Parti Pirate France : interview du candidat Edouard Ducray

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Le Parti Pirate est-il un OPNI (Objet Politique Non Identifié) ? Possible. Mais il reste un parti politique qui participe aux élections, dont les dernières législatives. Et comme la « pensée politique pirate » peut-être multiple, que son porte-parole le plus connu, Maxime Rouquet, peut renvoyer des phrases étranges comme « On défend des idées qui peuvent être très proches d’idées de l’extrême-droite sur certains points. En même temps, on n’est pas du tout dans la même optique(…) » qui peuvent laisser planer quelques doutes : le mieux est de questionner un candidat, Edouard Ducray, qui a fait campagne au PPfr et répond très clairement aux question de l’agitateur de la marionnette Yovan Menkevick, du magazine en ligne Reflets.info.

Exclusivité totale, même pas encore vu à la radio ou entendu à la télé. Bande de petits veinards…

Yovan Menkevick : Alors, tête de nœud, tu fais de la politique, t’as pas honte ? Bonjour Edouard : tu t’es présenté aux dernières législatives comme candidat du PPfr. Question brutale mais nécessaire : pourquoi ?

Edouard Ducray : Pour faire court, j’ai pris conscience depuis quelque temps qu’il n’est pas suffisant de refaire le monde sur des chan irc ou autre fora si on veut qu’il prenne une direction que je juge acceptable. Je pense que la contestation du système politique et social actuel et de ses dérives est en route, mais je n’ai pour le moment décelé aucun point de chute crédible qui me satisfasse et j’ai la sensation que si on lui laisse poursuivre sa route ça finira avec l’arrivée au pouvoir d’un parti extrémiste (qu’il soit de droite ou de gauche), parti qui ne se sera construit que contre le système en constatant ses défaillances et errances sans selon moi apporter de solutions. (Pour prendre une métaphore de maçon, si je construis une cabane contre un mur et que celui ci s’écroule, la cabane tombera avec). Je souhaite qu’on évite cela, et pense qu’il sera bien tôt trop tard pour infléchir suffisamment le mouvement (d’ailleurs le point d’inflexion est peut être déjà passé, ça mériterait l’avis de personnes ayant une vision globale).  J’ai donc décidé qu’il était temps de mettre mon faible poids dans le système et espère que nous serons suffisamment nombreux et audibles pour que notre message se diffuse largement et infléchisse assez le mouvement pour qu’une autre voie démocratiquement acceptable émerge.

Y.M : Le PPfr serait donc le seul parti politique à pouvoir réunir tes aspirations au changement ? Mais pourtant, son poids politique est quasi nul : ce n’est pas un peu paradoxal ? Pourquoi ne pas être allé vers un autre parti avec plus de poids politique ?

E.D : Je ne sais pas si le PP est le seul. Mais il y a un certain nombre de points qu’il satisfait. En premier lieu, et c’était primordial, pas d’exclusion mutuelle des idées : je n’ai pas trouvé d’idée qui me soit propre qui aille contre les postulats de base du PPfr, et la réciproque est vraie, je n’ai pas trouvée d’idée propulsée par le PPfr qui aille en opposition avec mes convictions. Je suis prêt à m’encarter mais tiens à conserver mes convictions et mes spécificités. Et je n’ai pas trouvé d’autres partis répondant ne serait-ce qu’à ce point. Comment être droit dans ses bottes pour alerter l’opinion publique des dérives du système, de l’informer sur les mesures que l’on compte mettre en place pour tout réformer si au préalable on commence par s’autocensurer ? défendre un ligne qu’on réprouve ? Tenter d’amener aux affaires une personne qui bénissait hier quand elle y était ce qu’elle dénonce aujourd’hui ? Faire allégeance sans condition à tout ce qui sera décidé par les instances dans un futur proche ?

De plus le PP présente outre les idées mises en avant, d’autres spécificités qui m’ont séduites : une horizontalité inédite qui permet à tout un chacun d’avoir prise sur la vie du Parti, des racines ‘nouvelles technologies’ ( même si cette étiquette lui colle trop à la peau à mon gout : à quand les articles traitant du PPfr dans la rubrique politique et non techno des journaux mainstream? ) qui font que je n’ai pas eu de mal à trouver mes repères, une large liberté d’expression, une approche où tout le monde n’est pas expert en tout mais ça nous va très bien ainsi qui est séduisante, des perspectives de construction transnationale du Parti inédite, un côté décentralisé attractif … et sans doute la sensation qu’il allait se passer quelque chose après leur entrée au Parlement de Berlin, ça n’a pas été démenti puisqu’il est passé de rien au plus gros des ‘petits partis’ en 6 mois.

Bref il y avait correspondance sur le fond et sur la forme. Et ce fut la seule dans la sphère politique française.

Y.M : Il est parfois un peu difficile de connaître précisément le projet politique du PPfr, puisque son orientation n’est pas pétrie d’idéologie politique classique (droite/gauche): quelle est donc ce projet de société, d’un point de vue économique, social, par exemple, quels sont les grandes lignes que défend le PPfr ? Si l’on prend la politique économique, que préconiserais-tu aujourd’hui ? La réduction du déficit budgétaire ? Ou au contraire une relance économique ? Une politique de baisse des charges sur les entreprises plus forte ? Moins forte ? Vis à vis du chômage, des plans sociaux ? 

E.D : C’est la question que devraient avoir posée les journaliste aux candidats lors de la législative ! Plutôt que « qu’avez vous à proposer au niveau de la circonscription ? » ou « alors comme ça vous êtes pour le piratage des films ? ». Et sans doute que les réponses auraient été diverses dans leurs détails.

Pour l’absence de clarté du projet économique du PPfr, j’y vois plusieurs raisons :
– le PPfr est un parti où l’on dit confier aux spécialistes d’un domaine les réflexions sur ce dit domaine et je pense que la population actuelle du PPfr manque d’économistes chevronnés qui feraient profiter de leur expertise. Avis aux experts!
– la partie économique du programme est alors étroitement lié au reste des mesures
– le PPfr est un jeune parti avec un poids politique encore fort relatif, et une certaine lucidité. Or une politique économique complète demande à s’appuyer sur une majorité forte et durable. Ne rêvons pas ce n’est (je le pense malheureusement) pas pour demain.

J’ai mon avis sur la question, mais je ne suis pas un spécialiste du domaine donc je préviens que même si je suis sincère, on va peut être plonger dans les poncifs, l’utopie ou les vœux pieux!

La ligne directrice du PPfr et le codex pirate montrent quelque voies : par exemple une restauration du sens des mots : « liberté égalité fraternité ». Ca pourrait selon moi s’apparenter à des mesures visant pêle-mêle : à une simplification du mille-feuille des taxes et impôts, moins de niches fiscales/sociales, moins d’exceptions en tout genre, une pérennisation des systèmes par répartition et non des mesures intermédiaires avec une durée de vie très limité (5 ans environ pour ce que je constate).

Je ne suis pas un expert, et la question austérité vs relance est un sujet de thèse, mais j’ai du mal avec le cercle vicieux de la rigueur et je ne trouve pas de publications pour me faire changer d’avis. Quand à la relance, il y a un écueil majeur puisque selon le postulat actuel ça passe par plus d’endettement et selon moi ce n’est pas possible en l’état actuel des choses. De plus quelle forme pour la relance, des niches fiscales supplémentaires avec leur lourdeurs, leur effets d’aubaine et leur taux de retour (définition perso : combien profite au but initial pour 1 € investi ) imparfait ? Certainement pas selon moi.

Je suis en train de me documenter sur le revenu de base et tente de faire des simulations, avec un esprit plutôt libéral, je l’avoue. Peut être qu’en une telle voie totalement différente pourrait résider la solution ? Au moins le catalyseur pour remettre à plat un certain nombre d’acquis issus, sous leur forme actuelle, pour la plupart du CNR (Conseil National de la Résistance, NDLR) et de l’immédiat après guerre. Je le pense de plus en plus car ça pourrait mener, lié à une simplification IS et IR, à une relance par augmentation du pouvoir d’achat des ménages et baisse des cotisation patronales.

Pour les plans sociaux, quel est le réel pouvoir de l’état ? Est il dans son rôle en s’en chargeant ? La mort des sociétés n’est elle pas aussi naturelle que leur création et leur vie ? Maintenir des pans entiers de l’activité sous perfusion n’est-ce pas pire que d’en accepter le déclin, déclin qui devrait en toute logique mener à une mutation de l’activité elle même ?

Pour le chômage, je constate que le budget de l’Unedic qui ne va pas dans les allocations est largement supérieur au déficit annoncé (5Mds pour les récentes estimations de 2013), Sans doute influencé par mon histoire personnelle, j’ai pu constater que l’encadrement des demandeurs d’emploi est inadapté, les freins à la vie des petites entreprises nombreux, que la mobilité tant dans les métiers que géographique n’est pas favorisée, la loi de l’offre et de la demande ne s’adapte pas ou mal au marché du travail. Autant de points qui pourraient permettre de mettre des demandeurs d’emploi en face de la multitude de postes à pourvoir à travers la France.

Y.M : Une dernière, pour la route : qu’est-ce que tu proposerais, en premier lieu comme loi, si tu étais un parlemanetaire élu du PPfr ?

E.D : Je vais exposer la proposition que je ferais aux membres du groupe parlementaire du PPfr. Les premières propositions d’un nouveau groupe parlementaire sont dans notre système imprégnées de symbolique ( tiens ne serait-ce pas le système actuel qui aurait été construit sur le modèle religieux qui l’a précédé ? ) et doivent être le fruit de concertations. Je pense que la plupart de ces points pourraient faire consensus auprès du groupe:

Pour synthétiser mon objectif serait d’envoyer un signe sur notre volonté de rétablir, maintenir et consolider certains fondamentaux de notre démocratie.
ça passerait entre autre par redonner tout sons sens à notre devise ‘Liberté Égalité Fraternité’
redresser les barrières séparant les trois pouvoirs Exécutif Législatif et Judiciaire.

Ça devrait permettre un retour de la confiance des Français dans leurs hommes politiques et leur institutions.

Je pense en premier lieu à des lois qui auraient un impact sur la représentativité et le turn-over politique:
– le non cumul strict des mandats (nominations au sein des communautés de communes inclues)
– une limitation des mandats dans le temps et l’espace -> J’ai une idée personnelle qui pourrait s’exprimer ainsi : « impossible de se présenter à une élection si on a déjà représenté plus de 200 000 (à affiner mais un député c’est en général un peu plus de 100 000h ) citoyens au cours de sa vie. » Ça permet de faire plusieurs mandats de maire et conseillers de petites communes et de moins en moins au fur et à mesure qu’on monte dans la hiérarchie.

Je rêve d’une démocratie où les élus feraient passer la Chose Publique en premier. Alors qu’actuellement ils travaillent (premier écueil, ça ne devrait pas selon moi être un métier) à leur réélection (ou tout du moins à la conservation de la parcelle de pouvoir qu’ils ont obtenus et des avantages qui vont avec. ce qui va parfois à l’encontre de l’intérêt général).
– des mesures favorisant la transparence de nos institutions et des décisions de nos élus. Actuellement pour qui baigne dans l’informatique, n’a pas peur de se salir un peu les mains et d’y passer du temps on parvient tant bien que mal à retrouver des données et les croiser… ça n’est pas satisfaisant. Ça passe en particulier par la protection des lanceurs d’alerte mais aussi par la diffusion spontanée et obligatoire de données (comme les note de frais, l’utilisation des fonds type IRFM, …). Ceci de manière exhaustive et organisée.

– le referendum d’initiative populaire (un vrai, accessible et avec du pouvoir. Pas cet ersatz qui était proposé genre : si vous trouvez un mouton à 5 pattes avec un pelage jaune devant et marron derrière, alors on voudra bien aborder la question à l’assemblée à condition que nous soyons le 29 février et qu’il fasse 25°C dehors … j’exagère à peine) avec motion de censure afin de donner un pouvoir de révocation aux électeurs.

Pour le volet législatif :

– un audit sur lois votées et en application. Le but est de parvenir à une simplification de notre système et supprimer autant que possible tous les superflus : les exceptions au cas général, les doublons.

– un replacement systématique du terme vidéoprotection par Vidéo-Surveillance. C’est hautement symbolique, plus marquant et plus rapide que de réviser tout de suite cette partie liée à la Liberté.

– la programmation de « Mon Petit Poney tous les mercredi sur France 3 » ou a défaut, francetélévision étant totalement indépendante du pouvoir politique, en préambule des questions au gouvernement.

Et pour finir pour ouvrir le volet économique et social :

– une étude sur une révolution fiscale avec pourquoi pas un test grandeur nature (dans un DOM par exemple). Je pense au revenu de base car je suis sur le sujet pour le moment.

J’ai volontairement laissé de côté les questions culturelles et internet (quoique pour ce dernier point un retour au cas général de la plupart des lois permettrait probablement d’avancer) car il n’est pas question de réduire le PPfr à un parti « de l’Internet » et « du téléchargement » que ce soit aux yeux des autres parlementaires ou de Mme Michu.

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24 thoughts on “Parti Pirate France : interview du candidat Edouard Ducray”

  1. Tout à fait d’accord avec la première partie, se lâcher dans les comms de reflets ne sert à rien, de même que refaire le monde avec ses amis.

    le PPfr est un parti où l’on dit confier aux spécialistes d’un domaine les réflexions sur ce dit domaine et je pense que la population actuelle du PPfr manque d’économistes chevronnés qui feraient profiter de leur expertise. Avis aux experts!

    Quand on voit ce que les « experts » font, on ne prendrait pas de gros risques en engageant des cons.

  2. Salut,
    Dans l’ensemple je suis plutôt d’accord. Par contre, il y a un truc que je n’ai pas bien compris, si quelqu’un peut m’éclairer. Tu dis vouloir faire un test grandeur nature dans un DOM, je pense que ce n’est pas cela que tu as voulu dire mais moi ça m’évoque un peu un cobaye, du style : les DOM c’est loin, on les connait pas, on n’a qu’à tester ça sur eux.
    Merci.

    1. Pourquoi un DOM? parce qu’ils sont plus isolés que les autres départements et qu’ainsi, on pourra éviter des effets de bords/ écarter des arguments du type « ce que vous avez gagné dans ce département c’est parce que vous l’avez perdu dans un département voisin ».

      ED

    2. c est meme le pire choix car c est des endroits qui sont super dependant des transfert de la metropole. Quasiment tout est importe la bas
      l ideal serait de faire le test dans plusieurs endroits avec des caracteristiques differentes pour faire une comparaison avec un endroit similaire n ayant pas eut la mesure
      par ex
      haut de seine: region riche et tertiaire
      canal: pauvre et agricole
      corse: pour voir comment le systeme va etre detourné (car c est sur que ca va arriver)

      sinon croire que les DOM sont isole c est pas toujours vrai (ex guyane) et les gens ne vont pas demenager juste pour beneficier d une mesure qui va peut etre etre supprimee 1-2 ans apres (un demenagement ca coute plus cher que le gain)

  3. Mais pourtant, son poids politique est quasi nul : ce n’est pas un peu paradoxal ? Pourquoi ne pas être allé vers un autre parti avec plus de poids politique ?

    En même temps si on avait dit ça aux révolutionnaires en 1789:

    « Hé mec, t’as pas l’impression que t’es tout seul à t’en prendre à la Bastille là ? Ca te dirait pas plutôt d’aller bosser pour ton noble qui est un peu réformiste sur les bords, ça sera plus utile, et arrête d’agiter cette fourche et ce bonnet ouais. Rentre dans le rang. Tocard »

  4. Intéressant Comme interview. Il Nous faudrait plus de politiciens formé dans ce moule que formé à l’ENA.

    Juste Une remarque il me semble que Maxime Rouquet n’est plus le porte parole du PPfr depuis leur dernière AG. (À vous faire confirmer Reflets)

  5. Interview pertinente, je constate que Yovan semble avoir un peu calmé le ton dans ses propos, et entre onus je craignais que ses questions soient beaucoup plus offensives que celaz , au vu de ses récents Trolls.. euh pardon articles…
    Ironie du sort, pour le coup ce n’est pas l’interviewer qui est criticable mais les réponses de l’interviewé. Paradoxalement , à une époque ou j’étais peut être un peu plus con.. pardon engagé… je militais moi aussi pour un élargissement des sujets que le PPfr aurait du traiter. Ce qui a fini par arriver d’ailleurs… Gros problème c’est que cette étendue de leur champ de compétence semble leur faire oublier leur coeur de cible : Internet, nos libertés individuelles… et du coup le PPfr passe TROP SOUVENT à côté d’actus sur lesquelles il DEVRAIT rebondir. Cas typique par exemple, le FISAAA act en préparation côté USA, pour instaurer une cybersurveillance globale et ce en toute impunité.
    pour conclure, ce qui demeure troublant, et plutôt malsain à vrai dire, c’est que malgré certaines réformes récentes en interne, dont on ne peut qu’espérer un mieux, il demeure ce sentiment de cloisonnement du militant, qui ne doit s’exprimer au nom du PPfr que si ce dernier a été mandaté, et surtout si celui-ci exprime les idées validées par le PPfr…
    Sans parler d’une profonde impression de défiance entre le PPfr et d’autre groupement tout aussi connus , militants pour les mêmes combats..
    Bref, que ce soit en terme de présence sur le terrain et même médiatique, ou sur sa propre identité, au PPfr il reste encore du boulot.. Espérons pour le mieux….

  6. Par définition, un pirate se met en marge des lois. Vouloir participer à leur élaboration est compréhensible mais il faudrait alors changer le nom de ce(s) partis.

    Il existe une internationale des partis pirates, en Suisse il en existe un depuis quelques années. Je ne vois aucune retombée, je ne comprends toujours pas leur programme ni ce qu’ils désirent faire. J’espère qu’eux-même le savent.

    Wait and see. Moi, je me tiens à l’écart de ces institutions politiques. Je suis anar, je ne vais donc pas adhérer à un parti, se prétende-t’il pirate…

    1. Qu’est-ce que ça veut dire être anarchiste aujourd’hui? Je comprend pas vraiment,je veux dire l’anarchie dépend plutôt de la volonté des autres, non? Leurs volonté de ne s’occuper que de leurs affaires (et donc pas des nôtres).Personnellement j’aimerai bien vivre dans une cabane au milieu de nul part,avoir mon propre jardin…(le problème c’est que si la cabane est trop grande il faut un permis de construire,si tu l’as pas tu te retrouve avec une pelleteuse dans/sur ta cabane, il faut payer les taxe foncière ,…)Alors à ça on peut répondre: va en Afrique, en Sibérie, la bas t’aura pas se genre de problèmes.Ouais, enfin quand on voit ce qui arrive aux Pygmées qui vivaient pénard dans la forêt…La Sibérie?Ce sera peut être une énorme mine a ciel ouvert dans 30 ans.
      On peut vivre dans l’anarchie que si tout le monde vie dans l’anarchie.On peut défendre l’anarchie,tendre vers l’anarchie, mais l’atteindre me semble très compliqué, ou nécessite de très nombreuses étapes intermédiaires.
      « soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres » ça ne marche que si tout le monde est résolu à ne plus servir, si les militaires par exemple sont toujours obéissant(donc toujours des militaires :)) on retourne tous à la case départ:servir.

      Après cette analyse n’est valable que sur ma vision de l’anarchisme, qui est, je dois l’avouer assez flou(j’ai pas lu Bakounine,je m’en excuse). J’attend avec impatience le jour où le grand Gourou YM fera un article sur l’anarchisme(pas la punk attitude qui pour moi signifie être anarchiste dans son coin,mais toujours « subir les autres »), parce que j’ai pas le temps de lire Bakounine et les autres, et que je préfère me faire mon propre avis sur les « objectifs intermédiaires ».

      1. Je vais citer Léo Ferré  » « L’anarchie, cela vient du dedans, il n’y a pas de modèle, pas de définition non plus. » Sa définition personnelle de l’anarchie était la négation de toute autorité d’où quelle vienne.

        Les lois sont l’autorité. Et l’anarchie est une utopie. Au quotidien, tu peux considérer que ta liberté cesse là où commence celle des autres.

        Les organisations et partis libertaires sont intégrés au système politique, ce sont des réformistes et non des anarchistes. Le parti des Pirates ferait mieux de se renommer Parti des Geeks, c’est plus trendy et plus représentatif de ses membres.

        1. Je pense au contraire que ma liberté s’accroit au contact de celle des autres. C’est par exemple valable pour les logiciels. Un logiciel (ou utilisateur) libre étend la liberté des autres logiciels libres, alors que les logiciels propriétaires se battent entre eux et contre tous. A mes yeux c’est une des principales divergences philosophiques entre les libertaires et les libéraux. D’ailleurs c’est du Bakounine ^^’

          Par contre parler de partis libertaires, je ne comprend pas. Il existe bien un parti pirate, aussi paradoxal que ce soit, mais de partis libertaires, à part éventuellement celui monté par un syndicaliste de la police pour une élection locale, je ne vois pas. Et heureusement ! Pour les organisations libertaires, ta généralisation sur leur réformisme me laisse perplexe. L’état des lieux n’est sans doute pas brillant comparé à d’autres époques, mais tu vas très vite en besogne. T’aurais quelques exemples ?

          J’ai du mal avec Léo Ferré, coté politique. A part une ou deux chansons explicites et quelques charabias romantiques, ça me semble très vague. Concrètement, il me semble qu’il n’a pratiquement jamais rien fait(à défaut de résister à vichy, a-t-il mis les pieds dans une manif en 68 ?). Et ça reste un faire-valoir de l’industrie musicale, qui s’est d’ailleurs payé une île grâce à cela.

          Bien d’accord sinon pour renommer le PP en Parti des Geeks. Ce serait toujours aussi répugnant, mais l’escroquerie serait moins flagrante. Quand on défend l’horizontalité organisationnelle, on ne candidate pas à une organisation verticale. Et les voir cautionner la grosse commission de Lescure pour se donner de l’importance et une certaine couverture médiatique, c’est juste pathétique. Des politiciens quoi…

  7. euh … le PPfr, ça me fait penser au modem (dans les régions), les militants sont souvent sympas et pas cons …

    mais …
    comme dirait ma grand mêre, à force de faire le grand écart entre libertarisme et care, on finit par s’empaler sur la bite d’amarrage …

  8. Pourquoi l’ensemble de l’interview me laisse un amer goût d’aveuglement politique ?

    La puissance de l’idée des Partis Pirates c’est qu’ils étaient hors du système : organisés horizontalement, non-représentés dans les instances et iconoclastes. En terme Marxistes et Weberiens (désolé pour les allergiques) ils étaient révolutionnaires : leur conception même allait à l’encontre des codes.

    Et après quelques succès électoraux en Suède ou en Allemagne ainsi qu’une visibilité médiatique nouvelle : patatrac ! Finalement les PP passent à côtés de débats qui sont les leurs, et se prennent la tête sur « comment composer avec l’ordre établi ».

    Où est l’iconoclasme philosophico-politique dans ce dont nous parle Edouard Ducray ? Il ne s’agit ni-plus ni-moins qu’un programme politique de Démocrates, type centre gauche un peu utopiste mais pas trop. Mais certainement rien de Révolutionnaire, rien qui ne remette en cause les grands postulats (société de consommation, économie de marché, démocratie représentative, état omniprésent…) et qui gêne un tant soit peu l’ordre établi.

    On peut donc craindre que si le PPfr acquiert une importance nationale, il se range dans le consensus mou, avec seulement quelques singularités historiques. Il deviendrait alors à l’idée Pirate ce que les Verts sont devenus à l’écologie.

    Pas un coup de pied la fourmilière de l’oligarchie capitaliste en somme.

    1. Cet avis m’intéresse mais je m’interroge sur plusieurs points :
      – comment accéder à la représentativité sans composer à minima avec l’ordre établi? Par contre si le but est la révolution alors elle ne passe pas par les urnes et un parti politique mais par les mouvements des indignés ou des anonymous.

      – par contre pour l’organisation horizontale, la décentralisation ( je mets ça en // avec le non représenté pas des instances) et le côté iconoclaste, j’aimerais que vous développiez des arguments… pour moi le PPfr est LE parti politique qui réunit ces trois qualificatifs.

      – idem le sujet du jour n’était pas une dissertation sur la remise en cause ou non des grands postulats que vous évoquez, mais je vous invite à en discuter plus précisément par ailleurs si vous le souhaitez.
      Dans mon esprit il faudra commencer par mettre fin à l’oligarchie actuelle et les relations incestueuses politico-financières et ceci ne se fera pas d’un coup de cuillère à pot!

      ED

      1. Point de vue intéressant.

        J’ai envie de répondre: les pirates croient la démocratie, ce qui est déjà révolutionnaire quand on compare aux autres partis pour qui gouvernement représentatif = démocratie.

    2. C est sur que si le PP a du succes, il va attirer les duflot et autre Placé
      Par contre si quelque unes de ses idees percent, ca sera toujours ca
      En outre, si vous trahissez toute vos idees, vous allez vous retrouver sans electeurs (et donc a terme sans mandats). C est surement ce qui va arriver aux verts, qui ont vendu l ecologie pour quelques ministeres

      PS: vous etes bien oblige de composer si vous voulez diriger. Sinon ca s appelle une dictature, et la on entre dans un tout autre domaine

  9. J’ai effectivement arrêté mon adhésion au PPfr quand je me suis fait traité de con pathétique parce que je ne soutenais pas les idées de Marine Lepen.

    Je ne pense plus que le PP puisse apporter quoique ce soit d’intéressant dans le débat politique, en tous cas pas tel qu’il existe aujourd’hui.

  10. Moi aussi, ils m’ont d’ailleurs trainé dans la boue après m’avoir forcée à me faire graver sur le clito une mini croix gammée, j’ai été choquée !

    Nan sérieux, jolie tentative de manipulation Sioukev, pas crédible pour un sou, dommage :/

  11. Par conséquent, si vous êtes à la recherche du meilleur vpn gratuit, nous n’avons rien à vous proposer. Par contre si vous avez envie de lire des tests de vpn orientés vers ces types, et bien nous en avons aussi dans notre catégorie

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