être faux le lendemain, donc je ne rentre pas les Fake news dans cette catégorie. Il faut donc vérifier les informations »

D. : « Mais qui va définir le mensonge ? Si on définit le mensonge, il faut définir la vérité ? Qui va le faire ? »

N.G : « Oui, je suis d’accord, mais il faut mettre le débat sur la table. Cette histoire de Fake News peut prendre des proportions inquiétantes. Si les réseaux avaient existé au moment du protocole de Sion, je ne suis pas sûre  du résultat que ça aurait eu… »

D : « Les défenseurs des libertés du net dont je fais partie en tant que journaliste de Reflets ne sont pas contre le débat à ce sujet. Mais commencer par « 15 000 euros d’amende et un an d’emprisonnement », c’est une entrée en matière qui n’incite pas vraiment à y aller »

N.G : « J’ai fait vérifier par les services du Sénat, le droit existant n’est pas suffisant pour poursuivre et condamner. »

D. « Si on se situe dans le droit uniquement, par rapport à Internet et les Fake News, certainement. Mais le problème n’est pas là à mon sens… »

N.G : « Mon sujet c’est de qualifier les Fake News, ce que je ne sais pas faire toute seule. Comment y remédier sans pour autant institutionnaliser une vérité d’Etat, ce que je ne veux pas ? Quand vous avez un élément qui est manifestement un mensonge, avec la mauvaise foi qui va avec, vous avez derrière des conséquences, et n’est-ce pas au législateur de réfléchir à la chose ? »

D. : « Je vous donne un exemple, avec le fameux café interdit aux femme, où deux journaliste de France TV sont allées et ont ramené un reportage qui a déchaîné les passions sur Internet. Ce reportage a été entièrement démonté par le Bondy blog qui sont allés vérifier que tout était faux, fabriqué. Des femmes venaient dans ce café, et le quartier entier était choqué par ce reportage. Les journalistes avaient décidé de ramener ce sujet avec cet angle, et elles se sont débrouillées pour le faire. Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas là, on met en prison les deux journalistes avec 15 000€ d’amende ? »

N.G : « Oui, mais le sujet c’est que ma loi comme vous l’appelez, c’est un produit d’appel, et qu’on se mette autour d’une table pour en discuter. Moi je vois qu’il y a un trou dans la législation. Il y a un éventail très large de fake news, et il y a des conséquences. Il y a des victimes. »

D. : « Ok, je suis d’accord. Mais dans le cas de la fake news Trump, avec les attentats en Suède, bien qu’il n’ait jamais parlé d’attentat mais sous-entendu qu’il s’était passé quelque chose, qui est la victime ? »

N.G : « Moi je pense qu’il faut une graduation, mais il faut une définition. C’est vraiment un produit d’appel cette loi. Si on ne réfléchit pas tous ensemble, ça va être terrible. Je suis affolée par la violence sur les réseaux sociaux, par la société écorchée et le manque de tolérance dans l’absolu. Il faut en débattre. J’ai fait ça il y a peu avec le syndicat des journalistes sur la personne morale des rédactions, il y a un problème de droit énorme parce que les rédactions ne sont pas protégées. »

D. : « On est quand même dans un dialogue difficile, parce que d’un côté vous me dites que c’est pour ouvrir le débat, et dans le même temps il y a le droit. Le fait de réprimer les fake news. »

N.G : « Parce que le seul outil que j’ai ici c’est le droit. Il faut que vous compreniez quelque chose, la majorité des parlementaires ne sait pas faire vraiment bien fonctionner son téléphone portable, et vous leur demandez de devenir des spécialistes des blocages de site, des boites noires, des algorithmes, etc.  Le seul moyen, parce qu’on a très peu d’outils, c’est de déposer quelque chose pour avoir un outil de travail« .

D. : « Il faut quand même voir que Dan Shefet avec qui vous avez travaillé pour ce texte est très orienté dans la voie d’une régulation d’Internet, et qu’on se demande bien quand même comment il n’en sortira pas une régulation, de cette proposition… »

N.G : « Si c’est ça c’est pas mon objectif. Parce que je fais partie des gens qui considèrent qu’on ne peut pas réguler le net. »

D. : « Ben, si vous voulez réprimer les fake news sur Internet, vous allez devoir réguler Internet… »

Je prends une tête de gonzo journaliste contrit et attend avec une impatience la mieux dissimulée possible la réponse. Parce que ça devient vraiment intéressant. Je trouve.

N.G : « La réalité de ce qui m’intéresse moi, c’est : est-ce qu’on peut définir ces fake news, cerner ce sujet. Je n’ai pas d’autre outil pour engager un débat avec les professionnels d’Internet et les journalistes. Est-ce qu’il faut les éviter, comment ? »

D. : « Mais la question est justement peut être là : faut-il les éviter ? »

N.G : « Je ne me résous pas à ce qu’Internet soit une zone de non-droit »

D. : « Mais ce n’est pas le cas. Il y a des gens qui passent en procès pour leurs actes sur Internet, il y a des plaintes, la justice est active sur Internet. »

N.G : « Oui, mais c’est long et compliqué… »

Et là, le gonzo journaliste part dans une longue diatribe. Ca ne se fait pas dans le journalisme standard. Mais tant pis.

D. : « Je crois qu’on est sur une confusion des choses. On confond le symptôme et le mal. Je vous prends un exemple, avec l’exemple du moustique et du marteau dans une pièce humide. Il y a ceux qui prennent un marteau pour essayer d’écraser le moustique et ceux qui se posent la question « pourquoi le moustique est rentré ? » Peut-être parce qu’il y a de l’humidité, et qu’il faut assainir la pièce. Pour que le moustique ne revienne pas. Internet c’est exactement pareil. Vous n’arriverez jamais à écraser le moustique. Et même si vous arrivez, il y en aura dix qui reviendront. A chaque fois qu’il y a un problème sur Internet, les politiques s’en emparent, prennent leur marteau et essayent d’écraser le moustique issu d’Internet. Ce qui m’agace profondément, c’est qu’il y a des associations formidables avec des centaines de personnes dedans qui font un boulot extraordinaire depuis des années, qui sont indépendantes politiquement, et veulent essayer de faire qu’Internet reste « sain ». Personne n’appelle ces personnes au niveau national. L’idée serait peut-être qu’on leur donne des moyens pour faire de l’éducation populaire. Faire remonter ces fake news. Les mettre en avant ces fake news, pour expliquer au public en permanence ce que sont ces fake news. L’idée serait de faire appel à l’intelligence des gens. Parce qu’ils sont preneurs, si ce n’est pas le « système » qui leur parle, de réfléchir à ce qui leur est renvoyé sur le net. »

N.G : « Ah mais je suis très emballée par une solution qui ne soit pas législative. Mais on fait comment ? »

D. : « Si des associations indépendantes, jamais récupérées par personne, viennent faire un travail d’éducation populaire, aidées de journaux indépendants, pour permettre aux gens de comprendre ce qu’il se passe, ça peut être intéressant quand même… »

N.G : « Le législateur n’est pas à sa place, neuf fois sur dix, c’est la pratique qui fonctionne. Je suis d’accord. Ce n’est pas une loi anti-terroriste ni stop djihadiste qui va arrêter le terrorisme. Mais je n’avais pas vu les choses de cette manière, et c’est pour ça que je vous ai fait venir, donc je suis preneuse de ces idées. Je suis de bonne foi. Ce que je vous propose est assez simple. Je connais quelques personnes comme Jérémie Zimmerman, de la quadrature que j’ai fait venir pour une conférence formidable sur les réseaux djihadistes en ligne. Je vais faire un tour de table le 30 mars, ce texte va nous servir à réfléchir, et peut être en juin, juillet on peut faire une table ronde professionnelle, de façon à budgéter une assistance avec la Quadrature et d’autres structures. Ca c’est un projet qui n’est pas législatif, qui est un projet de société et que je peux porter. La proposition était un pur produit d’appel, donc c’est parce qu’elle vous choqué qu’on échange et que des solutions émergent… »

J’arrête ici la retranscription de cet entretien.

La sénatrice Nathalie Goulet a décidé de changer son texte de loi, indiquant les dispositions d’éducation aux médias, de réflexions avec les associations, de réflexion collaborative à venir sur les fake news, et de sursis au lieu de prison ferme. Si le texte n’a pas été changé à tous les niveaux comme elle le souhaitait à la suite de cet entretien, elle fera de toute manière une déclaration jeudi, pour annoncer la révision du texte.

Bien entendu, il faut attendre la proposition du texte de Nathalie Goulet jeudi, et voir si le projet de société qu’elle semble vouloir porter aidée des légions de l’internet libre©Mettout des « associations de défense des libertés du net » se réalise. Si c’était le cas, nous serions contents chez Reflets. Et nos lecteurs ?

[Ceci était un gonzo-reportage de Reflets au Sénat.]

 

 

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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d'autres médias. Ni "désengagé" ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

22 thoughts on “Proposition de loi sur les Fake News : quand Reflets rencontre Nathalie Goulet”

  1. Super intéressant et malheureusement rare. Cet aveu de faiblesse et de l’arme législative de la part de cette Sénatrice est saine et rafraîchissante.
    Que les élus discutent avec les associations et mettent en place des actions avec des associations, n’empêchera pas le symétrique d’une asso fondamentaliste religieuse qui discutera d’un projet de société avec un autre élu, mais c’est toujours infiniment plus sain que le népotisme général ou les « élus » décident de de droit divin

  2. Tout à fait d’accord avec le constat : Les fake news ne seraient pas un problème si l’esprit critique était plus répandu. une chaine youtube comme hygiène mentale devrait être obligatoire à l’école : https://www.youtube.com/channel/UCMFcMhePnH4onVHt2-ItPZw
    De gros efforts à faire de ce coté la. Montre la chaine à la sénatrice si tu peux, ça montre à la fois ce qu’on peut faire à la fois dans l’éducation horizontale et dans les écoles.

    1. Pardon mais il y a de grosses chances que la dite sénatrice connaisse cette chaine lié à Conspiracy Watch du très cher ami de BHL Rudy Reichstadt, Caroline Fourest etc. ..Et hygiène mentale ça fait très 18 ème siècle quand on classait les citoyens, peuples, en fonction de leur intelligence supposée inférieure ou leur couleur trop foncée. De la grosse manipulation pour que les petites têtes blondes ou brunes ne pensent pas « de travers » mais bien dans les clous selon les voeux du gouvernement. C’est une honte de donner l’esprit a des soit disant experts en « complotisme », et ré-éduquer selon Mme Le Criq et Najat Belkacem le cerveau des futurs citoyens afin de les formater; au prétexte de leur apprendre les médias ou la presse, c’est le contraire de ce que vous préconisez : aiguiser l’esprit critique ! IL y a une contradiction manifeste étant donné que se sont bien les médias dominants (liés milliardaires qui les possèdent ) qui désinforment et fabrique des fake-news à la chaine ..Voyez vous ce que je veux dire ?
      Merci à vous…

  3. Merci d’apporter un petite preuve que le débat et les arguments sont entendus, avec des effets. C’est important, dans le contexte que l’on connaît, où beaucoup de personnes politiques nous semblent planer à 10 000 mètres au-dessus de leur électeurs.

  4. Elle a beau dire mais ce qu’elle veut faire c’est punir ceux qui remettent en cause les versions « officielles ».Et les versions officielles qui se révèlent fausses on fait une loi qui puni qui et de quoi?

    1. Effectivement, j’allais poster le lien… c’est vieux commes mes robes. Elle se fera pas mousser un peu, la sénatrice. Et puis, pourquoi utiliser ces horribes anglicismes et ne pas appeler un chat, un chat : diffusion de fausses nouvelles. Et à ce titre, si cette loi était véritablement appliquée, tous nos candidats politiques seraient mis à l’amende, non ?
      Le plus beau, dans cet articel de loi, c’est :
      « Les mêmes faits seront punis de 135 000 euros d’amende, lorsque la publication, la diffusion ou la reproduction faite de mauvaise foi sera de nature à ébranler la discipline ou le moral des armées ou à entraver l’effort de guerre de la Nation.  »
      Le mieux est toutefois de voir ce lien (http://www.legavox.fr/blog/parvez-dookhy/infraction-propagation-fausses-nouvelles-procedure-6100.htm) qui évoque le rapport entre ce délit et le niveau de démocratie.
      « Par ailleurs, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a eu l’occasion d’affirmer que la condamnation d’un journaliste pour le simple fait d’avoir publié un fait avéré comme étant faux à l’encore du Président du Cameroun sans aucun autre élément était une violation de l’article 19 du Pacte (sur la liberté d’expression). »
      Les recherches que j’ai effectuées au niveau de la jurisprudence ne m’ont rien donné – en France – et m’ont ramené vers l’Afrique et l’Europe de l’Est .Effectivement, le totalitarisme est en marche, en France, à pleine vitesse !
      Un article – en anglais – de la sénatrice sur Mediapart (https://blogs.mediapart.fr/senateur-goulet/blog/090217/fake-news-no-news) , copie mot pour mot du site http://eaaid.eu/, ne m’inspire guère de confiance. Pour qui roulent-ils , ces défenseurs de la propriété intellectuelle, domiciliés au 140 Fb St Honoré et qui n’écrivent qu’en anglais
      https://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:QcwKhG3D1DwJ:shefet.com/services.html+&cd=9&hl=fr&ct=clnk

  5. Merci à tout les deux pour la démarche !
    La proposition finale d’impliquer La Quadrature serait super, comme début d’un partenariat public-public. :D

    À suivre. Perso je trouve le problème des fékniouze très volatile. C’est surtout un problème d’analyse critique et encore plus de la durée de l’analyse qui n’est jamais instantanée. Du coup, ces pauvres journalistes réduits au rôle de speaker n’ont pas ce temps, ils n’ont plus cette marge. Et quand ils l’ont, de fait, ils finissent par l’ignorer… Cela ne vaut pas que pour les journalistes quand derrière « tout le monde » répète une bêtise.

    PS : Drapher, une réaction à
    « Et là, le gonzo journaliste part dans une longue diatribe. Ca ne se fait pas dans le journalisme standard. Mais tant pis. »
    Gonzo et standard dans la même phrase, are you serious ? :D
    Ta sortie est terriblement gonzo en fait, tu te mets dans la peau d’une personne politique, incapable de faire des phrases de moins de 42 mots.
    bisous

  6. Bravo pour la demarche et aussi pour l attitude de la senatrice. C est quand meme rare les gens qui reconnaissent qu ils n y connaissent pas grand chose et qu ils se sont trompés.
    Par contre, il faut helas reconnaitre que cette dame est ultra minoritaire au senat (cf les diverses lois passées) et quand on void qu elle declare « la majorité des parlementaires ne sait pas faire vraiment bien fonctionner son téléphone portable » on se dit qu on est pas arrivé

  7. Merci, c’est intéressant, je ne l’avais pas lu.

    « En 2017, tout le monde sait et s’accorde à dire que ce sont des groupes armés islamistes… »
    On dit cela sans entré dans la complexité des choses, complexité qui ont des conséquences réel sur les vie.
    Il y a un article sur lundi.am (je vous le retrouverai) qui donne la parole à un syrien qui était dans un groupe rebelle (pas islamiste). Ce qu’il raconte et qui semble inaudible ici, c’est que les groupe islamistes ne sont pas nécessairement composé en majorité d’islamiste, justement.
    Pourquoi ça nous est inaudible? tout simplement parce que nous vivons dans un pays en paix, et que nous avons le temps, le loisir si on le souhaite, de rejoindre un parti, un groupe qui correspond à nos idées. Or
    en Syrie ce n’est pas forcement le cas, il y raconte en effet que ses amis, cousins, ont parfois rejoint des groupes islamistes. Et cela, non parce qu’ils en épousaient les idées, non parce qu’ils voulaient imposer une charia mais plus bêtement, plus prosaïquement parce que c’était le groupe qui était dans le coins, pas loin de la ou il étaient, tout simplement. Et que la question essentielle étaient de passer à l’action contre assad. Alors ce que vous affirmez n’est pas une fake news , mais vous voyez bien que cette manière simpliste et peu informé de poser les choses, de définir des camps est problématique, parce que des décisions sont faites sur cette bases, et ces décision portent sur la vie ou la mort de personnes bien réels.
    Il me semble par ailleurs que l’apparition de fakenews n’est pas sans rapport avec un appauvrissement du journalisme, des discourts. Ils me semble que les fakenews reposent sur une part de verité..
    je pense notament à ce qu’on trouve dans la fachosphere, au site pro-russes. Leurs efficacité tiens à ce qu’ils font une tambouille à base de détails vrais, non rapporter par la presse. La presse quand à elle, simplifie énormément, lisse beaucoup, pour plusieurs raison, la premiere est qu’elle n’est pas dépourvue d’idéologie, et la seconde parce qu’elle prend pour principe que le lecteur est un con et qu’il faut faire simple. A mon sens l’enjeux n’est pas tant de lutter contre les fakenews que de faire un journalisme digne de ce nom.

    1. il y deux façons d’aborder le probleme: soit on lutte contre, comme le font les décodeurs, soit on lutte pour, lutter pour induit une remise en question de sa pratique.
      Les articles du décodeur ne sont pas une remise en question, ne sont pas un acte positif,
      ils sont essentielement réactions: « ça c’est faux, ça c’est vrai, ça c’est partiellement faux etc… »
      En voulant apparaitre neutre, objectif, scientifique, ils sont souvent totalement subjectif:
      par exemple un candidat dit: « le problème est qu’il y a plus de Z qui viennent en france que de U »
      le décodeur répondra:  » POURQUOI C’EST FAUX: selon les l’étude officiel de l’instance suprême de statistique cosmique c’est l’inverse, il y a légèrement plus de U que de Z. »

      En répondant seulement sur le factuel, les décodeurs disent malgres eux plusieurs choses: La question des proportions de U et de Z est essentiel, s’il y avait plus de Z ce serait un probleme, la question de l’immigration des Z et des U est un probleme et en conséquence: l’immigration est un probleme.
      Quand on fait face à un propos, que les faits soient faux ou vrai est certes une question importante, mais la premiere des question c’est: Est ce que le propos mérite sérieusement qu’on se penche sur la véracité des faits annoncer, ou est-ce qu’il faut déconstruire aussi et surtout les axiomes sur lesquels il repose? Un journalisme dont l’unique fin est vérification des faits est au pire un journalisme qui admet potentiellement les plus epouvantables logiques et au mieux un journalisme qui ne dit absolument rien, un journalisme du néant, du vide absolu de la pensée, les deux se rejoignent.
      En effet, on peut admettre comme fillon qu’il faut faire un discrimination entre ceux qui viennent pour fuire l’extreme pauvreté (les « Z ») et ceux qui vienne parce qu’ils fuient la guerre (les « U ») ou pas.. Les décodeurs de répondre sur les faits, les « U » peuvent bien crever. Les décodeurs me répondront que ce n’est pas leurs boulot, mais justement (asshole) vous avez crée un boulot qui consiste à ne jamais penser, à aucuns moment.

    2. « Pour finir, que la Syrie n’est pas la Tunisie et encore moins un épisode de Star Wars : Bachar est une ordure qu’une partie de la population aimerait voir partir (mais apparemment pas s’il est remplacé par des fondamentalistes) et faire l’économie d’observer les forces qui créent le chaos et veulent le remplacer est très ennuyeux. Au point que comme pour la guerre d’Irak de 2003, comme celle d’Afghanistan de 2001 ou des années 80, il ne faudrait pas se retrouver dans quelques années à se mordre les doigts en observant le résultat monstrueux qui aura été engendré par ce soutien inconditionnel et fabriqué de toutes pièces par ceux qui travaillent à remodeler cette région depuis des années. C’est un choix d’observateur. Celui de ne pas être trop naïf et de tenter de bien observer tous les éléments en place. Au risque de se faire taper dessus. Parce que la propagande, c’est puissant. Mais la réalité est plus importante que les convictions. Les idéaux. Ou  encore les manipulations politiques.
      Si vous voulez aller plus loin, lisez donc ces deux excellents articles de shaman qui creusent avec brio la « complexité syrienne » « 

      https://reflets.info/syrie-une-balkanisation-en-marche/

  8. Merci pour la démarche et l’article.
    Je reste, toutefois, consternée par le sempiternel argument « internet zone de non-droit » alors que cela n’a absolument jamais été le cas. Quand donc le législateur acceptera cela, lui qui a déjà commis des tonnes de lois plus ou moins intelligentes, plus ou moins ineptes, plus ou moins efficaces au motif qu’internet n’est pas une zone de non-droit.
    Et, s’ils ne s’intéressent pas vraiment à ce phénomène de société qu’est internet, ils n’ont pas leur place au Parlement. Et ça n’a rien à voir avec la capacité à se servir ou non d’un smartphone.

    1. Ma réponse à la sénatrice a été très claire sur ce propos : Internet n’est pas une zone de non-droit, et cet argument est donc irrecevable. Ce qu’il faut observer, c’est la suite des événements, puisque l’idée de régulation semble — dans le discours — ne pas être l’objectif de Nathalie Goulet. Mais dans les faits, il est souvent tenu des discours qui sont parfaitement contredits par les textes de loi qui suivent. Maintenant, si la possibilité que des acteurs associatifs connus indépendants, et respectés comme LQDN et d’autres structures de défense du net peuvent être appelés pour trouver des issues intelligentes et adaptées à des problèmes soulevés par les politiques, ce serait déjà un grand pas. Le principe est là : faire appel à ceux qui connaissent le sujet et ne sont pas sous influence politique ou économique, et sortir de la spirale infernale du législateur qui veut taper sur Internet à grands coups de marteau.

  9. Qu’ils sont cons, ça fait peur. Au moindre problème identifié ils n’ont qu’une solution : légiférer pour « l’interdire ». A ce compte là, autant revenir tout de suite au minitel non ?
    Mes condoléances au journaliste, quand même, qui sait de quoi il parle et qui tente de pointer le fond du problème, à savoir, qui peut légitimement définir la Vérité journalistique ?
    Un article sur le sujet :
    http://arretsurinfo.ch/le-negationnisme-les-fausses-informations-et-le-ministere-de-la-verite/

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