Nous vous scrutons, bien que ce ne soit pas vous la cible

Comment repérer des criminels dans une foule, sans scruter la foule ? Comment connaître les habitudes des terroristes sans connaître celles des non-terroristes ? Comment établir des profils type, sans les comparer à un ensemble
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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d’autres médias. Ni « désengagé » ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

6 thoughts on “Nous vous scrutons, bien que ce ne soit pas vous la cible”

  1. Je commencerai par quelque chose qui n’a rien à voir : Ouf, me voilà rassuré, la rareté des articles de Reflets de ces derniers temps était juste due à la période estivale (vivant dans un pays émergent, j’ai tendance à oublier la notion de vacances).

    Salut Drapher,

    Le fossé est en train de se creuser entre les « citoyens lambda », ou plus exactement ceux qui choisissent de rentrer dans ce moule, et la petite minorité – mais grandissante – des citoyens du monde internet.
    Détail assez rigolo, la petite minorité est celle sur laquelle ils ont le moins d’information, et une qualité d’information en baisse constante car, grâce leur brillante stratégie, cette minorité est de moins en moins visible.

    J’y ajouterai que la qualité de l’information collectée, associée à la capacité et la finesse d’analyse des cadors qui traitent les montagnes d’informations dont ils disposent d’ores et déjà sont, elles aussi, absolument remarquables.

    Le message est donc à faire passer à tous ceux « qui n’ont rien à cacher ». Pour une machine qui tourne avec un algo foireux et des fonctionnaires décérébrés, ce détail est sans importance : être au mauvais endroit au mauvais moment, toussa.

  2. Je ne suis pas sur d’avoir compris le lien logique entre par exemple « surveillance massive » et « l’usage des big data dans la lutte contre la fraude sociale ».
    Dans ce cas particulier, quelles sont les données additionnelles injustement collectées ?
    Ma compréhension de ce système est simplement qu’ils procèdent à un recoupement automatique des données qu’ils sont en droit de posséder (et ils ont évidemment également le droit de faire ce recoupement). Si vous recevez de l’argent de l’organisme X, ce n’est pas un viol de votre vie privée que l’organisme X sache que vous recevez de l’argent d’eux. Avec une telle logique, un individu qui reçoit de l’argent de l’organisme X violerait la vie privée de l’organisme X si il sait que X lui a donné de l’argent.
    Ce dont je comprends, c’est que les moyens informatiques permettent de faire quelque chose d’impossible à faire à la main, parce que ça requiert des big data. Mais ce n’est pas parce que le terme big data est employé que ça veut dire qu’il y a violation de la vie privée.
    (ensuite, évidemment, le choix de: 1) se concentrer sur la fraude sociale, 2) se concentrer sur la perte d’argent et pas sur les erreurs du service, est évidemment critiquable. Cependant, pour le dernier élément, je ne vois pas pourquoi les deux sont mis sur le même pied: le fait que l’argent que donne l’état est la correcte somme est théoriquement déjà contrôlé par l’individu qui reçoit l’argent. Pour le coup, là, le gouvernement ne fait que « se remettre à niveau »)

    Même chose pour la surveillance faciale automatique: cela ne devient de la surveillance massive que si les visages inconnus sont répertoriés et stockés, ce qui est de toutes façons illégal selon la CNIL. S’ils veulent faire cela, ils peuvent le faire tout aussi facilement en douce maintenant qu’hier. Le fait qu’il y ait un système officiel de contrôle des visages au contraire leur complique la tâche: vu qu’il est évident que cela permet dans l’absolu de conserver des données qu’ils ne devraient pas, cela pousse les organismes de contrôle à jeter un œil. Et la taille énorme des données qui doivent transiter en cas de surveillance massive risque de ne pas passer inaperçue.

    Bref, j’ai l’impression que l’article n’a pas compris les fonctionnements techniques de ce dont il parle, et a simplement réagit aux mots « big data » et « surveillance » sans chercher à comprendre ce que ces systèmes impliquaient réellement.

    1. Le fait d’être, par défaut, considéré comme un fraudeur me dérange. Il s’agit, certes, d’un point de principe mais tout de même.
      Un autre point est l’absence de réciprocité. Dans la mesure ou je dois me tarter de faire des demandes séparées (en renvoyant n fois des documents en provenance d’autres administrations) à chaque organismes, pourquoi le croisement des données ne me profiterait pas ?.
      Ensuite, ne t’en déplaise, qui fait le contrôle ? Les organismes genre CAF, CPAM… ne peuvent avoir que des accès limités ou sur demandes motivées aux autres organismes, donc le contrôle doit être effectué par un organisme tiers… Lequel ? Qui sont ses dirigeant ? Comment arrivent ils à leur postes (bon en france c’est facile, en ayant des copains en politique).
      D’où l’éternelle question quis custodiet ipsos custodes ?
      Et s’il te plais ne me répond pas « La CNIL »… Je risquerais le claquage de zygomatique !

      1. 1) « Le fait d’être, par défaut, considéré comme un fraudeur me dérange. »

        À l’heure actuelle, lorsque vous remplissez un formulaire, la légitimité de la demande est vérifiée de toutes façons localement dans l’organisme en question. En quoi est-ce différent ?
        Par ailleurs, il y a des portiques antivol dans énormément de magasins, que pensez vous de cela ?
        Oh, et surtout, ne vous impliquez pas en politique: vous serez, par défaut, considéré comme un fraudeur, un menteur, un égoïste et un idiot.

        2) « Un autre point est l’absence de réciprocité »

        C’est exact et c’est également ce que je souligne: c’est le point numéro 2 de ma parenthèse.
        Mais cet article ne parle pas de ce problème (il le mentionne, mais ce n’est pas ce qui est réellement reproché).

        3) « Ensuite, ne t’en déplaise, qui fait le contrôle ? »

        Exactement, le contrôle est fait par ceux à qui on a abandonné le contrôle. La responsabilité en revient à ceux qui prônent une défense individuelle face aux dérives: au lieu de promouvoir la création d’organisme de contrôle, ceux-ci ont dit « non, tout ce qui est lié au gouvernement ne peut être que corrompu, la solution, c’est de laisser cette corruption s’installer et de me protéger moi-même (et peu importe les autres) ».

        On peut poser la même question face à cet article: à quoi celui-ci va-t-il servir ? À informer les gens ? la belle affaire, la surveillance massive sera mise en place. Et si tu me réponds que les gens informés seront alors capables de renverser le pouvoir, alors, pourquoi ne pas faire quelque chose de 1000 fois plus facile: créer un organisme de contrôle non-foireux.

        Et au final, cela ne change rien à l’argument: dire que le traitement des big data décrits dans le cadre des recoupements entre organismes est un pas vers la surveillance de masse, c’est comme dire qu’installer linux est un pas vers devenir un dangereux hacker. C’est dans les deux cas vrai que si c’est le but qu’on veut atteindre, c’est un élément qui le facilite, mais cela n’implique pas que ce but sera forcément atteint (et s’il est, on le remarquera facilement autrement).

  3. blah … Comme dit dans l’article, constat fait depuis au moins 30 ans quand des écrivains de génies pensaient déjà notre présent. Reste alors à se demander si comme la dystopie réalisée de leurs œuvres, une autre fin est possible. Et surtout, comment. Ou bien alors il faut accepter ce monde de jeankévin et s’acharner à en profiter. D’un autre point de vue, l’ineptie des jeankévin et autre kevinette nous prépare déjà un avenir de merde à faire des gamins en sur nombre et acheter des voitures pour les emmener à l’école. Histoire de vraiment bien s’assurer que même l’air soit vicié, ce sera quand même plus joyeux pour le futur petit jeankévin de vivre avec un masque anti pollution sur la gueule H24.

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