Les œuvres numériques, la propriété intellectuelle et l’argent

(Dans une époque pas si lointaine que ça, des moines copistes et les représentants de l’Eglise apostolique romaine criaient au scandale : un homme osait les défier en leur retirant le monopole de l’écrit et de sa diffusion. Il venait d’inventer l’imprimerie. Le salaud. Ordure. Pourri.)

Il y a de nombreuses choses à dire au sujet des œuvres numériques : sur leur qualité,  leur diffusion, leurs supports, leur coût, leur protection, leur capacité à faire disparaître les anciens supports analogiques…ou pas. Tellement de choses à dire, que cet article ne les abordera pas toutes. Mais une chose sera abordée : la raison d’être des « objets culturels », leur vocation, leur propriété et leur prix. Dans un monde de la profusion « immatérielle », de nombreuses confusions sont entretenues, des paradoxes souvent étonnants qui, si l’on gratte un peu, révèlent des coulisses parfois peu glorieuses. D’un vieux monde pervers et monopolistique qui s’accroche pour ne pas disparaître.

Au départ est l’auteur

Oui, camarades syndiqués des filières de production audio-visuelles et de l’édition, sans auteur, il n’y a rien. Que dalle. Vos patrons buveurs de champagne et adeptes de manucures hors-de-prix peuvent retourner dépenser leurs rentes d’héritage dans des filières moins glorieuses où le cambouis tient la place du micro ou du traitement de texte. Ce qui est nommé industrie, du livre, du disque, (voire du du cinéma), repose sur un ou plusieurs auteurs. Ce sont eux qui font exister les œuvres. On ne les remplace pas . On ne forme pas des auteurs à devenir auteur, comme on peut former un comptable, un commercial ou un « manager ». Un auteur, c’est quelqu’un qui crée une « œuvre »et qui ensuite, décide ou non de la faire connaître aux autres, de la faire partager. Ses motivations ? On s’en moque : c’est son histoire. Ce qui compte, c’est l’œuvre finale. Elle peut être médiocre, simple, complexe, riche, épurée, incompréhensible, élitiste, populaire, on s’en moque aussi. Elle existe. Point barre. Parce que son auteur l’a voulu, pas plus. Mais le problème, c’est quand, dans un monde productiviste, basé sur le profit et la création artificielle de rareté (et oui, on y revient, encore une fois), la diffusion des œuvres devient un simple business qui enrichit certains, ruine d’autres, active une compétition féroce et totalement fabriquée sur le dos de ceux qui créent. Et surtout quand ces œuvres sont imposées par une industrie qui ne cherche qu’une seule et unique chose : conserver son business et le faire croître.

Un éditeur, à quoi ça sert ?

A rien. Un éditeur, c’est un écrivain frustré, un « faiseur de stars », un proxénète de la littérature ou de la musique. Pourtant, un éditeur, ça pourrait être (et parfois, rarement, ça l’est) l’équivalent d’une sage-femme, une oreille compatissante, un accueillant qui met par exemple à disposition un lieu pour que les œuvres existent. Mais ça ne serait plus un éditeur, en réalité. Ce qui est en train de se passer est justement cette chose là : la fin des éditeurs.

Ces charognards de la culture. Ces donneurs de bons et de mauvais points. Ces empêcheurs de créer en rond. Ces suceurs de sang, exploiteurs de la sueur créative. Comment peuvent-ils encore se pavaner dans leurs salons du livre moisis alors que le monde a basculé autour d’eux ? Exactement comme les promoteurs du disque : ils s’accrochent au vieux monde. Celui où les auteurs ne peuvent pas diffuser leurs œuvres sans eux. Où leur monopole, celui de l’argent qui imprime, qui grave, qui fait basculer en rayons est incontournable. Sauf que tout ça est quasiment terminé : désormais, un musicien peut enregistrer ses morceaux chez lui, les diffuser sur le réseau, comme l’écrivain, (et dans une certaine mesure, le réalisateur de films). Sans aucun intermédiaire. Directement. Lui vers le public, et personne entre. Une sacrée révolution pour celui qui a connu l’ancien monde où rien n’était possible sans une chaîne pesante d’acteurs indispensables qui se mêlaient de tout pour que la création arrive jusqu’au public.

 Un auteur, ce n’est pas un joueur de foot

C’est à peu près là où les éditeurs en sont arrivés : chercher les « nouvelles stars », les « gagneurs », ceux qui vont marquer des buts et faire progresser le club jusqu’à gagner la finale. La compét’ quoi. Et des auteurs rentrent dans le jeu : certains cherchent à écrire « le best seller de l’année », le « bon tube », et arrêtent de créer, pour fabriquer du « vendable en masse », du « que le public attend ». Comme si composer, écrire, réaliser étaient des activités commerciales équivalentes aux autres. Comme si la création culturelle était un jeu avec des règles, une compétition qui fabrique des gagnants et des perdants. Cette vision des chose est un cauchemar. Mais elle est la règle, encore aujourd’hui. Plus pour longtemps.

Alors, bien entendu il ya ceux des éditeurs qui se la jouent, vous parleront de leur recherche « du style », du « nouveau talent », d’une « œuvre originale », etc, etc…  Qui sont-ils pour savoir tout ça ? Que ce qu’ils estiment être « un nouveau talent » est vraiment  de qualité pour qu’ils nous le vendent ensuite ? Parce que tout ça se discute, et en réalité, au delà de la discussion esthétique, a-t-on envie, et besoin, de lire uniquement des « œuvres originales » avec du « style » ? Un bon vieux roman de gare, écrit avec efficacité mais sans effets de style n’a pas le droit d’exister parce que ses messieurs-dames de l’édition en ont décidé autrement ? Une nouvelle fantastique bizarre, de la fantasy sanglante, du space-opera basique, ce n’est pas bien ? Ca doit être bloqué ? Et bien oui, effectivement. Les éditeurs français refusent dans leur grande majorité de publier de la science-fiction française : ils ne veulent que traduire des auteurs anglophones. En fantasy, c’est à peu près pareil, avec quand même quelques petits éditeurs qui essayent, mais ils sont…un ou deux. Oui, il y a en France des sous-genre, des étages littéraires. Tout en haut, Proust, avec ses romans très éprouvants pour les nerfs où une phrase commence page 10 et se conclue page 17 : le génie français quoi… Et puis tout en bas des trucs qu’on réserve aux amerlocs parce qu’ils savent faire ça depuis longtemps, et au milieu, des étages de romans de littérature de tradition française, où le style est plus important que le reste, ou parfois l’inverse, mais de toute manière personne ne sait pourquoi cette littérature est la bonne, sauf les éditeurs qui nous la vendent chaque automne. La public, lui, il doit dire amen. Et s’en contenter.

Tout ça coûte très cher mon brave…

Alors bien entendu, nous en arrivons au cœur des contingences matérielles : la propriété, le coût et les rémunérations. Et là, il est nécessaire d’arrêter de hocher de la tête comme le chien articulé à l’arrière de la voiture : nous n’en avons rien à foutre du coût de production d’une œuvre. Mais alors rien du tout. Cette espèce de prétexte minable de l’investissement nous emmerde gravement. Pourquoi ? Parce qu’il est une farce. Parce que ce que personne ne force personne à sortir des bouquins ou des morceaux de musique sur des supports chers avec des emballages qui coûtent plus chers que le contenu. Le coût d’une œuvre, musique ou livre se rapproche de zéro aujourd’hui : vous n’avez pas besoin d’une secrétaire, d’un relecteur, d’un studio, de techniciens pour produire un texte ou une musique. Ce n’est qu’une fois l’œuvre créée que des coûts peuvent survenir, mais pour sa publicité et sa diffusion. Et c’est là que le réseau intervient : une plateforme pour héberger vos œuvres, un peu de « buzz » et ma foi vous pouvez tenter de proposer tout ça au public. Pour un prix dérisoire, parce que vous n’avez pas nécessité à rentrer dans vos frais, vous n’en avez pas eu. Plus de gens apprécieront, plus vous serez rémunéré. Si votre œuvre est médiocre, ne touche pas grand monde, elle ne rencontrera pas de succès. A vous de vous poser question…ou pas. Mais quelle importance ? Vous avez proposé quelque chose, le public dispose.

Sur la propriété de l’œuvre : elle vous appartient, certes, et vous la proposez à la vente, mais vous ne vous mêlez pas de ce qu’en font les gens ensuite, ce serait inélégant et sérieusement introspectif.

Si l’acheteur a envie de la filer à quelqu’un, laissez-le faire, ce quelqu’un n’aura pas payé, mais s’il apprécie, il viendra peut-être de lui-même acheter la prochaine fois. Pour soutenir celui qui crée. Vous vendez donc votre œuvre en Creative Common avec les options BY-NC-SA : vous, acheteur, pouvez le partager à condition de conserver la signature de l’auteur, de ne pas modifier l’œuvre et de n’en tirer aucun profit commercial. Voilà, tout est dit. Quand on a acheté quelque chose, on en fait ce que l’on veut (hors modifications ou business sur le dos du créateur) ! J’ai le droit de filer le bouquin à un pote, de le photocopier, de le déchirer, de le bruler, de me torcher avec de rage, je fais ce que je veux… Comme le morceau de musique. Comme le film. Et plein de gens en profiteront. Tant mieux.

Ceux qui crient au scandale pour la rémunération des auteurs oublient une chose : il y a 80 écrivains qui gagnent leur vie uniquement grâce à la vente de leurs romans en France. En touchant moins de 10% du prix de vente de leurs romans. Et ces 80 là parasitent tous les médias, et leurs bouquins, les têtes de gondole de supermarchés. Créateur d’œuvres n’est pas une profession. C’est un choix. Si ce choix vous fait gagner votre vie parce que le public est là, tant mieux pour vous. Si ce n’est pas le cas…et alors ? Soit ce que vous faites n’est pas assez bon, soit le public vous boude, soit vous avez vocation à être confidentiel. Mais tout le monde s’en fout. Si vos œuvres sortent de leur tiroir, c’est déjà bien. La question de gagner votre vie avec, est accessoire. Gagner sa vie avec des œuvres artistiques ne peut se faire sur une adhésion d’un public qui n’a rien demandé…encore moins en le forçant.

Il n’y a pas d’auto-publication ou de publication

Tous ces termes sont issus du vieux monde : celui où vous ne pouvez faire qu’une seule chose et où vous avez besoin de hordes de spécialistes pour combler ce que vous ne faites pas. Une publication est une publication. Qu’elle soit mise en œuvre par une entreprise dédié au domaine ou par vous-même, c’est une publication. Seul le résultat compte. Et aujourd’hui, nous sommes arrivés à des possibilités inconnues qui accentuent ce phénomène.

Votre home studio vous permet d’enregistrer votre musique avec une qualité équivalente aux studios professionnels, ou si ce n’est pas entièrement le cas, suffisante pour que des organisateurs de concerts écoutent vos maquettes et vous fassent jouer, si ce que vous produisez les botte. Votre bouquin est écrit, vous pouvez passer, comme le soulignait un lecteur, par la POD (Print On Demand). On peut imaginer que la première version est en numérique, et que dès qu’un montant permettant d’imprimer quelques dizaines d’exemplaires est atteint, vous publiez et proposez le bouquin en version papier. Voire, encore plus fort : chaque lecteur qui achète la version numérique peut acheter pour moins de 5 euros la version en POD, par lui-même. A termes : comme les imprimantes 3D permettront de fabriquer chez soi des objets de la vie courante, vous aurez dans votre salon une « imprimante à livres » qui imprimera et découpera les pages, la couverture et assemblera tout ça avec colle, couture etc… Vous publierez vous-même les œuvre achetées en numériques…en version papier.

Ca va un peu loi quand même…là, non ?

Bien entendu, ce discours peut être contesté sur certains points : comment savoir que les œuvres balancées par n’importe qui ne vont pas être majoritairement des daubes, alors que les éditeurs sont censés être là pour trier le bon grain de l’ivraie ? Comment faire pour que les « bonnes choses » ne soient pas surtout échangées gratuitement et que leur succès, même très important, ne puisse au final rétribuer leur créateur en conséquence ? Les réponses, provisoires seraient les suivantes : de nombreuses daubes, un maximum de daubes, sortent chaque année grâce au « travail acharné des éditeurs ». Ces éditeurs qui n’ouvrent pas 80 ou 90% des manuscrits qu’ils reçoivent, les renvoient avec les timbres que les auteurs leur ont gracieusement glissés dans l’enveloppe (sinon, ils ne les renvoient plus). Les « stars françaises de la littérature » sont des clowns qui appliquent des recettes littéraires, pour la plupart. Comme les chanteurs français. Donc, la daube n’est pas évitée grâce aux professionnels de l’édition. Il y aura simplement une profusion bien plus importante d’œuvres, avec surement plein de daubes, aussi. Le réseau s’organisera pour permettre des critiques de lecteurs, des notations, plateformes de tests des œuvres, les idées ne manqueront pas pour que tout ça s’auto-organise. Pour le bien du plus grand nombre.

Quant aux rémunérations, si l’on prend le logiciel libre, l’open-source, on se rend compte que le succès permet de nombreuses choses à ceux qui l’ont produit : qu’il soit acheté ou gratuit. Un roman ou un morceau de musique qui plaisent,  trouveront des  acheteurs, et si l’échange gratuit supplante les achats, son succès sera encore plus grand, l’auteur y trouvera des bénéfices secondaires. Et puis le public n’est pas aussi chien qu’on veut bien nous le dire : la deuxième œuvre est souvent bien plus achetée qu’une première, les gens ont envie de soutenir l’auteur. Il est possible aussi d’offrir des « plus » à ceux qui achètent l’œuvre « immatérielle » en numérique, des objets matériels, par exemple : version sur beau papier, livrets de chanson en version papier, écrits originaux en bonus…etc…

En guise de conclusion provisoire

Ce qui compte, au final, c’est que les créateurs, des plus médiocres aux plus doués puissent proposer leurs créations. C’est ainsi qu’un « éco-système culturel » se créera, écosystème qui mettra à la porte toutes les sangsues qui se goinfrent, sans talent aucun, et déterminent ce que nous devons acheter, partager ou non. Est-ce grave pour ces intermédiaires parasites ? Ma foi, à chaque révolution, des gens ont perdu. Ce sont le plus souvent ceux qui maintenaient en otage des pans entiers de la société. Et s’ils se débrouillent toujours pour revenir par la petite porte, cette fois-ci, avec les outils que la population a entre les mains, ce nest pas sûr qu’ils y parviennent tous. Tant mieux.

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58 thoughts on “Les œuvres numériques, la propriété intellectuelle et l’argent”

  1. Intéressant, mais binaire. L’auteur est une invention récente et peu crédible. Oui, il existe dans certains cas. Mais, prenez Hollywood. L’auteur n’y est pas reconnu, l’œuvre est affaire de producteur, sans lui, rien n’est possible. Pareil pour les séries que nous apprécions tant : des armées de scénaristes, qui planchent sur une bible sous les ordres d’un ou plusieurs producteurs. D’ailleurs le droit est bien plus respectueux de cette complexité que votre analyse le montre.
    Merci

    1. Il fut un temps ou le producteur s’appelait mécène.

      Et si aux Etats-Unis l’oeuvre est affaire de producteur et non d’auteur (quoiqu’il me semble que c’est plus le réalisateur qui passe à la trappe), être l’auteur d’une série / film à succès aide quand même à vendre le projet suivant parce qu’on a une visibilité auprès du public.

      Mais pour revenir au producteur, dans le monde de la création, ce mot à dérivé bien loin de son sens premier, à savoir celui qui produit, qui fabrique. Hors, les producteurs ne produisent pas grand chose et son plutôt des vendeur, le vrai producteur d’une oeuvre étant l’auteur.

      1. Vous mélangez décidément tout et n’importe quoi dans cet article et les commentaires.

        C’est bien de s’intéresser à chaque métier dans l’industrie du droit d’auteur.

        Je vais commencer à vous éclairez sur certains points :

        Selon le type de média, les métiers ne sont pas les même :
        – livre
        – musique
        – cinéma
        – télévision

        Mais en plus, les noms des métiers du cinéma entre la France et les USA sont différents et peuvent porter à confusion !

        Celui qui a de l’importance au cinéma, c’est le « directer », en français le « réalisateur » qui souvent est le metteur-en-scène : quels émotions doivent présenter les acteurs, il gère l’éclairage, le cadrage, la musique.

        Le producteur est celui qui amène l’argent. Comme souvent ils sont plusieurs pour produire un seul film, c’est un « executive producer » (producteur délégué) qui les représente. Il est chargé de surveiller le réalisateur.

        Souvent le réalisateur est l’artiste fou, alors que le producteur délégué lui rappelle que le budget est limité. Le producteur délégué s’occupe aussi de gérer toute la logistique (nourriture, électricité, studios, donner des ordres aux techniciens) ; de sorte que le réalisateur et le producteur délégué sont absolument complémentaires.

        En fin de tournage le réalisateur s’enferme avec le pauvre monteur, et ils assemblent le film. On se retrouve souvent avec deux versions : celle qui a plu aux producteurs parce qu’elle va ramasser plein de pognon, et le « director’s cut » : celle que les producteurs autorisent à sortir une fois que le film est rentabilisé et qu’ils s’en foute des miettes qui restent.

        Pour les livres, il est interdit de produire (càd financer contre cession des royalties) un livre à auteur unique. C’est la loi ! Vous pouvez produire un journal, une encyclopédie, un dictionnaire mais pas un roman !

        L’éditeur est alors charger de créer les livres à partir du manuscrit. Il fait exactement ce qu’on fait maintenant avec un éditeur de texte : mise en forme, choix de la police, numérotation des pages, indexe, correction des fautes d’orthographe. Effectivement, un éditeur sert de moins en moins car tout est devenu automatique avec l’informatique, mais avant, c’était un gros boulot !

        Les éditeurs ont aussi un rôle de sélection, car déjà physiquement, les presses ne peuvent pas imprimer tous les livres qu’on leur propose, mais aussi tout le monde ne peut pas tout lire. Accessoirement, les éditeurs donnent des avances sur royalties non remboursables aux auteurs de livre, ce qui en font aussi des producteurs déguisés.

        Mais une fois que quelqu’un a été repéré, il n’a effectivement plus aucun intérêt à rester chez un éditeur car il peut s’autoéditer. C’est le cas de Marc-Édouard Nabe. Mais vu que les prix littéraires sont totalement vérolé par les éditeurs, il n’en a pas tant que ça.

        1. Livre, musique, film, jeux vidéo, il se passe la même chose.

          Juste pour rire, dans le prix d’un livre/jeuxvidéo/film/musique, qu’elle part est rendu à l’auteur ? Lui qui a créé le bien …

          Aujourd’hui il n’est plus nécessaire d’imprimer un livre.

    2. « L’auteur n’y est pas reconnu, l’œuvre est affaire de producteur, sans lui, rien n’est possible. Pareil pour les séries que nous apprécions tant : des armées de scénaristes, qui planchent sur une bible sous les ordres d’un ou plusieurs producteurs. »

      Et ça fait un petit moment que ça dure si j’en crois les mémoires Pagnol.
      Marrant, même dans les années 30 c’était déjà comme ça : l’auteur ne sert qu’à vendre le titre de son livre/pièce de théâtre au producteur qui le confie à une armée de scénaristes (qui n’ont jamais écrit de livres ni de pièces) qui vont couper/rectifier/arranger l’oeuvre selon des critères commerciaux bien précis, jusqu’à la rendre méconnaissable.
      Encore ces scénaristes sont-ils en bas de l’échelle, les caméramans, les preneurs de sons ont beaucoup plus d’importance. Et tout en haut les vedettes, indispensables, et les producteurs.

  2. Effectivement, sans auteur pas d’oeuvre.
    Et sans auteurs désireux d’être diffusés par l’industrie de la culture pas de majors.
    Reste à trouver ces auteurs désintéressés dans un monde d’égo et d’individualisme.
    Les outils sont disponibles mais le chemin est long.

    1. Il faut peut être aussi commencer à faire le tri entre les artistes qui créent parce qu’ils ont un besoin viscéral de sortir des choses d’eux même sous une forme ou une autre (écriture, musique, peinture, …) et les « stars » qu’on nous crache a la gueule a longueur de journée, et qui n’ont d’artistes que le nom que leur prêtes les média. Et l’envie générée par ces « stars » engendre une floppée de candidats a la « star ac » qui seront les « artistes » jetables de demain.

      Personnellement je pense que le salaire de certains acteurs/chanteurs/etc… est aussi indécent et injustifié que celui d’un trader ou d’un grand patron (a fortiori dans la musique par exemple lorsqu’il s’agit juste d’un interprète).

  3. Coup de gueule très intéressant mais souvent excessif (je trouve). On sent une grosse frustration voire un vieux fond d’aigreur rampant.
    De mon point de vue, trop de radicalité tue la radicalité. Il y a quand même de très bon livres édités, de très bons nouveaux auteurs repérés par le « vieux monde » ou ces « intermédiaires parasites », y compris par les grosses maisons. Après, qu’il y ait beaucoup de soupe, du commercial, du copinage, oui c’est indéniable. Et alors? C’est le cas dans tous les domaines. Les gens sont assez intelligents pour faire le tri, pour se fier au vrai bouche à oreille.
    Comme disait Coluche: « Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’en achètent pas pour qu’ils arrêtent d’en vendre ». Tout est dit.
    Quant au nouveau monde il peut aussi très bien coexister avec l’ancien, non?

    1. A propos de la citation de Coluche, je vous encourage a vous renseigner sur le très sérieux neuromarketing, qui formatte le subconscient pour déconnecter l’acte d’achat de la raison pour le confier entièrement au subconscient et à l’affectif

        1. Non, le neuromarketing c’est l’application des avancées de la neuroscience au marketing, précisément. µScience inexistante du temps de Bernays, à moins qu’il ait fait, tel M Jourdain, du neuromarketing sans le savoir…

          1. La neuroscience, c’est l’étude des neurones et des du système nerveux.

            La psychologie est l’étude du comportement humain.

            La sociologie est l’étude du comportement des groupes d’humains.

            Personne n’a réussi à modéliser le comportement d’un humain à partir du comportement d’un neurone, tout comme on ne peut pas modéliser le comportement d’un groupe (d’humains, de fourmis ou d’abeilles) à partir d’un seul individu.

            Tous ceux qui t’affirment le contraire sont des markéteux menteurs de profession qui te vend son métier…

            Savoir comment est faite une brique ne fait pas de toi un architecte, et vice-versa.

          2. Euh, vouze, merci pour ces
            Lapalissades, mais tu digresses, là. Je dis juste que le neuromarketing, c’est l’application des découvertes récentes en neurosciences (notamment sur la « carthographie » du cerveau) au niveau du marketing. Il y a d’importants budgets de recherche pour ça (on étudie notamment les zones du cerveau qui réagissent à l’apparition du « message » via IRM, etc…).
            C’est une approche basée sur les « sciences dures », contrairement à la psychologie sociale à la papa Bernays…

  4. « On sent une grosse frustration voire un vieux fond d’aigreur rampant. »

    Vous sentez mal Olivier. J’ai été publié, j’ai été enregistré, même diffusé. Je n’ai aucune frustration ou aigreur : je pousse simplement un peu le bouchon pour bien faire comprendre que se contenter du système actuel est grave. Que les ACTA et autres autorités de verrouillage des droits d’auteur sont juste une conséquence de ce fonctionnement pyramidal. La culture n’est pas une marchandise. Défendre cet état de fait est possible, vous le faites. Moi, non.

    « Après, qu’il y ait beaucoup de soupe, du commercial, du copinage, oui c’est indéniable. Et alors? C’est le cas dans tous les domaines.  »

    Ah…donc on doit laisser ça en l’état, ne rien en dire ? Il y a des dictatures un peu partout, après tout, at alors ? C’est comme ça…

    « Les gens sont assez intelligents pour faire le tri, pour se fier au vrai bouche à oreille. »

    Le problème ne se situe pas à ce niveau là : quand une industrie capture un champ artistique, c’est simplement un pan très important de la création qui est mis sur la touche. Le bouche à oreille et l’intelligence ne servent alors à rien.

    Le nouveau va certainement co-exister avec l’ancien. Mais l’ancien doit arrêter de faire obstruction. S’adapter, s’ouvrir. Ne pas tenter d’étouffer le nouveau surtout. Ce qu’il fait pour l’instant.

    1. Tout est expliqué dans « Long Tail » et « Free » de Chris Anderson. Avant les libraires avaient des tailles d’étagères limitées. Maintenant Amazon propose tout mais vraiment tout sans exception.

      En anglais ça s’appelle les « Gate Keepers » : autant dans une radio, il est justifié qu’il y ait un directeur de la programmation, car le temps d’antenne est limité. Mais sur Deezer ou Spotify, chacun devient son propre directeur de programmation de sa play-list qu’il peut rendre public.

      Tu veux publier ton livre ? Pas de problème, va sur http://www.lepublieur.com/ . Mais il ne va pas faire ta promo, après, contrairement à un éditeur historique qui va s’occuper de la promotion, parce qu’il a avancé de l’argent et qu’il ne t’a pas choisi au hasard.

      Même Chris Anderson le dit : la valeur ne sera pas uniquement dans l’information elle-même mais dans la sélection de cette information.

      Trop de choix tue l’envie de découvrir. On aime bien avoir le choix mais pas une infinité de choix.

  5. @ Olivier : Oui mais trop de trop de tue-le tue le trop de tue-le.

    A propos de cette citation de Coluche, certes, mais la loi du marché est là : l’offre créé la demande, si les gens décidaient consciemment de ce qu’ils achètent cela se saurait. Olivier tu sembles avoir encore foi dans l’humanité : « Les gens sont assez intelligents pour faire le tri, pour se fier au vrai bouche à oreille. » Tout le monde, tu le crois vraiment ? Qui est aussi conscient que toi ? Je vais utiliser un poncif, mais songes un instant à la Caverne : Si nous ne voyons que de l’artificiel, le jour où le vrai se présentera à nous, saurons-nous le reconnaître?

    Certes encore il y a de bonnes publications parmi le flot d’ordure que nous nous prennons à chaque rentrée, et lorsqu’on interroge les blocs éditoriaux, ils se défendent ainsi : « c’est parce que nous publions beaucoup de déchets populistes que nous pouvons encore publier de bons romans qui ne nous font pas gagner d’argent. » Ce qu’on oublie c’est que ces grands groupes éditoriaux dépendent d’actionnaires qui s’en foutent royalement de la culture, parce que ça rapporte moins que le pétrole, la revente d’armes interdites par la convention de Genève aux colonies et à leurs dissidents, ou la spéculation sur le tweet du chibre séché de Michael Jackson.

    Et pour répondre @ muscadet : « Les outils sont disponibles mais le chemin est long » et semé d’embuches, tout comme la marche du vertueux. Regardons les efforts de François Bon, et le récent cas de sa publication numérique de sa traduction personnelle de Le vieil homme et la mer. Les lois servent à défendre ceux qui sont en place(comment, je fais des pléonasmes?), et l’évolution est permise à ceux-ci, pas à quelques électrons libres.

    Si le propos vous intéresse voici un ouvrage édité chez l’une de nos maisons d’édition les moins aimées de notre beau pays : La trahison des éditeurs, Thierry
    Discepolo, Agone Edition 15 euros 30.

    Cela dit, force est de reconnaître que le phénomène d’auto-édition, parce qu’il faut bien nommer la chose, connaît un réel essort aux Etats-Unis et qu’il commence à percer sur le vieux continent. Ainsi tous les maillons intermédiaires de la chaîne du livre disparaissent, il ne reste plus que les extrémités, le créateur et le récepteur, avec éventuellement un serveur permettant de faire le lien entre les deux.

    p.s. @ Yovan Menkevick : « J’ai le droit de filer le bouquin à un pote, de le photocopier, de le déchirer, de le bruler, de me torcher avec de rage, je fais ce que je veux » De le photocopier si c’est à usage personnel oui, mais pour le reste il faudrait que je me refarcisse le code de la propriété intellectuelle parce que j’ai un doute quant au droit de destruction. Dans l’absolu de la loi évidemment, en pratique c’est différent.

    1. Je crois que tu fais ce que tu veux du support d’une oeuvre il me semble. En gros si tu veux bruler un bouquin tu peux.

      Il me semble que le cas est différent lorsque c’est un original, dans le cas d’une peinture par exemple.

      Acheter une peinture ne te donne pas tous les droit dessus. Si j’ai bien compris, tu peux acheter un tableau d’un artiste pour l’afficher sur ta cheminée, mais pas le brûler. Par contre un reproduction du tableau, aucun problèmes.

      ps : ça y est, trouvé chez eolas :

      « Autre cas plus complexe : une œuvre plastique, comme un tableau. La particularité est qu’il y a ici une matérialisation de l’œuvre sur un support dont elle ne peut être détachée, ce qui crée un original unique. Il y a cumul de propriété classique et de propriété littéraire et artistique. L’artiste va céder le support de l’œuvre, mais cela n’inclut pas nécessairement le droit de reproduire l’œuvre (en distribuer à la vente des cartes postales par exemple) ni le droit de représentation. Si j’achète une toile de Juan Romano Choucalescu, je peux l’accrocher dans mon salon, et l’admirer dans mon cercle de famille à loisir. Mais pour l’exposer dans un musée, il faut l’autorisation de l’auteur, qui peut soumettre cette autorisation à une rémunération (et connaissant Choucalescu, il le fera). Enfin, si pris d’un moment de rage, je détruis cette œuvre, je pourrais être poursuivi par Choucalescu pour atteinte à son droit moral[1]. »

      1. Cependant à l’époque de la reproductibilité technique de l’art, cf. Benjamin, de l’oeuvre ne s’émane plus son aura si particulière
        due à son unicité, elle n’est plus hic et nunc puisqu’elle est partout tout le temps (!). Donc, techniquement, faire caca sur un Warhol ou sur un Juan Romano Choucalescu,
        c’est égal ; en plus, cela créé un comique de répétition, et cela doit même rajouter de la valeur à l’oeuvre. (Mais Choucalescu est déjà sur-coté).

    2. J’ai des ouvrages en photocopies intégrales : ils étaient trop chers à l’époque pour que je me les paye. Un pote phocopilleur m’en filait aussi. Photocopier, c’est bien : on garde l’original et on file l’exemplaire copié à un pote. Quant au droit, faudrait lâcher un peu les gens deux minutes, on ne va pas mettre des flics qui surveillent ce qu’on fait de nos bouquins quand même ? Si ? Mince alors…

    3. « l’offre créé la demande » : ce n’est pas la « loi du marché » mais c’est Jean-Baptiste Say qui l’a dit.

      Mais Keynes affirme lui que sous certaines conditions, notamment lors des crises et d’avenir incertain, les acteurs économiques peuvent être amenés à préférer garder leur argent que d’acheter quoique ce soit.

  6. « On ne forme pas des auteurs à devenir auteur, comme on peut former un comptable, un commercial ou un « manager ». »

    Bien que ce soit vrai dans l’absolu malheureusement dans les faits ça ne l’est pas. La preuve, les tubes de l’été jetables et autre starlette ou boys band préfabriqués, les romans de type harlequins, etc… qui sont l’oeuvre de cahier des charges précis et qui ne nécessite ni talent ni fibre artistique de la part de « l’auteur ». Alors on peut arguer sur la qualité artistique de ces oeuvres mais on ne peut nier qu’elles sont largement diffusées et représentent une part de marché importante (malheureusement il se vendra plus de compil dance floor remix 2012 cet été que du dernier live de Ludovico Einaudi par exemple)

    « Les éditeurs français refusent dans leur grande majorité de publier de la science-fiction française : ils ne veulent que traduire des auteurs anglophones. En fantasy, c’est à peu près pareil, avec quand même quelques petits éditeurs qui essayent, mais ils sont…un ou deux. »

    Oui malheureusement en France la sf en général est très mal (pas) considérée, classée d’emblée dans la littérature jeunesse.

    Pour que cela change il faut surtout que le public soit rééduqué. qu’il ne se contente pas d’attendre qu’on lui propose un choix pré-maché de « succès garanti » mais qu’il ait la curiosité de chercher par lui même. Je pense que l’avenir est dans les plateformes de production communautaire (comme kickstarter.com) : le « producteur » en a pour son argent (une copie de l’oeuvre, des trucs + collector suivant le montant mais pas un retour financier comme sur MyMajorCompany), l’artiste entre dans ses frais (bon parce que autant écrire son bouquin dans son coin ne coûte que du temps, tourner un documentaire ou un film génère + de frais) et ensuite l’oeuvre est libre d’être diffusée. Après il faut être vigilant et bannir les systèmes de copinage qui permettent d’être mis en avant au détriment d’autres projets qui mériteraient leur chance.

    Mais pour que cela change il faut avant tout que les gens arrêtent de « consommer » de la culture comme du McDo…

    1. « On ne forme pas des auteurs à devenir auteur, comme on peut former un comptable, un commercial ou un « manager ».

      J’ajoute à ce propos qu’il y a des écoles d’écrivains où l’on vous apprend à construire et à plaire, vous apprenez la recette et paf, best seller assuré. Guillaume Musso sort de l’une d’entre elles.
      Je m’arrête ici parce que l’on peut perdre beaucoup de temps à parler de choses sans intérêt, et c’est à la fois énervant et fatiguant en plus de donner de l’importance à l’objet de l’aversion.

      /vomi

    2. Ce que veut dire l’auteur, si je ne me trompe, c’est que le « vrai » talent ne s’apprend pas. Pour prendre un exemple sportif : tout le monde peut courir un 100m, mais seuls quelques athlètes peuvent descendre sous les 10″ grâce à des prédispositions génétiques que tout l’entrainement du monde ne pourra jamais remplacer.

      Ecrire un roman basé sur un cahier des charges genre Arlequin est à la porté de n’importe qui ayant un sens narratif et sachant manier le verbe. Par contre, atteindre le niveau d’un Hugo, Proust ou Baudelaire, c’est autre chose.

      1. Non, Yovan dit que sans l’auteur il n’y a pas d’édition car pas d’oeuvre à diffuser et qu’un éditeur ne peut pas former des auteurs à sa guise. Ce qui est faux puisque il y a des « recettes » et des formations (comme le souligne Sakkafoutre) qui permettent aux éditeurs de faire fabriquer à des petites mains des livres formatés qui se vendront a coup sur comme des petits pains (un peu comme on fait fabriquer en chine a moindre coût des objets merdiques et jetables alors qu’on pourrait les faire faire par des artisans qualifier et disposer d’un objet de qualité)

        Et en ce qui concerne les romans « Harlequin-like », il n’est même pas nécessaire de savoir manier le verbe ou d’un quelconque sens de l’écriture, ils passent ensuite entre les mains de « rewriter » qui se chargent de remanier le texte et de le rendre lisible.

        Vous pouvez être le nouveau Baudelaire vous aurez du mal à vous faire publier en France par les circuits classiques.

        Et c’est bien ça le problème, de nos jours le talent n’est plus un pré-requis pour être qualifiés d’artiste et être diffusé (quelque soit le support)

  7. Heuuuuu…nan, pitié, va voir mon profil Twitter…c’est pas possible ;-)

    En plus je fais parfois des réponses tellement insupportables aux commentaires qui me sont adressés que je suis haï par une partie notable des lecteurs : abattons les idoles, jetons aux orties les dévotions de toutes sortes, libérons-nous ! en plus, Yovan Menkevick n’existe pas…

  8. moche de mettre tous les éditeurs dans le même sac, mébon.
    la merde a de l’avenir, hein comme dirait l’autre. Et puis l’avantage d’une dictature c’est que tu te sens un peu mieux chez toi, faut être juste pragmatique en fait.
    ou alors chuis vraiment pas un rebelle dans l’âme, mais vu comment je diffuse de l’epub pas cher :D

  9. Interessant, mais c’est très donneur de leçon. Expliquer aux créateurs leurs options autres que l’édition, bonne idée, mais ça se transforme trop en expliquer aux auteurs comment ils devraient penser et faire de ce qu’ils créent.

    Et au delà de ça, un aspect non abordé: les librairies et les disquaires sont des endroits cools.

  10. BTW, concernant SF et Fantasy, dire que l’on ne traduit que de l’anglais est faux. Bragelonne (qui selon Numerama n’en a rien à faire du piratage, il semble) a pas mal misé sur des auteurs français, il y a quelques années. Les Grimbert, les Gaborit, y’avait des trucs très sympa.

    Mais bon c’est un peu hors-sujet: que ce soit français ou anglais ne change pas grand chose à une ligne éditoriale: les éditions soleil se font fait l’étendard de la BD fantasy française, et ils sortent des bouses industrielles à un rythme asses fou.

  11. La bio WP de Musso dit qu’il a fait des études pour être prof (IUFM), pas pour être écrivain pour la masse…
    Et une constatation aussi : prenons le coeur de cible de Musso : la ménagère d’autour de 30-50 ans :) => vous lui proposez un truc « mieux » (selon vos critères), elle va lire le début et revenir à Musso.
    Ce qu’il y a de bien en France, c’est que pour pas trouver de livre intéressant, faut pas chercher :) donc Musso, c’est peut-être une usine à fric mais elle fait lire des gens, que l’on aime ou pas.
    Perso, je préfère une personne qui lit un Harlequin qu’une personne qui ne lit pas.
    Après, chacun (particulier ou pro comme moi) peut conseiller autre chose, mais on va pas forcer les gens à ne plus lire Musso parce que ça vous plaît pas…
    Après, des éditeurs, il en existe des dizaines de sympas, éthique, etc… qui vivotent tranquillement et c’est bien (merci Jack Lang).
    Les gros, bah autant ne pas s’en occuper et proposer autre chose…

    1. C’est un point de vue mais a force de prendre la ménagère de 30-50 ans pour une blonde décérébrée et de lui servir de la soupe prédigérée 3 fois par jour, elle se conforme à se qu’on attends d’elle.

      Faut arrêter a un moment donner de mettre les gens dans des boites et de faire les choix à leur place.

  12. Je ne suis pas un grand lecteur, mais en tant que mélomane, je ne peux qu’approuver : quand on voit les chanteurs (je n’emploierais pas le mot artiste) qui sont diffusés sur les grandes stations (ou les chaines musicales) et qui expliquent que leur but depuis tout petit est de devenir célèbre … c’est à gerber.
    L’art doit être l’expression d’une émotion, un « jet » spontané et sincère qui vient de l’intérieur. Le reste n’est que divertissement.

  13. Le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions.

    En défendant les auteurs contre les éditeurs, es-tu sûr de défendre la bonne cause ?

    Les auteurs ont besoin des producteurs pour avancer l’argent. Ils ont besoin des éditeurs pour gérer leurs droits d’auteur et promouvoir leurs œuvres.

    Mais surtout es-tu sûr que tous les auteurs sont des mecs cools et qu’il faut les défendre ? Michael Jakson était certes un bon chanteur, mais il était aussi soupçonné de pédophilie.

    Nous sommes avant tout des consommateurs, pas des auteurs, ni des éditeurs, ni des producteurs. La manière dont ils se répartissent l’argent n’est vraiment pas notre problème.

    Notre problème en tant que consommateur, c’est quand leurs magouilles nous atteignent :
    – taxe sur la copie-privée
    – prix exorbitant des entrées et des boissons en boite
    – absence totale de bar où les consommateurs dansent (eh oui, c’est à cause de la SACEM !)
    – surveillance des réseaux P2P
    – fermeture de Megaupload
    – impossibilité de partager sa connexion Internet avec ses voisins, si on en a envie
    – prix unique du livre numérique, empêchant toute concurrence
    – extension des droit d’auteur, de sorte qu’aucune œuvre produite depuis que vous êtes né ne rentrera dans le domaine public avant votre mort.

    1. « Notre problème en tant que consommateur, »
      « Nous sommes avant tout des consommateurs »

      Juste avec cette phrase, j’arrête de te lire : tout est dit…

      Consommer de la littérature, consommer de la musique, consommer des tableaux, consommer du temps, des sentiments de l’émotion, consommer du sexe… A part ça, ta vie, ça va ? Tu consommes bien ? Bonne consommation à toi…

  14. « Tout en haut, Proust, avec ses romans très éprouvants pour les nerfs où une phrase commence page 10 et se conclue page 17 : le génie français quoi… »

    Cette phrase m’a tout de même fait un peu tiquer : en tant qu’amatrice de littérature, je me dois de défendre nos vielles œuvres de plus en plus mal vues ;). Il est facile de mépriser un livre : par pédantisme quand on prend de haut les lectures plus « simples » à succès (comme certains commentaires ici), ou par « anti-intellectualisme » quand on crache sur certaines œuvres qu’on ne comprend pas.

    Au lieu de s’énerver, soyons plutôt heureux de la diversité offerte !

    La plus grande qualité du roman, c’est qu’il est protéiforme. Il peut offrir du divertissement (émotions, rires, pleurs…), du questionnement (ouverture, voyage, philosophie, démarche intellectuelle…), de l’esthétisme (poésie, beauté, musicalité…) et j’en passe.

    Certains livres ne visent qu’une seule catégorie : par exemple, les Harlequins sont généralement du pur divertissement. Un chef d’œuvre, c’est celui qui à mon avis lie un maximum de catégories en un seul contenant : divertissement, esthétisme et questionnement. Réunis.

    Mais les chef-d’oeuvre sont rares. Est-ce pour ça qu’on doit dénier à tous les autres livres leurs qualités ? Parfois, on a juste envie de divertissement (est-ce mal ?) : les romans de gare sont alors très biens. D’autres fois, c’est en amoureux de la langue qu’on se pose : Proust (après un temps d’adaptation) est alors parfait (et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas juste un alignement de longues phrases pédantes : il y a aussi de nombreux questionnements et philosophies personnelles exposés).

    Quelqu’un plus haut dit qu’il faut arrêter de prendre la « ménagère » pour une blonde décérébrée. C’est peut-être vrai. Mais le problème ne se situe pas dans le livre à succès de base qu’on devrait lui retirer, mais plutôt en amont, dans l’éducation. Elle n’est pas intéressée par le roman qui pousse à la réflexion ? C’est peut-être car on ne lui a pas appris à réfléchir.

    Et ce n’est pas son Harlequin qui l’en empêche. C’est exactement la même chose que de dire que le jeu vidéo rend violent ou associal/dépressif. Le problème vient de la personne, pas du média en lui-même.

    Donc je pars du principe qu’un roman n’est pas mauvais en soi : qu’il ne réponde pas à nos attentes sur un point précis (style, réflexion, amusement…), c’est possible. Mais généralement, s’il a beaucoup de succès, c’est qu’il remplit bien la mission qu’il s’est donnée : même si cette dernière n’est que de divertissement…

    (Certes, le livre qui n’a ni style, ni idées, ni divertissement, ni rien est… mauvais, c’est vrai :p !)

    Sinon, je suis d’accord avec la majeure partie de l’article. Un peu extrême, c’est vrai : les éditeurs, s’ils se transformaient, pourraient continuer à être utiles. Comme dit plus haut, ils devraient permettre de faire le tri (j’aime bien cette notion du : « trop de choix tue l’offre »), et d’aider à faire connaître. Après, nous sommes d’accord, leur forme actuelle est une aberration.

    1. Je ne déteste pas Proust, j’en ai lu un, « du côté de chez Swan », je crois. Le problème est que Proust est devenu une sorte de pinacle, un pic littéraire. On peut détester Proust et aimer la littérature. Seulement, il y a des modes éditoriales, des styles indépassables dans le milieu de l’édition française. Il y a des tabous. De la pédanterie. Des dogmes. Une forme d’élitisme fabriqué qui tue pas mal de choses. Et une pyramide artificielle, basée sur les genres littéraires. C’est ça que je remets en cause. Les américains sont beaucoup plus ouverts et permettent des productions incroyables, hors catégories existantes : c’est ça que j’aime dans la littérature américaine. Je ne lis quasiment plus d’auteurs français : leurs bouquins me tombent des mains. Là, je lis le dernier Jim Harrison. Un délice…

      Donc, oui, les éditeurs ont vocation à continuer d’exister : mais pas de la manière actuelle. En cherchant véritablement à offrir une diversité, à tenter des choses, à permettre à des auteurs d’exister sans passer par le parcours du combattant des envois de manuscrits, en lisant réellement beaucoup de manuscrits, ce qu’ils ne font pas…

      Pour « le problème ne se situe pas dans le livre à succès de base qu’on devrait lui retirer, mais plutôt en amont, dans l’éducation. Elle n’est pas intéressée par le roman qui pousse à la réflexion ? C’est peut-être car on ne lui a pas appris à réfléchir. »

      Non. Les gens mangent ce qu’on leur donne à manger. Si on fait la promotion de supers bouquins intelligents, avec ce qu’il faut pour attirer; les ménagères les liront. Le coup de l’éducation est vieux et bidon : on peut sortir du harlequin de qualité, c’est à dire avec les ficelles Harlequin mais du style, de la profondeur psychologique, etc… La ménagère apprendra à réfléchir avec des bouquins qui font réfléchir. Si on les lui propose simplement. Pas comme un « objet littéraire »

      Carol Oates est une grande romancière et ses histoires peuvent être tout à fait comparées à des Harlequins…Et les ménagères la lisent. Et chez Oates, il y a de sacrés trucs…complexes et vraiment intelligents.

      Je crois que les gens, s’i y a du complexe ou/et riche, finissent par s’en emparer. C’est parce qu’il y a du facile/merdique qu’ils ne le font pas. Comme pour tout.

      Les français de l’édition ont décidé qu’il y avait LA LITTERATURE et des romans de gare, des sous-merdes. C’est bien dommage. Sauf un genre qui progresse et va dans le bon sens : le polar. Il (re)trouve ses lettres de noblesse et est de qualité. Tout le monde en lit d’ailleurs…

  15. Bonjour,

    J’ai lu les autres commentaires en diagonale, donc ceci a peut-être déjà été signalé, mais :

    « Vous vendez donc votre œuvre en Creative Common avec les options BY-NC-SA : vous, acheteur, pouvez le partager à condition de conserver la signature de l’auteur, de ne pas modifier l’œuvre »

    N’est-ce pas plutôt BY-NC-ND ? SA est “Share Alike”, donc droit de modifier l’œuvre à condition de conserver la même licence. ND est “No Derivatives”, qui interdit bel et bien de modifier l’œuvre.

    — retourne finir la lecture

  16. je ne sais pas si cet article est volontairement provocateur pour déclencher la réflexion (ce qui a l’air d’avoir fonctionné) où si son auteur y croit vraiment à tous ces raccourcis.
    J’aurai préféré lire le résultat d’une vraie réflexion, (par exemple qui ne confonde pas les éditeurs avec leurs patrons, ça serait un bin point de départ)

  17. Pourrais-tu nous envoyer un article avec une « vraie réfléxion » sur le sujet ?
    redaction@reflets.info

    Les éditeurs sont les patrons de l’édition, les directeurs de publication font partie de la direction d’une édition. Donc je serais curieux d’avoir ta vraie réflexion au sujet de l’édition…qui ne confonde pas les les éditeurs avec leurs patrons…

    Lance-toi !

    1. Des articles avec une « vraie réflexion » sur le sujet, je n’en ai pas en tête mais je pense qu’on pourra en trouver chez ploum ou sur le framablog.
      Sous prétexte qu’ils existent des éditeurs peu scrupuleux tu veux purement et simplement tous les virer. Je connais quelques éditeurs (je parle de ceux qui travaillent avec les auteurs, pas ceux qui tiennent les comptes, bien que dans beaucoup de maisons indépendantes ce soit souvent la même personne) et, crois moi, ils n’ont rien d’écrivains frustrés. Soit ils n’ont aucun désir d’écrire, soit se sont des écrivains épanouis (mais bien entendu ils doit en exister des frustrés, je ne pense pas que c’est une majorité). J’imagine que si on cherche des écrivains frustrés, on les trouvera plus facilement chez ceux que personne n’aura voulu éditer. Ceux que je « connais » sont plutôt des passionnés du livre.
      Quand tu lis des livres auto-édités tu vois la valeur ajouté de l’éditeur. Après rien n’empêche les gens de d’auto-éditer, mais leur œuvre ne bénéficiera pas de cette valeur ajouté.
      Après il existe beaucoup de mauvais éditeurs, comme de mauvais auteurs (souvent ils vont ensemble). Mais je ne pense pas que ce soit la fin du rôle d’éditeur, espéreront plutôt que ce soit la fin d’une certaine manière d’éditer (DRM et compagnie)
      Pour ce qui est de ma réflexion sur le sujet, je préférerai la faire à plusieurs (cf : http://meta.wikimedia.org/wiki/Wikireason malheureusement le projet n’existe pas encore) si ça t’intéresse je suis disponible (tu as mon mail) pour élaborer une réflexion.

  18. Bonjour,

    Vous dites qu’ « il y a 80 écrivains qui gagnent leur vie uniquement grâce à la vente de leurs romans en France ».

    Je suis surpris par ce nombre extrêmement bas. D’où le tenez vous?

    Et merci pour faire vivre un site tel que reflets

  19. Oui, c’est un chiffre qui avait été donné il y a quelques années sur les ondes d’une radio de service public, par un journaliste suite à une enquête sur les revenus des artistes. Les 80 en question sont ceux qui ont sur leur feuille d’impôt uniquement des droits d’auteur. Tous les autres qui sont publiés ont un autre job à côté. Souvent prof, journaliste…

    Aux USA ce n’est pas le cas. De nombreux auteurs vivent de leurs œuvres.

  20. L’hypothèse est bonne : il faut faire les choses pour qu’elles existent. L’auteur doit écrire, le chanteur chanter, le réalisateur réaliser. D’accord aussi sur le problème du droit d’auteur, et sur l’avenir des licences de type Creative Commons.
    Mais je rejoins les quelques commentateurs qui notent l’importance du rôle du producteur/éditeur, notamment en ce qui concerne la diffusion. Il faut là encore trouver le juste milieu entre la rémunération de l’auteur et le retour sur investissement de celui qui apporte les pépettes.
    Si le seul but de ce dernier c’est de spéculer, alors l’auteur doit avoir conscience que ce n’est pas le meilleur partenaire pour lui.

    Merci en tout cas pour l’article, je trouve très intéressante la réflexion globale sur la pénétration de la philosophie du libre dans le quotidien (informatique, électronique, culture, savoir). Nonobstant je ne crois plus aux panacées : j’ai bien l’intention de suivre tout ça attentivement.

  21. L’article raconte un paquet de conneries et amalgame un peut tout et n’importe quoi.
    Que ce soit pour les livres, la musique et ou les videos, il est stupide et surtout malhonnête de tout ramener à l’auteur.
    Derrière chaque créateur, il y a tout une équipe dans l’ombre. Producteur, éditeur, techniciens….
    Pour bosser quotidiennement avec des musiciens, je peux vous garantir que de nombreux artistes ne sont pas foutus de faire grand chose sans leurs techniciens sons/lumières, sans les mecs qui se tapent toute la paperasse administratives, sans les tourneurs, les producteurs, sans ceux qui se s’occupent de leurs payes, de la com, des dossiers de sub etc…
    Oui, il y a clairement un problème dans les modes de diffusions, dans les modèles de rémunération et dans les modèles de financement.
    Mais stigmatiser les éditeurs/producteurs, c’est aussi débile et crétin que de stigmatiser les gens qui téléchargent.

  22. « Derrière chaque créateur, il y a tout une équipe dans l’ombre. Producteur, éditeur, techniciens…. »

    Sauf si tu lis attentivement l’article, et là tu te rends compte que c’est faux, et de moins en moins vrai. Sauf si tu établis que seule l’industrie classique prime.

    Mais vouloir à tout prix s’accrocher à des vieux modèles est surtout un bon moyen de conserver une certaine tranquilité d’esprit : le monde est tel qu’il est et il ne changera pas…

    Sauf que de nombreuses choses changent. Et que les outils divers et variés qui sont accessibles à tous permettent de remettre en compte pas mal de modèles. Dont des modèles économiques. Donc, réduire cet article à uniquement « monter les auteurs contres les éditeurs et la chaîne alimentaire du XXème siècle » est juste une réduction du sujet. D’ailleurs, de nombreux artiste, et pas des moindres, ont décidé de se passer de la chaîne que tu semble adorer : ils sortent leurs disques sur le réseau, se démerdent sans tous les intermédiaires. Et de nombreux, moins connus, se débrouillent sans toute l’artillerie que tu décris. Et malhonnête de tout ramener à l’auteur, c’est simplement vouloir rendre indispensable de nombreuses personnes qui bouffent celui qui fait tout, l’auteur. Parce que sans sa création, il n’y a rien. Rien de rien. Alors, c’est un peu comme les agriculteurs et les supermarchés : tu peux penser que c’est incontournable, mais au final, quand les agriculteurs vendent directement aux clients, c’est mieux pour tout le monde. Et pas malhonnête. Parce que sans les agriculteurs, vois-tu, il n’y a rien dans les rayons. Et ceux qui crèvent la dalle en bossant dur, ce sont les agriculteurs. Comme les auteurs, qui ramassent les miettes de la chaîne…

    Alors les techos, oui, indispensables. Mais les mecs de la comm, ceux qui tapent a paperasse, on peut s’en passer. Comme les gros fumeurs de cigare derrière leurs bureaux en chêne massif. Merci bien…

    Ton mépris pour les musiciens, en tant que je ne sais quoi dans la chaîne, ne fait qu’une seule chose : donner envie de se débarrasser de tous ces chacals qui bouffent sur la bestiole.

    1. « Sauf si tu lis attentivement l’article, et là tu te rends compte que c’est faux, et de moins en moins vrai. »
      Alors c’est faux ou pas, je suis en partie d’accord : c’est de moins en moins vrai, mais ce n’est pas pour ça que c’est faux et que ça le sera un jour.
      Par exemple dans le cinéma, qui est l’exemple le plus parlant, même si tu veux faire un film petit budget tu va avoir besoin de gens qui s’occupent du son, de l’image, des décors, des acteurs, de scénaristes, de dialoguistes, de réa, de monteurs, d’un chef op, des gens qui organisent un peu tous les besoins des gens précédemment cités, de ceux qui vont aller chercher l’argent, le gérer, des gens qui vont conseiller tous ces gens là etc…
      Bien entendu une seule personne avoir plusieurs casquettes (je peux faire un film d’animation avec mon tel) mais plus le film est ambitieux et plus chacun de ces rôles vont se complexifier et moins chaque personne pourra avoir plusieurs casquettes.
      Alors ici j’aimerai poser une question : qui est l’auteur ? Parce que la plupart des gens considèrent que c’est le réa, mais je trouve ça vraiment discutable (prends le même réa et change tous les autres gens, tu n’aura pas la même œuvre) et pour certains films c’est complètement faux. (au moins on ne pourra pas m’accuser de vouloir m’accrocher à des vieux modèles)
      Et le producteur à lui aussi une part importante dans le processus créatif. Il y a de mauvais producteurs qui vont, par exemple, couper une scène parce qu’elle n’est pas vendeuse et foutre en l’air le propos du film. Mais il y a aussi beaucoup de bons producteur qui vont te dire « bon là tu me dis que tu as besoin d’une grue pour ce plan mais si je te donne cette grue on plus d’argent pour finir le film » et certains vont proposer des solutions ou en discuter avec le réa. Beaucoup de films n’auraient jamais vu le jour si on avait donné carte blanche au réa. Et d’ailleurs beaucoup ne voient jamais le jour à cause de ce genre de problème. Par exemple « les amants du pont-neuf » a mit sur la paille plusieurs producteurs et on a bien faillit ne jamais le voir (en même temps était-il vraiment nécessaire de refaire intégralement le pont-neuf pour une scène ?) Certains réa n’ont absolument pas envie de s’occuper de la production, et comment font-ils pour faire leurs films, ils vont voir des producteurs ! S’il n’existaient pas beaucoup de gens devrait rajouter plusieurs cordes à leur arc et certains n’en serait pas capable. Donc pour une partie des films, sans producteurs il n’y a pas de création !
      Ce que je dis la est aussi valable pour d’autres branche de la création, par exemple la littérature (qui est l’exemple le moins parlant parce que a priori le plus solitaire et le moins coûteux), même si une grande majorité d’auteurs ne vivent pas de leur passion, ils sont aidés par la maison d’édition. Certains auteurs aurai beaucoup de mal à écrire leurs livres sans les avances que leur fournit l’éditeur.
      Pour toi les « éditeurs » (je met entre guillemet parce que je trouve ça assez discutable de foutre dans le même paquet ceux qui produisent la musique, le ciné, la littérature…) sont des gros fumeurs de cigare derrière leurs bureaux en chêne massif. Mais tu semble oublier qu’il y a de nombreux « éditeurs » qui joue bien plus que leur argent de poche sur des œuvres dont il n’est absolument pas sur qu’elles leur permette de rentrer dans leur frais. Qui c’est qui vit sur le dos de l’autre dans ces cas là ?
      Je te conseille de voir « Le père de mes enfants » de Mia Hansen-Love. Basé sur une histoire vraie, il raconte la vie puis le suicide d’un producteur. Le personnage n’est sûrement pas l’identique du producteur qui l’a inspiré, mais même s’il peut correspondre en partie à l’image que tu semble te faire d’un producteur, je pense qu’il montre assez bien que tout ceci n’est pas aussi noir/blanc. Je tiens à préciser que c’est l’œuvre d’une auteure, pas une commande de production (de toute manière il serait assez idiot d’accuser ce film de complaisance avec la production).
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_P%C3%A8re_de_mes_enfants
      En espérant que ceci pourra faire évoluer ta réflexion, et la rendre un peu moins virulente.

  23. « Sauf si tu lis attentivement l’article, et là tu te rends compte que c’est faux »
    Donc tout ce qui n’est pas dans l’article est faux ???  » celui qui fait tout, l’auteur » Hmmm….
    Tu semble connaitre bien peu des gens qui ont un « métier » dans l’industrie du spectacle, de la culture, du divertissement (oh les vilains mots!) en tant qu’artistes, techniciens, admin…
    Des gens qui en vivent, qui ont un salaire. .
    C’est toi qui parle de vieux modèles, et qui bloque dessus.
    Tu est accroché au mythe inexistant de l’artiste ultime, le musicien-génie touche à tout qui ferait sa zik, financerait son enregistrement, ferait lui même son mixage, le mastering, son design, son site, sa com, ses affiches, trouverait ses dates, s’occuperait de la logistique et de la créa de ses lives, sans compter TOUTE la paperasse…
    Là, je te cite, ils se « démerdent sans tous les intermédiaires. C’est cool. T’as au moins déja un minimum 4 ou 5 « métiers » différents à apprendre et à maîtriser. Rajoute un ou deux live,800 bornes A/R chaque semaine. Bonne chance. (tu penseras à faire la paperasse, la compta, et la com, hein ? Au fait, y’a l’urssaf, l’inspection du travail et le fisc qui veulent te parler…)
    Je veux bien, ça doit certainement exister, mais je veux que tu m’expliques comment le mec a le temps de faire tout ça (bien), les moyens de financer ses projets, payer son matos, et accessoirement son loyer. Et surtout que tu me donnes des exemples. Moi des mecs qui font tout, et qui le font bien j’en connais aucun.
    En plus je suis pas du tout sûr que ce soit le modèles le plus intelligent pour le métier de musicien. C’est un peu trop fermé et centralisé.
    Je bosse justement avec des méthodes plus collaboratives (ressources, compétences, services…) je sais pas si tu connais l’opensource et les logiciels libre mais à priori quand plusieurs personnes collabores et se partagent les tâches, le code et mutualisent les ressources, il semble qu’au final c’est vaaachement mieux pour le logiciel… et l’usager ! Et c’est un modèle économique qui fonctionne. Effrayant, non ?
    J’ai aucun mépris pour les artistes, juste contre les types qui croient tout connaitre et qui perdent leur sans froid quand on leur fait remarquer qu’ils ne prennent pas tous les éléments en considérations, qu’ils ont peut-être tort (ou qui pondent des article aussi argumenté qu’un article du Figaro qui défendrait Hadopi)

    1. Perso je comprend bien ta critique, et c’était un peu le but de l’article de faire réagir, mais j’ai l’impression que tu te donne beaucoup de mal pour être d’accord ;)

      Il a jamais critiqué des travail de collaboration, des modèles basé sur l’open source, ou je ne sais quoi encore.

      Mais le fait est que ça n’a rien à voir avec un éditeur ou un major qui à le droit de vie ou de mort sur ce que tu propose, et qui ensuite te piège avec des contrat qui t’empêche de faire ce que tu veux avec tes propres oeuvre, et qui empêche également le public ou les autres artistes de l’utiliser aussi.

      Qu’il y ai besoin de gens pour créer un album oui, des intermédiaires exclusif comme les majors, non.
      Bref j’ai pas l’impression que tu sois vraiment en désaccord avec l’auteur, mais bon, peut-être ai-je mal compris ta pensée.

      Pour finir, les paroles de l’opening d’un album de wax tailor ;)

      The sampler, as well as the turntable
      Were principal tools, largely responsible
      For the birth and development of hip-hop

      With a sampler any drum beat, any guitar riff
      Any sound that could be recorded
      Could be used as part of a new composition
      A new contextualization
      The recording you are listening to now is an example

      […Instru…]

      Where a cultural production
      Enlists musically
      That was full of possibilities
      By virtue of being able to freely appropriate
      From the musical past

      And to make new combinations,
      And thus, new meanings

      The story demonstrates
      That the society quote
      Free to borrow and built upon a past,
      Is culturally richer than a controlled one.

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