Propagande ? Quelle propagande ?

(Parce qu’à force d’entendre tout et son contraire, parce que les zinternets n’ont pas non plus inventé le fil à couper le beurre mais qu’ils amplifient certains fonctionnements, que des intérêts très hauts placés poussent à aller dans un sens ou un autre, parce que la naïveté ou l’aveuglement sont des fonctionnements humains très partagés lorsque des événements gênants surviennent, il est nécessaire de parler de la propagande)

La Syrie, comme la Libye peu de temps auparavant, et bien d’autres conflits plus ou moins lointains, amènent toujours les 20% de population très protégés (20% qui détiennent 90% des richesses de la planète) à prendre position. Parce que l’information est là et qu’elle gêne : des tortures, des morts, des exilés, l’horreur en 4/3, 16/9 ou 17 pouces tous les jours sur l’écran ou sur le papier des quotidiens. Avec décompte morbide à la clef et la répétition en boucle d’un message bien précis, toujours le même, à quelque chose près. Ces conflits sont le plus souvent très peu couverts, les journalistes occidentaux étant plus ou moins invités à ne pas se rendre sur place. Mais pour autant, le traitement médiatique s’en accommode très bien, comme si raconter un événement grave sans professionnels de l’information (ou presque) sur place pour l’étayer, était un exploit ou tout du moins une façon de faire normale.

Parlons donc de ce qu’est la propagande puisqu’il semble qu’une partie de la population française, et plus largement occidentale, n’entende ce mot que de manière univoque. C’est-à-dire chez les autres, plus au sud : chez les arabes, les noirs africains, les asiatiques, enfin bon, vous savez, tous ces peuples qui vivent dans des « dictatures » ou des systèmes pas clairs et qui ne sont pas parvenus à « notre niveau », pour faire simple. Notre niveau, c’est la fameuse démocratie. Ah, la démocratie ! Quel joli mot, plein de bons sentiments, dégoulinant d’intentions plus positives les unes que les autres : liberté d’expression, de la presse, élections non truquées, propriété privée, séparation du pouvoir politique du pouvoir religieux… C’est beau et émouvant à la fois, on en aurait presque les larmes aux yeux, quand on y pense…

Sauf que si on a un peu plus de références que celles données par les manuels scolaires au programme (et plus ou moins  fabriqués sur demande des élites politiques), la belle façade de la démocratie en prend un coup. Mais nous verrons ça un peu plus tard.

La propagande : de la publicité adaptée aux enjeux géo-stratégiques

La terminologie de propagande n’est pas si ancienne que ça dans sa connotation péjorative. Disons qu’un ministre allemand de la propagande durant le troisième Reich a contribué pour beaucoup à connoter le concept.

La définition de la propagande, que donne Wikipédia, a un mérite, celui d’être clair et sans ambages :

La propagande désigne un ensemble d’actions psychologiques influençant la perception publique des événements, des personnes ou des enjeux, de façon à endoctriner ou embrigader une population et la faire agir et penser d’une manière voulue

Agir et penser d’une manière voulue, endoctriner, embrigader : voilà la conséquence d’une bonne campagne de propagande. Orchestrée…ou pas. Puisqu’il n’est pas nécessaire d’aller chercher vers les théories du complot d’Etat pour comprendre que la propagande dans nos beaux pays est un exercice quotidien qui est même enseigné dans les écoles les plus prestigieuses : qu’est-ce que la publicité, le marketing, mis à part bourrer le mou des consommateurs-citoyens afin de les orienter vers certains « réflexes d’achat » ? La « science propagandiste » est en plein essor depuis les années 50 par chez nous, et si elle était un peu lourdingue jusqu’à il y a quelques décennies, elle a progressé, trouvé des méthodes beaucoup plus finaudes depuis, plus perverses aussi. Mais le terme de propagande n’est pas le seul terme qui convienne, comme nous le verrons plus loin.

Alors, dans le cas d’un conflit à l’étranger, comment cela peut-il bien fonctionner ? Qui est impliqué, comment, pourquoi ? Avec quelles motivations ? Ca fout un peu les jetons de savoir qu’on pourrait se faire manipuler comme ça…et qu’en plus on en vient à s’empoigner les uns les autres pour une cause particulière, alors qu’en réalité tout est pipé, non ? Le premier conflit vraiment travaillé par la propagande, c’est-à-dire l’influence de l’opinion, est celui du Vietnam.

Le monde libre contre le le bloc soviétique déporté en Asie, avec la nécessité de dire aux foules comment les troupes américaines étaient ô combien engagées pour sauver la démocratie, et surtout, le mode de vie occidental. Notre mode de vie. Ca n’a pas très bien marché, malgré les premiers journalistes « embarqués » de l’histoire, des journalistes que l’armée prenait sous sa coupe afin de les protéger et surtout leur permettre de sortir de « poignants reportages » sur les « boys »  et leur sacrifice patriotique. Mais nous n’étions alors qu’au tout début de l’influence de masse des populations des pays les plus riches.

La guerre froide finie, pourquoi se priver d’influencer les esprits ?

C’est avec la première guerre d’Irak, en 1990, que les choses sérieuses commencent à se mettre en place. Il y eut des précédents, c’est une évidence, il suffit de regarder la carte des dictatures d’Amérique du sud des années 70 pour s’en rendre compte. Mais toutes ces manipulations sont à l’époque (dans les 70’s) dénoncées par ceux qui soutiennent encore le communisme. Les équilibres sont donc encore un tant soit peu respectés dans la guerre d’influence qui fait rage à travers le monde.

Après la chute du mur de Berlin, la possibilité d’une influence unilatérale de « l’ouest » sur la planète devient évidente : le bloc Soviétique se délite, la guerre froide est terminée pour ainsi dire, les nations capitalistes occidentales l’ont gagnée. Que se passe-t-il alors ? La première guerre de coalition déclenchée par les forces occidentales, pas plus, pas moins. Contre un tout petit pays du monde arabe, l’Irak, avec pour prétexte l’invasion de celui-ci d’un pays pétrolier, le Koweit, mais qui ne suffit pas alors à emporter l’adhésion de l’ONU : l’ingérence a commencé à devenir à la mode avec le précédent somalien, mais tout de même, attaquer un pays souverain, au milieu de la cocotte minute moyen-orientale, ça ne se fait pas trop…

Il y a donc le témoignage poignant de cette infirmière koweitienne devant l’assemblée de l’ONU qui raconte comment les troupes de Saddam Hussein ont pénétré une maternité et tué froidement les nouveaux-nés de celle-ci, torturé la population !

« Monsieur le président, messieurs les membres de ce comité, je m’appelle Nayirah et je reviens du Koweït. Ma mère et moi étions au Koweït le 2 août pour passer de paisibles vacances. Ma sœur aînée avait accouché le 29 juillet et nous voulions passer quelque temps au Koweït auprès d’elle. […] Pendant que j’étais là, j’ai vu les soldats irakiens entrer dans l’hôpital avec leurs armes. Ils ont tiré sur les bébés des couveuses, ils ont pris les couveuses et ont laissé mourir les bébés sur le sol froid. J’étais horrifiée. Je ne pouvais rien faire et je pensais à mon neveu qui était né prématuré et aurait pu mourir ce jour-là lui aussi. […] Les Irakiens ont tout détruit au Koweït. Ils ont vidé les supermarchés de nourriture, les pharmacies de médicaments, les usines de matériel médical, ils ont cambriolé les maisons et torturé des voisins et des amis. J’ai vu un de mes amis après qu’il a été torturé par les Irakiens. Il a 22 ans mais on aurait dit un vieillard. Les Irakiens lui avaient plongé la tête dans un bassin, jusqu’à ce qu’il soit presque noyé. Ils lui ont arraché les ongles. Ils lui ont fait subir des chocs électriques sur les parties sensibles de son corps. Il a beaucoup de chance d’avoir survécu. »

Alors là, trop c’est trop : le feu vert est donné pour attaquer l’Irak.

Traitement informatif de la guerre d’Irak : des images sombres avec des éclairs censés êtres des missiles qui s’abattent sur les lieux stratégiques de l’armée irakienne, explications de journalistes à des milliers de kilomètres de l’événement qui analysent ce que l’armée de coalition veut bien leur donner à analyser. L’idée principale est que nous sommes face à la première guerre chirurgicale : l’Ouest est tellement avancé technologiquement, et tellement « meilleur » que ses ennemis, qu’il est capable de toucher ses cibles à quelques mètres près, épargnant les pauvres civils et décimant seulement les vilains militaires à la solde du méchant Saddam.

Il sera établi quelques années plus tard que les frappes chirurgicales étaient une pure rhétorique bien rassurante pour l’opinion, et surtout que l’infirmière qui avait emporté l’adhésion de l’assemblée de l’ONU n’était pas infirmière, ne se trouvait pas au Koweit au moment de l’invasion irakienne, mais mieux encore : elle était la fille de l’ambassadeur  du Koweit à Washington. Sauf que son faux témoignage avait fait le tour de la planète et permis que l’opinion mondiale (les 20% habitant les pays détenteurs des 90% de la richesse planétaire) soutienne cette première et nouvelle guerre impérialiste : comment appeler autrement l’invasion militaire d’un pays sous des faux prétextes, et surtout avec une stratégie vis-à-vis des enjeux énergétiques de la région totalement orientée ?

Peut-on parler de propagande en démocratie ?

La propagande est vue par chez nous à travers le filtre déformant de la seconde guerre mondiale.  On ne la voit que comme un système d’information totalitaire, qui vient du haut et ne laisse aucun autre espace. Les rapports qu’entretiennent les occidentaux face à la propagande aujourd’hui sont le plus souvent reliés à la Chine, la Corée du Nord ou à des dictatures comme celles que l’on trouve au Moyen-Orient : comme ça, c’est plus simple. Ils ne sont pas bien éduqués par là-bas, les pauvres, on les a embrigadés, on leur assène un message du soir au matin, ils n’ont pas le choix, ils sont donc « pris dans une propagande » qui les aveugle. Alors que nous, nous vivons dans un système ouvert, avec des élections, des contre-pouvoirs, une presse plurielle, nous sommes donc libres et éclairés : nous n’avons pas de propagande en occident, comme cela serait-il possible ?

Oui, mais une notion est oubliée la plupart du temps. Elle s’appelle la fabrication de l’opinion. Des chercheurs de grande qualité ont travaillé sur les systèmes de fabrication de l’opinion dans les pays démocratiques. L’un d’eux se nomme Noam Chomsky. Il faut à tout prix lire certains de ses ouvrages pour comprendre le phénomène qu’il nomme « la fabrication du consentement« . Cet article ne pourra bien entendu pas résumer cette notion tout à fait cruciale pour mieux envisager ce que nous vivons actuellement, mais elle est au centre du problème. Le mot propagande est donc inapproprié lorsque nous parlons d’information, et donc d’opinion, dans un pays occidental démocratique.

L’influence, l’orientation de la vision du monde du plus grand nombre au sein du système capitaliste qui nous permet de « très bien vivre » en comparaison des 80% d’autres être humains vivant sur la planète sont colossales et ne sont pas seulement construites (ou fabriquées) par des élites, mais pour beaucoup par nous-mêmes. Et un peu par ceux qui détiennent les canaux d’information. Pour faire simple : le plus grand nombre n’a pas envie de « perdre » : en confort, en avantages, en liberté, et c’est bien normal. Mais ce refus de « perdre » est accolé à un sentiment de culpabilité difficile à réprimer : chacun sait par chez nous, plus ou moins inconsciemment, que notre richesse matérielle, nos « acquis » ne sont pas tombés du ciel, sans certaines concessions à la morale et à une éthique pourtant si souvent revendiquée… Sans les les guerres coloniales, sans les accords secrets avec les dirigeants des pays africains, sans la « quasi mise en esclavage » d’une partie du reste de la population planétaire, il n’y aurait pas tout ce qui fait notre puissance et notre confort. L’énergie nucléaire est un bon exemple. Qu’elle soit militaire ou civile elle est un facteur de la puissance française, mais sur combien de morts s’appuie-t-elle quand on sait que la quasi totalité des mines d’uranium sont situées dans des pays où rien ne devrait nous permettre de commercer si l’on suivait la politique des droits de l’homme censés être notre « phare » ? Sans compter les essais nucléaires, en Algérie, dans le pacifique et qui ont légèrement affectés ceux qui y vivaient. Nous savons tout cela. Mais ce paradoxe est difficile à gérer, alors il faut bien rattraper ces concessions monstrueuses en défendant des justes causes, démontrer que nous ne sommes pas seulement d’ignobles profiteurs qui se maintiennent à un très haut niveau de confort sur le dos du reste du monde.

Notre vision du monde, en occident, est donc basée sur le concept du bien, de la modernité et du progrès. Nous aimerions être les gentils qui aident les opprimés et châtient les méchants. Quoi de plus normal, n’est-ce pas ? Alors que se passe-t-il quand on nous met sous le nez des événements sanglants dans un pays étranger avec lequel nous avons eu affaire, comme tellement de pays à travers le monde ? Et que nous pourrions « faire quelque chose ? »

La Syrie : un nouvel exemple de la fabrication de l’opinion ?

Ce qu’il ne faut en aucun cas oublier dans l’affaire syrienne, c’est qu’elle participe à ce qui a été nommé le « printemps arabe ». L’inventeur du printemps arabe est la Tunisie, ce qui n’est pas sans jouer sur l’orientation de la fabrication de l’opinion vis à vis des autres révolutions arabes.

Parce que la France a soutenu jusqu’au dernier moment le régime de Ben Ali et que le soulèvement tunisien est un soulèvement authentiquement populaire. Avec en plus une discrétion des courants religieux tout à fait surprenante dans la participation aux événements.

La Tunisie n’a en aucune manière une histoire parallèle à celle de la Syrie. Mais jouer, comme le font de nombreux commentateurs de la « révolution syrienne », avec cette concomitance, jusqu’à présenter tous les soulèvements arabes sous le même jour et la même analyse est une pure et simple fabrication intellectuelle. Fabrication bien pratique et participant du consentement de l’opinion occidentale afin de supprimer toutes les complexités et les nuances qui organisent ces événements très similaires en apparence, et pourtant faits de jeux d’influences et de causes à effets très différents.

La guerre de l’opinion qui a débuté sur le net est à l’image de cette fabrication : simpliste. Elle permet à n’importe quel benêt de base de s’emparer du sujet et de crier soit au complot américain, sioniste ou fondamentaliste, soit à la dénonciation d’un régime tyrannique et de la défense d’une population simplement opprimée, semblable à la tunisienne, demandeuse de liberté, de démocratie. En n’oubliant pas de se positionner pour ou contre l’intervention militaire en Libye, comme il se doit, puisqu’il semble que dans nos contrées, donner son avis sur  une intervention militaire à l’encontre d’un pays souverain (sans consultation du parlement ou de la population des armées qui interviennent), soit un « sport » convenable. Tout ça ne mange pas de pain, me direz-vous, et n’engage pas grand chose au fond. Sauf qu’on entre, par cette opinion du « pour » ou « contre », de la pure révolution ou du simple complot étranger, dans l’acceptation d’un camp à soutenir ou non, d’un positionnement idéologique qui peut faire basculer une société et des vies.

La Tunisie s’est soulevée contre la misère sociale organisée par un pouvoir politique corrompu et despotique et a réussi à faire partir celui qui en était à la tête.

Les tribus libyennes armées ont décidé à la suite de cet événement, (voyant le soutien des USA à ces soulèvements populaires qui se sont répandus en Egypte et ont vu la fin de Moubarak), de faire un coup d’Etat armé soutenu par les puissances occidentales. La Libye est-elle une révolution, similaire à celle de Tunisie ? En aucune manière. Comme le départ de Moubarak ne signifie pas la même chose que celui de Ben Ali. Les enjeux religieux, économiques, confessionnels, géo-stratégiques entre des pays comme la Tunisie, la Libye, l’Egypte et la Syrie n’ont rien à voir. Ce qui n’enlève rien au courage des manifestants pacifistes de tous ces pays, mais ils ne furent pas identiques dans leurs motivations, ces manifestants, ni même en nombre. Et pas seulement pacifistes ou simplement désarmés et pas toujours sans intentions cachées ou subversives.

Mais c’est là le nœud du sujet qui nous préoccupe : nous aimerions voir dans toutes ces révolutions arabes une seule et même voie, celle de la Tunisie, une seule et même volonté, celle de nous rejoindre dans la grande famille des démocraties « à l’occidental ». Le moins pire des systèmes, soi-disant. Nous aimerions que les intentions soient toutes pures, avec une unique volonté, celle de la libération du joug du tyran. C’est tellement beau et simple à la fois, n’est-ce pas ? Et puis ça nous donne tellement bonne conscience quand on sait que ce tyran était encore notre ami jusqu’à il y a très peu. Si la partie de la population qui a commencé à manifester avait pour intention de suivre le mouvement tunisien, avec les mêmes revendications de départ, sommes-nous en mesure de prendre en compte ensuite des changements, une modification de ce mouvement s’il survient, une récupération par des forces beaucoup plus obscures, par exemple ? Pas certain, puisque nous voudrions que tout soit pur et clair, comme en Tunisie.

Quand toutes les grandes rédactions s’alignent sur une unique source d’information pour le décompte des morts, appuient en permanence sur l’horreur, dénoncent jour après jour pendant plus d’une année les exactions d’un seul côté des protagonistes, occultant les exactions étant survenues de l’autre côté, obligatoirement, qu’en est-il de la fabrication de l’opinion ? Quand la région a une histoire excessivement complexe, faite de conflits larvés, confessionnels, ethniques, économiques, que des puissances régionales interfèrent depuis des décennies pour modeler ou remodeler les forces politiques en présence, comment peut-on réduire la situation à une seule vision, celle des révolutionnaires résistants issus de la population contre le régime  en place ? On peut. Si on adhère à la grande messe de l’opinion, des médias dits démocratiques, tenus à 80% en France par les plus grands industriels du pays, dont ceux de l’armement, et qui sont tous proches du pouvoir.

Pour autant rien ne nous empêche de rentrer dans la complexité. Ce qu’un Edgard Morin a théorisé depuis un certain temps au vu de l’imbécilité grandissante et générale qui s’opère dans les grandes démocraties. Ce n’est pas parce qu’on regarde peu la télévision et qu’on préfère l’information sur Internet qu’on échappe à la simplification. Ou que l’on rentre dans une information « objective ».

La fabrication du consentement est avant tout un processus inconscient et ses acteurs pensent le bien en toute indépendance, même quand ils participent à une propagande mondiale. C’est donc bien là la force de la propagande moderne : être relayée par les opinions du plus grand nombre. Et toute bonne foi. En toute simplicité. Alors qu’il est possible de chercher à comprendre, dans la complexité, sans avoir besoin de prendre partie, sans avoir besoin d’avoir une opinion. Parce que la démocratie d’opinion n’est pas une véritable démocratie, c’est un simulacre de démocratie où chacun croit qu’en prenant position, il est un acteur du bien, un agent de la liberté puisqu’il prend position. Pour se sentir mieux ? Moins coupable ? Libre ? Possible…

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41 thoughts on “Propagande ? Quelle propagande ?”

  1. Très bon article, comme toujours, j’ai juste un peu de mal à adhérer à la partie sur l’écart des journalistes dans la guerre d’irak, étant donné qu’un membre de ma famille (journaliste) qui était sur le terrain s’y est fait prendre en otage.

    1. Ce n’est pas que les sceptiques sont moins bruyants, mais plus suspects.
      Emettre un doute, surtout face à une situation à fort potentiel émotionnel, et vite suspect car la frontière est parfois ténue entre manipulation et doute raisonnable.

  2. Ça fait du bien de lire ce genre d’article. Ce sentiment (quasi-général) d’obligation de prendre parti sur des questions qui ne sont pas les bonnes ou qui sont biaisées est certainement ce que notre modèle démocratique a créé de mieux pour que les gens ne pensent pas par eux-mêmes.

  3. Le nazisme n’est pas la cause d’une idéologie l’idéologie sert a cacher le ressentiment c’est donc inutile de diaboliser le FN qui peut-être me semble-t-il est lui malhéable et pas toujours fixe. Je vois Hitler comme un sot dans le sens ou dés qu’il sentais la force il ne pouvait plus se controler car cela lui permettait de venger toute sa triste vie. Contrairement a ce que beaucoup de gens pensent je ne pense pas quy’hitler était un homme mauvais et qu’il ne croyait pas en ce qu’il fesait simplement un des rare hommes qui avait une volonté forte mais malade car cet homme avait semble-t-il souffert.

    1. Alors 1 : vous êtes complètement HS
      2 : vous ne savez pas écrire le français
      et 3 : sinon cet article est vraiment bien, c’est toujours bon de prendre du recul sur les opinions toutes faites

  4. Cet article ressemble à un appel, un appel à réfléchir.
    Oui, l’humain se grandit quand il pense par lui-même. La réaction zinternetienne pour éclairer à 40000000Lumens les contrôles Assadiens du dit zinternet pour des raisons bien évidente d’humanisme éducatif est bien difficile à expliquer lorsqu’on se place dans le prisme de cette simplification bi-partiste.
    Rien dans les rapports Wikileaksiens de Stratford pour étayer la propagande qatarii qu’on peut imaginer bien appuyée par la grand frère saoudien et probablement le copain ricain. Si le prisme est si tel orienté, rien de plus normal que ce jeu bluff Poutinien qui assoit Assad dans son jeu réactionnaire

  5. Non mais les gars, on est plus à la maternelle..
    Bien sûr que vous avez (en partie) raison. Mais on fait comment quand on arrive au pouvoir dans ce monde que vous depeignez ? On fait comment pour survivre ne serait-ce qu’un instant sans utiliser ce fonctionnement imposé ? Vivez un instant une situation de pouvoir et vous n’écrirez plus jamais pareil, vous ne penserez plus jamais de la même manière.
    amicalement

    1. Je suis tomber là dessus aujourd’hui : http://www.non-fides.fr/?L-Anarchisme-contre-l-antifascisme .

      Je veux attirer l’attention sur ce passage: « Seulement, ils sont moins nombreux, ceux qui identifièrent leur ennemi irréconciliable avec justesse, ceux pour qui la bête immonde à abattre était le pouvoir, et non le mode de gestion du pouvoir, aussi fasciste soit-il. » (le reste du texte est intéressant aussi !)

      Pourquoi le but serait « d’arriver au pouvoir » ?
      Ce fonctionnement « imposé » dont tu parles qui te l’impose ? Pourquoi l’acceptes tu ?

      Je ne veux ni exercer un quelconque pouvoir, ni en subir un. Je pense que beaucoup de gens sont dans ce cas, pourtant peu de monde imagine une vie où on ne prêterait allégeance à aucun parti (politique, religieux, etc..). Est-ce pourtant si compliqué d’imaginer ça ?

      1. Makhno, tu as raison sur le long terme : quand le système ne sera plus fondé sur l’autorité et le pouvoir, chacun sera libre de refuser d’exercer ou subir le pouvoir. Super. Quand on y sera.
        Dans le monde actuel, comment fait-on, quand on est en position de faire et d’agir, pour mener une action cohérente, efficace et non- autoritaire ? A mon sens (et je suppose à celui du nommé AntanoF) il y a forcément des compromis a faire avec le système autoritaire en place, ne serait-ce que pour avoir une influence sur les gens qui s’y meuvent.
        Là où je ne suis pas d’accord avec lui, c’est quand il écrit « Vivez un instant une situation de pouvoir et vous n’écrirez plus jamais pareil, vous ne penserez plus jamais de la même manière ». Cette phrase mériterait tout au moins une explications : en quoi l’exercice du pouvoir empêche-t-il d’avoir des pratiques non autoritaires, en quoi amènerait-il à adopter des pratiques commes celles de la fabrication du consentement ?

        1. « Dans le monde actuel, comment fait-on, quand on est en position de faire et d’agir, pour mener une action cohérente, efficace et non- autoritaire ? »

          Je suis d’accord sur le fait que cette question est primordiale ! D’ailleurs si tu fais une petite recherche sur l’anarchiste auquel j’emprunte mon pseudo il a été confronté à cela lors de sa lutte en Ukraine. Il s’est battu contre la réaction blanche et le totalitarisme rouge, ce qui demande une certaine organisation.

          Si par un sois-disant « réalisme » il faudrait accepter l’autoritarisme d’un camp ou d’un autre, on est mal barré.

  6. Merci pour cet article. On ne dira jamais assez comme cette question de la propagande et de l’influence de l’opinion, que ce soit au niveau politique ou marketing, est primordiale. Chomsky est, sur ce sujet, la référence indispensable :
    http://livre.fnac.com/a1458287/Noam-Chomsky-De-la-propagande
    http://livre.fnac.com/a1685515/Noam-Chomsky-Propagande-medias-et-democratie
    On peut également citer l’ouvrage d’Edward Bernays :
    http://livre.fnac.com/a2003714/Edward-Bernays-Propaganda
    ou, plus récent, le Goupe Marcuse :
    http://livre.fnac.com/a2855006/Collectif-De-la-misere-humaine-en-milieu-publicitaire
    Il serait intéressant aussi d’étudier l’inflation et l’impact de la novlangue, entre autres avec les concepts de « guerre préventive » ou encore de « guerre humanitaire »…

  7. Tiens c’est marrant.
    La plupart des commentaires disent : « bravo, c’est ce que j’avais envie de lire ».
    En me faisant l’avocat du diable, je dirais que puisque cet article donne à ses lecteurs ce qu’ils ont envie de lire, alors c’est un article de…
    ;)

  8. @ Ivan
    Ah parce que proposer la f**c, c’est pas du marketing ?!

    Heureusement, on fait confiance aux fans ;) de Reflets pour dl en moins de temps qu’il ne fait pour l’écrire à 2 doigts sur un clavier exspañol

  9. « Notre niveau, c’est la fameuse démocratie. Ah, la démocratie ! »
    Non, non, non et zuteuh !
    Notre niveau à nous c’est la république. La république a existé mais pas chez nous et il y a très très longtemps.

        1. Très instructif.
          Mais tu veux dire que ce qu’on appelle république n’est même pas une république (ce que je conçois…) ?

          Mais je pointait juste du doigt le terme démocratie alors qu’officiellement nous vivons en « République française »

          1. Heuuu, à tout hasard (corrigez-moi si j’ai faux) :
            – République = système et institutions
            – Démocratie = fonctionnement, processus de prise de décision

            ???

          2. Comme le souligne l’article de Wikipedia, République ne signifie pas forcément démocratie. Elle est d’ailleurs plutôt synonyme d’oligarchie… On peut donc l’opposer à la « démocratie ».
            « Par la suite, en français, le mot est devenu largement synonyme de démocratie, et s’oppose alors à despotisme et monarchie [6].Il y a évolution de sens puisque Aristote opposait le régime issu de l’élection, qu’il appelait oligarchie (qui devint par la suite la République), et un régime issu du tirage au sort, qu’il appelle démocratie. »
            On peut noter la même différence entre démocratie représentative (c’est à dire l’oligarchie) et un système de démocratie directe et participative (comme dans certains pays de « l’axe du mal », hum…)
            http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique#Histoire

          3. Je voulais juste dire le concept de république n’était pas tout récent contrairement à ce que tu semblais dire. Mais j’ai peut-être mal compris.

          4. @Makhno 2.0, ce n’est absolument pas ce que je disais, je mettais juste en avant le fait que démocratie != république (comme l’a mit en avant Ivan).
            Et que je commence à en avoir marre qu’on nomme le problème par une des solutions (la solution pour le moment dans ma tête mais je suis ouvert à tout débat constructif!).

          5. Ben pourtant nous sommes bien dans une démocratie…
            C’est justement là que la propagande a tout son intérêt : elle sert à faire voter les gens comme on le souhaite en leur faisant miroiter que c’est dans leur intérêt. Personne n’a forcé qui que ce soit à voter Sarko, Chirac, Mitterand, etc… C’est plus pernicieux, on a le choix certes, mais seulement de la main qui tiendra le bâton. Apparemment ça suffit encore pour y croire, peut-être plus pour longtemps.

            Mais c’est vrai que république et démocratie sont deux choses différentes. Tu peux avoir une démocratie sous une monarchie comme au Royaume-Uni et une république totalitaire comme en Corée du Nord (bon c’est vrai ils disent « République populaire démocratique de Corée », mais il paraît qu’on a observé quelques irrégularités)

            Or le concept prôné par nos chers dirigeants est bien celui de la Démocratie et non la République. Sinon il y aurait désaccord entre pas mal de pays occidentaux n’étant pas des républiques…

  10. Pour alimenter le débat, je vous conseille vivement cet entretient avec Etienne Chouard qui fait une analyse défrisante de l’exercice de la démocratie, c’est completement dans la suite de l’idée du texte. Car une fois que l’on sait qu’il y a propagande, cela emmène l’idée que le peuple n’est pas informé/désinformé, et que finalement il vote systématiquement contre son intérêt en fonction de l’adéquation de la parade présidentielle en synchronisme avec la fabrication de consentement du moment (vous avez dit viande Hallal…)

    http://www.dailymotion.com/video/xhm99c_entretien-avec-etienne-chouard-4-le-tirage-au-sort_news

  11. Il y a evidement propagande aussi chez nous. C est pour cela que chacun de nos politicien a des « spin doctors » qui sont charge de ca
    Par contre je suis pas d accord sur ce que vous ecrivez a propos de la 1ere guerre d Irak.
    Il y a eut certes des manipulations des USA mais c est quand meme Saddam Hussein qui s est mit tout seul dans la nasse en:
    -envahissant le Koweit pour se renflouer (c etait le casse du sciecle s il avait pu y rester)
    – n evacuant pas celui ci quand il etait temps. C est pas faute d avoir eu des portes de sortie (Mitterrand lui en avait meme offert une quelques mois avant l attaque US: en gors tu promets d evacuer et on n attaque pas). Il ne faut pas oblier que Saddam a envahi le Koweit le 2/8/90 et que les US n etaient pas pret (attaque le 17/1/91 soit 5 mois plus tard. temps necessaire a acheminer troupes et armement)
    Mais comme la plupart des dictateurs, Saddam n etait entoure que de beni oui oui qui n ont pas ose lui dire qu il allait a la catastrophe

  12. Le déclenchement de la guerre d’Irak a été dû au témoignage de la fausse infirmière à l’ONU. Malgré ce qui est dit et répété, l’invasion du Koweit seule ne suffisait pas à l’époque pour se permettre d’attaquer un pays comme l’Irak avec une coalition.

    C’est le début du principe des USA « gendarmes du monde » : seulement quand leurs intérêts sont en jeu. Puisque pour d’autres conflits entre pays souverains, quand il n’y a pas d’enjeux, les USA, et plus généralement l’occident n’interviennent pas…

    Saddam Hussein était élu au passage, dans une république. Mais il est plus simple de parler de dictateur, comme ça on ne s’embarrasse pas avec la réalité et on peut tranquillement déclarer des « guerres justes ».

    Ce qui est drôle c’est quand on voit les révérences faites à la Chine, comme pour les derniers jeux olympiques : plus démocratique que le président élu Hussein, le gouvernement chinois ? Et l’invasion du Tibet, moi s grave que celle du Koweit ? Très drôle de vérifier l’embrigadement occidental en direct…

    1. Très drôle peut être… il faut néanmoins faire un effort assez important pour se sortir de « l’embrigadement ». On nous a tellement habituer à voir le monde du point de vue occidental.

  13. Vous oubliez Bernays dans votre article. Celui-ci (qui était le petit neveu de Freud) a théorisé l’utilisation de la propagande au sein des démocraties et a posé les bases du marketing et de la publicité moderne, cette dernière n’étant somme toute qu’une branche « commerciale » de la propagande.
    Bernays déclarait que la propagande était à la démocratie, ce que la matraque était à la dictature. En gros, les citoyens d’une démocratie doivent être contrôlés car ils ne sont pas assez matures pour agir de leur propre consentement.
    Un vrai démocrate ce Bernays … Les temps ont changé depuis, mais les oligarques utilisent toujours ces méthodes pour contrôler la bête (le peuple). Il est temps de se réveiller et comprendre ces techniques de manipulation afin de lutter contre elles.

  14. il y a une solution à cette perfidie européenne.
    les armes nucléaire

    Mao Zedong (le bonheur soit sur lui et sa famille chinoise) l’a vu avant tout le monde, avant les coréens qui heureusement les ont acquis récemment et espéront le pour les iraniens prochainement. ça fera un peu plus d’équilibre des forces face à la dictature démocrachétique européenne qui à travers ses exactions et ses prétentions cherche à uniformiser son empire sur toute la planète au dépends des peuples leur culture leur différence pour les enchainés et esclave consumériste des rois marchands les ploutocrates et autre multinational européennes qui sont les véritables tyrans au monde…

    1. Apparemment vu ton pseudo…il semblerait que ta religion soit l’athéisme, je ne vois pas l’intérêt de vouloir offensé des personnes dans leur conviction religieuse.
      Sinon…à t’on avis qui à fourni entre autre a la Corée du nord et l’Iran les plans pour le nucléaire ? C’est un pakistanais qui leur â vendu les plans pour la construction d’arme nucléaire avec le soutient de la cia ? Tout simplement que l’arme nucléaire est inopérante contre les grandes puissances munis de bouclier anti-missile, la Corée du nord sont tout simplement dépassé technologiquement et l’Iran n’a seulement qu’une stratégie défensive et aucune capacité offensive.

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