L’erreur de calcul des politiques d’austérité : trop drôle !

Oui, oui, cette information est tout à fait sérieuse et elle est sortie ce matin sur l’antenne de France Culture. Reflets vous la délivre brut de décoffrage, puis viendra, après recherches, compléter les affirmations assez
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26 thoughts on “L’erreur de calcul des politiques d’austérité : trop drôle !”

  1. L’erreur de base est de croire que l’économie est un science dure où tout se règle à coup d’équations (tout en disant en même que le Marché règle tout comme par enchantement)

      1. C’est au contraire l’archétype de la rationalisation, le seul moyen d’attribuer des valeurs comparables car monétaires à des cacahuètes et à des cerfs-volants.
        Ou de mettre en relation les heures que tu passes au taf et le fait d’avoir un toit, de l’électricité, etc.

  2. Moi ce qui m’atterre c’est qu’on essaie de nous faire croire que l’information est nouvelle. Ou même qu’elle a le moindre sens. La réaction de Blanchard est tellement hors de propos qu’elle en est suspecte. Qu’ils puisse seulement croire ce qu’il dit est suspect.

    Les économistes savent très bien ce qu’est le multiplicateur fiscal. Notez le terme « multiplicateur », qui a été choisi pour une raison. A savoir que sa valeur est supérieure à 1. Sinon il s’appellerait le diviseur fiscal. Vous me suivez? Et s’il avait valu exactement 1, on n’aurait pas eu besoin de nommer le concept. On n’en parlerait juste pas. Vous me suivez toujours? Alors prétendre qu’une erreur aussi grossière eût été commise par toutes les personnes impliquées dans les processus de prise de décisions, à ce niveau, est tout simplement absurde. Le – monde – ne – marche – pas – comme – ça.

    Sachant que le multiplicateur fiscal est supérieur à 1, comment imaginer qu’une politique d’austérité peut aider à redresser l’économie d’un pays? L’idée, si j’ai bien compris, est que l’argent économisé sert à rembourser la dette. Que cela réduit les intérêts de la dite dette, et qu’au final, 1 euro d’austérité peut donner disons 1,5 euros d’intérêts payés en moins. Gain net 0,5 euros qui peuvent être réinjectés dans l’économie soit par l’état, soit parce qu’on a besoin de moins prélever d’impôts pour assurer le fonctionnement de l’état. Cercle vertueux, redressement de l’économie sur le long terme, petits oiseaux et poneys roses qui chantent. Ou quelque chose comme ça. Je simplifie, hein?

    Mais voilà il faut prendre en compte le fait que les gens n’attendent pas qu’on ait remboursé la dette pour payer moins d’impôt: ils gagnent moins, ils payent moins. A moins que la dite politique d’austérité augmente les prélèvements pour compenser, préservant l’équilibre de l’équation au prix de la misère humaine. Sauf pour le 0,1% de riches qui a pondu la théorie bien sûr. Les pauvres. Il ne vont pas avoir la joie de finir à la rue, comme les autres. C’est triste. Mais on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs.

    Ah et il faut aussi prendre en compte le fait que les gens qui ont assez pour supporter les hausses d’impôts vont être naturellement portés à épargner l’argent qui leur reste au lieu de le réinjecter par la consommation ou l’investissement.

    Et enfin les gens consommant moins, par choix ou par nécessité, ce sont les entreprises qui souffrent. Donc les investissements qui diminuent et le chômage qui augmente. Et avec lui le poids des prestations sociales sur les citoyens qui ont encore un boulot, et la nécessité pour l’état d’injecter de l’argent qu’il n’a pas dans l’économie pour prévenir la révolution, l’effondrement du système par déséquilibre, ou une dépendance excessive à ses voisins pour sa survie.

    Tout ces effets pervers des politiques d’austérités sont connus, archi-connus. Je suis un expert en sécurité informatique, et pas un économiste, et pourtant même moi je les connais. Donc prétendre que c’est une surprise et que ça se réduit à une erreur de calcul, c’est juste nous prendre pour des cons.

    Non, la réalité, c’est qu’une bande d’abrutis pense toujours arriver à nous faire croire que les bénéfices d’une politique d’austérité à tout crin peuvent excéder les déficits, et que de toutes façons le privé gérerait bien mieux les services sociaux que le public donc tout ce qui aide à faire s’effondrer l’existant pour le recréer à leur sauce est bienvenu (mais là je digresse un peu). Malgré toutes les expériences de ces 30 dernières années qui nous prouvé sans relâche, pays après pays, que ce n’est pas le cas. Mais ces abrutis ne veulent pas lâcher l’affaire, parce qu’ils savent très bien que les véritables solutions sont celles qui leur coûteraient leur fortune et leur pouvoir.

    Et si les politiques et les médias à leur botte essaient de nous enfumer avec cette histoire de multiplicateur fiscal, c’est parce qu’ils savent aussi très bien que si une majorité du peuple arrivait à une réelle compréhension de ce qu’il se passe, politiques et économistes se feraient écorcher vifs jusqu’à ce que mort s’en suive, comme les criminels contre l’humanité qu’ils sont. Ils en sont au stade du « jetons leur un os à mâcher pour détourner leur attention, de toutes les façons ils ne comprennent rien à rien. »

    D’ailleurs… Pour les anglophones je recommande la lecture de « Zombie economics » de John Quiggin, qui tort le coup assez efficacement aux mythes qui sous-tendent les politiques actuelles. Vous savez, ces idioties comme quoi « les traders prennent toujorus la meilleure décision possible » (sauf s’ils n’ont pas toutes les informations ou s’ils sont juste, vous savez, humains), « le privé est toujours plus efficace que le public » (suivant quels critères?), « si on donne de l’argent au riche, il va le redistribuer aux pauvres » (Et puis quoi encore? Ce n’est pas comme ça qu’ils sont devenus riches…), etc.

    1. Je te suis jusque l’avant-dernier paragraphe, jusqu’à la « prise de conscience » ; la compréhension de ce qui se passe, elle est largement là (que la priorité des priorités est le service de la dette, donc que l’argent va au banques), mais la puissance manque ; de fait, àmha, l’organisation.

      1. J’ai bien peur que non. Autant j’aimerais que tu aies raison, autant je suis bien forcé de constater que les personnes qui ne remettent pas en doute les discours relayés par les médias historiques (expression à prendre avec les mêmes connotations négatives « qu’opérateur historique ») sont une écrasante majorité. Personnellement, j’en suis à un stade où je n’ai plus confiance dans les media et donc je n’achète pas de journaux, ne regarde plus le 20h, etc. La majorité des gens… Dit que c’est du pipeau, que ça l’énerve, que c’est n’importe quoi mais continue à prendre son fix quotidien lavage de cerveau politico-journalistique.

        Alors oui il y a une mesure de « l’argent va au service de la dette, et donc dans les banques, qui sont déjà riches, les salauds » dans l’inconscient collectif et dans le discours journalistique. Mais j’y vois là un travail conscient des politiques et des media qui implémentent une soupape de sécurité. Ils relâchent juste ce qu’il faut de pression pour éviter l’explosion, ou pour pouvoir prétendre avoir toujours fait partie de la solution plutôt que du problème si ça pète un jour. Les niveaux suivants d’analyse sont rarement évoqués, et uniquement sur des media et à des heures où l’audience est de toute façon déjà au courant et, surtout, cautionne.

        Mais bon, je suis peut-être juste asocial ou parano…

        1. Ce que je voulais surtout dire, c’est que la prise de conscience, la connaissance etc. ne suffit absolument pas — on le voit bien avec le nucléaire. Des livres comme ceux de N. Klein ou de Kempf peuvent faire des chiffres de vente faramineux et ne _strictement rien changer_.

  3. L’équation? Faisandée? Alors on nous aurait menti? Jamais j’aurais cru…
    Donc au final ces soi-disant «  » »experts » » » ne sont pas plus dégourdis que paulo au troquet du coin.
    Du coup à tout prendre on pourrait filer un SMIC à paulo pour qu’il nous explique sa solution non? (cela reviendra surtout moins cher)
    De toute façon le problème est pourrit dès le début:

    1 .Le cout de la vie augmente , les salaires stagnent.(mais pas tous certains ont des yatchs et des 320 à payer mÔssieur)
    2.L’argent que l’on a pas on ne le dépense pas.(du moins quand on est un pèon moyen)
    3.Du coup pas de dépense PAS de croissance
    4.Pas de croissance DONC vlan plan d’austérité dans ta gueule
    5. retour case 1

    Mais vu que certains en tirent profit il faut rien dire.

    Comme AIG qui mord la main qu’il l’a sauvée

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/01/09/aig-pourrait-prendre-le-controle-de-la-plainte-de-son-ex-pdg-contre-le-gouvernement-americain_1814477_3234.html

    Quand un chien fait cela, il est temps de le piquer

  4. Un analyste financier et un économiste atterré
    pour traiter de je cite « la crise économique, sociale et politique ».

    -> ????????????????????!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Cher Yovan, tu délires mal en ce début d’année, pas dis méchamment, mais tu délires mal.

  5. Je rêve ou reflet.info est en train de devenir un repaire de conspirationnistes? Je me sens moins seul tout d’un coup :)
    Je suis pas économiste mais j’ai pas mal joué à civilization, et utiliser un modèle qui nécessite une croissance perpétuelle pour fonctionner, ça me parait une mauvaise idée à la base, surtout quand on évolue dans un environnement où les ressources sont limitées.

    https://fbcdn-sphotos-f-a.akamaihd.net/hphotos-ak-snc6/262970_420084861392827_1414324610_n.jpg

  6. Vous devriez inviter à cette émission aussi anne-sophie jacques, qui parle d’économie à arrêt sur images. elle a écrit en novembre dernier un bouquin, « la crise et moi », avec un chapitre très intéressant sur la représentation de l’économie dans les médias. Si je me souviens bien des chiffres environ 10 économistes représentaient 90% des interventions d’économistes à la télé, avec en tête ce cher élie cohen. et ce n’étaient pas les derniers à se tromper sur leurs prédictions et à revenir sur leur discours d’une année sur l’autre

  7. Le problème c’est surtout que les dirigeants n’ont pas compris (ou plutôt font semblant de ne pas comprendre) que l’austérité dont on parle tant devrait s’appliquer aux Etats et non pas au peuple. Ils font exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire, à savoir ce qu’ils ont toujours fait jusqu’à présent (mais en pire) : continuer à augmenter les dépenses publiques ainsi que les prélèvements obligatoires.

    La véritable « austérité » (mot mal choisi selon moi mais bref) serait de commencer à dégraisser le mammouth pour alléger la pression fiscale sur le peuple et redresser le niveau de vie de la population. Ce n’est pas avec une armée de travailleurs pressurés de prélèvements et obligés de payer plus chers leurs produits à cause de l’incidence fiscale qui reporte la charge sur le consommateur (sans parler des hausses de prix dû aux barrières réglementaires qui affaiblissent les effets de la concurrence) qu’on risque de faire repartir la croissance et baisser le chômage.

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