Les Etats-Unis jaloux de l’Europe : nous aussi on a notre crise économique !

Les raisons de s’inquiéter sont nombreuses en Europe. Les déboires des banques et des Etats se traduiront immanquablement par une crise économique sérieuse qui touchera durement les populations. Nombreux sont les commentateurs qui se tournent vers la Chine en y voyant le sauveur de la croissance mondiale. Pourtant, le salut de l’Europe passe surtout par la bonne santé de l’économie américaine. Les Américains consomment plus que les Chinois… Or, l’avenir est sombre également outre-Atlantique.

Nombreux sont les Etats américains au bord de la faillite. L’Etat fédéral fait ce qu’il peut pour enrayer la spirale. La Fed est engluée dans un programme de rachat de la dette américaine (Quantitative Easing) qui laisse perplexe les rares commentateurs un peu lucides. En Europe, la BCE rachète massivement de la dette des pays en difficulté (Irlande et Grèce Portugal), détenant désormais 76,5 milliards d’euros de dettes publiques, soit, 16% des obligations de ces pays. Dans le jargon économique, on dit que les banques centrales sont les prêteurs en dernier ressort. Mince… S’ils sont les derniers sur la liste, qui sauvera les banques centrales ? Le schéma de Ponzi toucherait-il à sa fin ?

Désolé d’avoir mauvais esprit…

Les politiques économiques et financières étant généralement obscures et bien éloignées des préoccupations des peuples, il n’est pas inintéressant de regarder de près les difficultés quotidiennes des Américains pour voir comment le pays (« the best in the world ») s’en sort.

En 2010, le nombre d’Américains faisant usage des « Food Stamps » a atteint un record (depuis leurs création en 1939) avec 43 millions d’usagers. Pour bénéficier de ce programme d’aide aux plus démunis, il faut être proche du seuil de pauvreté.

Les petits soucis de financement du pays commencent à avoir des répercussions très réelles. Camden est une riante ville du New Jersey. La deuxième ville la plus dangereuse du pays. Le New Jersey refusant de renflouer les caisses de la ville, Mme le maire vient d’annoncer le licenciement d’un sixième des employés municipaux. La moitié des policiers se retrouve sur la touche, de même qu’un tiers des pompiers.

« Yes we can », disait le premier président noir des Etats-Unis en arrivant au pouvoir. Il ne pourrait pas faire quelque chose pour cette ville dont la moitié des 80.000 habitants, majoritairement noirs et hispaniques vivent dans le plus grand dénuement ?

Visiblement, la Fed, qui a sauvé les banques de leurs propres errements en procédant à une baisse drastique des taux (proches de zéro) et à une injection massive de liquidités, n’a aucune intention de venir en aide aux Etats et aux municipalités en difficultés :

« We have no expectation or intention to get involved in state and local finance, » Mr. Bernanke said in testimony before the Senate Budget Committee. The states, he said later, « should not expect loans from the Fed. »

Le mandat de la Fed est de favoriser le plein emploi tout en contenant la hausse des prix. 

Pour l’instant, elle semble surtout avoir réussi à maintenir l’emploi dans le secteur bancaire (humour).

Les récents mouvements sur les marchés de l’or et de l’argent devraient pourtant inquiéter les responsables de la Fed.

Ces métaux font figure de « valeur refuge », certains Américains craignant un phénomène d’hyperinflation. L’évolution récente des prix des produits alimentaires ou de l’essence ont conforté ces angoisses.

L’avenir de la première économie du monde est incertain. Et partant, celui des autres pays est sombre.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

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