Pourquoi la BCE ne peut pas faire faillite

Un mythe court dans la presse économique et financière : si jamais la Banque centrale européenne venait à essuyer des pertes majeures dans le dédale de la crise de la dette, elle devra forcément être recapitalisée
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Auteur: Stanislas Jourdan

Journaliste, blogueur, activiste. J'écris sur la crise économique... et ses alternatives /-)

39 thoughts on “Pourquoi la BCE ne peut pas faire faillite”

  1. Expliquez-moi, je ne suis pas sûr d’avoir compris. Ce que préconise l’auteur, c’est donc d’imprimer des billets jusqu’à retrouver un bilan positif ? C’est pas la même chose que voler les contribuables ? On crée de l’argent à partir de rien, donc il y a plus d’argent en circulation, donc l’argent est moins rare, donc il vaut moins cher. Donc l’argent de tout le monde est dévalué, c’est un peu le principe de base de l’inflation, dites-moi si je me trompe.

    Autrement dit, les gens ont peut-être autant dans leur porte-monnaie en valeur absolue, mais leur pouvoir d’achat réel diminue. J’ai du mal à voir la différence avec « on recapitalise tout comme un gros sac en taxant tout le monde » : on vole de l’argent aux citoyens lambdas dans tous les cas…

    1. Je dis juste que le bilan de la BCE n’est pas un problème en soit. Il n’y a pas de limite comptable qui empêcherait à la BCE d’intervenir à grande échelle sur les marchés.

      Je laisse le débat ouvert sur la question de savoir si telle intervention est souhaitable. Mais par définition, ce débat ne peut pas avoir lieu si on exclue d’entrée de jeu une telle possibilité (de surcroit par des arguments stupides).

      La vraie question est de savoir si à la création monétaire correspond de véritables créations de richesses. Autrement dit s’il y a inflation ou pas.

      C’est clair le le quantitative easing bête et méchant ne marche pas, mais d’autres voies sont imaginables.

  2. Heureux de lire Stanislas Jourdan sur Reflets et de voir les thèses de la Théorie Moderne de la Monnaie ou néochartalisme diffusées ici.
    La création monétaire doit absolument redevenir une prérogative régalienne…

  3. Décidément, la finance, chez reflet, c’est regarder par le petit bout de la lorgnette.

    1)Rappel : La BCE n’a pas les statuts d’une Fed, de la BoJ, BoE… Son bilan est entièrement dépendant des banques centrales des pays qui la composent.

    2)les vases communicants, à la sauce Draghi, vous échappent complètement.

    3) La BCE n’a pas le droit d’accorder de découverts à aucune banque centrale des pays concernés. Pourtant dans l’indifférence générale, c’est ce qu’elle vient de faire.

    4) Ce qui implique directement les Banques centrales de la zone EU donc leur citoyens. (désolé, faudra vous y faire, c’est la mutualisation des pertes de vos voisins, pour les bénefs faudra repasser, hein…)

    5) Le roulement d’une dette n’est pas le problème, c’est le montant de cette dette par rapport aux rentrées qui devient complètement débile.

    D’après vous, combien d’années faudra à la BCE pour retrouver un bilan à l’équilibre avec une croissance hypothétique, voir déficitaire, avec une inflation de moins de 10%, et des pays avec un endettement public dépassant les 60% de leur PIB dans le meilleur des cas ? 20 ans, 50 ans, jamais ou toujours ?

    6) Pourquoi les grecs, espagnoles, italiens mettent les aides de la BCE dans les bonds négatifs des Allemands, au lieu de renflouer leurs banques en faillites ? Oui pourquoi, il fait pourtant plus beau en Espagne, en Grèce, en Italie !

    7) Pourquoi les grosses sociétés préfèrent du Dollar au Franc Suisse ? Avec plus de 400 milliards d’Euros dans ces coffres, la pression devient, comment dire… extrême à la BNS.

    8) Pourquoi ce problème est devenu politique ? Le Hold-up bancaire a ses limites, place au hold-up démocratique, c’est plus fun.

    J’vais encore vous dire un truc : même, avec 8-10 trillons sur la table, la BCE ne ferait pas le poids ! Car vous oubliez la dette privée encore plus opaque, et qui finit toujours dans le bilan de la BCE.

    Vous voulez être solidaires, avec plus d’EU, sortez vos chéquiers, celui de vos enfants, de vos petits enfants, oubliez votre épargne, vos retraites, vos salaires et même vos terres.

    Ah, j’oubliais, même avec des fraudes monumentales du style Libor ou avec les autres astuces d’écritures comptables, dont tout le monde s’en fout, ils n’ont pas réussi à trouver l’équilibre, c’est dire…

    Je ne vous parle pas de la valeur Euro, c’est une autre histoire, mais regardez bien une pièce de 1 centime € (si vous en avez encore), elle pourrait bientôt valoir plus cher qu’un billet de 500 €… Vous avez compris ? ou il vous faut un dessin.

    Bon, nous sommes bien d’accord, ce qui compte c’est l’amour. Non ?

    1. Tu as raison ZOom, nous sommes vraiment trop ignares pour comprendre ces grandes choses.

      Laissons donc les grands de ce monde s’occuper des choses importantes, et contentons nous de cultiver nos champs, charge à nous de restituer aux grands le sel et la dime.

      Est-ce que tu pourrais me le dessiner le petit centime plus gros que le billet de 500€, c’est tellement gentiment proposé :)

    2. Réponses en vrac:

      1. Je suis au courant, mais ça n’a pas empêché la BCE d’intervenir dans le passé et dans l’avenir. C’est ça où la zone euro explose ce qui est contraire au statut… de la BCE … !

      3. Aux banques centrales ou aux gouvernements ? Dans tous les cas : cf. point 1 : quand la contradiction devient trop forte les banques centrales opteront toujours pour le sauvetage du système.

      5. « D’après vous, combien d’années faudra à la BCE pour retrouver un bilan à l’équilibre avec une croissance hypothétique »

      Cela n’a absolument aucune espèce d’importance. Le bilan d’un BC ne veut pas dire grand chose. Ce qui compte c’est l’économie réelle.

      Vous semblez très attachés aux histoires de chiffres mais savez tous ces milliars qui se baladent ne veulent pas dire grand chose dans l’absolu. Ces chiffres ne sont rien d’autre qu’une représentation comptable d’un système qui ne marche plus. Ils reposent sur une vision erronée de la monnaie fondée sur de la dette sans comprendre que toute dette ne peut être que liée à un contrat social, sujet à modifications.

      Pour peu que l’on se donne de la peine de reconstruire un système basé sur un autre vision de la valeur, on se rendra compte que tout ça, ce n’est pas si grave.

      1. Merci pour la précision de votre point de vu, Stanislas Jourdan.

        « Cela n’a absolument aucune espèce d’importance. Le bilan d’une BC ne veut pas dire grand chose.“

        Faux. C’est le même raisonnement qui consiste à dire qu’un pays ne peut pas faire défaut. L’histoire passée et présente reste cruelle pour ceux qui ne veulent pas la voir.

        « Ce qui compte c’est l’économie réelle.“

        Si vous ne voyez pas l’incidence sur l’économie réelle, demandez aux chômeurs de vous l’expliquer.

        « Vous semblez très attachés aux histoires de chiffres mais savez tous ces milliars qui se baladent ne veulent pas dire grand chose dans l’absolu.“

        Rien ne se perd tout ce recycle! Alors, pourquoi ne pas effacer tout simplement ces miars? Plus besoin de contorsion inutile ! Ce n’est pas le cas, donc il y bien un autre petit souci quelques parts ailleurs entre l’absolu et votre raisonnement.

        « Ces chiffres ne sont rien d’autre qu’une représentation comptable d’un système qui ne marche plus.“

        Non seulement il ne marche plus, plus besoin de courir derrière, mais son fonctionnement, la règle du nouveau jeu si vous préférez, n’est toujours pas clair ce qui pose problème pour rétablir ce que nous appelons « confiance“ indispensable pour nos échanges commerciaux.
        Soit nous sommes solvables, soit insolvables, soit nous avons un putain calibre bien plus gros que celui du voisin…

        « Ils reposent sur une vision erronée de la monnaie fondée sur de la dette sans comprendre que toute dette ne peut être que liée à un contrat social, sujet à modifications.“

        C’est beau le socialement correcte dans les affaires, comme un rêve inachevé que l’on recommencerait chaque matin en effaçant les passages les plus glauques qui nous réveillent en sursaut et donc, ce gentil contrat social qui, en épongeant nos sueurs froides, nous dirait d’une voix douce et tendre: ce n’est qu’un cauchemar mon petit, rendors-toi, il fait si bon et si chaud sous la petite couette que ton banquier ta prêtée.

        Là, je deviens peu lourd, non ? Mais si j’évoque la morale dans cette histoire, j’ai bien peur d’effrayer les natures les plus sensibles…

        « Pour peu que l’on se donne de la peine de reconstruire un système basé sur une autre vision de la valeur, on se rendra compte que tout ça, ce n’est pas si grave. »

        Alors là, ce n’est plus de la naïveté mal placé. Pour reconstruire, il faut donc accepter la faillite, virer ceux qui nous ont mis dans ce pétrin, déblayer les ruines,… bref vaste programme comme dirait l’autre. Mais je vous l’accorde, c’est ce qu’il faudra faire.

        Pour une autre vision, nous ne sommes pas encore à cette étape, mais mon petit doigt me dit que certains ont déjà pris position… là encore, vous risquez d’être déçu des forces en présence.

        Alors oui, je comprends votre point de vu, et non c’est tout le contraire qui se déroule sous nos yeux depuis 2007 pour certain, depuis les années 80 pour d’autres et depuis toujours, pour ceux qui s’intéressent à l’histoire.

        1. Vous avez le don de déformer mes propos ou du moins d’en tirer de trop vagues conclusions.

          Mon point est de dire que la BCE ne peut pas comptablement faire faillite. C’est un non sens pour une banque centrale.

          En corolaire de cela :
          Le bilan de la BCE est un indicateur des interventions de la banque centrale, pas de la situation macroéconomique, ni de la « solvabilité“ de la banque. Le triplement de la taille du bilan de signifie pas nécessairement triplement de l’inflation par exemple parce que si les « mécanismes de transmissions » ne fonctionne pas comme c’est le cas aujourd’hui, cet argent reste bloqué entre les banques et la BCE. Il sert principalement à tenir le système en place, à éviter son effondrement.

          Ce que cela ne veut pas dire :
          Que la BCE ne peut pas disparaitre et/ou perdre la confiance des citoyens de la zone euro. On pourrait alors parler de « faillite » au sens politique, mais ce n’est pas le point de mon article !

          L’histoire est truffée de défauts, de faillites. Dans l’antiquité et dans la religion juive, on effaçait les ardoises tous les 50 ans. On y échappera pas cette fois non plus.

          Espérons simplement que l’on va apprendre un petit peu de 5000 ans d’échecs et construire quelque chose de mieux ensuite. C’est pas gagné j’en conviens, mais après tout il n’y a que ceux qui essaient qui échouent.

          1. « cet argent reste bloqué entre les banques et la BCE. Il sert principalement à tenir le système en place, à éviter son effondrement.“

            Un actif pourri pour une Banque puis racheté par la BCE reste un actif pourri.

            Si, Et c’est le cas, défaut est constaté la BCE le prends sur ses fonds propres. Si le défaut est plus important que ses fonds propres, alors La BCE est mise en difficulté d’assurer son rôle.

            Pour recapitaliser une BCE, il faut que ses actionnaires, les États en faillite, donc les citoyens repassent à la caisse.

            Voilà le problème que vous ne voulez pas comprendre.

            J’apprécie grandement les efforts que vous déployez pour justifier votre point de vu, ainsi que l’ouverture d’un horizon plus clément, mais nous n’en sommes encore pas là. Hélas.

        2. Post scriptum:

          Les choses se bousculent.

          Le FMI vient enfin de reconnaître que l’Island a eu raison de ne pas rembourser ses créditeurs.

          http://www.businessweek.com/news/2012-08-12/imf-says-bailouts-iceland-style-hold-lessons-for-crisis-nations

          Sous entendus, une partie de la réponse que l’Allemagne attendait concernant la Grèce se précise donc: Grèce, Espagne ITALIE savent aujourd’hui la marche à suivre.

          Pourquoi ITALIE en Gras ? L’exposition des banques françaises démontre que la France ne sera pas épargnée.

          Ah, j’oubliais pas de vagues S.V.P avant les élections US. faites semblant comme d’AB et tout ira très bien.

  4. Une idée comme ça…
    Se pourrait-il que les trillions que les BC émettent en « créant des réserves » soient en réalité une manière subtile et politiquement correcte d’annuler les dettes honteuses que des pays entiers se sont vu imposer, simplement pour avoir accepté que leurs propres promesses de payer leur soit louées abusivement sous forme d’une monnaie monopolistique ?

  5. Ah mais oui mais non.

    Mettre une grande quantité (énorme?) de nouveaux euros en circulation ne règle rien et au contraire pose des problèmes.

    Outre le problème de confiance, il en existe un plus grave encore énoncé par ZOum:

    Plus il y a d’euros en circulation, moins ils valent.
    Principe d’offre et de demande (car oui, une monnaie est un bien comme un autre).
    Ils peuvent en effet imprimer autant de billets qu’ils veulent.
    Cependant, vu que la valeur de la monnaie imprimée vaudra de moins en moins au fur et a mesure de la mise sur le marché, non seulement la dette ne pourra JAMAIS être remboursée, mais on se retrouvera avec une monnaie tellement dévaluée, qu’il faudra sans doute une brouette d’argent pour acheter une baguette de pain (sans exagération aucune, ça c’est déjà produit en Europe en 1923, en Afrique vers les 2000…), et la valeur en métaux d’une pièce de un centime dépassera largement la valeur virtuelle d’un billet de 500.

    Or, le cout réel de la dette ne s’effondre pas avec la monnaie utilisé dans le pays (ou la zone).
    On aura donc une dette quasiment égale et des quantités astronomiques d’argent qui ne vaut rien.
    Même produire une quantité limitée de répondra pas aux besoins (si la production n’est pas accompagnée d’autres solutions).

    C’est pour ça que la mise sur le marché de monnaie fiduciaire et très régulée.

    1. Ce n’est pas forcément vrai ! Ca dépend fondamentalement de la création de richesses qui suit la création monétaire. Et s’il est clair que c’est pas le QE qui va relancer l’économie, d’autres solutions pourraient (quid d’un revenu de base?).

      Il existe également un niveau de sous-monétisation très destructeur. Souvenons nous que la crise des années 30 était une crise de surproduction face à laquelle il n’y avait pas de demande solvable !!

      De plus, contrairement à une idée répandue il faut bien comprendre que l’inflation n’est pas un jeu à somme nulle. Il y a toujours des gagnants qui en profitent : ceux qui sont le plus près du tuyau de la banque centrale.

      Où en sommes nous aujourd’hui? Contrairement à ce qu’on voudrait nuos faire croire, mon avis est que l’on est subitement devenu des pays pauvres parce que pas assez productifs, au contraire. On produit de plus en plus de richesses, mais celles-ci sont essentiellement non marchandes, non monétisables. c’est là où la monnaie est un problème car les doctrines économiques sont incapables de prendre ça en compte. Tout est basé sur le PIB alors qu’il ne veut rien dire.

    2. 1 L’euro, malgré ce qu’en disent aujourd’hui les chiens de garde économistes, est toujours surévalué par rapport au dollars. Pour mémoire, lors de son introduction, les mêmes économistes estimaient sa « valeur » au niveau de la parité. On en est loin. La zone euro profiterait d’une sérieuse dévaluation…
      2 La crise actuelle est d’abord une crise de surproduction. Cela peut être interprété de plusieurs manières. L’une d’elle, celle de l’extrême gauche, de Jorion ou Stiglitz, s’appuie sur l’analyse marxiste des crises de surproduction et consiste à dire que les inégalités et la suraccumulation du capital ont trop paupérisé la classe moyenne pour qu’elle puisse absorber la production. Cette analyse commence à se répandre parmi certains média mainstream, et même au sein du FMI… Une autre interprétation privilégie l’approche monétaire : la monnaie dette qui constitue le moteur de l’économie actuelle crée de la rareté monétaire par le jeu de l’intérêt, ainsi que de la concurrence pour se procurer la monnaie en circulation. Dans ce système de monnaie dette, la rareté monétaire est systémique et aboutit systématiquement à un système de Ponzi sous peine de l’écroulement de tout le système bancaire et monétaire.
      Les deux interprétations ne sont cependant pas contradictoires, les bénéficiaires des intérêts de l’argent dette constituant la classe des rentiers, ou des 1%, au bénéfice desquels fonctionne le système économique depuis les années 80…
      3 Dans un contexte de surproduction, la création monétaire n’est pas génératrice d’inflation, puisqu’il n’y a précisément pas assez d’argent en circulation… Du reste, une inflation modérée, ou même proche de 10% comme à la fin des années 60 début 70, permettrait d’apurer les dettes. C’est d’ailleurs la solution que réclame Krugmann.
      Cependant, contrairement à l’idée reçue, les QE, ce n’est pas de la création monétaire, pas plus que le LTRO de la BCE. Cet argent reste dans le système bancaire et ne sert qu’à rouler la dette et à créer des bulles spéculatives…

      1. A propos de QE, meme la banque d’Angleterre l’admet : elle a profité surtout aux 5% les plus riches : http://www.guardian.co.uk/business/2012/aug/23/britains-richest-gained-quantative-easing-bank

        (rien à redire sur le reste :)

        NB : dans mon précédent commentaire j’ai fait un erreur. il fallait bien comprendre que « l’on est PAS subitement devenu des pays pauvres parce que pas assez productifs, au contraire. »

  6. Je pense que la BCE peut faire faillite:

    Car, l’Europe, c’est des démocraties, le peuple vote, que se passe t’il, si 1 ou 2 pays d’Europe du nord (ceux note triple A) qui l’Europe ?

    L’euro coule, même si on imprime a tour de bras, on va finir comme le Zimbabwe, il faudra un billet de 5 millions pour acheter une baguette.

  7. Réponse à Zoum plus haut :

    « Si, Et c’est le cas, défaut est constaté la BCE le prends sur ses fonds propres. Si le défaut est plus important que ses fonds propres, alors La BCE est mise en difficulté d’assurer son rôle.
    Pour recapitaliser une BCE, il faut que ses actionnaires, les États en faillite, donc les citoyens repassent à la caisse.
    Voilà le problème que vous ne voulez pas comprendre. »

    La BCE n’est pas mise en difficultés outrageusement plus qu’avant. Elle est juste un peu décrédibilisée. Comme le dit le mec de la BCE, ça empêche pas la BCE de mener sa politique monétaire.

    Ce que vous considérez être « un problème » n’est à mes yeux qu’une manifestation supplémentaire qu’on est dans une crise financière. Wow, quel scoop.

    1. « Elle est juste un peu décrédibilisée“

      On avance doucement, mais on avance.

      Donc, nous avons notre BCE qui équilibre ses comptes par un jeu d’écritures comptable, fait passer son bilan à plus de trois trillons avec moins de 600 milliards en fond propre en moins de 5 ans, emprunte des dollars pour aider les banques en manques, qui prends des risques sans demander l’avis des peuples qu’elle est sensée représenter,… fini enfin par se « décrédibilisée“.

      Ouai ! Et dans ce monde magique, vous comprenez donc que les zinvestiseurs prennent la poudre d’escampette sans demander leur reste.

      Que les épargnants se disent, et si nous allons voir ailleurs, qu’est-ce qu’on risque?

      Que l’entrepreneur délocalise,…

      Bref, que la fameuse « confiance“ finisse par fondre comme neige au soleil.

      Et puis, un beau jour ou peut-être une nuit, prés d’un lac… Heu je m’égare, vous apprenez subitement que votre devise adorée vient de perdre 80% de sa valeur… Gloups, que votre banque vient de faire faillite, pas gloups, que les fonds chargés d’assurer vos économies ne peuvent pas couvrir les pertes, regloups, qu’il faut tout recommencer à zéro…

      Et la BCE vas nous dire ne t’en fait pas Zeuro nouveau est arrivé, sans se pressez-éé, avec son che-euh, ou suis-je…

      Ah, oui, ce que vous essayez de nous expliquer, c’est qu’il y a de l’argent gratuit pour certains, et de la sueur et des larmes pour les autres et que cela va se passer comme un émail par son FAI…

      J’espère que vous n’êtes pas suicidaire, suffisamment jeune et en très bonne santé.

      Cordialement.

      1. Pour ma part, je pense que ce genre de prévisions sont exagérées parce qu’en fait, il n’y a guère que les gens avisés comme vous qui se font de la bile pour le bilan de la BCE. Tant que le gens sont payés à la fin du mois, ils sont contents. Ils s’en contrefoutent que la BCE soit en négatif ou pas.

        Ça fait 20 ans que le Japon est dans cette situation, les investisseurs n’ont pas fui, ni les déposants. De même qu’ils ne fuient pas l’Angleterre et les US.

        Tant qu’une alternative à la monnaie officielle n’est pas facilement accessible, les gens demeurent coincés.

        Arès si un jour l’inflation devient insupportable ça sera une autre histoire, mais en attendant c’est plutôt la grosse méchante récession qui menace.

        Mais encore une fois il faut bien comprendre que je ne milite pas pour que la BCE fasse du QE à la con. Je pense que la création monétaire doit aller directement à l’économie réelle sous la forme d’un revenu de base par exemple, ce qui est totalement différent…

  8. J’ai une question pour Stanislas : je suis d’accord avec toi, la BC ne fait pas faillite. Pas plus qu »un pays. Partant, le gonflement du volume de dette souveraine des pays en difficulté n’est pas « dramatique ». Mais (et même si on est probablement pour la BCE dans le cadre de senior bond holder), que deviennent les actifs en dette souveraine ds les comptes si la Grèce fait défaut (même partiellement, disons 70%)?

    1. Pas sur de bien comprendre la question :

      La valeur des actifs est simplement dépréciée et pour équilibrer son bilan la BCE diminue ses réserves (comptes de réévaluation). Je ne crois pas qu’un défaut de la dette grecque seul fasse passer la BCE en négatif. Sauf peut être pour certaines BCNs.

  9. « Pour ma part, je pense que ce genre de prévisions sont exagérées“

    Exagérées, c’est un point de vu, disons, « relatif “.

    « il n’y a guère que les gens avisés comme vous qui se font de la bile pour le bilan de la BCE.“

    La bile n’est pas le mot approprié. Comprendre les dérives insupportables de nos systèmes serait plus pertinent.

    « Ils s’en contrefoutent que la BCE soit en négatif ou pas.“

    Ce n’est pas avec les irresponsables que les choses avancent pour le mieux, mais nous devons le prendre en considération.

    « Ça fait 20 ans que le Japon est dans cette situation, les investisseurs n’ont pas fui, ni les déposants. De même qu’ils ne fuient pas l’Angleterre et les US.“

    Intéressante remarque qui mériterait un long développement.

    Oui, nous avons une évolution systémique qui ne date pas d’hier. ce qui complique la situation.

    Pour le Japon, c’est catastrophique à plus d’un titre, mais jusqu’à présent, ils détiennent à la fois leurs devises et leurs dettes.

    Alors que la dette de l’EU est tributaire du marché et de ses institutions.

    Pour les US, ils ont le dollar, une devise internationale et le gros calibre qui va avec. De plus, ils ont une culture du business complètement différente.
    Je n’ai pas dit mieux, j’ai dit différent.

    Si la zone Euro avait une identité européenne (culture-langues-objectifs-politique-économique-social,…) alors nous serions très probablement la première puissance mondiale. Ce n’est hélas pas le cas.

    Si nous continuons, nous acceptons de perdre l’essentiel : notre autonomie. Et nous confions la responsabilité EU à des gens peu scrupuleux qui ne représentent plus les peuples et qui nous mettent sur le fait accompli. Une pieuvre mafieuse qui n’a pas d’ÉTAT d’âme.

    Si nous nous décrochons des wagons, nous réduisons la voilure afin de pérenniser les zones viables. Mais nous perdons une force de frappe et 50 ans de construction d’un idéal EU.

    L’union prouve que cela peut-être une force comme une immense faiblesse.

    Les actions récentes de la BCE démontre que la faiblesse l’emporte sur la raison.

    Cela devient un problème et non une solution. Le couple franco-allemand est devant une responsabilité historique et aucun des deux ne souhaite assumer ses responsabilités.

    La situation était facile à résoudre, il y a moins de trois-quatre ans, aujourd’hui cela va se faire avec des pertes et fracas.

    La Grèce est en défaut, c’est plié. L’Espagne est dans une sale position, et emportera la zone monétaire dans son ensemble. Portugal, Italie, et enfin la France suivront dans la foulée. Seules les dates sont inconnues en fonction des manœuvres politiques et des acteurs concernés.

    La politique des petits pas a fait son œuvre et continue de miner le terrain. Voilà ou nous en sommes.

    Défauts et restructurations sont plus que jamais d’actualité, surtout que le FMI vient de déclarer que c’est certainement la meilleure solution. Enfin, un changement de paradigme qui en dit long venant de cette institution macabre.

    Maintenant, comment virer tous ces responsables-non coupables, si ce n’est qu’en réinstaurant une consultation démocratique des peuples EU, c’est le seul point sur lequel nous devons nous focaliser, voir organiser. Cela prendra du temps, incompatible au problème présent.

    Plus de fédéralisme est un langage politique qui ne sert qu’à gagner (perdre) du temps devant des échéances électorales. Ce qui amplifie la dérive.

    « Tant qu’une alternative à la monnaie officielle n’est pas facilement accessible, les gens demeurent coincés.“

    Détrompez-vous, les alternatives ce n’est pas ce qui manque, certains ne les ont pas attendus.

    « Arès si un jour l’inflation devient insupportable ça sera une autre histoire, mais en attendant c’est plutôt la grosse méchante récession qui menace.“

    Vous avez les deux, et mêmes plus. Ouvrez les yeux.

    « Mais encore une fois il faut bien comprendre que je ne milite pas pour que la BCE fasse du QE à la con. Je pense que la création monétaire doit aller directement à l’économie réelle sous la forme d’un revenu de base par exemple, ce qui est totalement différent…“

    C’est l’économie réelle qui créait la richesse, donc la valeur, donc la monnaie, jamais le contraire. Ebcore faudrait-il mieux la définir cette économie.

    Les dérives financières sont à éliminer purement et simplement. Mais n’est-ce pas trop tard ?

    1) parce que le mal est fait.
    2) parce qu’une prise de contrôle est impossible.
    3) parce que la vérité est insupportable.

    Bonne soirée.

    1. « C’est l’économie réelle qui créait la richesse, donc la valeur, donc la monnaie, jamais le contraire. »

      Non, la monnaie doit déjà exister pour pouvoir être utilisée, ce n’est pas le travail qui crée la monnaie, c’est la monnaie qui permet le travail rémunéré.

      1. Beh,non, la monnaie n’a pas besoin d’exister pour pouvoir être utilisée. En effet, si j’ai besoin d’un crédit, la banque crée bien l’argent que je lui emprunte à partir des dépôts qu’elle a dans ses coffres. Donc non, pas besoin que la monnaie existe déjà pour que le travail soit rémunéré. C’est le miracle de l’argent-dette (qui aux US comme en Europe, est à bout de souffle…)

        1. Que la monnaie soit créée au moment d’un crédit ou en amont, il faut bien qu’elle existe pour que tu puisses l’utiliser. Tu ne peux utiliser la monnaie du crédit qu’après l’avoir obtenu.

  10. Bonjour, je vous ai découvert via TDQ, et je partage votre enthousiasme pour le revenu de base, comme solution de sortie de crise, et même de mesure structurelle.

    Concernant la faillite de la BCE, il s’agit une blague du point de vue purement financier. Mais en même temps, vous soulignez à juste titre que cela pourrait être mal vu politiquement. Or, il y a une solution simple : les Etats peuvent recapitaliser la BCE, en s’endettant à court terme pour financer cette dépense… dette que la BCE finira par racheter dans le cadre de l’OMT. Ou encore mieux : la BCE peut verser un dividende exceptionnel aux Etats (qui sont indirectement ses actionnaires) afin que ceux-ci la recapitalisent. Cela ne rentrerait pas en conflit avec les Traités européens, car ceux-ci interdisent simplement que les Etats « présentent à la Banque Centrale leurs propres effets d’escompte », en d’autres termes qu’ils lui empruntent directement.

    Plus généralement, dans la mesure où la BCE crée l’euro, que son capital est en euros, et qu’il n’existe aucune limite au bilan de la BCE, et donc à l’émission de monnaie centrale… il est impossible que la BCE fasse faillite.

    Cdt,
    TL.

  11. Bonjour à vous tous.
    Pas évident de comprendre le fonctionnement de l’économie, du système bancaire et de son lien avec la société.
    En tout cas ce que je vois c’est qu’on assiste à des vols en pagaille : manipulation du libor, récupération d’intérêts ou usure à chaque seconde que l’on respire, austérité imposée et explosion des services publiques dans l’union transatlatique, guerres pour s ‘ accaparer les richesses qui génèrent du flouze, l’arme de destruction massive des crédits défauts swaps. Création de la banque de France et de la FED pour chourer le pognon de l’économie réelle. Vol+vol+vol=vol
    voilà ce que je comprends et ce que je vois.
    Donc ya un moment là question BCE en négatif ou pas, confiance ou pas, j’men tape royalement !
    moi j’ai plutôt l’impression que cette mondialisation accompagnée du principe semi divin du progrès synthétisée dans le credo de la croissance a bien servit à étendre un réseau de pouvoir sur l’ensemble de la société humaine. Une structure presque fascinante d’ailleurs…

    -de quoi avons réellement besoin ?
    -comment le mettre en place.

    votre discussion et l’article ont intéressants, mais force est de constater que nous comprenons à peine comment est foutu ce putain de systeme, vous n’êtes pas d’accord. ..
    je trouve l’idée du revenu de base lumineuse, mais rien ne dit que ça va marcher surtout si nous n’arrivons pas vraiment comprendre de quoi nous avons réellement besoin. Vouloir réformer le système de création monétaire ne changera rien aux problèmes des ressources, au développement démographique, j’aimerai bien y croire mais malgré tous les efforts de logique argumentation que vous déployez il manque quelque chose. J’ai peut être tout simplement pas compris…
    bon en attendant que je comprenne, maintenant que vous avez calé votre argumentaire va falloir s’organiser pour arriver à le mettre en place et ça c’est pas gagné. C’est sympa les conférences, les pdf ou les vidéos mais va pas falloir trop tarder à pousser dans la réalité materielle car ça va pas se mettre en place par l’action du saint esprit de la logique même si beaucoup de gens y croient ça ne va pas être suffisant dans le temps impartis surtout avec l’arrivée de nano brother.
    Merci pour l’article et pour votre travail de compréhension.

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