Liban : une révolution sans dictateur ?

Image : http://www.discoverlebanon.com

Si le Liban n’a pas fait la une de nos journaux ces derniers mois, c’est que la situation politique y est très différente des autres pays de la région. Ici, point de dictateur au pouvoir depuis plus de 30 ans mais une alternance difficile entre des communautés campant sur leur positions, et s’affrontant régulièrement dans les urnes, et parfois même par les armes. Ici point de système de parti unique, dirigeant d’une main de fer  l’ensemble de la vie politique, mais un système dit « confessionnel », ou les voix de chaque communauté sont monopolisées par un ou deux grands partis (Courant du Futur représentant les sunnites, Hezbollah et Amal représentant les chiites, RPL et Phalanges Libanaises pour les chrétiens), ou chaque poste de pouvoir est réparti entre les différentes communautés ( le président doit être chrétien, le premier ministre est sunnite et le président du parlement est chiite), où chaque citoyen voit spécifié, sur sa carte d’identité, quelle est sa religion.

 

C’est ce système confessionnel qui est au centre des critiques d’une partie de la jeunesse libanaise. Sur Facebook, le groupe « Le mouvement anti-sectarisme libanais » comporte plus de 15 000 membres. Il explique :

  • Le système sectaire libanais, avec ses institutions et ses leaders, est aussi corrompu, voir pire, que les dictatures.
  • Le  système sectaire est la cause de toutes les formes de corruption financière, et a toujours été responsable des troubles politiques et sécuritaires, des divisions sociales,  du sexisme, du racisme et du classicisme.
  • Priver les libanais d’un système civil et démocratique est la cause des conflits récurrents depuis l’établissement de la nation.

Pour ces raisons, ce groupe appelle à faire tomber le régime par tous les moyens civils légitimes, et à préparer, à travers les médias sociaux et des campagnes de mobilisation, à réformer et à changer ce régime.

 

Les mobilisations contre ce système confessionnel ne sont pas récentes. Elles prennent place régulièrement, poussées par une jeunesse politisée, impliquée, dont la liberté de parole n’a pas encore été confisqué. Les révolutions tunisienne et égyptienne leurs ont donné un nouveau souffle. Car ces militants peinent à faire entendre leurs voix, dans ce pays rendu atone par les guerres successives, ébranlé par les crises politiques à répétition, divisé par des leaders jouant des clivages confessionnels pour faire avancer leurs intérêts personnels.

Une première manifestation a eu lieu le 27 mars 2011, et une deuxième a lieu demain, le mercredi 6 avril. Nous vous invitons à aller visiter les pages FaceBook de ces mouvements, notamment celle concernant la manifestation virtuelle de soutien.

 

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