Please define : « Revolution »

Quel beau concert. Tous les dirigeants politiques occidentaux clamant d’une même voix que les aspirations légitimes des peuples en colère mais pacifiques doivent être entendues par leurs dirigeants. Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, Yémen, Maroc, Bahreïn, etc. Tous ces dirigeants reçus avec les honneurs dans les capitales occidentales, au G7… Ce ne sont donc pas des tyrans. Ce sont des dirigeants, à l’égal de ceux qui les reçoivent en occident. N’est-ce pas ? Et si demain les peuples d’occident avaient de soudaines aspirations légitimes, s’ils descendaient dans la rue en demandant le départ de leurs dirigeants ? Que se passerait-il ?

Existe-t-il des révolutions légitimes et des révolutions illégitimes ? Sur quelles bases ?

Doit-on considérer que dans une démocratie, même si elle est devenue depuis longtemps une oligarchie, une révolution n’est pas légitime simplement parce que le contrat social, la constitution, est issue de la volonté du peuple ? En d’autres termes, une aspiration à de nouvelles règles ne pourrait-elle passer que par les urnes ? Pas par un envahissement de la rue par le peuple ?

Le même problème se pose avec le « terrorisme ». En 1946, quand l’Irgoun fait sauter l’hôtel King David et tue près de 100 personnes, est-ce du terrorisme ? Plus ? Ou moins, que lorsque des extrémistes palestiniens font sauter des bombes en Israël ?

Voilà une question qui ne peut que mettre hors d’eux Israéliens d’un côté ou Palestiniens d’un autre. Le résultat des deux actions est tout aussi destructeur, il nie l’humanité de celui qui périt sous les bombes. C’est placer une idée au dessus du prix de la vie d’un homme. Si celui qui sauve un homme sauve l’humanité, celui qui en tue un tue probablement l’humanité ?

Lorsque Gandhi mène la révolte en Inde, n’est-il pas considéré par les Anglais comme un terroriste ? Lorsque Nelson Mandela s’oppose à l’apartheid, n’est-il pas considéré comme un terroriste ? Lorsque les soldats américains torturent et tuent au nom de leur conception de la liberté, à Abou Ghraib, à Guantanamo, En Irak, en Afghanistan, est-ce du terrorisme ?

La révolution déclenchée par Gandhi est-elle une révolution « juste » ? Celle entamée par Nelson Mandela est-elle « juste » ?

Tout dépend de la fenêtre depuis laquelle on les regarde. Quant à celles qui pourraient venir dans nos contrées, seraient-elles justes ? Que nous dirait Nicolas Sarkozy si 2 millions de personnes se mettaient à camper place de la Concorde en demandant à ce qu’il parte ? Enverrait-il la troupe ? Les fameuses forces anti-émeutes dont le savoir faire est internationalement reconnu et dont il comptait prêter le concours à M. Zine Ben Ali ?

Bien entendu, les mots ont un sens. Le souci, pour certain d’entre eux, c’est que chacun peut y mettre le sens qu’il souhaite et de ce fait, la discussion, même entre deux personnes parlant la même langue, devient complexe.

Il n’est jamais inutile d’illustrer un propos par quelques déclarations dont le sens est universel et peut être compris par deux « camps » diamétralement opposés. Aujourd’hui, laissons V. nous donner quelques pistes de réflexion :

“Words will always retain their power, words offer the means to meaning and for those who will listen, the enunciation of truth.”

“Fairness, justice and freedom are more than words, they are perspectives.”

“People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people. “

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

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