Ogm ou la science contre la démocratie (Jean-Pierre Berlan)

Jean-Pierre Berlan, ex-directeur de recherche à l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) analyse l’affaire des conclusions de la recherche de Gilles Seralini sur un OGM, le maïs NK603. Jean-Pierre Berlan ne tente pas de battre en
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20 thoughts on “Ogm ou la science contre la démocratie (Jean-Pierre Berlan)”

  1. Pourquoi mettre « ex-Directeur de Recherche Inra » et non « actuel membre du conseil scientifique d’ATTAC » ? Est-ce dans le but d’avoir un argument d’autorité (… « d’expert ») sur la question des OGM ?

    Sinon, plutôt qu’un copier-coller d’un pavé publié ailleurs, je suis sûr qu’on aurait tous plus apprécié un lien et une analyse critique de la part de Yovan ! Un travail journalistique, en quelque sorte, et pas juste la transformation de reflets.info en une liste de diffusion.

  2. 2 choses :
    1/y en a bien un qui va t’objecter que Jean Pierre Berlan cause d’un truc qu’il connait pas, le monsieur étant économiste et non généticien …
    2/ on dit pas « start-up » on dit geonpi !

    quand à l’état de l’illusion démocratique , comment dire …

    1. L’apport essentiel (à mon sens au moins) du travail de Berlan est justement de sortir un peu du débat ogm-santé-alimentation-éthique(on modifie le vivant etc) pour entrer dans le modèle économique des ogm. Qui comprend par exemple le brevetage et le monopole des semences et qui accroît la dépendance des agriculteurs vis à vis des semenciers.

  3. Je trouve que le titre est mal choisi. Séralini est lui aussi un scientifique.

    D’après ce que j’ai pu lire, son étude a un problème de méthodologie statistique (population étudiée trop faible pour être statistiquement valable).

    Cela permet-il de rejeter totalement ce travail, en particulier la question de la durée des études menées habituellement (3 mois seulement) ?
    Je ne pense pas. Le fait que le résultat ne soit pas probant (faiblesse statistique) ne signifie pas que l’hypothèse de départ (ie. les études ménée habituellement sont trop courtes dans le temps) soit fausse.

    Je viens de lire l’avis commun des Académies nationales d’Agriculture, de médecine, etc.
    http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/avis1012.pdf

    Elles rappellent certe la faiblesse méthodologique de l’article de Seralini, ce qui est normal, mais pas que…

    Dans cet avis on lit aussi :
    « Il serait particulièrement dangereux d’évoquer une nécessité éventuelle d’expériences à long terme à l’occasion de cet article car l’impression serait donnée que les résultats présentés par G.E. Séralini ont une valeur suffisante pour justifier une inquiétude du public, avec tous les dégâts que cela peut avoir en France et dans le monde. »

    WTF ???

    Depuis quand doit-on refuser de se poser des questions de méthodologie scientifique pour ne pas inquiéter le public au nom d’intérêts de technosciences ?

    Le meilleur moyen de rassurer ledit public ne serait-il pas au contraire de développer et de financer un programme de recherche public digne de ce nom ?

    Si le travail de Séralini présente des faiblesses, il n’est pas le seul !

    1. Le problème avec tous les experts et scientifiques, agences européennes et française sur la sécurité alimentaire, c’est que un certain nombre a des intérêts avec le milieu OGM, direct ou indirect.

      Le Canard Enchaîné avait publié un papier justement sur les conflits d’intérêts des détracteurs de Séralini.

      L’autre souci est que toutes les « études » faites par les industriels des OGM sont couvertes par le secret industriel, donc difficilement contradictoires.

  4. Un véritable ascenseur émotionnel cet article !

    « Chouette, Reflets analyse le papier de Seralini! »
    « Merde, c’est Yovan Menkevick qui écrit… »
    « En fait, c’est pas si mal! »
    « Ah, en fait c’est pas de Yovan, s’pour ça… »

    Sinon, comme le dit mon collègue « plip plap plop », une analyse des « Data » eût-été plus intéressante.

    Si quelqu’un a le bagage scientifique pour nous analyser ça… c’est par là : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691512005637 !

    1. Je n’ai pas qualité pour évaluer le fond du travail de Seralini et al.

      Cependant je peux te dire qu’il souffre effectivement d’un important biais statistique (problème de méthode donc).
      Si ce biais invalide ses conclusions (preuve insuffisante), il ne remet en cause ni sa problématique, ni ses hypothèses.

      Le nombre d’animaux utilisé est beaucoup trop faible. 200 rats au total répartis en 10 groupes, c’est nettement insuffisant pour que cela soit statistiquement valable.
      A titre de comparaison, une étude parue en 2006 dans Environmental Health Perpective qui montrait le risque cancerigène à long terme de l’aspartame sur le rat portait sur 1800 rats. Les animaux utilisés étaient aussi des rats Sprague-Dawley comme ceux de Seralini.

      Ce qui signifie au passage que le reproche fait à Séralini d’avoir utilisé une souche de rats trop fragile est infondé.

      Environmental Health Perpective a un impact factor de 7, ce qui est très haut.

  5. Bonjour
    [ je reposte ce message puisqu’il semble ne pas être pris en compte ]

    Pour qui aimerais trouver de la matière à réflexion il n’est pas inutile de chercher des données, premiers arguments permettant de construire une réflexion sur l’historique de ce qui nous mène ici ( article OGM … donc et/ou parce que : maîtrise du territoire et de sa production alimentaire )

    Pour faire simple ( un dimanche soir quand même )

    https: //fr.wikipedia.org/wiki/Gracques

    https: //fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%AAcheux
    https: //fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_enclosures

    de : Pierre Clastres
    La Société contre l’État. Recherches d »anthropologie politique ( ed de Minuit, 1974).
    ( réédité en 2011 )

    http: //variations.revues.org/202

    On peu lire ces quelques pages, après il faut creuser le filon, en faire la critique, construire son jardin et parfois « se la donner » avec les chiens de garde …

    Sinon juste pour les OGM http: //www.infogm.org/

    Cordialement
    Eric Hénunc

  6. Kokopelli strikes back !!!

    Ca fait plaisir de lire ce texte qui pointe du doigts des problématiques majeurs de l’industrie agroalimentaire (et son consort agrochimique) en le liant à l’écueil principal du paradigme scientiste souligné en leur temps par Popper et dans une certaine mesure par Kuhn, pour ne citer qu’eux, à savoir qu’un objet est vrai/bon/inoffensif tant que l’on n’a pas démontré le contraire. Le principe de précaution n’existe pas, pire, il est évacué car représente un surcout et un risque (si un produit n’est pas vendu, toutes les recherches le préfigurant ont été financées à perte).

    Dans le domaine scientifique, prouver la dangerosité d’un produit agroalimentaire, pharmaceutique, etc… est synonyme de « vous ne passez pas par la case départ, vous ne touchez pas 20000F, vous allez directement au placard et vous y resterez! ». Il y avait même eut un documentaire diffusé par LCP il y a quelques années qui montraient ce qui arrivait à ces scientifiques qui n’ont pas oublié le sens du mot éthique à travers une étude de cas concret, Dossier Cassandre: Les Lanceurs d’Alerte.
    Car ces empêcheurs de rentabiliser en rond le payent souvent très cher:
    http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n379a1.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Lanceur_d%27alerte
    http://www.rue89.com/2009/02/21/les-lanceurs-dalerte-sont-ils-en-danger

    L’avis commun des académies nationales
    d’Agriculture, de Médecine, de Pharmacie, des Sciences, des Technologies, et Vétérinaire est on ne peut plus éclairant sur ces problèmes. Ils reprochent clairement à Séralini de ne pas avoir en premier lieu avertit les autorités sanitaires afin d’avoir leur autorisation (ironie quand tu nous tiens…) pour publier dans les mass media et aussi de risquer d’impacter sur la santé économique de plusieurs secteurs industriels. Comme l’a si bien dit Jane8re dans un comment ci dessus: WTF !

    En pointant du doigt la dangerosité des OGM (quelle surprise), l’équipe de Séralini pointe du doigt dans le meilleur de cas le manque de sérieux des autorités sanitaires et des labos embauchés pour réaliser les dits tests d’innocuité, et dans le pire des cas, la partialité des autorités et des labos embauchés. Forcément, ça n’allait pas en rester là… leur seul moyen de conserver un semblant de « sérieux » est de descendre Séralini car personne ne veut être le perdant à ce fabuleux jeu de la balle chaude…A ce moment là, il n’est plus juste question (ne nous leurrons pas, pas plus qu’il ne l’a été précédemment) d’autorité scientifique objective mais de conserver son poste et sa crédibilité scientifique.
    Et ce d’autant plus que Séralini a accusé bon nombres de scientifiques (ainsi que le souligne l’Avis Commun des académies nationales) d’être partiaux (pour rester poli)…du coup, c’est la guerre.
    Attention, mes remarques ne concernent que le contexte d’énonciation des travaux de Séralini et de son équipe et non des travaux en eux même.

    Ce qu’il y a d’intéressant la dedans vient aussi de la préfiguration des luttes qui opposeront les scientifiques indépendants de la génération actuelle du DIY aux scientifiques « industriels »
    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2012/10/19/lessor-de-la-biologie-a-faire-soi-meme/

    Quand à Kokopelli, ils ont déjà payé par le passé leur volonté d’aider les agriculteurs démunis (crevant la dalle) en distribuant des semences dont certaines peuvent se passer du soutien de l’agrochimie. Et oui, aider les nécessiteux du tiers monde à ne plus se faire enfler par des semenciers ne vendant que des graines ogm qu’il faut racheter l’année d’après, c’est dangereux…du coup ils se sont fait descendre pour concurrence déloyale, officiellement…si mes souvenirs sont bons, les comptes non seulement de l’asso mais aussi de son directeur ont été bloqué dès le début de l’instruction. It s a nouveau world.
    http://blogs.mediapart.fr/blog/jjmu/290812/condamnation-de-kokopelli-rene-balme-s-adresse-au-president-de-la-republique-e
    http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/09/04/graines-rares-et-anciennes-de-kokopelli-une-asso-condamnee-la-biodiversite

    Aussi, reproduire un texte de Berlan faisant mention de Kokopelli est un acte politique, pas juste du copier coller vu que Reflets n’est pas un agrégateur, cad qu’ils assument.
    Je plussoie.
    Cordialement,
    Flo(w)

    1. « Attention, mes remarques ne concernent que le contexte d’énonciation des travaux de Séralini et de son équipe et non des travaux en eux même. »

      => et je reste un peu sur ma faim, du coup :)
      Ceci dit, je pense que tout le monde est d’accord pour dire que le climat autour de la recherche sur les OGM est absurde et anti-scientifique au possible. Il est incroyable que les (bons) scientifiques n’aient pas les moyens de faire des recherches (sérieuses). Je pense en particulier aux difficultés pour obtenir des souches OGM… En ce sens, la médiatisation savamment orchestrée par Seralini est réussie.

      « Aussi, reproduire un texte de Berlan faisant mention de Kokopelli est un acte politique, pas juste du copier coller vu que Reflets n’est pas un agrégateur, cad qu’ils assument. »

      => encore faut-il revendiquer et le justifier explicitement ! Ici, la justification tient en un titre ahurissant (« OGM ou la science contre la démocratie »… seriously ?) et en un paragraphe absurde (« l’affaire des conclusions » ??)…

      1. Quand je parlais d’acte politique, j’utilisais le terme politique au sens large de « politikos » (organisation de la cité en dehors de toute relation avec des quelconques partis politiques en place, en dehors des relations avec des quelconques personnes dites de pouvoir). Le fait d’avoir mis des liens traitant en partie des « actions » de certaines personnalités politiques pouvaient laisser penser le contraire, mea culpa. Mes explications tendaient à s’appuyer sur les informations en elle même et non sur leurs liens avec les personnalités politiques gravitant autour de manière certainement intéressée.

        Concernant le contexte d’énonciation des travaux de Séralini, j’ai souligné cet état de fait car c’est précisément là que le bas blesse et qui occasionne non seulement tout un tapage médiatique à propos d’une simple étude mais surtout met en relief le manque de sérieux et d’impartialité scientifique des agences sanitaires aux vues de la faiblesse argumentaire du rapport des académies.
        Aussi, dans un premier temps et de manière extrême, peu importe le contenu de l’étude, ce qui compte est la faiblesse argumentaire du rapport des académies et des agences sanitaires, là on se trouve face à un problème préoccupant désormais visible et compréhensible par tout un chacun.
        Dans un second temps, on ne peut manquer de voir que cette faiblesse est liée aux faiblesse de leurs études destinées à « prouver » l’innocuité des OGM avant leur mise sur le marché. En effet, se dire que Séralini et son équipe n’ont pas poussé leur étude sur suffisamment de cobayes est justifié mais ce qui devient effrayant c’est lorsque l’on voit que les études attestant l’innocuité des OGM par les agences sanitaires -et les labos employés pour- se font sur encore moins de cobayes, durant moins de temps et avec moins de tests (et les tests des research chemicals pharmaceutiques sur cobayes humains sont tout aussi limités, cf Forenap, Biotrial,…). D’où mon insistance sur le contexte d’énonciation.

        Après, il est vrai que le titre fait l’effet d’une bombe et que l’on souhaiterait une explication de l’auteur, mais bon, on en veut toujours plus(i need moar). Berlean semble s’appuyer implicitement sur ses textes précédents (dont je n’ai lu qu’une infime partie, je ne peux donc me prononcer « sérieusement » la dessus) pour justifier son titre. L’intertextualité trouve donc ici ses limites. Mais il est vrai que ce qui est arrivé à Kokopelli est anormal, cependant à user des artifices marketings de « leurs détracteurs en services commandés », ils risquent aussi de perdre en crédibilité, ce qui en ces temps de vache maigre fait cruellement défaut, mais ont ils le choix? Je n’ai sincèrement pas la réponse à cette question pour le moment.

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