Piratage de DVD aux USA : papi fait de la résistance

Cette histoire est symptomatique et cruelle pour l’industrie du divertissement, ceux que l’on appelle les « ayant droits » par chez nous. Imaginez qu’un papi de 92 balais, Hyman Strachman, vient de se faire prendre la main dans le sac par les services de répression des fraudes américains : ce super patriote copie les DVD des grand films hollywoodiens depuis 8 ans et les envoie par la poste aux Boy’s coincés en Afghanistan ou en Irak. Mais pas un ou deux par ci par là, non, nous parlons, dans son cas, de 300 000 copies…

Le vieux bonhomme a investi dans un rack de sept graveurs, et passe au bas mot, selon l’article du Monde.fr, 60 heures par semaine à cette activité. Une fois ses copies hebdomadaires terminées, direction la poste du coin où il expédie par colis ses piratages, gracieusement distribués aux soldats sur place par les aumôniers de l’armée.

Pas de buisness dans cette histoire, juste un vieil homme qui compatit au sort des jeunes militaires loin de chez eux et leur envoie de quoi s’occuper. Alors ? Que fait Hollywood, que fait l’administration qui sans cesse rappelle que copier-c’est-voler ? Rien. Très embarrassés, il sont. Très, très. Parce que voyez-vous, quand c’est une personne d’un certain âge, qui plus est, « pirate » par patriotisme, qui veut aider les GI’s de l’Oncle Sam, et que c’est quand même pour la « bonne cause »…ben là, y’a plus personne pour aller passer les menottes au pirate.

Ce qui signifie bien une chose : la copie pour partage d’œuvres audio-visuelles, musicales n’est ni du vol, ni répréhensible. Elle est simplement une activité qui fait sens, qui relie les humains entre eux. L’échange non marchand de la « culture » est indispensable, crucial, central, indispensable. Parce qu’il nous permet de rester humains, c’est-à-dire d’être autre chose que de simples prédateurs avides, uniquement préoccupés par la protection de leurs intérêts et leurs profits personnels.

Espérons que cette histoire fera réfléchir ceux qui veulent interdire la circulation de la culture autrement que par les canaux commerciaux et industriels.

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25 thoughts on “Piratage de DVD aux USA : papi fait de la résistance”

  1. En l’occurence, le monsieur doit acheter des DVDs dans le commerce et les copier (étant forcer de détourner au passage les « sécurités » présentes) plutôt que de les télécharger et les graver.
    Ceci explique le discours de la MPAA « on n’avait pas entendu parler de ce monsieur » (via leur milice privées du téléchargement), mais ne remet pas en cause la pertinence de la conclusion de l’article (urgence de réfléchir à l’échange non marchant)

    1. Ou il les achète à des revendeurs « pirates » ? je cite l’article du Monde
      «Au départ, il copiait un à un des films déjà piratés et achetés 5 dollars pièce à la gare de Penn Station, à New York, ou chez un barbier du quartier. Au fil des années, il s’est équipé. Il a investi 400 dollars dans un graveur capable de copier sept films à la fois. »

  2. 300 000 en 8 ans. 8 ans : un peu plus de 400 semaines. 300 000 divisés par 400 ça fait 700 DVD par semaine en gros. Ouais, ça fait pas mal de thunes, et à raison de 60 heures par semaine, 12 DVD à l’heure. Un peu balèze, c’est vrai. Le chiffre est-il surestimé ? Possible…

  3. Il me semble avoir lu, quelque part, que le monsieur est lui-même un vétéran : 2nde guerre mondiale, je crois ? donc, relativement « intouchable » au pays des cow boys !
    Bref, les majors le nez plongé dans leurs contradictions ET le deux poids – deux mesures que beaucoup de personnes mettent en avant dans cette histoire.
    Bref, à mon avis une histoire plutôt « marrante » de par ses contradictions et la personnalité du monsieur.

    Après, les motifs de la présence des soldats amerlocks en Afghanistan ou dans d’autres pays, c’est une autre histoire.

  4. Encore quelqu’un qui s’en tire a bon compte parce que son profil est sympathique (veteran, age, patriote…) alors que son comportement, d’un strict point de vue legaliste, est tout aussi reprehensible (voire plus, vu la distribution massive) que l’ado qui telecharge de quoi remplir son iTruc personnel.

    En quoi ce sympathique vieillard porte-t-il moins atteinte au copyright et aux « artistes » que le jeune?

    Bref, une contradiction qui ne fait pas peur aux lobbies du copyright: ils vont mettre en avant cet individu pour montrer de quelle humanite ils sont capables « pour la bonne cause », et ca leur fera un joli coup de com’… pour ceux qui se laissent encore endormir par leurs histoires.

  5. Belle petite histoire en effet.

    C’est vrai que mettre en tôle en vétéran de 39-45 ça la ferait moyen. Surtout au USA ou Hollywood et l’armée on pas mal de partenariats.

    Mais bon de la à ce que cela amène notre pascalou national à réfléchir…

    La profonde ironie c’est que hollywood a toujours transmis les films à l’armée sous forme de bobines bien chiantes à mettre en place sans parler du projecteur qui va avec…

    C’était pour je cite « avoid piracy »

    Bref, je me marre

  6. je crois qu’il faudrait plus souvent employer cette expression :
    « l’industrie du divertissement, ceux que l’on appelle les « ayant droits » par chez nous »
    pour qu’on arrête de bourrer le mou au conso(a)mateur d’objets d’auteurs…


    aller* quelle époque
    jf le scour, 2012
    *je sais, je sais, je revendique

  7. « Ce qui signifie bien une chose : la copie pour partage d’œuvres audio-visuelles, musicales n’est ni du vol, ni répréhensible. Elle est simplement une activité qui fait sens, qui relie les humains entre eux. L’échange non marchand de la « culture » est indispensable, crucial, central, indispensable. Parce qu’il nous permet de rester humains, c’est-à-dire d’être autre chose que de simples prédateurs avides, uniquement préoccupés par la protection de leurs intérêts et leurs profits personnels. »
    Un seul mot : bravo !
    Par contre :
    « Espérons que cette histoire fera réfléchir ceux qui veulent interdire la circulation de la culture autrement que par les canaux commerciaux et industriels. »
    A ton âge Yovan, il faudrait arrêter de croire au père Noël :)

  8. Tssss tssss : j’ai écris « espérons » et parlé de « réfléchir »…mais plus je vieillis plus je suis rempli d’optimisme…

    Un effet de l’âge ? Du gâtisme ? Allons savoir ;-)

    1. S’agissait-il d’une prémonition Yovan ? Voilà t-y pas que notre nouvelle ministre se met à dire des trucs comme ça sur Inter à propos d’HADOPI :
      « On a un système qui n’a pas permis de dégager de l’argent pour financer les cinéastes. Le système de sanction tel qu’il a été mis en place et pensé s’est révélé à la fois inefficace et négatif du point de vue du message qu’on veut faire passer. On a opposé les artistes avec leur public. »
      Dites-moi que je rêve. Mais il y a encore plus incroyable :
      « La culture, c’est un accès à une liberté, une liberté d »esprit. Il faut trouver le meilleur moyen pendant cette concertation pour que les choses se passent bien et que l’on n’ait pas des internautes cloués au pilori pur servir d’exemple. »
      Bon, là c’est trop, je lui donne quoi, deux mois avant de se faire virer :) à moins qu’un « recadrage » n’intervienne rapidement :)

      1. Non, non, à force, ça rentre, ça rentre… Il ne faut rien lâcher et inlassablement répéter, expliquer, démontrer…ils finiront bien par se plier à la logique du bien commun…

    2. Non, de la sagesse à mon humble avis; le pessimisme étant un luxe d’adolescence.
      Bien tourné votre article, merci. Et continuez de vous emplir de cette souriante énergie qu’on appelle optimisme, je suis de tout coeur avec vous.
      David

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