"On ne fonde pas la citoyenneté sur l'inutilité sociale"

Laurent Bonelli est sociologue (université de Paris X – Nanterre). Membre du centre d’études sur les conflits (www.conflits.org) et codirecteur de l’ouvrage La Machine à punir. Pratiques et discours sécuritaires, L’Esprit frappeur, Paris, 2004. Reflets
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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

8 thoughts on “"On ne fonde pas la citoyenneté sur l'inutilité sociale"”

  1. « Les jeunes, particulièrement les garçons, qui vivent dans ces quartiers ont un fort sentiment d’insécurité lorsqu’ils en sortent. La violence du regard de l’autre, du jugement sur leurs attitudes, le manière d’être ou de se mouvoir est l’une des manifestation les plus claire de la domination symbolique qui s’exerce sur eux. »

    En d’autres termes: les jeunes seraient victimes de la violence qu’ils participent à exercer?

    C’est bien fait.

  2. « La violence physique l’emporte de manière immédiate, mais sur le long terme, c’est l’autre qui gagne symboliquement. »

    Sur symboliquemenent < je tique.

    Je vis dans un quartier qui est devenu plus calme au fil des années.
    Il y a quelques années, la violence était visible, palpable, ressentie.
    Le commissariat de quartier a été fermé. On ne voit plus beaucoup les cars de crs.

    Etrangement, je me sens bien plus en sécurité dans mon quartier.

    Il y a un marché de la drogue très bien structuré et organisé qui tourne à plein régime. Pour que cette entreprise parallèle fonctionne encore mieux, la violence visible n'est pas souhaitée par ces dirigeants.

    « Mets un casque sur ton scooter ! » < ce n'est pas un policier qui parle mais un dirigeant d'entreprise et le salarié exécute illico…

    « On a eu pour consigne de lever le pied sur la drogue » < là c'est un policier qui parle.

    La paix sociale est assurée par les deux côtés…
    La violence n'est en effet plus visible…

  3. L’avenir ?
    La jeunesse sans qualification n’a pas attendu qu’on lui fasse une place (voulait-on d’ailleurs lui en faire une ?)

    La place où elle est. Elle l’occupe et y a développé des activités très lucratives. Elle a même su développer son marché via les infrastructures locales mises en place.

    A titre d’exemple :
    Une salle de concert a été ouverte dans mon quartier (très bonne programmation musicale d’ailleurs).
    Qui va au concerts ?
    Des jeunes du quartier ? Oh non ! (très minoritaires)
    Le public vient de loin et s’approvisionne avant et après…
    Ces « touristes » de passage m’ont parfois demandé où on pouvait trouver…
    Faudrait que je fasse un prospectus ! :)
    Peut-être qu’à l’avenir, cela sera fait directement par l’office du tourisme.

    L’avenir ?
    La jeunesse sans qualification est assez bien qualifiée pour comprendre que c’était à elle-même de trouver son utilité sociale… :)

  4. Allez encore un post. Je le sens ce sujet :)

    Ne nous inquiétons pas pour la jeunesse sans qualification.
    Elle se débrouille depuis un moment déjà.
    Elle trouve son utilité sociale.

    Quid de la jeunesse avec qualifcation par contre ?
    Elle est de plus en plus nombreuse, de plus en plus qualifiée.
    Elle, peut-être, croyait qu’on lui laisserait une place.

    Celle-là de jeunesse, elle risque d’être bien violente le jour où elle aura goûté au sang.

    Alors, là-haut, ils ont prévu l’assitanat pour s’assurer qu’elle ne morde pas ses maîtres.

    Me font rire ceux qui pestent contre les alloc’, le rsa, contre les fainénants etc.

    Jamais les maîtres ne retireront l’assistanat.
    Ils savent bien que les conséquences seraient terribles.
    Bien sûr, ils rognent par ci par là, mais sans y aller trop fort.
    S’ils prenaient des décisions radicales, genre « on stoppe complètement le rsa », ils se prendrait une violence radicale en pleine tronche.

    Pas cher payé pour une paix sociale.
    Franchement, sont forts là-haut.

  5. Et un dernier pour la route.

    La fête de mon quartier !

    Dans mon quartier, tous les ans, est organisé une fête.

    Une année, je vais à une réunion d’organisation de la fête.
    (j’étais membre d’une assoc sportive qui participait).

    Réunion : une vingtaine de personnes.

    A un moment, celle qui dirige la réunion pose cette question :
    « Pourriez-vous lever la main ceux qui sont habitants du quartier ? »

    Et là… Je tends le bras, pensant que d’autres bras seraient aussi levés… Ben me suis senti con…
    J’étais le seul !

    Tout le monde me regardait d’un air genre « Eh beh mon pauvre… »

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