Pourquoi le défaut de la Grèce n’est pas seulement nécessaire : il est souhaitable et légitime

Après de longs mois d’acharnement thérapeutique afin d’éviter que la Grèce fasse faillite, il est temps de bien faire comprendre qu’un défaut de la Grèce n’est pas seulement l’ultime solution, c’est la voie la plus raisonnable et la plus juste. Le raisonnement est évidemment applicable pour d’autres pays…

 

1. Par pragmatisme économique, il faut effacer une partie de la dette

 

La dette de la Grèce est de toute façon trop lourde (160% du PIB), trop chère (en termes de taux d’intérêt), et l’économie grecque, en ruine après des années d’effritement de la croissance, l’entropie de l’Etatisme ambiant, et plus récemment avec les effets dévastateurs des politiques d’austérité particulièrement agressives qui n’ont fait qu’empirer le problème.

Dans ces conditions, il n’y a aucune chance que la Grèce tire une croissance suffisante pour rembourser en totalité sa dette. Et il faut donc par pragmatisme accepter ce simple constat et infliger une décote aux créanciers.

Mais bien sûr, il aurait fallu le faire en mai 2010, quand la dette était encore majoritairement détenue par les banques. Comme la dette est désormais en grande partie dans le bilan de la BCE ou sous forme de prêts bilatéraux avec les pays de l’Union Européenne et le FMI, il y a bien peu de chances que nous allions dans ce sens malgré la pseudo décote de 50% sur les quelques 100 milliards d’obligations souveraines.

 

2. Un niveau de dette absurde économiquement

 

Outre l’argument du pragmatisme, un simple raisonnement de logique financière aboutit au constat que le niveau de dette est illégitimement trop élevé.

Dans une économie qui se veut « libérale », il n’y a (normalement) pas de rémunération sans effort et/ou prise de risque. Pourquoi la dette souveraine échapperait-elle à cette logique de base ?

En admettant ce principe, deux possibilités logiques s’imposent :

  • soit la dette est effectivement risquée, alors un taux d’intérêt élevé est légitime, mais cela implique que le risque justifiant cette rente peut se réaliser. En d’autres termes, un Etat comme la Grèce peut tout à fait se mettre en faillite et ne pas rembourser ses créanciers.
  • soit on stipule que la dette souveraine n’est pas risquée (ce qu’ont présumé pendant trop longtemps les marchés, sans que cela ne soit inscrit nulle part dans des textes de lois !), auquel cas les taux d’intérêts élevés tels que le sont ceux de la dette des pays méditerranéens sont absolument illégitimes. Pourquoi ? Tout simplement car la prime de risque est alors nulle (la prime de risque étant ce qui justifie une partie du taux d’intérêt, en plus du taux d’actuariat) . Dans une telle hypothèse, les taux devraient être capés à un certain niveau (+/- celui de l’inflation) , ou la Banque centrale devrait pouvoir prêter en dernier ressort à l’Etat. Mais en contrepartie, tous les moyens requis pour rembourser la dette seraient également légitime (austérités, privatisations etc).

Les deux options sont potentiellement acceptables, mais il faut choisir entre l’une ou l’autre : les investisseurs ne peuvent pas avoir l’absence de risque ET les juteux rendements ! Donc soit la définition actuelle de l’intérêt par le marché est OK, mais la Grèce peut (et doit) faire défaut. Soit la dette n’est pas risquée, mais alors le taux moyen de la dette grecque (5% environ) est illégitimement surévalué, ce qui justifie parfaitement une restructuration de la dette, par une baisse du taux d’intérêt et/ou le rachat des bons du trésor par création monétaire de la Banque centrale (ce qui revient à annuler une partie de la dette).

Ce qui dans tous les cas, aboutit à un effacement partiel de la dette !

 

3. La dette odieuse d’une démocratie malade

 

En plus de ces raisonnements très financiers, il ne faut pas oublier également qu’une partie de la dette grecque est proprement immorale, et par conséquent son remboursement est illégitime. En effet, derrière les scandales liés à l’Eglise orthodoxe, les faramineux budgets militaires, le maquillage des comptes avec l’aide de Goldman Sachs et autres phénomènes de corruption et de laxisme politique, qui ont alourdi la dette grecque sans le plein consentement des citoyens, derrière tout cela se cache une faillite non financière pour le coup : la faillite de la Démocratie.

Je crois que c’est fondamental de ne pas l’omettre : les grecs sont avant tout victimes d’un système étatiste devenu fou et dont les citoyens, même armés de leur bon sens, ont perdu le contrôle.

Alors bien sûr, on me rétorquera que les citoyens grecs sont aussi tous coupables des conséquences de leurs votes, et je le nie pas. Mais au final, une minorité oligarchique (proche du pouvoir…) a très bien profité de ce phénomène sur le dos de ces concitoyens, si bien qu’il est parfaitement injustifiable de faire porter le poids du problème majoritairement sur la population « non privilégiée ». D’autant que celle-ci a déjà bien souffert jusque là. Stoppons l’hémorragie avant la guerre civile.

Pour toutes ces raison, le moyen le plus simple et juste de sortir de cette crise est de reconnaître l’illégitimité de la dette produite par un système que l’on peinerait à décrire comme « démocratique », et qui alimente les juteuses rentes de la sphère financière.


Illustration CC freestylee

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Auteur: Stanislas Jourdan

Journaliste, blogueur, activiste. J'écris sur la crise économique... et ses alternatives /-)


44 thoughts on “Pourquoi le défaut de la Grèce n’est pas seulement nécessaire : il est souhaitable et légitime”

    1. Oui mais votre raisonnement est absurde.

      L’objectif quand on fait défaut c’est quand même un peu se débarrasser de la dette, non ? Donc l’idée c’est pas forcément de retourner sur les marchés le lendemain, au contraire !!!

  1. Dans quelque temps, la raisonnement que vous tenez dans le petit 2, sera ce que l’on expliquera au marché.
    Un taux d’interet implique un risque que l’on supporte…

    On leur dira également que emprunter à un taux d’interet quasi nul pour repreter à des etats à un taux d’interet usurier, c’est de l’argent gratuit et qu’ils n’ont qu’a aller se faire voir plutot que de chercher à controler la politique…

  2. La Grèce ne peux pas faire défaut à cause des CDS (Credit default Swap). Si elle le fait, ceux-ci vont s’activer et, comme les CDS ont été utiliser principalement pour spéculer, personne n’est sûr qu’ils peuvent être payés. Il s’en suivrait exactement ce qu’il s’est passer avec les CDO (collateralized debt obligation) et la crise des subprimes: le principal assureur mondial AIG avait frôlé la faillite avec tout les risque de contre-partie (Crash systémique) que cela impliquait.

    C’est pour cela d’ailleurs que la décote est dîtes « volontaire » et que les banques ont siégez avec les états lors de réunions européennes et qu’elles ont pu menacé de ne pas signer l’accord pour obtenir de meilleur contreparties.

    1. Faux problème.

      Les CDS sont des contrats caduques, car trop peu réglementés pour des produits censé assurer quelque chose. Concrètement tout produit d’assurance est censé faire l’objet de provisions comptables (le fournisseur de l’assurance met de l’argent de coté à mesure que le risque grandit). Or les CDS n’étant pas réglementé comme tel, aucvunes provisions n’ont été faite.

      Les CDS sont donc des grosses arnaques qui servent de prétexte à la finance pour faire PEUR aux gens comme vous et moi ainsi qu’aux décideurs.

      Il suffit de décréter que les contrats ne sont pas valables, que les acheteurs soient dédommagés et on en parle plus.

      1. Pour le dire tout net, les banques et assureurs français sont en trop grosses difficultés (Groupama n’est pas si loin de la faillite dit-on) pour que Sarkozy les laisse tomber. La France ne peux pas les aider financièrement et Sarkozy est particulièrement proche des banquiers. Ensuite, le mécanisme de leverage du FESF a été pour une large partie construit par l’allemand (Allianz). Donc ni l’Allemagne ni la France ne prendrons le risque d’un nouveau Lemans Borthers et vu la mise sous tutelle actuelle de la Grèce, elle ne le fera pas.

        Dommage, car c’était la solution.

      2. Les CDS font surtout peur à ceux qui les ont émis,. A savoir majoritairement les banques US, peu exposées au dettes EU, mais très exposées aux CDS. Or, les banques US n’ont largement pas les moyens d’honorer les CDS qu’elles ont émis en cas de faillite d’un pays comme l’Italie. Voilà pourquoi le « loup sort du bois »: 3 anciens dirigeants de Goldman Sachs (la banque qui a aidé la Grêce à tricher sur ses comptes) viennent d’être parachutés à la tête 1) de la BCE 2) de l’Italie 3) de la Grêce. En temps normal, ses messieurs préfèrent agir dans l’ombre. Qu’ils en viennent brutalemment à s’exposer en pleine lumière est le signe qu’ils pressentent pour eux un grand péril.

    2. Enfin un commentaire qui montre qu’il n’y a pas que des dupes… Et plus loin que la Grèce, c’est le cas de tous les pays de l’Eurozone qui ont joué au casino CDS. Si jamais les CDS devaient être payés, il s’inscriraient au bilan des banques US … BoA (presque en banqueroute à 5U$ l’action, et des autres 143 multinationales qui dominent le monde. Celles-ci sont tant entremélées que ce serait la banqueroute à coup sûr, notamment pour les fonds de pension américains. On comprend l’empressement d’Obama et son immiscion dans les affaires europééennes. Camarades, on est une châine, et on plongera tous ou pas du tout ! Un bon lien qui renvoie aussi sur ZH
      http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-caroline-porteu/291111/l-arnaque-des-fonds-de-pension-us-et-les-raisons-de-la-paniqu

  3. 160% du PIB ….
    Quand j’ai acheté mon appart, la banque m’a dit 33% d’endettement max, pas un euro de plus. Après, s’ils acceptent de prêter à des gens qui sont endettés à plus de 100%, faut pas qu’ils soient étonnés si un jour on leur dit qu’on peut pas rembourser…

    1. Ton banquier refuse que les coûts des traites dépassent 33% de tes revenus, pas que l’ensemble de ta dette soit supérieurs à 33% de tes revenus. Sinon personne ne pourrai acheter une maison à plus de 10 000€…

    2. Les media et les politiques entretiennent sciemment cette confusion sur la dette. En réalité, lorsque on dit que la France est endettée à environ 80% de son PIB, cela signifie que son endettement correspond à 80% d’UNE ANNEE de PIB. Pour reprendre la comparaison avec le ménage lambda, cela voudrait dire, par exemple, que si M Duchemin gagne 30000€ par ans, son endettement est d’environ 24000€ (soit environ le prix du monospace qu’il vient d’acheter à crédit…)

      1. Media et politiques entretiennent bien des confusions, mais attention tout de même à ne pas faire comme eux: Le PIB n’est pas, loin s’en faut, « ce que gagne » l’Etat français en une année.

        Les recettes annuelles de l’Etat français,assises sur les impôts et les taxes, certes augmentent en principe avec le PIB, mais ne lui sont pas égales. Ces recettes sont de seulement 272 miliards d’€ en 2011 (dont 131 de TVA, 52 d’IRPP et 45 d’IS). L’endettement lui est de 1700 milliards d’€, c’est à dire un peu plus de 6 ans de revenus annuels.

        La charge de la dette représente actuellement dans les 46 milliards d’€ par an. Donc environ 16% des revenus. Ca paraît acceptable selon le critère que tu évoques.

        Le problème, c’est que la dette, et donc sa charge annuelle, n’arrête pas d’augmenter (l’Etat a dépensé 364 milliards en 2011). Un poste de cette dette va d’ailleur exploser cette année: Celui du poste « Union Européenne », à cause des 160 milliards d’€ dont la France s’est engagée à abonder le FESF. Il s’agit là certes d’une dette qui ne coûte rien en intérêt, puisque c’est une garantie. Mais elle coûte en solvabilité, un peu comme si vous vous portiez caution pour quelqu’un dont on sait qu’il n’a pas les moyens de rembourser ses dettes: Votre solvabilité aux yeux de vos créanciers éventiuels à coup sûr diminuerait. Et ceci, sans parler du mécanisme sur lequel va fonctionner le FESF, puisqu’il s’agit de levier: Pour 1€ de fond, il sera autorisé à emprunter (à vérifier la valeur du levier) 10€, si bien que les 160 milliards de garanties de la France peuvent se transformer en 1600 milliards… Une perspective qui a de quoi effectivement faire exploser le fameux AAA aux yeux d’un emprunteur de bons français à 5 ans. Et si le AAA s’écroule, les taux auxquels se finance la France vont monter rapidement vers les 6/7%, faisant exploser la charge de la dette.

        La solution serait la croissance, mais les mesures d’austérité, on le voit bien en Grêce, sont récessives, et avec de telles mesures, on n’atteindra jamais la croissance de 4 à 5% qui serait nécessaire pour faire baisser le ratio dettes/PIB. Pourquoi 4 à 5% de croissance ? Parce que même si le déficit était ramené à 3%, en partant d’un PIB mettons de 100, et d’un ratio dette/PIB de 80%, ça fait 80 de dette qui deviennent 80+3 =83 l’année d’après. Avec 3% de croissance, on se retrouve donc avec un PIB de 103 et une dette de 83, ce qui donne un ratio dette/PIB encore en en augmentation, à 80,6.

        Ainsi, même avec un déficit ramené à 3% (et on en est loin) et une croissance de 3% (et on en est loin, 0% étant prévus pour 2011 et 0,5% pour 2012), on n’arrive pas à faire décroitre le ratio dette/PIB. Avec 4% de croissance, on commence à le pouvoir -à peine (le ratio passe à 79,8% du PIB).

        Il est très difficile de se sortir d’une situation pareille. Au minimum, il faudrait que les Etats de l’Eurozone aient le droit d’emprunter à la BCE à 0%, au lieu que la BCE prête aux banques à 1%, qui prêtent ensuite à la France à 3,5% et à l’Italie ou l’Espagne à 7ou 8%. C’est d’ailleurs ce qui se faisait en France jusqu’en 1973: Jusqu’à cette époque, l’Etat Français pouvait emprunter à la Banque de France à 0%. Les 30 Glorieuses ont vécu sous ce système sans trop de casse. C’est Pompidou (ex responsable à la banque Rotschild) et Giscard qui ont changé tout ça (le même Giscard qui décidément très inspiré, a lancé le fameux emprunt éponyme qui, indexé sur le Napoléon, a coûté 10 fois ce qu’il a rapporté).

        La mesure aurait l’avantage de baisser le coût de la dette d’une par via la baisse de la rémunération de celle-ci, d’autre part parce qu’elle aurait des effets inflationnistes (l’essentiell étant qu’elle n’en ait pas trop). Ce qui ferait aussi baisser l’€, qui est surévalué pour nos petites entreprises exportatrices.

        Ca ne serait pas suffisant pour résoudre le problème, mais permettrait d’en diminuer un peu l’importance, et pourrait même relancer l’investissement: Avec des taux de 1% et une inflation de 4 ou 5%, il devient préférable d’investir son argent dans une entreprise, que de le placer dans des produits financiers.

  4. Pour une fois je trouve que tu vas un peu trop vite en besogne, la presentation du Pour un defaut de la dette grecque je comprends.
    Mais il y a aussi le comment?

    Quand l’Argentine l’avait fait, elle etait maitre de sa monnaie, ce qui n’est pas le cas pour la Grece.

  5. Dans la période moderne (XIX – XXeme siècles) la Grèce a constamment été un état subventionné (France, Angleterre, Allemagne, USA et enfin Europe), et allant de défaut financier en défaut financier. Au delà des problèmes de corruptions modernes, il y a des raisons géographiques profondes à cela. Ce n’est pas l’objet, sauf pour remarquer que la Grèce n’est pas capable d’autarcie, faute d’industrie, d’agriculture ou de matière première.

    Le parallèle à suivre est l’exemple Argentin. Après un défaut financier, le niveau de vie a chuté de près de 15%, et l’économie n’est repartie qu’après une terrible cure d’austérité, grâce à des exportations agricoles/matières premières. La Grèce n’a rien de tout cela. Tient je fais une prédiction : si la Grèce part en défaut, la famine ne sera évitée que si l’europe offre les matières agricoles. Voila une autre prédiction : la Grèce deviendrait alors une zone de bidons villes juxtaposant des zones touristiques réservées revenus de top niveau. Et le gros de la population n’en profitera pas.

    Si on veut sauver la Grèce, il faudra empêcher à tout prix son défaut. C’est injuste, mais l’alternative est pire.
    Prétendre le contraire est être une dinde se réjouissant de l’approche de noël.

    1. « Si on veut sauver la Grèce, il faudra empêcher à tout prix son défaut. C’est injuste, mais l’alternative est pire. »

      Comment pouvez vous en être aussi certain ? Votre « alternative » elle est sous nos yeux. et c’est pas beau à voir….

      Aucune économie ne peut se remettre sans repartir par la base, par l’économie locale. Or cela est impossible aujourd’hui car il y a trop de défiance dans le peuple, trop de gens qui se battent pour se nourrir, trop de bureaucratie, mais aussi parce que le niveau de vie de la Grèce n’est clairement pas le même que celui des autres pays de l’eurozone.

      Et contre ça, seule une dévaluation corriger le déséquilibre. Bien sur tout ne sera pas rose, mais on ne (re)construit pas un pays sur des fondations d’un si grande injustice. c’est juste pas possible. Au delà des raisonnements économique, tâchons de ne pas sous-estimer l’importance des rapports humains.

      1. Prenez une carte et observez la réalité géographique de ce pays.
        Fondamentalement la Gréce est un état sans ressources naturelles, avec un relief dénué de transport fluvial et suffisamment accidenté pour les couts d’infrastructures nationnales soient prohibitifs. Ce qui faisait la très grande force de cités états fondées sur le commerce en fait aujourd’hui un état moderne désavantagé.
        La Grèce n’est pas l’argentine.

        Les argentins après avoir fait défaut et être lachés de tous avaient des produits à vendre pour continuer à vivre. Et pourtant ça a été une période terrible.

        Les grecques n’ont rien. Si ils font défaut ils n’auront que leurs yeux pour pleurer et les cailloux de leurs montagne à sucer.

        Bref c’est le contraire. Si on veux aider les Grecs c’est maintenant qu’il faut le faire. Car si ils font défaut ils seront lâchés de tous et seuls avec leurs ruines.

        1. Alors expliquez moi pourquoi la Grèce a dominé le monde pendant l’Antiquité ?

          Chaque pays a des ressources à exlpoiter. Les grecs sont forts en commerce grâce à leur diaspora et leur situation stratégique dans la méditerranée. bien sur le problème aujourd’hui c’est que l’économie s’est effritée, donc tout est à reconstuire. il faudra surement des annnées pour que l’économie grecque se reconstruise. Mais il faut lui donner la chance de le faire, pas l’achever.

          Et quite à aider les grecs, je préfère carrément qu’on leur envoie de la nourriture plutôt qu’on les endette encore plus.. surtout en prétendant les « aider ». On aide personne quand on lui prend 5% d’intérêt. Au mieux on fait du business, au pire on exploite.

          Simple question de bon sens.

  6. Je vois qu’il y a pas mal de gens pour vouloir sauver la mise aux 0,001%
    Le système néolib. qui est une machine à créer de la dette est à genoux. Il faut passer par une grande redistribution des richesses. Parce que le problème est là : l’argent n’est pas là où il est utile, ce qui induit le prêt à intérêt, et donc une augmentation de la concentration des richesses, donc le besoin d’encore plus de dette.
    Et redistribuer les richesses ne va pas suffire : faut se demander comment on peut éviter l’éternelle reconstitution des aristocraties. Et forcément revoir la notion de propriété privée.
    Et ne me faites pas dire que je veux ressusciter Staline, cet alter-ego de Capt’n Capitalism.
    Un autre monde se dessine au loin. Pour l’instant l’esquisse ressemble à une hideuse néo-féodalité assez barbare. Je ne sais pas si on peut dessiner autre chose, mais il me semble que de ne pas l’essayer revient à se pendre tout de suite.

  7. Igor: je crois que tout ce que l’on vit n’est qu’une grosse farce. Mais je n’ai rien pour le démontrer sinon j’aurais le choix de le dire au lieu de le subir (comme je le pense).
    Bah, de toute manière, garde ce que je t’ai dit en mémoire, on appellera peut etre pas ca « communisme » mais ca ressemblera à ce qu’a été le communisme.

    Peu importe…

  8. « Stoppons l’hémorragie avant la guerre civile. »

    Bof. Pourquoi pas ?
    Prélude à une re-nationalisation, et re-régionalisation (évoquées plus haut) ?

    Quand le système prédominant, depuis plusieurs décennies, échoue sur toute la ligne, autant revenir à des principes de base.

    Pire ou pas pire, un nouveau cycle se mettra en route.

          1. 1. des oeufs ont déjà été cassés (sur la tête des grecs)
            2. il y aura encore de la casse, pas de soucis là dessus. Mais espérons tout de même qu’on ne va pas non plus envoyer des gens au bucher inutilement
            3. enfin je sais pas si vous réalisez ce qu’est une guerre civile. On a déjà une guerre économique, ça ne vous suffit pas ?

            bref, je propose qu’on débatte du fond de cet article, ça sera surement beaucoup plus intéressant.

          2. Disons que :

            – je suis fatigué ce soir, donc la réflexion profonde sera pour demain (struggle for life, vous connaissez, c’est mon pain quotidien)

            – je trouve votre ton un peu hautain, ce à quoi Reflets ne m’avez pas habitué

            – une guerre civile, j’imagine. Je doute que vous même en ayez connu une ? (mais je peux me tromper, n’est-ce pas ?)

            – l’omelette, je la vois du côté des financiers et des politiques. Leurs actes quotidiens me paraissent bien plus odieux qu’une explosion de colère populaire spontanée. Le résultats est le même. Ca fait des morts. D’un côté, c’est à petit feu, dans le froid, la famine, la déchéance et la culpabilité, de l’autre, c’est quasi instantané et sans trop de souffrance. Laquelle des deux méthodes est la plus humaine, au final ?

            Parce que, un jour ou l’autre, il s’agit de faire autre chose que de taper sur des touches d’un clavier, non ?

          3. j’étais aussi fatigué ;-) Donc mes excuses si j’ai sur-réagi à votre commentaire et si j’ai été hautain.

            pour le reste tout ce que je veux dire c’est que si on peut éviter une guerre civile ça serait pas mal quand même. Parce que l’ennemi c’est certes l’oligarchie et la finance, mais s’il n’y avait qu’eux ça serait facile.

            Le soucis c’est qu’il faut aussi que chacun change pour que le changement qu’on veut voir devienne réalité. Et ça si on y a pas réfléchi avant ça peut mal tourner.

  9. C est Sarkozy qui ne voulait pas que les banques passent a la caisse et Merkel qui insistait pour que ce soit le contraire. Si on a attendu autant, c est a cause de notre president (et donc de notre vote en 2002)

    Le probleme majeur de la grece c est que meme avant de payer les interets, leur budget est deja en deficit (comme la france mais pas comme l italie). Autrement dit, si les grecs arretent de rembourser, plus personne ne leur pretera d argent (logique, personne n est fou au point de donner de l argent a l etat grec) et comme le budget grec est deficitaire avant de rembourser, l etat grec ne peut pas payer ses fonctionnaires, ses factures (electricite, papier ..) ou les retraites

    Donc dans tous les cas, il faut que l etat grec remette de l ordre et arrete de depenser plus qu il ne gagne. Ce qui n est pas gagne car c est exactement l inverse de ce que fait un policien : demain on rase gratis

    Ceci est d ailleurs valable aussi en france

      1. L’émission de sa propre monnaie, pour un pays, mériterait d’ailleurs un article de fond, en soi.
        Yovan a planté le décor, avec les « origines de la crise ». Il faudrait, peut-être, approfondir le sujet, en étudier les conséquences, avantages/inconvénients (s’il y en a ?)dans la période actuelle européenne. Quel degré d’autarcie monétaire, lié à l’économie, est possible pour un pays européen. En étant hors-dedans-à moitié de l’Europe. Et dans un cas de figure comme celui-ci, combien d’autres pays s’engouffreraient dans la brêche ? Quelle serait l’attitude des USA dans un schéma comme celui-ci ?

        Bref, de quoi faire chauffer quelques neurones…

  10. Pour ceux qui sont restés sur cette intéressante page.
    Dans la série « on vit une époque formidable »
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/29/pour-les-agriculteurs-ressemer-sa-propre-recolte-sera-interdit-ou-taxe_1610778_3244.html#ens_id=1610322

    A priori, rien à voir avec la dette de la Grèce… et pourtant.

    Les germes de la guerre civile, avec toutes les dérives et atrocités qu’elle peut couver en son sein (Stanislas, je suis d’accord avec toi sur ce point) sont là.

    NB : désolé pour les fautes de français d’hier soir… il y en a de belles. La honte !

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