Le détournement d’attention comme méthode politique

C’est une technique pratiquée dans les arts martiaux depuis la nuit des temps : le détournement d’attention. Un mouvement détourne l’attention de l’adversaire qui est alors frappé à un autre endroit. L’attaquant peut espérer terminer
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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

17 thoughts on “Le détournement d’attention comme méthode politique”

  1. Quand on travaille dans la comm, il faut sauver le soldat client avant toute chose, et la logique spectacle/contre-spectacle s’impose alors. Il n’y a pas plus d’éthiques dans la comm que dans la finance. Question : pourquoi nos super-journalistes sont-ils si dupes ?

    1. Bonsoir,

      « Pourquoi nos … dupes? »

      Et bien parce ce que vous appeles un client est un producteur, que le financier dans le pognon pour fabriquer les outils du producteur et que le journaliste est un composant de ce circuit, qui lorsque le courant ( appeler argent, ds ce system ) circule, et ce composant journalistique gagne sa vie… c tre simple.

      je precise que je suis liberale. le problemende ce merdier peut etre qualifié par le mot connivence. le capitalisme de connivence; qui e fondammentalement l’inverse de la notion de liberalisme; bref, les petites sainte ni touche font semblant de pa fauter, com vous, alors’que vous, moi et les autres, on truande ensemble; bah ya des gagnat et des perdants; ceux qui se plaignent sont les perdznt ( sauf quelque uns et ca me fait bien chier parce que ceux souffrent le plus vs les entendrez jamais …) donc les perdant sont pas content et veulent volernles gagnant: ceux quon gagné o mm jeux hennje precise, bah i se font voler par les mediocres, les merdes, les celerat, les enfoiré, les salopard, les feignant, les pervers ( dsk )

  2. Amusant cette manière de sous entendre que tout est organisé dans l’ombre. Si on vous parle du salaire de Ghosn c’est forcément un complot du gouvernement pour ne pas parler d’une crise qui pourrai peut-être survenir prochainement (mais on n’en sait rien). Crises elles mêmes forcément organisées dans l’ombre par « la finance » pour se faire renflouer.

    Karl Marx explique et démontre le caractère cyclique des crises dans un système capitaliste. En 2008 en France, les banques n’ont pas été renflouées, l’État s’est fait de l’argent sur leur dos en leur prêtant avec intérêts pour leur permettre de survivre.

    Piste de réflexion pour la suite : et si certains phénomènes en apparence maléfiques n’étaient pas dû à un complot machiavélique mais à des comportements émergents ? Par exemple, le prix d’un bien n’est pas décidé arbitrairement par un méchant vendeur mais reflète un équilibre entre plusieurs forces.

    1. « Par exemple, le prix d’un bien n’est pas décidé arbitrairement par un méchant vendeur »
      Ah bon ? Je pourrais vendre mes biens sans marge nette, en bon catholique communiste. Le cout des tacxes étant déjà inclu, mon salaire (éventuellement dodu) versé. Prix, cout et valeur se corrélant, cela semblerait juste.

      Sur quoi d’autre devrais-je baser mes prix ?
      – Le prix psychologique qu’un mouton moyen est prêt à payer ?
      – Les économies que mon produit va faire faire au client ?
      – Les tarifs des concurrents ? Qui parfois embauche a quart-salaire à l’autre bout du monde, souvent paye 10X moins de taxes et marge toujours comme un furieux du capitalisme ?

      Vraiment, je serais curieux d’en savoir plus sur la manière dont tu considères qu’un prix devrait être choisi !

      1. Sans être un spécialiste, un prix n’est pas véritablement choisi mais émerge d’un rapport entre l’offre et la demande à un moment sur un marché donné.

        Le marchant choisi son prix, de la même manière qu’une voiture va à la vitesse qu’elle souhaite et peut même doubler. Quelle sensation de liberté ! On peut arbitrairement conduire poliment ou plus agressivement. Ce qui n’empêche pas de pouvoir calculer assez précisément la vitesse moyenne qui sera observée sur une route sachant le nombre de voitures qui l’emprunteront.

        Un marchant ne peut vendre à perte longtemps avant de faire faillite ou d’abandonner. À l’inverse, si ses marges sont importantes, plus de concurrents risquent d’arriver, forçant les prix à baisser. Connaissant le coût de production et le nombre de concurrents sur un marché donné, on peut calculer le prix moyen qui y sera observé. Connaissant les caractéristiques d’un marché, on calcule le nombre moyen « stable » de concurrents qui émergera.

        Ce rapport offre/demande est influencé par l’État et par toutes sortes de choses légitimes ou pas, rationnelles ou pas.

        1. LA fameuse soit disant « main invisible » des marchés, la soit disant loi de l’offre et de la demande…
          sauf que dans la réalité ce sont les influences que vous minimisez qui dominent :
          Parfois de l’état (voir PAC pour les prix agroalimentaires par exemple qui nous permettent par exemple d’empêcher l’Afrique de développer les exportations agricoles.
          Le plus souvent des grandes banques d’investissement : j’achète la quasi intégralité des stocks d’aluminium, créant la pénurie, puis je les revend petit à petit quand les prix ont flambé… quand ce n’est pas des matières premières alimentaires qui font crever de faim des milliers de personnes…

          Le libéralisme n’existe pas ! Nous vivons dans une oligarchie qui protège ses privilèges tout simplement car leurs moyens dépassent l’entendement, pas besoin de complot ça se passe au su et à la vue de tous, il n’y a qu’à voir la crise des subprimes justement !

          1. Mes observations sur l’offre et la demande s’appliquent de manière à peu près universelle dans tout système économique, comme l’ont montré des économistes tel que Marx. Dans certains systèmes, l’État ou d’autres acteurs peuvent « fixer » par la force certaines variables comme le prix ou le nombre de concurrents, mais la théorie reste la même.

            Dans un système libéral théorique pur, on suppose l’absence de forces extérieurs comme l’État sur le marché, mais en pratique cette situation ne se produit bien sûr jamais. Je ne minimise aucunement ce fait.

            La « main invisible » ne signifie pas que le marché s’équilibrera forcément pour le plus grand bien de tous. La main invisible existe dans la mesure ou le marché fera bel et bien émerger une force qui aura tendance à amener le prix vers un certain point. Mais ce prix d’équilibre peut très bien ne pas convenir du tout à de nombreux acheteurs ou vendeurs.

          2. En passant, ces théories sont utilisées par l’État pour évaluer l’impact de leur politique sur le marché. Par exemple l’État peut prédire l’impact sur les prix de l’autorisation d’un quatrième acteur sur le marché des télécoms.

            De la même manière, la grosse banque qui achète de l’aluminium pour créer une pénurie ne le fait pas au pif, elle aura précisément calculé le volume à acheter et à vendre à tel prix avant de lancer l’opération, et prédit son gain potentiel (en se basant bien sûr sur les lois de l’offre et de la demande).

            Au final, refuser l’idée que les prix émergent d’un rapport offre/demande, c’est refuser de comprendre le monde et accepter de se faire entuber par ceux qui l’ont compris.

          3. @wag La main invisible n’existe pas. Le « créateur-découvreur » de celle-ci (Adam Smith) l’a reniée dans son bouquin suivant, étonnamment peu relayé….
            Pour faire un exemple bateau : le prix des produits Apple n’est pas en baisse parce qu’ils ont des concurrents. Il se sont arrangés autrement. Com’, accessoires verrouillés….

    2. « Amusant cette manière de sous entendre que tout est organisé dans l’ombre. Si on vous parle du salaire de Ghosn c’est forcément un complot du gouvernement pour ne pas parler d’une crise qui pourrai peut-être survenir prochainement (mais on n’en sait rien). »

      Il ne s’agit pas de complot généralisé mais plutôt d’une forme d’opportunisme qui permet de focaliser souvent l’attention des médias sur un sujet polémique mais incidence réelle.

      La technique n’est pas neuve mais a été renforcée par Sarkozy et jamais abandonnée depuis.

      Depuis lors, on en compte régulièrement 1 à 3 diversion par semaine.

      Elles peuvent prendre plusieurs formes : Petite phrase, ballon d’essai, rideau de fumée…

      A une époque j’ai eu envie de tenir à jour une petite page web pour les recenser, mais pff, pas le temps, que voulez-vous :-)

      1. Toutes sortes de choses diverses se produisent chaque jour. Ne parler que du projet de loi tous les jours pendant des mois (et en la critiquant) arrangerai bien les opposants mais ne constituerai pas une couverture honnête de l’actualité.

        Et pendant cette période, le gouvernement a d’autres dossiers à traiter qui ne concernent pas le projet le loi, et est interpellé par toutes sortes de groupes de personnes sur des sujets qui les concernent, parfois plus que la loi travail.

        Le salaire de Ghosn, dirigeant d’une entreprise dont l’État est un actionnaire important, a beaucoup choqué y compris chez les syndicats. Si le gouvernement avait exclusivement parlé du projet de loi ce jour là, ce même article n’aurait-il pas pût être écrit, dénonçant un « détournement d’attention » pour éviter le sujet ? C’était en fait presque une obligation pour le gouvernement de s’exprimer sur le sujet.

        Par ailleurs cette affaire fut loin d’être la seule abordée par les média ces jours là.. et le lendemain c’était fini.

  3. Bravo Kitetoa, superbe article. Je suis comme toi : impossible de lire l’actu au premier degré. Pour ceux qui doute de la réalité de ce que tu as écris, vous pouvez jeter un œil sur ces articles :
    Trois scénarios pour la destruction du système monétaire
    http://tinyurl.com/h8s3bo2
    L’inflation fait peur
    http://tinyurl.com/hngw3ld
    c’est juste un échantillon, il y en a des tonnes comme ça sur le web, dans toutes les langues. Ce n’est plus des lanceurs d’alertes isolés, c’est une chorale symphonique.
    Toute la question est : qu’est-ce qui va déclencher le ou les tsunamis monétaires, et quand ?
    Peut-être que l’histoire pourrait nous fournir les indicateurs à surveiller de près.
    Les journalistes ne sont pas tous dupes, Thank’s Reflets et sa communauté.

  4. C’est marrant, parce que cet article énonce une réalité politique, médiatique, artistique, drague… éculée. C’est une bonne chose, ça permet de ne pas oublier que souvent pendant l’été (les bouchons, les départs en vacances, les retours, les campings, la canicule, la pluie …) des lois sympas sont passées tranquillement.
    Bref, l’article pointe du doigt que parler du salaire d’un grand patron (bouhhh le méchant) ça permet d’éviter d’avoir à expliciter les montages financiers des panama papers, les accords avec les banques, le pourquoi du comment de la dette et j’en passe… on fait réagir (parce que difficile de ne pas réagir à cela « c’est honteux! », « c’est normal il prend des risques, il s’investit et surtout (mot à la mode) c’est un entrepreneur » (oui, le patron est devenu un entrepreneur, un courageux homme d’action… lalala)) plutôt que réfléchir.
    donc l’article est intéressant… merci.
    Mais, ce qui est marrant c’est la réponse qui tout de suite dit « mouais trop facile de crier au complot » (je résume)… ce n’est pas un complot c’est juste une démarche connue et efficace (déjà Maupassant dans Bel-ami – dont il faut signaler l’intelligence ! – le montre bien).
    suivre l’actu, c’est se faire imposer un rythme

  5. La base de l’article est justifiée.
    Evidente, mais justifiée.

    Mais j’aimerais aller au-delà: si un journal/un site d’information passe un sujet qui explique des mécanisme macro-économiques, il va (vraisemblablement) faire un bide. S’il nous expliquent les écarts commis par des flics ils ont intérêt à avoir un dossier béton pour ne pas risquer de procès, et même dans ce cas, s’ils ne ‘compensent’ pas par un article sur les écarts supposés symétriques des manifestants / casseurs (tiens un amalgame gratuit) il seront désavoués comme partisans…et ne seront plus lus par tout le monde.

    Et les jounalistes en général demandent un salaires. Idem pour leur fonctions support (site web, community…) ou leurs fournisseurs (Imprimeurs, distributeurs).. il paraît que même EdF ne leur fait pas de cadeau)… Le journal lui-même n’est généralement pas en loi 1901: il a un but lucratif.
    Du coup s’ils diffusent plus les infos qui ‘parlent’ au plus grand nombre, ils ont un problème. Genre vital. Le problème vient peut-être de ‘ce qui’ parle au plus grand nombre, et donc du plus grand nombre… et donc de nous tous, finalement.

    Oui je sais, ils un rôle d’éducation du pub… euh ah non, pas du tout.
    Leur boulot est de fournir des infos, leur impératif de survie est de fournir aux gens les infos qui les intéressent. Ca n’est pas moins navrant, ceci dit.
    La presse écrite (y compris web) fait un peu résistance: les articles utiles existent souvent. Pas en Une, évidemment. Mais en cherchant un peu…

    Personellement, je trouve aussi assez navrants certains commentaires lus ici, remarquez. Je conçois qu’on puisse avoir un avis différent du mien, mais il me semble que pendre ses infos d’un seul côté de la frontière relève le plus souvent de la paresse intellectuelle. Au hasard (parce que c’est mon dada:) Dénoncer les ruptures du système des banques centrales quand on ne comprends pas le concept de taux Wicksellien, c’est plus simple, mais pas plus utile. Nous n’avons pas trop d’inflation nous n’en avons pas assez… probablement à cause des politiques de ‘rigueur’.

    On trouve rarement la bonne réponse quand on se pose la mauvaise question.

  6. Ah, et donc le financement d’un système social bien épais (mais non, ne parlons que de ses problèmes avec un oeil touristique voyons!) ne contribue-t-il pas au creusement de la dette? Mais dis-donc ça, ce n’est pas vraiment du grand méchant capitalisme ultragigalibéral…

  7. on détourne tout, l’attention, comme le budget et le reste et quand les lapins vacanciers partent au bronzage d’estive, la toile se tisse. Avce les ordonnances de Juillet-Août, la rentrée sera calme, très calme. On ne peut agir qu’à chaud, mais quand la représentation présidentielle aura imposé des médications, il sera trop tard.
    Il eut fallu, cette année plus que d’autres se passer de vacances… pour le pouvoir;
    et qui se soucie de la composition des commissions?

    http://wp.me/p4Im0Q-20y

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